Victorian Undead II – Sherlock Holmes vs Dracula de Edginton, Fabbri et Domingues

Quatrième de couverture (en anglais)

In turn-of-the century England, a lone ship arrives from the Black Sea beached and crewless, save her captain, dead and tethered to the wheel. With nine men missing and a very curious cargo aboard, only one man is fit to unravel the mystery – London’s brilliant consulting detective, Sherlock Holmes !

With the assistance of the faithful Doctor Watson, Holmes uncovers a plot against Her Majesty Queen Victoria to overthrow her kingdom through a plague-like corruption of her bloodline. And the evidence suggests that at the epicenter of this gruesome conspiracy is none other than the ancient and abhorrent Count Dracula !

Borrowing from both Sir Arthur Conan Doyle and Bram Stoker, writer Ian Edginton faithfully weaves together an artful tale of intellect and horror in this epic face-off between two literary icons.

Mon avis

Ce deuxième m’a beaucoup plus plu que le premier. Le comics est divisé en cinq chapitres. Le premier n’a rien à faire avec l’histoire puisque Sherlock Holmes « affronte » Docteur Jekyll et Mister Hyde. C’est pour se mettre en jambe.

L’histoire commence donc au deuxième chapitre. Un bateau arrive mais il y a un seul homme à mort ; tous les autres sont morts. On appelle Sherlock Holmes pour résoudre ce mystère car l’homme qui reste n’est pas capable de le faire. Il s’avère que c’est le bateau sur lequel est arrivé Dracula et ses femmes. Commence alors une course poursuite pour le neutraliser avec l’aide des héros du roman de Bram Stoker. Watson, Sherlock Holmes, Mycroft … y arriveront juste devant la Reine Victoria.

Je disais donc que ce volume m’a paru intéressant car il y a moins de scènes de bataille malgré du sang qui gicle un peu sur les pages. Il y a plus de places pour des dessins classiques, avec la vie du Londres de l’époque … Même les dessins m’ont paru moins taillés à la hache (que d’habitude dans les comics), les couleurs moins factices. Je ne dirais pas que c’est un coup de cœur mais c’est une bonne surprise.

Bien sûr, ma scène préférée est le retournement de situation à la fin. Mais je vous laisse lire avant que nous en reparlions.

Références

Victorian Undead II – Sherlock Holmes vs Dracula de Ian EDGINTON (scénario), Davide FABBRI, Horacio DOMINGUES avec la collaboration de Tom Mandrake et Mario Guevara (dessins) (DCComics, 2011)

Jeu de pistes de Marcel Theroux

Un petit extrait

Le nom seul fut comme l’étincelle tirant un feu d’artifice d’associations dans mon cerveau. Mycroft est le frère aîné de Sherlock Holmes. C’est un fait – un fait fictionnel, dans la mesure où c’est Arthur Conan Doyle qui l’a inventé, et non Patrick. Mycroft n’est mentionné que dans une poignée de récits de Doyle et son absence a quelque chose de troublant.

Rien n’explique vraiment Mycroft. Il est superflu dans ces récits. C’est ce qui le rend intéressant. Il n’a pas été créé dans un but précis, il n’a aucune fonction dans l’intrigue. Il est là parce qu’il est là, fringant et inutile – comme les meilleures choses. Il vient en prime, un petit plus offert à l’imagination du lecteur.

Et pour ce qui est des personnages de fiction, on en sait encore moins sur lui que sur la plupart des autres. Après tout, à quoi tient le personnage d’un livre ?

