Cecile's Blog

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Le père Serge de Léon Tolstoï

March 15
by Cecile 15. March 2010 13:42

Quatrième de couverture

L'individu "animé d'un immense amour-propre", dont le but est d'"atteindre la perfection et le succès dans toutes les entreprises, et d'obtenir ainsi l'admiration et les louanges de son entourage", cet individu-là, brusquement contrarié dans son élan par un détail qui l'insupporte, peut-il, tournant le dos au monde, se consacrer à Dieu ? Ou bien, pour être plus précis : si la décision d'un tel être se trouve motivée par le désir de montrer à tous son mépris, se peut-il que, libérant alors une religiosité jusque-là étouffée par son orgueil, il se délivre de la pesanteur grâce à la soumission aux règles monastiques et ascétiques ? Telle est, brièvement exposée, la problématique du Père Serge.

Cette nouvelle qui, pour être souvent passée inaperçue dans l'oeuvre de Tolstoï, n'en constitue pas moins, en même temps que son écrit le plus serré, le plus fondamental, une parabole à la fois violente, sobre et universelle digne de prendre place parmi les grands témoignages spirituels.

Mon avis

Cette nouvelle m'a plu (pas de là non plus à être tranportée : il ne faut pas exagérer) par la manière dont elle aborde une question que je suis sûre tout le monde s'est posé un jour : quand on aide quelqu'un le fait-on pour aider une personne en face de nous ou pour se sentir bien avec soi-même ? Tolstoï répond le plus simplement possible : se poser la question c'est déjà que le don n'est pas si gratuit que ça (il y a une contrepartie dans l'affaire). En tout cas, c'est comme ça que j'ai interprété ce livre (par rapport a mes préoccupations bien sûr).

En efet, comme c'est Tolstoï, la nouvelle parle en réalité de religion (je suis toujours mal à l'aise de parler de ce genre de chose dans une conversation publique mais je voulais parler du livre parce que la conclusion m'a semblé très pertinente). Stepan Kassatzki, commandant du régiment des cuirassiers de l'empereur, abandonne l'armée après avoir découvert que le milieu dans lequel il vit n'est qu'apparence. Plus exactement, c'est l'explication qu'il se donne à lui-même. En effet, la raison véritable est qu'il vient d'apprendre que sa fiancée est l'ancienne maîtresse du tsar. C'est son orgueil qui en prend un coup (il veut toujours être le premier en tout).

Le voilà qui s'isole dans un couvent où là encore il sera le meilleur : il priera le mieux, sera le plus fervent ... se rendant compte que même au couvent tout est apparence, il devient ermite. Il voit quand même des gens. On lui découvre un pouvoir de guérisseur par un simple toucher de ses mains. Tout le monde vient le voir ... il se rend compte que le fait de guérir n'est pour lui qu'une source de vanité supplémentaire, qu'il ne fait pas pour Dieu mais uniquement pour l'opinion que les gens ont ainsi de lui. Il quitte l'ermitage pour partir sur les routes où il rencontre une vieille femme dont il se moquait quand il était petit (à ce moment là elle était jeune). Elle lui explique que Dieu elle n'a pas le temps pour ça mais qu'elle le regrette bien. En effet, elle travaille d'arrache-pieds pour aider toute sa famille : sa fille, son gendre et ses quatre petits-enfants. Ce qui fait dire à Stepan le phrase suivante :

J'ai vécu pour les hommes sous prétexte de vivre pour Dieu ; elle vit pour Dieu, en s'imaginant vivre pour les hommes.

Une seule bonne action, un verre d'eau donné sans la pensée de la récompense, est plus précieuse que tous les bienfaits que j'ai répandus sur les hommes. Mais, dans mes actes, n'y avait-il point un grain du désir de servir Dieu ? Oui, mais tout cela était souillé, étouffé par la gloire humaine. Oui, Dieu n'existe pas pour celui qui, comme moi, a vécu pour la gloire humaine.

Je vous laisse méditer sur tout ça !

Références

Le Père Serge de Léon TOLSTOÏ - traduit du russe par J.W. Bienstock, préface de Jil Silberstein (éditions Le temps qu'il fait, 2010)

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Littérature russe

La princesse de D.H. Lawrence

March 13
by Cecile 13. March 2010 22:00

Quatrième de couverture

Élevée par son père, Marie Henrietta Urquhart ne s'est jamais intéressée au monde ni à ses plaisirs. Elle a trente-huit ans quand son père meurt. Elle quitte alors son Angleterre natale et voyage jusqu'au Nouveau-Mexique. Au rancho del Cerro Gordo, elle rencontre Domingo : dans les yeux noirs du guide mexicain, la Princesse perçoit une étincelle étrange. Sa puissance virile et son charme brutal la troublent ... On retrouve dans La Princesse tous les thèmes chers à D.H. Lawrence, et la sensualité animale de Romero annonce celle de l'"amant" de lady Chatterley.

