The Strange Return of Sherlock Holmes de Barry Grant

J’ai lu le premier ! Je rappelle, pour ceux qui ne suivraient pas, que la semaine dernière j’avais lu, avec mon extraordinaire reader (Fashion en parle mieux que moi), le second volume de cette extraordinaire série (n’ayons pas peur des mots). Il s’agissait de Sherlock Holmes and the Sakespeare Letter.

Ce premier volume suit en quelques sortes la trame d’Une Étude en Rouge (auquel il y même une référence avec le mot Rache). Dans une première partie, il y a la rencontre Sherlock Holmes, qui se présente sous le nom de Cedric Coombes, et James Wilson, le journaliste revenant dégoûté d’Afghanistan (je trouve que c’est vraiment excellent d’avoir utilisé ces guerres qui se répètent dans le temps). Les présentations se font dans le même contexte que dans le premier roman des aventures de Sherlock Holmes. Watson se retrouve sans logis après avoir décidé de se reposer dans un tout petit village. Il rencontre comme par hasard un ancien camarade d’Eton (que l’on retrouvera dans le second volume : c’est l’oncle), qu’il n’a pas vu depuis vingt ans, et à qui il parle de ses problèmes. Lui, se rappelle avoir entendu un excentrique qui cherche un colocataire pour louer un cottage plus grand que ce qu’il a actuellement. L’excentricité ici est aussi intéressante ici (et reflète bien l’univers de Barry Grant qui nous parle souvent de livres)  puisque Sherlock Holmes emporte chez lui des brouettes entières de livres d’occasion, qu’il ne lit pas forcément (mais il lit quand même énormément pour se remettre à la page) mais qui sont les sujets de déduction et d’analyse très profondes quant à leurs anciens propriétaires.

Cedric Coombes, alias Sherlock Holmes, a été retrouvé dans un glacier et a été ramené en Angleterre par le petit-fils de Lestrade (que l’on retrouve beaucoup dans ce premier volume ; il y a même l’explication de toute sa généalogie) et le Dr Coleman du St Bartholomew’s Hospital (parce que tout le monde a reconnu Sherlock Holmes. Je pense qu’il est intéressant de se demander si on en serait capable nous même).

La deuxième partie du livre porte justement sur cette histoire de glacier qui est nous est raconté tout en longueur, au moins 50 pages, et qui coupe la narration (comme dans Une Étude en Rouge). On y croit ou pas (mais alors je peux vous dire qu’il y a de la péripéties et des poursuites ; cela serait splendide au cinéma) : en 1914, il a été mandaté par le Roi d’Angleterre pour amener une valise plein de de souvenirs d’enfance au Kaiser (ils sont tous les deux les petites-fils de la Reine Victoria) pour l’attendrir et éviter la guerre. Barry Grant essaye de nous livrer une explication plus ou moins plausible pour justifier le fait que Sherlock Holmes est survécu à la congélation (c’est dû à la déshydratation pour votre information).

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que dans tout le livre Sherlock Holmes a vieilli et est moins dogmatique dans sa manière de résoudre les énigmes. En fait, Barry Grant arrive à reprendre les principales caractéristiques de Sherlock Holmes tout en faisant quelqu’un d’autre.

Computers are mere compilers and crunchers of facts. Yet facts alone, Watson … Wilson …, can never, however speedily compiled or crunched, solved anything of consequence. […] I mean any of the great mysteries of gravity, for instance. Or the mystery of why a man murders his wofe. Many years ago I too believed such problems could be solved merely by observing closely and analyzing logically. I believed that a problem was like a great river one must cross. You stood on the shore and by stepping from one logical stepping stone to the next, you eventually reached the far side. […] Anyway, long ago I imagined that I solved mysteries first by observing, then by analyzing facts I had accumulated by observing. But that is not how it is at all. I realize now that I always made an imaginative leap that landed me somewhere strange, and then I tried to prove by logic that my leap had landed me in the right spot. If not, I made another leap, till eventually I landed where logic could prove I was spot on.

Dans cet extrait, on voit bien le côté désabusé du personnage. Barry Grant tient compte du fait que Sherlock Holmes revient après 90 ans dans un glacier et ne le fait pas revivre tel quel. Il fait aussi plus volontiers s’exprimer Sherlock Holmes sur ses sentiments (en cela il différencie l’écriture de Wilson et de Watson).

Barry Grant fait aussi preuve de beaucoup d’humour en faisant des clins dans le livre à son propre livre.

Watson [Wilson ne se fatigue même pas à corriger], all is patern, repetition, variations on a theme. What you have done once in life, you do again – a prisoner of your own personnality, and of life’s natural cycles. […] I dare say, if a man lived long enough, everything in his life would repeat itself – in outline if not in fine detail. Have you not noticed, Watson, how often you are in a situation and you have the feeling you have been there before ? Déjà vu. And my belief is that in most cases you really have been there before. And sometimes you can recall the earlier situation, and sometimes not. […] Why should there not be fun and meaning in repetition ? You read the same book twice sometimes, do you not, Watson, and actually get more out of it the second time through ? You sometimes go to the same movie twice. […] Your life is a movie that keeps playing different but similar scenes over and over, and you enjoy it nonetheless.

