The Baskerville Legacy – A confession de John O’Connell

Ce livre m’a appris quelque chose : le personnage de Arthur Conan Doyle peut être sujet à polémique. Ici, l’auteur joue avec des faits réels pour en faire une fiction, plutôt bonne d’ailleurs (mais heureusement qu’il y a les faits réels).

Le jeune journaliste Bertram Fletcher Robinson revient d’Afrique du Sud sur un bateau avec Arthur Conan Doyle. Ils discutent boutique et Conan Doyle propose de lui acheter une idée (je n’ai pas très bien compris comment l’histoire de départ avait pu donner le Chien des Baskerville) et même une collaboration. Le temps passe et c’est ce qui va se faire ! Ils vont se rencontrer une première fois et établir l’idée de base du Chien des Baskerville. Or, Bertram Fletcher Robinson est de Dartmoor … et va proposer à Conan Doyle de venir chez ses parents, à Ipplepen, pour pouvoir décrire avec plus de précisions la région dans le livre. Jusque là, tout le monde est d’accord. John O’Connell attaque ensuite la fiction puisqu’il fait du journaliste un drogué, à la limite de la paranoïa (ce que l’auteur dit qu’il n’était pas en postface). Il décrit Conan Doyle comme un homme prêt à tout, même à mystifier un homme qu’il présente comme son ami, pour la cause du spiritisme.

La polémique vient du fait que personne n’est d’accord sur la nature exacte de la collaboration entre les deux hommes. Par exemple, le cocher des parents de Robinson, Harry Baskerville, explique dans le cadre de la promotion du film de 1959 avec Peter Cushing et Christopher Lee que :

Mr Doyle stayed for eight days and nights. I had to drive him and Bertie about the moors. And I used to watch them in the billiards room in the hold house. Sometimes they stayed long into the night, writing and talking together.

John O’Connell complète ces propos en expliquant  que :

Baskerville fed the controversy over the Hound’s authorship by claiming to have witnessed Robinson writing key sections of the story at Ipplepen, notably the 1742 manuscript outlining the curse of the Baskervilles. He also claimed that both Doyle and Robinson had thanked him for allowing them to use his name.

Cela a toujours été contredit par le fils de Conan Doyle, Adrian (il n’a notamment aucun échange de lettres entre les deux hommes qui a été publié dans Arthur Conan Doyle : A life in letters)(je n’ai pas encore eu le temps de vérifier cette affirmation de l’auteur). Sur le site de la SSHF, on peut trouver une explication : Arthur Conan Doyle a précisé la nature de la collaboration avec le journaliste dans la première édition :

Then came The Hound of the Baskervilles. It arose from a remark by that fine fellow, whose premature death was a loss to the world, Fletcher Robinson, that there was a spectral dog near his home on Dartmoor. That remark was the inception of the book, but I should add that the plot and every word of the actual narrative are my own.

mais cela a été retiré par l’éditeur (et non par l’auteur) dans les rééditions. Ce qui donne une impression bizarre. J’aime beaucoup cette explication consensuelle. Par contre, John O’Connell complète en postface (et c’est là où du coup, il faut que je poursuive mes investigations) (n’hésitez pas si vous avez des infos). Dans une note accompagnant la parution du premier épisode dans le Strand :

This story owes its inception to my friend, Mr Fletcher Robinson, who has helped me both in the general plot and in the local details – A.C.D.

Dans la première version en livre, paru chez George Newnes en 1902, on trouve :

My dear Robinson : it was to your account of a West-Country legend that this tale owes its inception. For this and for your help in the detail all thanks. Yours most truly, A. Conan Doyle.

Dans la préface de ACD au livre The Complete Sherlock Holmes, en 1929, il y a :

« The Hound of the Baskervilles » arose from a remark by that fine fellow whose premature death was a loss to the world, Fletcher Robinson, that there was a spectral dog near his house on Dartmoor. That remark was the inception of the book, but I should add that the plot and every word of the actual narrative was my own.

Pourquoi a-t-il eu besoin de rajouter ces derniers mots ? Après, on peut se demander si ACD a partagé la somme qu’il a reçu pour le livre … C’est un peu sans fin tout cela.

Pour ce qui est du livre (qui est très très beau par contre), je crois que son principal mérite est de nous faire connaître le personnage de Robinson, qui a d’ailleurs lui même créé un personnage de détective : Addington Peace.

Références

The Baskerville Leagcy – A confession de John O’CONNELL (Short Books, 2011)

8 réflexions au sujet de « The Baskerville Legacy – A confession de John O’Connell »

    1. Il n’est pas traduit car il vient juste de sortir en Angleterre (je pense). La couverture est joli mais même le livre l’est car il est un peu matelassé. Matilda te dirait mieux que moi ce que c’est mais voilà.

    1. C’est sympa. Ce n’est pas le dernier chef d’œuvre de l’année non plus. Il n’est pas trop cher mais par contre il se lit très très vite.

  1. Matelassé…. je me demande si c’est dans un manuel de fabrication ça 😀
    Tu veux dire que la couverture est faite de carton mousse ?

    Bon bon ça m’a l’air super intéressant, je note.

    1. On voit la différence entre l’amateur et la pro. Intéressant pour l’histoire qu’elle fait connaître. La narration est un peu « banal » ; on passe un bon moment mais le récit ne reste pas inoubliable non plus.

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