Mon avis

La princesse c'est donc Marie Henrietta Urquhart que son père appelait comme cela quand elle était petite et même quand elle est devenue grande. Suite à la mort de sa mère, la Princesse s'est retrouvée seule avec son père, un peu complètement fou. À eux deux, ils ont formé une sorte de société un peu à part auquel aucun autre membre n'a été admis. Vous vous imaginez le choc pour la Princesse quand son père meurt. Elle est alors âgée de trente huit ans et se retrouve toute seule après avoir vécu uniquement par, pour et avec son père. Cependant se produit un changement dans sa personne :

Maintenant que son père était mort, elle se trouvait à la lisière de la foule vulgaire, particpant à sa nécessité de fare quelque chose. C'était un peu humiliant. Elle se sentait en chemin d'être vulgarisée. En même temps, elle constata qu'elle regardait les hommes avec des yeux plus perçants : des yeux qui cherchaient le mariage. Non qu'elle ressentît un intérêt soudain pour les hommes, ou de l'attrait. Non. Elle n'était encore ni intéressée par eux ni attirée vers eux de façon vitale. Mais le mariage, cette abstraction particulière, avait jeté une sorte de charme sur elle. Elle considérait le mariage, tout à fait in abstracto, comme le parti qu'elle devait prendre. Elle savait aussi que le mariage impliquait la présence d'un homme. Elle n'ignorait rien des réalités. Mais l'homme semblait être une propriété de son propre esprit plutôt qu'un être en soi, qu'un autre être.

N'est-elle pas intelligente cette princesse ? Vous ai-je dis que la Princesse était un être quand même assez particulier (voire un chouia narcissique, pimbêche ...). Tout ça reste donc dans l'abstraction pour l'instant. Il faut donc passer à la pratique maintenant. Pour cela, elle part au Nouveau-Mexique où là c'est le choc de la rencontre avec le beau Romero :

Les touristes vont et viennent, mais il est rare qu'ils voient quoi que ce soit du dedans. Aucun d'eux ne voyait jamais l'étincelle qui brillait dans la pupille de Romero ; ils n'étaient pas assez vivants pour la voir. La Princesse la saisit un jour qu'elle avait Romero pour guide. Elle pêchait la truite dans le cañon ; Miss Cummins [la dame de compagnie] lisait un livre, les chevaux étaient attachés sous les arbres, Romero montait la mouche et lui tendit la ligne en levant les yeux vers elle. Et à cet instant, elle saisit l'étincelle de sa pupille. Et aussitôt elle comprit que c'était un gentilhomme, que son "démon", comme aurait dit son père, était un beau démon. Et instantanément, elle changea de manière à son égard.

[...]

Elle comprit qu'il l'aidait. Et elle sentit dans sa présence une subtile bienveillance insidieuse et mâle dont jamais encore elle n'avait eu l'expérience. Sa joue s'empourpra et ses yeux bleus prirent une nuance plus foncée.

[...]

Et pourtant sa présence ne faisait que chasser loin d'elle l'idée fixe du mariage. Pour une raison ou une autre, l'idée de se marier avec lui ne pouvait pas entrer dans son étrange petite cervelle. Pour aucune raison définie. C'était en soi un gentilhomme, et elle avait bien assez d'argent pour deux. Il n'y avait pas de véritable obstacle. Et elle n'était pas conventionnelle. Non, maintenant qu'elle allait au fond des choses, c'était comme si leurs deux "démons" pouvaient se marier, comme s'ils étaient peut-être mariés. Seulement, leurs deux moi, Miss Urquhart et Señor Domingo Romero, étaient pour une raison ou pour une autre, incompatibles. Il y avait entre eux une intimité particulière, subtile, faite d'entente réciproque. Mais elle ne voyait pas le moins du monde comment cela les mènerait au mariage. Elle aurait presque pu épouser plus facilemet l'un de ces gentils garçons de Harvard ou de Yale.

Vous l'aurez compris : elle veut coucher mais pas se marier. Reste plus qu'à maintenant ! Et comme la vie n'est jamais aussi simple que dans les Harlequins, cela va se faire mais pas comme elle le croit.

J'avais choisi ce livre l'année dernière année au salon du livre parce que je voulais lire D.H. Lawrence et que je n'ai jamais osé acheté L'amant de Lady Chatterley. Je l'avoue je n'aurais jamais pu faire les Harlequinades l'année dernière parce qu'à chaque fois que je passe en caisse en librairie, je tombe toujours sur quelqu'un qui me parle des livres que j'achète et ce même pour un livre totalement inconnu d'un allemand que j'avais mis plein de temps à trouver (nous avons eu un débat en caisse pour savoir si l'auteur était allemand ou hongrois suivant l'accent sur son nom de famille). Et que même mon frère qui ne lit pas sait que L'amant de Lady Chatterley c'est un livre un peu sulfureux, donc je n'ai pour l'instant jamais osé le prendre en librairie. Je rémédierai à ça un jour, c'est promis parce que j'aime beaucoup l'écriture de D.H. Lawrence.

C'est comme un peintre ou un sculpteur qui étudie les corps. En effet, dans une peinture ou une sculpture, vous vous imaginez le mouvement grâce à l'instantané du muscle (je suis sûre que vous voyez ce que je veux dire). C'est exactement ça qui se passe chez D.H. Lawrence : c'est la description du mouvement qui donne l'action. C'est la première fois que j'avais cette impression et cela m'a charmé. Visiblement, c'est ce que l'on appelle une écriture sensuelle (j'ai lu ça dans wiki je crois).