Il y a un petit côté philosophique là-dedans, de la philosophie du même genre que celle d’Isabel Dalhousie

Pour ce qui est du mystère à résoudre, qui est posé dans la première partie et résolu dans la troisième : il s’agit de retrouver le meurtrier d’un ancien militaire américain. Cet homme est mort dans des conditions particulièrement étranges car il a été tué dans la maison vide d’un célèbre homme de théâtre, célibataire et sans enfants, après avoir débarqué dans un tout petit village (celui où Holmes et Wilson habitent) pour retrouver une jeune fille de quinze ans qu’il a connu sur internet. Le seul indice est un livre posé sur une table. Un peu plus tard, un second militaire américain se fera agressé dans la grande banlieue de Londres. Il échappera de peu à la mort.

En conclusion, je dirais Vivement le troisième (qui sort fin décembre, je le rappelle) ! et plus sérieusement que Barry Grant fait une réécriture intelligente et personnelle des aventures de Sherlock Holmes dans les temps modernes.

Références

The Strange Return of Sherlock Holmes de Barry GRANT (Severn House, 2010)

P.S. : par contre, je ne suis pas sûre d’avoir bien compris car dans le deuxième tome, il me semblait que les deux hommes habitaient au 221B Baker Street alors que dans ce premier volume, il décide d’habiter ensemble et dans la dernière page, Wilson dit :

I was on the Web and I found some very nice lodgings in Baker Street, your old haunt. A nice area it is, close to Regent’s Park.

Un autre passage qui m’a fait rigolé (et du coup, je ne pense pas qu’il puisse habiter au 221B Baker Street, à moins que lui se rappelle le vrai 221B Baker Street) :

When we found 221B, he was astonished and disconsolate. He sait it was not really the right place, though the number was plainly on the door. We went inside and found it was a museum – a Sherlock Holmes museum. Evidently Sherlock Holmes fans came here year after year to gawk. […]

Holmes stepped to the desk, rather awkwardly, and said to the girl, ‘Hello – I’m Sherlock Holmes.’

She laughed. ‘Of course you are,’ she said. ‘You even look like Sherlock Holmes. Here, would you care of a Sherlock Holmes map of London ?’

Dans le même genre, il y a un personnage qui fait remarquer à Sherlock Holmes qu’il ressemble énormément à William Gillette. Pour mémoire, William Gillette s’est fait connaît pour avoir joué le rôle de Sherlock Holmes au théâtre et avoir proposé l’image moderne que nous en avons.

P.P.S. L’auteur fait même apparaître le personnage de Willie Wiggins, âgé d’une petite quarantaine, qui travaille pour le chemin de fer, et qui aidera Sherlock Holmes à s’échapper de Londres en 1914. C’est trop attendrissant !

Sherlock Holmes and the Shakespeare Letter de Barry Grant

J’ai commencé par le numéro 2 de la série bien évidemment car on m’a toujours dit que dans la vie il fallait un peu de folie (je n’ai bien sûr pas fait exprès mais pour me rattraper j’ai téléchargé le numéro 1 sur mon tout joli reader en attendant la sortie du numéro 3 en décembre). Le reader c’est top pour lire des livres en anglais (surtout quand on est une quiche comme moi ; il y a deux personnes qui me l’ont dit dans le mois donc je l’ai intégré dans mon cerveau qui semble très limité d’après tous les entretiens que j’ai passés)(bien sûr, je ne suis pas déçue… enfin c’est ce que tout le monde me dit que je dois faire et penser). Revenons à nos moutons : quand on clique sur le mot la définition apparaît et on apprend plein de mot (genre conundrum qui veut dire énigme).

L’histoire du livre est trop bien ! (c’est ce que l’on appelle de la critique constructive). Sherlock Holmes a été emprisonné dans un glacier en 1914 et en est ressorti en vie grâce à l’aide d’un docteur en 2004.

Such things had been haunting my imagination ever since I had met Holmes four and half months earlier and had learnt the startling story of how, in a final service to King George V, he had atempted to halt the Great War by carrying a personal message from the King to Kaiser Wilhem. The whole project had come to wreck when a German agent, tracking Holmes across a glacier in Switzerland, had foolishly fired shots that brought down an avalanche.

Je ne peux pour l’instant pas vous en dire plus car apparemment c’est dans le volume 1. Après cette résurrection miraculeuse (à laquelle ni vous ni moi ne croyons en tout cas dans l’état actuel des connaissances scientifiques ; certains personnages ont même du mal à y croire), Sherlock Holmes retourne habiter à Baker Street avec un certain James Wilson, journaliste (et dragueur invétéré) qui est dans le milieu de la soixantaine. Il habite au dessus d’une madame Cleary. Celle-ci n’est plus logeuse et chacun habite dans son appartement. Entre autre, il y a une cuisine au 221B Baker Street (c’est fou, non ?) Des fois, Sherlock Holmes cuisine parce qu’il a bien changé après 90 ans dans un glacier (en tout cas il est toujours aussi intelligent mais beaucoup plus drôle et amical). Aurait-il réussi à dire cela avant ?

My modus operandi depends upon doing so, and is simplicity itself : gather a chaos of facts, use intuition to extract the revelant ones, and use imagination to form them into a theory.

Il y a aussi un inspecteur Lestrade, petit fils de l’autre, qui a été chargé de mettre au point et au goût du jour le nouveau Holmes (en tout cas, de l’aider à survivre dans ce nouveau monde).