Une belle découverte. Mention spéciale au traducteur qui fait parler Marie Henrietta de son "moi intérieur de Princesse". Cela m'a fait (et me fait encore) beaucoup rire.

Livre lu dans le cadre du The Portrait of a Lady Swap de Lou et Titine.

Références

La Princesse de D.H. LAWRENCE - traduit de l'anglais par Pierre Leyris (Le petit Mercure - Mercure de France, 2008)

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Littérature anglaise

L'adultère d'Elzabeth Bowen

March 13
by Cecile 13. March 2010 21:20

Autant Barbara Pym m'a enthousiasmé, autant Elizabeth Bowen me laisse perplexe (voire un peu froide). Je m'attendais à un peu de sulfureux avec un titre pareil (après j'ai regardé le titre en anglais cela ne correspondait pas trop : Friends and Relations, titre qui correspond beaucoup plus au livre). Avec mes yeux d'aujourd'hui le mot sulfureux a un autre sens que celui qu'il avait en 1931, date de publication du livre.

Voilà l'histoire : Elfrida, mère d'Edward, a quitté son mari, alors que son fils n'avait que cinq ans, pour aller avec Considine, une sorte de fougueux aventurier qui voyage un peu partout dans le monde surtout en Afrique. Vous allez me dire : "mais le voilà l'adultère !" Sachez que je ne l'ai compris qu'à la page 150 car le roman ne commence pas par là et même que ses événements ne seront jamais décrits, il n'y aura que des allusions.

Donc, comme je le disais, le roman commence vingt ans plus tard lors du mariage d'Edward avec Laurel. On comprend rapidement que le marié aurait préféré épouser la soeur de la mariée Janet, ou est-ce le contraire Janet aurait beaucoup aimé épouser Edward je ne sais pas. Mais en tout cas le couple Edward/Laurel c'est un couple de second choix. À ce mariage, on rencontre Theodora, une fille de quinze ans qui revient de Suisse et est un peu perturbée. Elle découvre cette ambivalence et va chercher à s'en servir pour rentrer dans le cercle familial. Cela ne marchera pas. Pour se "venger", Janet part à la recherche d'un mari 1) parce que tout le monde dit qu'elle va finir vielle fille. 2) parce qu'elle a déjà une idée sur qui elle va mettre le grapin : le neveu de Considine, Rodney (qui est charmant je doit dire). Tout le monde est extrêmement choqué (moi j'avoue que je ne l'étais pas trop) mais le mariage se fera quand même.

Nous voilà dix ans plus tard. Edward et Laurel ont eu deux enfants : Anna et Simon. Janet et Rodney ont eu une fille Hermione. Considine habite de temps en temps avec ces derniers, dans un magnifique domaine à la campagne, quand il revient d'Afrique. Pour ce séjour ci, il y a exceptionnellement les enfants d'Edward et Laurel qui sortent tous les deux de maladie. Là dessus arrive Elfrida qui a fait je ne me rappelle plus quoi dans son appartement. Et re là-dessus arrive Théodora pour foutre la m**** en écrivant à Laurel que Elfrida et Considine débauche ses enfants car ils auraient repris leurs relations (parce que j'ai peut être oubliée de le dire mais ils l'avaient arrêtés. Edward arrive pour reprendre ses enfants. On comprend alors qu'Edward, outre d'avoir un comportement passablement agité, n'est peut être pas aussi clair que ça. Il ne serait pas seulement l'enfant traumatisé par le divorce de ses parents et les infidélités de sa mère ...

Déjà l'histoire est un peu compliquée, mais Elizabeth Bowen ne facilite pas notre vie de lecteur. Ces personnages sont plus qu'étranges : il n'y en a pas un qui ne le soit pas (peut être les parents de Janet et Laurel mais c'est tout). Ils font des répliques complètement décousues. Tout se passe comme si je vous disais que le steack était bon au marché ce matin et que vous me répondiez que vous avez mangé du riz hier. Vous êtes bien dans la thématique mais alors le rapport reste assez mystérieux. C'étaient comme si ils étaient tous au bord du falaise et qu'ils se regardaient mutuellement pour savoir qui va tomber le premier : il y a une atmosphère de défi, de non-dits que l'on ne peut pas comprendre car tout nous est décrit de manière très distanciée par Elizabeth Bowen.

De plus son écriture a vieilli je pense que l'on pourrait dire. Les images employées tombent comme un cheveu sur la soupe. Par exemple, pour l'auteur, il fait noir comme dans l'intérieur d'un appareil photo ou bien encore

Tandis que l'histoire de Mrs Bowles se poursuivait, rassemblant des années de bavardages sur une solide base d'ennui, comme sur une quenouille, Laurel fut gagnée par une nostalgie aiguë de son adolescence.

Les paroles de Mrs Bowles glissaient sans fin, comme un vieux poisson hébété au bord d'une charette à bras.

Il me reste Emmeline dans ma PAL ; j'espère être plus convaincue ou au moins savoir si c'est l'auteur qui ne me convient pas (je comprends que cela puisse plaire à d'autres) ou si c'est quelque chose dans la traduction ... J'en reparlerai sûrement.

Livre lu dans le cadre du The portrait of a Lady swap de Lou et Titine.