Lestrade, seemingly so sober and thoughful, so reserved and remote, was, in truth, a warm and generous soul beneath it all – just as was his more famous Victorian grandfather. This modern Lestrade, who had kindly undertaken to supervise Holme’s recovery after « the great resuscitation » took his responsability not oly seriously but with almost religious devotion. I suppose that ever in the back of Lestrade’s mind was the remembrance that Holmes had given great assistance to his grandfather on crime cases in the old days, and that he thus had helped him to rise in the force, and later had even helped him to find a wife – so perhaps Lestrade felt that he owed not only his own job, but his very life to Sherlock Holmes.

Ce paragraphe c’était pour vous situer à peu près les personnages récurrents. Il y aura aussi un nouveau Moriarty en la personne de Lars Lindbald, un bandit de grand chemin qui peut s’allier avec n’importe qui pour récupérer de l’argent (ce Lars n’apparaît que dans ce volume-ci et pas dans le premier apparemment).

L’histoire de départ est qu’un professeur sir Hugh a en sa possession ce qu’il croît être une lettre de Shakespeare (je vous rappelle qu’on ne dispose d’aucun écrit et qu’il y a polémique pour savoir si Shakespeare a écrit Shakespeare (plusieurs fois l’auteur utilise cette expression) ou si Francis Bacon n’y aurait pas mis son grain de sel). Il y a donc besoin d’une expertise qui sera réalisée par la nièce d’un ancien camarade d’école de Wilson. Tout cela se passe bien évidemment dans le plus grand secret et bien sûr, comme tout grand secret, beaucoup de monde est au courant. Il n’y a donc pas trop à s’étonner si la lettre disparaît quand elle arrive au laboratoire.

Bien sûr Sherlock Holmes (enfin celui que tout le monde pense être un doux dingue qui se fait passer pour Sherlock Holmes) est appelé en renfort. Il retrouve facilement le voleur et mets le nez dans une conspiration internationale avec Al-Qaida . On ne comprend pas trop pourquoi il voulait récupérer cette lettre mais cela s’éclaircit au fur et à mesure.

Après il cherche toujours la lettre et découvre que toute la famille de sir Hugh était au courant pour celle-ci. Si sir Hugh est un partisan de Shakespeare a écrit Shakespeare, ce n’est pas le cas de ces deux beaux-fils, de son « beau-père » et passablement de sa femme. Il n’a que sa belle-fille (adorable pour Wilson) de son côté.

Sur cette histoire se rajoute une série de meurtres réalisés à l’aide de micro-bombes, déclenchées à l’aide de notes de musique (il y a aussi des miro-bombes dans les chauves souris). Les victimes ont toutes subi une critique en règle dans les colonnes d’un journal.

Vous vous demandez comment l’auteur arrive à mêler les intrigues. Je ne vous le dirais pas, mais sachez qu’il y arrive et même très bien, même si à la fin, on a l’impression de se retrouver chez Hergé dans son île noire.

Il y a aussi de très jolis passages :

Colonel McKenzie, late of the Indian Army, was, in the publishing industry of modern London, something of a throwback to an earlier time – not a throwback clear to the nineteenth century, perhaps, but back to the nineteen-thirties or so, to that, era when books were still read by editors, not marketing committees, and when publishing companies were family affairs and not divisions of creativity-crushing conglomerates.

Only enough knowledge to solve the present conundrum, not all conundrums. It is not knowledge that makes life a joy, buth the lack of knowledge. For that is what makes a mystery. Could a life without probleems, without mystery, be worth living ? A life without mysteries to plumb and problems to solve would be a desert of boredom.

Intuition is a version of logic that overleaps certain steps in order to reach a conclusion quickly.

Dans la même veine, on a :

Intuition is the mode of one who knows. Leaping to conclusions is the mode of one who gambles.

Ma conclusion sera simple : ce livre mérite d’être lu pour son côté déjanté mais canonique.

Références

Sherlock Holmes and the Shakespeare Letter de Barry GRANT (Severn House, 2010)

The Baskerville Legacy – A confession de John O’Connell

Ce livre m’a appris quelque chose : le personnage de Arthur Conan Doyle peut être sujet à polémique. Ici, l’auteur joue avec des faits réels pour en faire une fiction, plutôt bonne d’ailleurs (mais heureusement qu’il y a les faits réels).

Le jeune journaliste Bertram Fletcher Robinson revient d’Afrique du Sud sur un bateau avec Arthur Conan Doyle. Ils discutent boutique et Conan Doyle propose de lui acheter une idée (je n’ai pas très bien compris comment l’histoire de départ avait pu donner le Chien des Baskerville) et même une collaboration. Le temps passe et c’est ce qui va se faire ! Ils vont se rencontrer une première fois et établir l’idée de base du Chien des Baskerville. Or, Bertram Fletcher Robinson est de Dartmoor … et va proposer à Conan Doyle de venir chez ses parents, à Ipplepen, pour pouvoir décrire avec plus de précisions la région dans le livre. Jusque là, tout le monde est d’accord. John O’Connell attaque ensuite la fiction puisqu’il fait du journaliste un drogué, à la limite de la paranoïa (ce que l’auteur dit qu’il n’était pas en postface). Il décrit Conan Doyle comme un homme prêt à tout, même à mystifier un homme qu’il présente comme son ami, pour la cause du spiritisme.

La polémique vient du fait que personne n’est d’accord sur la nature exacte de la collaboration entre les deux hommes. Par exemple, le cocher des parents de Robinson, Harry Baskerville, explique dans le cadre de la promotion du film de 1959 avec Peter Cushing et Christopher Lee que :

Mr Doyle stayed for eight days and nights. I had to drive him and Bertie about the moors. And I used to watch them in the billiards room in the hold house. Sometimes they stayed long into the night, writing and talking together.

John O’Connell complète ces propos en expliquant  que :

Baskerville fed the controversy over the Hound’s authorship by claiming to have witnessed Robinson writing key sections of the story at Ipplepen, notably the 1742 manuscript outlining the curse of the Baskervilles. He also claimed that both Doyle and Robinson had thanked him for allowing them to use his name.

Cela a toujours été contredit par le fils de Conan Doyle, Adrian (il n’a notamment aucun échange de lettres entre les deux hommes qui a été publié dans Arthur Conan Doyle : A life in letters)(je n’ai pas encore eu le temps de vérifier cette affirmation de l’auteur). Sur le site de la SSHF, on peut trouver une explication : Arthur Conan Doyle a précisé la nature de la collaboration avec le journaliste dans la première édition :

Then came The Hound of the Baskervilles. It arose from a remark by that fine fellow, whose premature death was a loss to the world, Fletcher Robinson, that there was a spectral dog near his home on Dartmoor. That remark was the inception of the book, but I should add that the plot and every word of the actual narrative are my own.

mais cela a été retiré par l’éditeur (et non par l’auteur) dans les rééditions. Ce qui donne une impression bizarre. J’aime beaucoup cette explication consensuelle. Par contre, John O’Connell complète en postface (et c’est là où du coup, il faut que je poursuive mes investigations) (n’hésitez pas si vous avez des infos). Dans une note accompagnant la parution du premier épisode dans le Strand :

This story owes its inception to my friend, Mr Fletcher Robinson, who has helped me both in the general plot and in the local details – A.C.D.

Dans la première version en livre, paru chez George Newnes en 1902, on trouve :

My dear Robinson : it was to your account of a West-Country legend that this tale owes its inception. For this and for your help in the detail all thanks. Yours most truly, A. Conan Doyle.

Dans la préface de ACD au livre The Complete Sherlock Holmes, en 1929, il y a :

« The Hound of the Baskervilles » arose from a remark by that fine fellow whose premature death was a loss to the world, Fletcher Robinson, that there was a spectral dog near his house on Dartmoor. That remark was the inception of the book, but I should add that the plot and every word of the actual narrative was my own.

Pourquoi a-t-il eu besoin de rajouter ces derniers mots ? Après, on peut se demander si ACD a partagé la somme qu’il a reçu pour le livre … C’est un peu sans fin tout cela.

Pour ce qui est du livre (qui est très très beau par contre), je crois que son principal mérite est de nous faire connaître le personnage de Robinson, qui a d’ailleurs lui même créé un personnage de détective : Addington Peace.

Références

The Baskerville Leagcy – A confession de John O’CONNELL (Short Books, 2011)

Les Quatre de Baker Street – tome 3 : Le rossignol de Stepney de Djian, Etien et Legrand

Grâce à Matilda, j’avais découvert les deux précédents tomes des aventures de ces trois jeunes gens et de leur chat Watson. Pour ce troisième opus, les voilà en train de résoudre une enquête à Londres sous la neige. Encore une fois les trois auteurs signent ici une aventure palpitante, pleine de charme (on prend plaisir à retrouver les personnages et la reconstitution de l’époque est impeccable) avec un graphisme détaillé et typé (pour les personnages j’entends).

L’histoire est la suivante : un jeune lord vient d’hériter de la fortune et du titre de son père à seulement dix neuf ans. Il n’en dispose pas franchement car il est soumis à l’autorité d’un conseil de famille. Or le jeune homme s’est épris d’une chanteuse de cabaret de l’East End et souhaite en faire sa femme. Or celle-ci et son père sont soumis à un terrible chantage. Bloody Percy (c’est le méchant avec un nom comme cela), sous l’égide d’un ancien flic, assure la protection de leur cabaret sous condition (de paiement bien évidemment). Mais ils n’ont plus les moyens de payer.

Là dessus interviennent les quatre de Baker Street, mandatés par Sherlock Holmes pour surveiller le lord dont la mère est inquiète (mais lui, il a autre chose à faire). En effet, leur surveillance commence dans le cabaret le soir où Bloody Percy décide de le brûler. Les francs tireurs de Baker Sreet sauvent alors tout le monde des flammes. S’en suit des tentatives d’enlèvements, de meurtres, des internements d’office … Tout cela en 56 pages.

Si vous avez aimé les deux premiers tomes, vous ne pourrez qu’aimer le troisième. Sinon, il est temps de découvrir !

Références

Les Quatre de Baker Street – tome 3 : Le rossignol de Stepney de J.B. DJIAN, de Olivier LEGRAND (scénario) et de David ETIEN (dessin et couleur) (Vents d’Ouest, 2011)

Young Sherlock Holmes – Death Cloud de Andrew Lane

Vous pouvez retrouver, entre autre sur le net, les avis de Matilda, de George et de Lily Tigre.