Références

L'adultère d'Elizabeth BOWEN - traduit de l'anglais par Anne Rabinovitch (Rivages poche, 2002)

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Littérature irlandaise

La douce colombe est morte de Barbara Pym

March 12
by Cecile 12. March 2010 11:57

Quatrième de couverture

Si Léonora, l'héroïne de ce roman, n'est pas encore vieille fille, elle est déjà consciente de jouer ses dernières cartes. Sa beauté et sa fortune lui ont valu des hommages qui se raréfient à présent. Hommages dont celle qui n'a plus rien d'une douce colombe a pourtant du mal à se passer. Elle jette alors son dévolu sur un jeune homme qui dérive cependant vers d'autres amours...

Mon avis

Il y a deux ans je vous aurais dit "Barbara Pym, qui c'est celle là ?" Depuis Lou, Keisha et Tamara sont passées par là ! (il ne faut qu'en même pas perdre de vue que Lilly n'ai pas sensible au charme de Barbara Pym et donc que si vous ne connaissez pas et que vous lisez, vous pourvez être déçue aussi). Enfin maintenant je sais qui c'est et je peux vous dire que c'est une lecture enthousiasmante. Pas dans le sens où c'est profond et où je me sens beaucoup plus intelligente mais dans le sens où c'est léger, cocasse, déluré et que j'ai beaucoup ri.

Là encore, je tiens à remercier le très très gentil auteur de la quatrième de couverture parce que pour lui quand on est une femme qui approche la cinquantaine (voir le début du chapitre 2) on n'est pas encore une vieille fille et donc rien n'est perdu (si ce monsieur pouvait venir voir ma voisine pour lui expliquer cela, ce ne sera pas mal). Léonora, notre héroïne, est donc une femme dans la fleur de l'âge pour qui rien n'est encore perdu même si elle a l'air très contente comme elle est. Elle a des vieux beaux qui vienne la voir pour lui offrir des fleurs, des repas chers, des bijoux. Elle a bien deux voisines un peu casse pied : une qui met la radio un peu trop fort (je connais ça : mes voisins ont une porte qui grince) et une qui s'est rabattue sur les chats après l'essai d'un mari pas très gentil. Léonora est riche, chic, ne supporte pas le négligé (l'archétype de la vieille fille mais ne le disons pas).

Mais un jour elle va aux enchères acheter un livre de fleurs (?) et elle s'évanouit après l'avoir remporté et fait les enchères elle-même (c'est une femme forte, mais petite nature quand même) . Là, deux beaux males viennent à son secours en se proposant de la sustanter. Deux antiquaires (je vous sens tout de suite un peu plus sceptique sur les deux beaux males) : un de vingt-cinq ans, James et un veuf d'une cinquantaine d'années, Humphrey. La voilà amoureuse (sans pour autant vouloir conclure dans un lit parce que c'est du plus mauvais goût), je vous laisse deviner de qui (il suffit de lire la quatrième de couverture) : de James bien évidemment (Humphrey est un peu dégouté mais s'accroche pour le jour où elle en aura marre). Le sentiment est plus ou moins réciproque même si cela reste pour le garçon très platonique : c'est un peu sa bonne amie, sa mère de remplacement ... Tout ça est un peu confus dans sa tête.

Mais pour la bagatelle, James a Pheobe, l'opposé de Léonora, et puis Ned, un gentil américain. Parce que là aussi c'est un peu confus dans sa tête. Voilà Léonora partie dans une sorte d'entreprise de conquête et d'éloignement des rivaux. Pendant toute la lecture j'ai gardé le sourire aux lèvres en me disant "elle ne vas pas faire ça" et si si elle le faisait.

Seules les cinquante dernières pages du livre sont tristes parce que là Barbara Pym nous fait comprendre que oui la douce colombe est morte, et qu'elle est peut être devenue un peu vieille fille.

Livre lu dans le cadre du The Portrait of a Lady Swap de Lou et Titine.

Références

La douce colombe est morte de Barbara PYM (Christian Bourgois - collection Titres, 2007)

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Littérature anglaise

Aurora Floyd de Mary Elizabeth Braddon

March 10
by Cecile 10. March 2010 10:54

Quatrième de couverture

Aurora Floyd est la fille choyée d'un richissime banquier. Une violente dispute l'oppose à son père lorsqu'elle revient d'une longue promenade à cheval avec son palefrenier. Aurora est envoyée à Paris dans un pensionnat pour faire des études. On la retrouve un an plus tard, à nouveau chez son père. Réconciliée mais distante, marquée à jamais par un drame qui a éloigné d'elle l'homme qu'elle aime ...

Comme dans tous les romans à suspense de M.E. Braddon, le lecteur pressent ce qui est à l'origine du drame sans que cela soit explicite, et il est entraîné malgré lui, et sans pouvoir s'arrêter, dans un maelström excitant qui le pousse à connaître le déroulement et la fin de l'énigme.