Andrew Lane a voulu imaginé dans cette série comment Sherlock Holmes est devenu Sherlock Holmes. Visiblement, cela a commencé quand il avait quatorze ans et qu’il n’a pas pu retourner chez lui après une dure année au pensionnat de garçon, suite à l’absence de son père (pour des causes militaires) (et que Mycroft ne veut pas l’autoriser à rentrer chez lui (parce que je trouve que son père à mon avis il doit être un peu mort) parce que sa sœur a l’air bizarre et que sa mère pleure). Il est envoyé chez son oncle, frère de son père (qui a un nom a couché dehors mais apparemment c’est une tradition que les hommes Holmes aient des noms étranges) et qui en plus ne fait qu’écrire des serments,  et sa tante, qui parle tout le temps toute seule (parce que son mari ne lui parle pas tout simplement). Tout cela promet des vacances palpitantes.

Mais comme tous les jeunes de cet âge-là (dans les romans surtout)(et peut être un peu plus jeune), Sherlock Holmes se découvre des ennemis et des amis en même temps qu’un mentor (ce qui va bien sûr augmenter l’intérêt des vacances, il va s’en dire). Son ennemi sera dans un gros paquet : un baron français qui veut anéantir l’Angleterre, les sous-fifres de celui-ci et des abeilles. Des amis, il en aura deux de son âge Matty, un orphelin qui vit du chapardage avec son cheval et sa barcasse, et Virginia la fille du fameux mentor. Celui-ci porte le doux nom de Amyus Crowe. Il est américain, chasseur de prime et a été engagé par Mycroft pour que son frère apprenne d’autres choses que ces bêtises qu’on lui apprend au pensionnat (qui se sert encore de nos jours des mathématiques, du latin, de l’anglais ?), c’est-à-dire à reconnaître les plantes, survivre en situation adverses, traquer une proie humaine ou non (qui osera dire que cela ne peut pas servir si on ne s’appelle pas Sherlock Holmes). Pour résumer, il luttera sontre ses ennemis avec son mentor et ses deux amis.

Que dire d’autres ? J’ai cru que j’avais progressé en anglais de manière vertigineuse car j’ai tout compris à part trois scènes (mais depuis j’ai eu la preuve par a + b que ce n’est pas le cas).  Donc le niveau d’anglais est assez simple.

Tout dans ce livre est vraiment sympathique et bien trouvé. L’histoire est rythmée, les personnages bien marqués, on apprend des petites choses sur l’Angleterre de l’époque. Le livre a un petit club des Cinq (je pense à ça car le garçon va habiter chez son oncle et sa tante, comme dans le club des Cinq ils vont chez Tante Cécile et l’oncle scientifique qui s’isole sur une île pour faire ses expériences). Je trouve que pour un pré-adolescent, c’est à recommander (c’est sorti en français depuis ne vous inquiétez pas).

Le seul problème est que le garçon aurait pu ne pas s’appeler Sherlock Holmes, je n’aurais pas vu la différence (il n’y a aucune spécificité du personnage : il se sent seul. C’est l’archétype de la plupart du anti-héros de la plupart de ces romans jeunesse). Je trouve cela un peu gênant tout de même car c’est un peu l’argument commercial du livre. Je me demandais si finalement Andrew Lane n’aurait pas eu intérêt à commencer par la fac (ce qui est dans l’intention de l’auteur) ou choisir un mode de narration moins linéaire. Ici, on sent gros comme une maison que la série commence quand Sherlock a quatorze et va finir quand il en aura une vingtaine, que l’on va suivre cela chaque année.

Basé sur de bonnes idées, le livre manque de complexité pour faire un bon pastiche mais reste un très bon livre jeunesse. Mais pas de soucis, je lirais les autres car ils sont dans ma PAL et que surtout que j’aime les lectures qui reposent comme celle-là (même si il n’y pas du SH dedans).

Références

 Young Sherlock Holmes – tome 1 : Death Cloud de Andrew LANE (MacMillan, 2010)

Moriarty : The Dark Chamber de Corey et Diecidue

Comme je le disais à je ne sais plus qui, il faut que je travaille mon anglais. Du coup, j’ai lu ce comics très bizarre où le scénariste a vraiment beaucoup d’imagination.

Moriarty est sorti vainqueur de la bagarre aux chutes de Reichenbach. Toutefois, il n’a pas retrouvé sa place initiale dans le crime organisé londonien. Il n’est plus que l’ombre de lui-même, se fait appeler Trumbold et a très peu d’hommes à son service. En gros, il est dans la misère.

Un jour, il entend parler de la disparition d’un professeur avec qui il a travaillé et décide de partir à sa recherche. Au même moment le MI5 lui demande son aide pour rechercher Mycroft Holmes, lui aussi disparu (j’avoue que là. j’ai trouvé un petit manque de crédibilité sur le moment).

Le voilà donc parti enquêter comme Sherlock Holmes. Le problème est que Londres est sous la coupe d’une association de malfaiteur « The Black Hand », qu’un nouveau méchant, Tartarus, est sur les rangs pour le contrôle de Londres. On ne peut que se dire que Moriarty a bien changé. Il va s’associer à une tueuse en série, Jade, à moitié nue mais qui n’a pas de forme (c’est pas comme avant avec Lara Croft).

Il va découvrir au passage que tout le monde veut récupérer une machine inventée par le professeur pour contrôler le monde (ou détruire le monde : je n’ai pas très bien compris). À tout cela s’ajoute le fait que le MI5, en particulier Watson (qui est rentré au MI5), veut tuer Moriarty.

La vie du professeur de mathématiques devient vite très compliquée !

Que dire, à parti qu’il y a une suite et que je la lirai sans aucun doute. Le scénario m’a convaincu, même si il peut apparaître comme tarabiscoté.

Pour les dessins, je suis plus dubitatives. C’est un peu une habitude quand il s’agit de comics anglo-saxons car les dessins donnent souvent l’impression d’être peu travaillés et d’être fait à la chaîne (notamment Tartarus a la même forme de visage que Moriarty). Là où cependant je suis déçue c’est sur le personnage de Moriarty même. Il change de tête : un coup il est à la limite du revenant clochard avec plein de poils sur le visage, puis après il passe à un visage plus bourgeois, vieilli mais propre. Le personnage de Jade est peu marqué. Une fois qu’elle change d’habit (ou plutôt qu’elle en enfile), on ne la reconnaît plus.

Les couleurs sont celles de la fin du monde et de la féérie : sombre, violet et vert.

L’histoire est complète mais la fin nous laisse supposer un deuxième épisode où devrait ressurgir Sherlock Holmes (même si il est mort au début de l’histoire).

P.S. J’ai oublié de préciser que tout cela se passait en 1914 et que cela justifiait l’espionnage, la fin du monde …

Références

Moriarty – volume 1 : The Dark Chamber de Daniel COREY (scénario) et Anthony DIECIDUE (dessins) (Dangerkatt Creative Studio, 2011)

SSHD – Bilan du mois de septembre 2011

C’est donc à mon tour de faire le bilan de la SSHD.

C’est notamment l’occasion de rappeler les différents challenges lancés par les membres de la société. Il y a celui de Loula, lancé en janvier dont elle a dressé le premier bilan ce mois-ci. Pour rappel, il s’agit de lire, voir, écouter tout ce qui a un rapport avec Sherlock Holmes mais qui n’est pas canonique. Il y a le challenge de Lily Tigre qui est un peu comme la SSHD mais en une année parce qu’il existe des dilettantes rapides sachez-le ! Il y a celui de Filipa (qui n’est pas membre) dont le challenge consiste à lire le Canon holmésien.

Deux personnes importantes ont répondu au tag Sherlock Holmes que nous avions lancé pour les un an de la SSHD : Marion (je le souligne parce qu’elle est la seule des trois à y avoir répondu) et Jean-Claude Mornard (je rappelle qu’il faut lire son livre).

Encore quelques articles sur des pastiches holmésiens pour ce mois-ci : Duel en enfer de Bob Garcia chez Alinéa (avis mitigé pour elle), Sherlock Holmes et le fantôme de l’Opéra de Nicholas Meyer chez Loula, Enquête sur le meurtre d’Umberto Eco et autres homicides minuscules de Giorgio Celli, Einstein et Sherlock Holmes d’Alexis Lecaye, et un énième avis sur la série des Enola Holmes. À tout cela s’ajoute, trois bd de qualité inégale et le visionnage d’un film inspiré d’un pastiche du même Nicholas Meyer (oui, oui celui du fantôme de l’Opéra).

Maintenant, passons aux choses sérieuses : les publications du mois !!!!

Comme Matilda vous le signalait le mois dernier, les publications holmésiennes faisaient leur rentrée avec pléthore de beaux livres à mettre dans nos PAL. Figurez-vous que cela continue ce mois-ci ! On ne signalera pas que c’est principalement dû à des livres dont la parution a été retardée à ce mois-ci (quand elle n’est pas retardée au mois de novembre). Il y a notamment le livre des éditions du pommier sur le début de la science criminelle : La science de Sherlock Holmes de E.J. Wagner.

Il y a aussi des parutions attendues avec impatience (par au moins moi) : Les archives alsaciennes de Sherlock Holmes de Christine Muller (chez le même éditeur que le Haut-Koenigsbourg de Jacques Fortier, ce qui promet d’être très intéressant), Première enquête de Sherlock et Phimneaus Holmes de Caroline Guézille (ça a l’air d’être un livre pour enfant mais la présentation a l’air terrible). Il y aussi le quatrième tome des aventures d’Oscar Wilde de Gyles Brandreth, intitulé Oscar Wilde et le nid des vipères. Par contre, je suis déçue. J’avais les trois premier tomes en édition grand format et visiblement là, vu le prix de vente, 10/18 le sort directement en poche. C’est très mystérieux tout de même …

Il y a aussi la sortie bande dessinée attendu par moi et Matilda : le tome 3 des Quatre de Baker Street.

Pour finir avec les publications françaises, je voulais vous signaler la réédition complétée par Max-Philippe Morel de Sherlock Holmes en bandes dessinées dont j’avais commenté la première édition sur ce blog. Elle est téléchargeable pour 2 euros (à lire sur vos liseuses) chez Lulu.com. Cette parution annonce celle en novembre, dans la même série, de Sherlock Holmes à l’écran. Il faut noter aussi que le nouveau numéro du Carnet d’Écrou, la revue des Évadés de Dartmoor (regroupant les holmésiens de Strasbourg) est paru avant l’été et peut leur être acheté directement ou dans toutes les bonnes librairies strasbourgeoises.