Mon avis

Mon deuxième Mary Elizabeth Braddon. Je l'ai trouvé mieux que Le secret de Lady Audley même si c'est la même thématique : les femmes victoriennes ont toute une double vie, c'est moi qui vous le dit ! À lire, la quatrième de couverture je pensais qu'Aurora Floyd avait eu un enfant caché avec le palefrenier. Mais ce n'est pas ça du tout parce qu'en y réfléchissant un enfant caché peut être élevé sans connaître sa mère. Donc nous voilà bien embarassé parce que le fameux mystère d'Aurora Floyd ne va pas l'empêcher d'avoir un premier soupirant : Talbot Bulstrode qui trouve Aurora bien trop agitée pour lui pour l'Anglais calme et placide qu'il est (elle aime les chevaux, les courses de chevaux et les chiens à la manière d'un homme, elle a le physique d'une déesse égyptienne avec des yeux noirs à tomber par terre). Alors quand elle lui dit qu'elle a un secret qu'elle ne pourra jamais lui révéler, il fait taire son amour irrépréssible pour elle et le dirige vite fait bien fait sur la cousine Lucy, blonde aux yeux bleus et qui aime les trucs de femmes victoriennes. Là arrive un deuxième soupirant pour Aurora : John Mellish, trente deux ans qui voue lui aussi un amour irrépréssible à Aurora et se fiche comme de l'an 40 du secret : il lui fait entièrement confiance et c'est tout.

Mais cela ne pouvait pas se terminer aussi bien parce que pour le coup on ne savait toujours pas quel était le secret ! Donc Aurora et John vont vivre dans la maison du dernier et seront rattrappés par le secret : il y  aura même meurtre à la page 330 (et 200 pages de résolution derrière).

C'est plein de rebondissements et vous tournez les pages bêtement parce que comme il est dit Mary Elizabeth sait vous raconter une histoire mieux que personne. Derrière cette toile de fond que l'on pourrait penser légère, c'est le portrait de deux femmes : une femme victorienne de son époque, bien dans les convenances et tout et tout, et d'une deuxième trop moderne pour son temps que son entourage ne peut s'empêcher d'admirer et de réprouver à la fois. C'est aussi le portrait de deux manières d'aimer : être raisonnable et avoir une vie tranquille ou bien aimer de manière inconditionnelle et toujours (ou presque) faire confiance à l'être aimé. Pour l'époque où il a été écrit je trouve que le récit est vraiment très moderne.

En conclusion, j'aime vraiment beaucoup Mary Elizabeth Braddon. Si vous voulez que le livre voyage jusqu'à chez vous (rien que pour savoir le fameux secret), n'hésitez pas !

Livre lu dans le cadre du challenge English Classics, du challenge Mary Elizabeth Braddon et surtout du The Portrait of a Lady Swap de Lou et Titine.

Références

Aurora Floyd de Mary Elizabeth BRADDON - traduit de l'anglais, revu et corrigé par Medeleine Jodel, présentation de l'auteur par Joëlle Losfeld (Éditions Joëlle Losfeld, 2006)

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Littérature anglaise

Vie de Richard Savage de Samuel Johnson

March 08
by Cecile 8. March 2010 14:14

Présentation de l'éditeur

Bâtard de sang noble poursuivi par sa mère d'une haine aussi inexpiable qu'incompréhensible, condamné à mort sauvé par une grâce royale, un jour poète crotté, le lendemain favori des salons, Richard Savage connut une existence tourmentée, qui semble plus relever du roman - ce qui frappa déjà Diderot lors de sa lecture - que de la réalité.

Fiction ou vérité, c'est bien l'ambiguïté qui pèse sur cette Vie puisque le mystère des origines de Savage, victime ou calomniateur, imposteur conscient ou mytomane, n'a pas résolu par les historiens et la critique, quand même ils inclinent au scepticisme.

Samuel Johnson, lui, ne mit pas un instant en doute la parole de celui qu'il considérait comme un ami et dont il tient la plupart des anecdotes qu'il rapporte. Curieux ascendant si l'on considère le sort contrasté que la postérité a réserver aux deux hommes : d'un côté la figure tutélaire des lettres anglaises, de l'autre un poète mineur, auteur de pièces de circonstances, retombé dans l'oubli.

Dans les interstices de sa Vie de Richard Savage, c'est peut-être un secret autoportrait de Johnson qui se dessine, portrait de l'artiste en jeune homme, si l'on veut, qu'attendent encore ses certitudes et que troublent déjà le scrupule et la noire mélancolie.

Mon avis

C'est un livre qui relève pour moi d'un grand malentendu.Il existe deux versions du manuscrit : une avec des extraits d'oeuvre de Richard Savage et une autre expurgé de ces extraits (et ce par Samuel Jonhson lui-même). C'est cette deuxième version qu'ont choisi de publier les éditions du promeneur. Finalement, pour nous, lecteurs du XXIième siècle, on ne voit plus en Richard Savage l'artiste (je défie quiconque de me citer une ligne du travail de Richard Savage sans être obligé de regarder sur Internet) mais l'homme. Et l'homme, franchement n'est pas de ceux que l'on aimerait avoir comme ami.