Passons maintenant aux publications anglophones, en tout cas une sélection faite par Matilda.

D’abord le livre que je lorgne absolument même si je ne sais pas ce qu’il y a dedans à part qu’il y a du Moriarty (d’un autre côté, cela a l’air d’être l’obsession anglo-saxonne du moment).

Il y a aussi celui que j’ai déjà : le quatrième tome des aventures du jeune Sherlock Holmes de Andrew Lane (la couverture est d’un beau jaune brillant, bien flash : c’est trop la classe dans une bibliothèque).

Il y a aussi deux livres qui nous ont plu par les couvertures parce qu’on ne sait pas vraiment ce qu’il y a dedans .

Matilda signale aussi une biographie de Conan Doyle de Michael Dirda et rappelle la sortie de l’inédit de Conan Doyle : The narrative of John Smith.

Après cette orgie de lecture, vous pourrez toujours vous reposer en regardant deux documentaires (en anglais aussi) sur Watson et sur le Londres de Sherlock Holmes.

C’est tout pour ce mois-ci. J’espère avoir été complète. Si vous voyez des oublis ou publications intéressantes à signaler, n’hésitez surtout pas !

Sur ce, je vous souhaite un bon mois d’octobre. holmésien ou non.

 

Publié le
Catégorisé comme SSHD

Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express – un film de Herbert Ross

Ils ne savent pas choisir la traduction des titres ! Cela ne parle pas ce titre et surtout cela ne parle de rien, mais de rien du tout.

Ce film est l’adaptation du pastiche de Nicholas Meyer The seven-per-cent solution (que j’ai dans ma PAL bien sûr).

L’idée est que depuis le mariage de Watson et de Mary Morstan, Sherlock Holmes est devenu accro à la cocaïne. Watson, appelé par Mrs Hudson, se rend compte des dégâts lors d’une visite (notamment de sa paranoïa envers Moriarty, qui est ici présenté comme le précepteur de mathématiques de Mycroft et Sherlock quand ils étaient jeunes). Comme à son habitude, Watson va chercher à aider le grand détective. Après la lecture d’un article écrit par Freud, il décide que c’est ce qu’il faut à son ami. Pour cela, il va requérir l’aide de Mycroft car bien sûr, Sherlock, sans subterfuge, refusera de quitter Londres pour aller dans le cabinet du docteur.

Avec la complicité de Moriarty et un plan machiavélique, Watson et Mycroft arrivent à leurs fins. Freud commence tout de suite le traitement en l’hypnotisant. S’en suit une phase où Sherlock vacille, dort, voit des cafards, mygales et autres joyeusetés. après un temps certain, il est en rémission et fait la connaissance d’une autre patiente, célèbre (dans le film et dans la réalité puisqu’il s’agit de Vanessa Redgrave), qui a été malade de la même manière.

Or, celle-ci disparaît. Freud enjoint Sherlock de mener l’enquête. Sherlock hésite pensant ne pas être à la hauteur mais le fait quand même. Nous avons alors droit à la visite de Vienne, à une poursuite de train, une bataille d’épées sur le toit d’un wagon (pas dedans car le cameraman avait peur de se faire mal) …

La fin nous apprendra pourquoi Sherlock se drogue, pourquoi il voue une telle haine à Moriarty et que sont devenus les parents des frères Holmes. J’avoue que là j’ai des doutes tout de même et à mon avis (en tout cas je l’espère), dans le livre, c’est un peu mieux amené parce qu’ici cela ressemble à une explication psychologique que l’on peut voir à la télé.

J’ai adoré ce film car il est très vivant. On ne s’ennuie pas, ce qui est tout de même une qualité essentielle pour un film. Il y a une variété de situations mais aussi une variété de décors impressionnants (et que j’aime les décors grandioses). Le seul défaut des personnages vient de Sherlock Holmes. Quelle idée de mettre un Sherlock blond (c’est comme le James Bond blond même si il faut le dire, quand il apparaît sur l’écran, il ne gâche pas l’image) ! On oublie facilement ce détail grâce à un jeu convaincant. Les trois personnages masculins principaux, Sherlock, Watson et Freud, ont un jeu très typé où on retrouve les mimiques des deux personnages mais aussi pour Freud des attitudes marquées. Vanessa Redgrave, très belle avec sa chevelure rousse, est moins présente et je l’ai trouvée un peu évaporée.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à lire le livre … qui est en dessous d’autres livres.

Références

Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express – un film de Herbert Ross (1976) avec Alan Arkin (Sigmund Freud), Vanessa Redgrave (Lola Devereaux), Robert Duval (Dr. Watson), Nicol Williamson (Sherlock Holmes), Laurence Olivier (Professeur Moriarty).

Einstein et Sherlock Holmes de Alexis Lecaye

Quatrième de couverture

Berne, janvier 1905. Une série de meurtres ébranle le milieu scientifique. Les victimes : un groupe de savants membres d’un club très fermé, appelé « perpetuum mobile ». L’arme du crime : une machine infernale. Le mobile : inconnu. Tandis que Watson mène l’enquête et se transforme en satyre après avoir absorbé un breuvage « magique », Sherlock Holmes croise, dans les coulisses, d’étranges personnages. Séquestré par un groupe de bolcheviks en exil, poursuivi par une suffragette socialiste, il se lie avec un inconnu nommé Albert Einstein.