Il a eu un début de vie très difficile. Sa mère l'a renié, a voulu le tuer, a voulu qu'il meurt. C'est seulement à partir de la vingtaine qu'il a comencé à pouvoir vivre indépendamment de son horrible mère (c'est à dire à être reconnu pour son travail et non pas pour l'histoire de sa naissance). Mais c'était trop lui demander. Il est devenu une sorte de pilier de bar, ce qui l'a empêché de gagner sa vie puisqu'il ne pouvait plus écrire. Ses amis vont alors mettre en place une sorte de rente, et ce à plusieurs reprises (car il va perdre ces mécènes au fur et à mesure bien évidemment). Passe encore c'est une vie triste mais ça arrive. Mais non content de ça, Richard Savage est une sorte de Calimero : c'est la faute de sa mère (oui en effet) mais aussi des amis qui font en sorte qu'ils puissent vivre et même aller dans les bars (il fait même des pamphlets à leurs sujets pour les ridiculiser en public).

Quand j'ai parlé de malentendu au départ c'est à cause du ton qu'emploie Samuel Johnson. Il raconte les évènements avec tellement de pitié que je l'ai cru sarcastique (je n'avais pas lu la présentation de l'éditeur). Mais non, il a vraiment pitié de Richard Savage qui est un de ces meilleurs amis. Je n'ai compris cela qu'à la fin quand l'auteur résume la vie et l'eouvre de Richard Savage. En particulier, il parle de qualités auquelles je n'ai même pas fait attention tellement je n'ai fait attention qu'aux défauts.

En conclusion, j'espère avoir un ami tel que Samuel Johnson quand je mourrais qui ne verra que des qualités qui seront dues uniquement à ma personne, et, fera de mes défauts des traits de caractères qui seront dus à d'autres. Je vous souhaite la même chose !

P.S. : c'est l'écriture de Samuel Johnson qui a fait que j'ai lu le livre jusqu'au bout ! Elle est vraiment bien je peux vous le dire ...

Références

Vie de Richard Savage de Samuel JOHNSON - traduit de l'anglais par Lionel Leforestier (Le promeneur, 2010)

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Littérature anglaise

Mycroft's testimony de Sophie Bellocq-Poulonis

March 01
by Cecile 1. March 2010 15:54

Quatrième de couverture

Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l'homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C'est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l'ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C'est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l'étude psychopathologique qu'il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d'insoupçonnables années d'errance et d'égarement psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

Dans cette période troublée, personne n'en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ?

Mon avis

Je vais vous faire un commentaire en deux parties. Pour ceux qui serait attirer rien que par la quatrième de couverture, sachez que c'est un bon livre, voire très bon avec des clins d'oeil à Sherlock Holmes et à la période historique dans lequel il est censé vivre, une construction en deux parties particulièrment novatrice : le récit de Mycroft est corroboré par une étude psychopathologique aussi rédigé par l'auteur. Vraiment bien pour les personnes qui aiment Sherlock Holmes (malgré les nombreuses coquilles).

Maintenant pour ceux qui ne voudraient pas le lire ou qui n'aurait pas été convaincu par la quatrième de couverture, je vais essayer d'en dire plus sans trop en raconter. Mais sachez qu'il saura possible de deviner la théorie du livre à partir de la quatrième de couverture et ce que je vais dire.

Ce que j'aime chez les Holmésiens, c'est leur imagination foisonnante surtout celle de Sophie Bellocq-Poulonis dont j'avais déjà pu lire le travail dans Le Cahier de l'escarboucle bleue. Ici, l'auteure revisite la relation entre Sherlock Holmes et Jak l'éventreur. On peut d'ailleurs noter le joli clin d'oeil entre le psychiatre de la seconde partie et une des possibles identités de Jack l'éventreur. Une courte introduction nous apprend comment l'auteur a pu se retrouver avec le testament de Mycroft. Dans la première partie, celui-ci explique comment il a fait surveiller son frère après le décès de son jumeau (qui s'appelait Arthur abrégé en Arty : je suis sûre que cela vous dis quelque chose), comment en sous-main il a provoqué la rencontre Watson - Holmes, comment le mariage du docteur a miné Holmes. Pour cette première partie, elle se base sur les différentes études visant à dater les aventures de Holmes. Dans la seconde partie, c'est l'étude psychologique. Là aussi l'auteur montre un certain talent puisqu'elle change complètement de style mais surtout dans l'étude, elle souligne que pour Aaron Kosminsky le personnage de Sherlock Holmes est fictif (c'est rare en général dans les ouvrages des holmésiens) ce qui rend le récit encore plus crédible.

Comme je le disais, à part les coquilles, c'est un ouvrage que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. J'y ai cru la preuve j'ai eté vérifié si l'étude était véridicte ! Maintenant, je vais lire Duel en Enfer de Bob Garcia (il vient de sortir en poche c'est pour ça !), qui lui aussi lie Holmes et Jack l'éventreur. C'est un livre qui a été lu par La liseuse (qui a trouvé ça plutôt pas mal malgré certains défauts) et Mathilda (qui n'a pas aimé du tout, et c'est une holmésienne convaincue). Il ne me reste plus qu'à me faire ma propre opinion.

Références

Mycroft's testimony de Sophie BELLOCQ-POULONIS (Les éditions de l'oeil du sphynx - Les manuscrits d'Edward Derby volume 11, 2009)

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Littérature française | Romans policiers et thrillers

Un billet pour fêter le retour à la normale

February 27
by Cecile 27. February 2010 21:02

Suite au virus détecté par mon antivirus mais qui ne l'a pas arrêté pour autant (ne me demandez pas à quoi il sert alors parce que je ne le sais pas), j'ai utilisé une méthode un peu brutale et mon disque dur âgé de plus de six ans n'arrivait plus à bouter windows. Mon frère est arrivé sur son cheval blanc, à sauver tout les fichiers du disque dur (passé l'antivirus dessus ...), m'a installé un disque dur deux fois plus gros avec Windows 7 alors qu'avant j'avais XP. Et donc maintenant tout ça n'est plus qu'un mauvais souvenir. Pour fêter ça je réponds au tag de MADmoiselle qui voulait savoir dans quelle position je lisais. Alors je vais répondre en vous montrant ma fameuse PAL. En montant dans mon bureau la première chose que je vois c'est ça :

Oui, vous ne rêvez pas : ce sont les livres en attente de lecture (pour ma défense les livres qui sont dans les étagères ce sont des livres de mathématiques : c'est comme ça que je me retrouve souvent à tout déplacer). Ma bibliothèque est dans ma chambre. Donc vous voyez le passage au fond, il y a un canapé avec une couverture hyper glamour caché derrière les magazines (mon père se demande comment cela fait pour ne pas s'écrouler : si faire des piles était un métier, je serais sûrement une des meilleures) et les livres :

C'est là où je lis. Il fait 1m50 ; j'en fais vingt de plus. Je lis donc sur le ventre et les jambes qui pédale au dessus de moi. Devant moi il y a cette étagère (où m'attend Bleak House) :

Voilà l'endroit où je me sens le plus en sécurité. C'est mon petit nid à moi que je vous ai fait partagé aujourd'hui. Dès le prochain billet, on reprend les lectures.

Au fait, je tague qui veut ! Et excusez-moi pour la qualité des photos c'est fait avec mon téléphone portable.

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Une vie de lectrice et de blogueuse

La traque de Muriel et Patrick Spens

February 24
by Cecile 24. February 2010 20:57

Quatrième de couverture

Pourquoi le célèbre romancier anarchiste Larsen, exilé au Mexique, n'a-t-il plus écrit de livres après 1940 ?

Pourquoi les seuls otages fusillés par le gouvernement communiste de Munich en 1919 appartenaient-ils tous à une société secrète dont les principaux membres inspirèrent ensuite son programme d'extermination à Adolf Hitler ?

Pourquoi Rudolf Hess, le dauphin d'Hitler, a-t-il gagné en avion la Grande-Bretagne au printemps 1941, avant le déclenchement de l'opération Barbarossa ?

Pourquoi Jacques Doriot, ancien communiste devenu chef du Parti populaire français collaborationniste, a-t-il été mitraillé dans sa voiture, en 1945, par des avions de chasse non identifiés, sur une route du sud de l'Allemagne ?

L'enquête menée à Paris au début de l'été 1942 par un inspecteur français à la suite d'un officier SS conduit sur la piste de quelques-uns des aspects les plus mystérieux de la Seconde Guerre mondiale.

Un thriller historique qui fait revivre, sous les traits de Larsen, l'écrivain B. Traven, l'inconnu le plus fameux des annales littéraires du XXe siècle.

Ce roman, par son intrigue aux multiples rebondissements et son intelligence rouée, nous fait toucher du doigt toute l'ambiguïté de la période de l'Occupation.

La traque est le premier roman de Muriel et Patrick Spens.

Mon avis

La traque n'est pas le premier roman inspiré du personnage de B. Traven (ce n'est donc pas une bio). Vous pouvez lire sa biographie ici. A lire sa vie, on peut voir que le livre de Muriel et Patrick est une oeuvre d'imagination (d'où le nom de l'auteur du roman B. Larsen) et même une très bonne. L'intrigue est complexe. En effet, les auteurs arrivent à mêler Première et Seconde Guerre Mondiale, l'historique de l'idéologie nazie, la collaboration française et les partis populistes. D'ailleurs, le flic qui enquête Roger Fontenoy a une histoire nonlinéaire (c'est toujours plus intéressant). Ancien membre de l'extrême droite de Doriot, il s'en est détaché car il ne support plus les dérives antisémites et collaborationistes de ses "amis". Donc comme je disais ici on mêle petite et grande histoire. La petite c'est celle de deux hommes Roger Fontenoy et de Seelendorf. Ils se sont rencontrés paendant la Guerre d'Espagne et même si ils se sont perdus de vue, leur estime réciproque fait que quand Seelendorf va se faire assassiner sur un pont de Paris, Fontenoy va tout faire pour retrouver les assassins. Quitte à remonter dans le passé proche et lointain de Seelendorf au péril de sa vie. L'intrigue est dévoilée au fur et à mesure mais il y a de nouveaux problèmes et questionnement qui arrivent. L'histoire se suit donc de manière avide.

Si autant je n'ai aucune réserve sur l'histoire, j'en ai un peu plus sur la narration. Il y a des personnages dont je n'ai pas vraiment compris l'utilité : Suzy, la petite amie de Roger Fontenoy (les auteurs finalement s'en servent comme d'une pauvre godiche qui sert à passer des messages ou faire des choses qu'elle ne comprend pas) ou bien encore le logeur de Seelendorf à Paris (il passe un message : oui, et ?). La narration éclatée aussi est parfois dérangeante. On n'a pas forcément envie d'être coupé en pleine action. En effet, le livre est divisé en deux parties qui sont rédigées de deux manières différentes. La première alterne rapport d'espionage et vie de Roger Fontenoy (on hésite souvent entre le je et le il). La deuxième alterne une sorte de testament de Seelendorf et l'enquête de Fontenoy.