Qui, de ces deux implacables logiciens, aura le dernier mot de l’énigme ?

Mon avis

J’avais aimé Marx et Sherlock Holmes mais là, j’ai été déçue … Plusieurs idées sont géniales : les meurtres de scientifiques par là où ils ont pêché. C’est original et bien trouvé. Faire intervenir Einstein en tant qu’employé du bureau des brevets pour évaluer les machines meurtrières aussi est excellent. Et surtout dire que Sherlock Holmes retrouve en secret Irène Adler, comme un couple d’amants qui se cachent de l’enfant d’un des deux Watson, est très drôle et très bien traité.

Mais l’ensemble … J’ai eu l’impression que l’action était le prétexte de la lubricité gratuite, qu’Einstein était là comme potiche, qu’Irène Adler avait perdu de son indépendance, que Sherlock Holmes est à la limite du hippie. Le pire est sans aucun doute qu’il n’y a pas d’enquête, qu’il n’y a pas même de description de l’époque ou même de la ville de Berne.

En résumé, tout cela manque de liens et de logique. C’est un comble pour un pastiche de Sherlock Holmes.

Références

Einstein et Sherlock Holmes de Alexis LECAYE (Rivages / Noir, 1996)

J’ai enfin lu tous les Enola Holmes … en français.

Pour une fois, j’ai fait un montage de couverture. Que de progrès !

J’ai enfin lu les cinq derniers tomes de la série d’Enola Holmes. J’ai beaucoup aimé, même si mon préféré est le tome 5.

Ces cinq livres couvrent toute la quatorzième année de la sœur de Mycroft et Sherlock Holmes.

Nous avions laissé Enola Holmes à Londres après avoir fui la tutelle de ses frères. Au début du tome 2, elle est installée chez une logeuse sourde, Mrs Tupper, et tient un cabinet de « spécialiste en recherches – toutes disparitions ». Plus exactement, elle est la secrétaire du Dr Leslie T. Ragostin, personnage cependant imaginaire. C’est donc elle qui mène les enquêtes.

Les cinq tomes sont donc des enquêtes menées par Enola pour le compte du Dr imaginaire.

Dans le tome 2, la jeune sœur de Sherlock essaye de retrouver la jeune lady Cecily Alistair, disparue de manière étrange en pleine nuit. Cela va mener Enola des bas-fonds à la haute aristocratie, du monde des anarchistes aux grands bourgeois.

Dans le tome 3, Watson a disparu or Enola a une faible pour lui après qu’il ait aidé Cécily dans l’enquête précédente. Elle va donc intervenir dans l’enquête de Sherlock Holmes quitte à damner le pion à son grand frère.

Dans le tome 4, on retrouve Cecily, la jeune lady rebelle, qui va subir un mariage forcé, sur les instructions de son père. Enola va devoir la retrouver (car bien sûr elle est séquestrée) et la sauver (pour la ramener à sa mère).

Dans le tome 5, Mrs Tupper a disparu en laissant « pour seuls indices quelques jupons épars et un énigmatique message ». Dans ce volume, on se plonge dans l’Histoire dans l’Angleterre. On y rencontre Florence Nightingale, personnage absolument incroyable. Il y a du code secret, de l’énigme.

Dans le tome 6, Enola réalise une vraie enquête dans le sens où elle ne le fait plus à partir du bouche à oreille. C’est un client qui vient la voir et lui demande son aide. C’est aussi le tome le plus triste puisqu’on y apprend ce qu’est devenu la mère d’Enola. C’est bien sûr le sujet filé tout au long de la série.

Mon avis

Cela ne m’étonne pas que je n’ai pas tout compris en anglais car le vocabulaire et le style sont assez élevés, plus que pour de nombreux livres dits pour adultes. C’est ma première surprise.

Une autre chose m’a marqué : Nancy Springer n’a pas copié les livres de Conan Doyle. Enola Holmes n’est pas le jumeau féminin de Sherlock Holmes ; sa manière d’enquêter est totalement différente. Elle utilise à la fois son intuition, son intelligence, un peu de hasard. Il y a moins d’esprit déductif donc. Je dirais qu’Enola Holmes a une méthode plus féminine malgré tout ce que peuvent en penser Sherlock et Mycroft !

Un des points forts de la série : la description de la société de l’époque. Nancy Springer a choisi de ne pas s’attarder sur l’architecture du Londres victorien mais plus sur la société de l’époque et notamment sur le sort fait aux femmes et sur l’écart entre les différentes couches de la société.

Deux points faibles. Quand on lit la série à la suite, cela peut paraître parfois répétitif (un peu comme les quatrièmes de couverture d’ailleurs). Un deuxième point faible (qui faisait partie de mes points forts) est la méthode d’enquête intuitive d’Enola qui peut donner l’impression d’actions plaquées pour faire avancer le livre.

Mais je n’hésiterais pas à la faire lire à tout le monde !

Références

Les enquêtes d’Enola Holmes de Nancy SPRINGER – traduit de l’anglais par Rose-Marie Vassallo (Nathan)

  • L’Affaire Lady Alistair (2007)
  • Le Mystère des pavots blancs (2008)
  • Le secret de l’éventail (2009)
  • L’énigme du message perdu (2010)
  • Métro Baker Street (2011)