Pour un premier roman, ce livre est plutôt bon même si il a ses défauts mais je lirai sûrement le deuxième pour voir ce que les auteurs auront concocté. Bon, maintenant, je vais lire les romans de B. Traven (il y a deux chapitres du livre qui sont excellents sur le sujet).

Références

La traque de Muriel et Patrick SPENS (Le cherche midi, 2010)

Je remercie l'équipe d'Ulike pour l'envoi toujours aussi ultra-rapide. Vous pourrez retrouver ce billet sur le site Chronique de la rentrée littéraire.

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Littérature française | Romans policiers et thrillers

Emma de Jane Austen

February 22
by Cecile 22. February 2010 21:43

Quatrième de couverture

Publié anonymement en 1816, Emma est l'oeuvre la plus aboutie de Jane Austen et l'un des classiques du roman anglais. Orpheline de mère, seule auprès d'un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s'est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille pauvre qu'elle a prise sous sa protection. Ce faisant, ne s'est-elle pas attribué un rôle qui n'est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des coeurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu'elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vqudront bien des déconvenues et des découvertes. Autour d'Emma, Jane Austen dépeint avec sobriété et humour, et aussi une grande véracité psychologique, le petit monde provincial dans lequel elle a elle-même passé toute sa vie.

Mon avis

Je m'excuse pour les fautes et surtout auprès de The Story Book Girl avec qui je fais cette lecture commune (parce que j'aurais du publier le billet dans la journée et pas dans la soirée surtout que je l'ai fini il y a trois semaines ce livre). En effet, j'ai un cheval de troie sur mon portable que je n'ai pas réussi à enlever avec l'anti-virus (Bouh m'a porté la poisse) donc j'ai appelé mon expert en informatique, en la personne de mon frère, qui a pris le contrôle à distance (de chez lui) de mon PC et en échange il m'a prêté le sien, qui lui est resté à la maison, et qui est exactement le même mais avec une toute petite différence : j'ai un clavier anglais et lui un français. Alors si Jane Austen se transforme en Jqne Qusten merci de ne pas m'en tenir rigueur.

Après cette atermoiement tout personnel, passons à la lecture ! Emma est définitivement mon Jane Austen préféré juste à côté d'Orgueil et Préjugés. Et pourtant là aussi j'ai une histoire compliquée avec ce livre. En effet, c'est le premier Jane Austen que j'ai eu il y a dix ans dans la version 10/18. Et je l'avais abandonné à la page 78. Comme j'ai été plusieurs fois déçue par les traductions 10/18 (je reste persuadée que c'est pour ça que je n'ai pas aimé Mansfield Park : Angelitam et Nabokov (je vais lire le Bouquins qui vient de sortir avec ses critiques de livres anglais et russes c'est obligé) n'en pensent que le plus grand bien), je m'en suis rachetée un exemplaire au Livre de Poche dans la traduction de Pierre Nordon (en général, j'aime beaucoup son travail). Il n'y a pas photos je l'ai lu d'une traite.

Il y a particulièrement deux points qui m'ont beaucoup plu : le côté vie de village et l'histoire d'amour Emma/Mr. Knightley. En effet, la description de la vie provinciale de l'époque m'a beaucoup rappelé le roman d'Elizabeth Gaskell : Cranford. Parce que Jane Austen raconte le poids du quand-dira-t-on, de la pression des voisins, des rumeurs, du ragotage de bas étages. Même l'intrigue dans l'histoire d'amour entre Jane Fairfax et Frank Churchill (lui il m'a beaucoup fait rire parce que je l'ai trouvé godiche : le mot masculin ne me revien pas) m'a rappelé Femmes et filles d'Elizabeth Gaskell. Si ça ce n'est pas du plagiat par anticipation, Monsieur Bayard, je ne m'y connais pas !

Pour l'histoire d'amour, là aussi c'est une histoire qui n'appartient qu'à moi. Je ne connaissais pas l'histoire de Emma mais je m'attendais à l'histoire entre Emma et Mr. Knightley parce que j'ai acheté le Mr Knightley's Diary de Amanda Grange quand je suis allée à Londres. Je tournais les pages en attendant le début de l'histoire, d'une déclaration enflammée et ça ne venait pas. Finalement, c'est ce qui fait d'Emma un roman à part dans l'oeuvre de Jane Austen : l'hisoire d'amour de l'héroïne n'est que secondaire alors que la description de la société est primordiale.

Bien sûr, tout cela ait fait dans un style tout austenien qui donne cette impression d'être au coin du feu avec une tasse de thé en train d'écouter une histoire d'une dame qui vous fait vivre les personnages sans avoir besoin de les connaître (et ce grâce à des descriptions fouillées).

Maintenant, je vais aller découvrir les adaptations et regarder comment ils ont représenté la différence d'âge entre Emma, 19 ans, et, Monsieur Knightley, 37 ans ! C'est mon côté commère.

Références

Emma de Jane AUSTEN - traduit de l'anglais par Pierre Nordon (Livre de Poche, 2008) 

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