Mon avis

C’est une histoire de frères, de famille et d’héritage dans tous les sens du terme. Damien March, habitant Londres et travaillant pour la BBC, hérite de la maison de son oncle sur une île de la côte est des États-Unis. Il hérite sous des conditions bien particulière. Tout cela amène Damien a quitté son boulot et à partir quelques temps aux États-Unis. Bien sûr, cela aura plus d’effet sur lui. Il passe de « Patrick qui ? » à l’annonce du décès de son oncle à « ah, j’étais son neveu préféré ». Donc toute la première partie du livre, c’est ça : il se rappelle et essaye de s’adapter à sa nouvelle vie (qui devient un peu celle de son oncle), avec des gens un peu particuliers (surtout l’ancienne maîtresse). Ensuite, il trouve un manuscrit de son oncle (qui était écrivain) intitulé Les confessions de Mycroft Holmes. Commence alors le Jeu de Pistes. Qu’est-ce qu’a voulu dire Patrick à son neveu préféré ? Marcel Theroux développe alors tout le parallèle entre les frères : Sherlock et Mycroft, le père du narrateur et Patrick, le narrateur et son frère … Tout cela est très bien mené jusqu’à la révélation finale.

Dès le départ du livre, on est entraîné, on tourne les pages sans s’en rendre compte. Cela vient du style très alerte qu’à adopter Marcel Theroux. On arrive à sentir Damien, à penser avec lui, à le comprendre. C’est un gars éminemment sympathique et du coup tout se passe très bien.

Tout est rassemblé dans ce livre pour faire un très bon moment de lecture : l’histoire est bien menée, les personnages sont typés, le style est vif …

D’autres avis

Ceux de Keisha, Clara, Cathulu et Cuné.

Références

Jeu de pistes de Marcel THEROUX – traduit de l’anglais par Stéphane Roques (Plon / Feux croisés, 2011)

Bilan du mois de décembre 2011 de la SSHD

Vous l’attendiez avec impatience (il faut dire que j’avais fait un teasing formidable dans mon précédent billet) et le voilà enfin ! Le bilan du mois de décembre 2011 de la Société Sherlock Holmes des Dilettantes.

Nous avons lu beaucoup.

Il y a d’abord eu les traditionnels billets sur Enola Holmes parce que c’est une série incontournable de la SSHD. Il y a eu le tome 1 chez Sabbio et le tome 5 chez Niki. Autre série incontournable de la SSHD mais cette fois-ci en BD : Les Quatre de Baker Street. Matilda a lu le tome 3.

Il y a eu aussi deux avis sur le livre tant attendu par les holmésiens du monde entier car estampillé par les ayant-droits de Conan Doyle : La Maison de Soie de Anthony Horowitz. Il y a eu le mien peu enthousiaste (mais en anglais c’est mieux je vous rassure) et celui de Folfaerie qui l’est un peu plus. J’espère que le mois prochain nous aurons d’autres avis pour compléter ce panel peu représentatif (j’ai lu des gens plus qu’élogieux sur ce livre).

Il y a eu les découvertes du mois : Niki nous a parlé d’une livre de Laurie R. King The Art of Detection (qui n’est pas dans la série des Mary Russell)(dont Niki est notre connaisseuse). On a aussi parlé d’un livre de Val Andrews mettant en scène Sherlock Holmes résolvant un fait divers anglais du début du 20ième siècle. Il y a eu une déception mais aussi une découverte pour embrigader les enfants dès leur plus jeune âge. Faire de Sherlock Holmes est en effet un travail de tous les instants.

Marion s’est livrée à une étude salutaire sur Sherlock Holmes et les Simpson.

Des personnes ont répondu au tag Sherlock Holmes (vous pouvez encore le faire, ne vous inquiétez pas ; on est dilettantes jusqu’au bout du gros orteil manucuré du pied droit ou on ne l’est pas) : Max Morel et Matilda (elle a une chouette collection tout de même).

Le mois de janvier 2012 s’annonce holmésien comme toute l’année d’ailleurs.

Il y a énormément de livres qui paraissent en français ce mois-ci : des études hautement sérieuses avec des titres bien pompeux et des fictions.

On va commencer par les fictions parce que c’est ce que je préfère.

Le 12 janvier sort 221B Baker Street de Graham Moore au Cherche Midi. C’est la traduction (visiblement de The Sherlockian que Matilda et moi nous avons toutes les deux dans notre PAL)(les copines cela dénonce tout le temps).

Il y a le 19 janvier la sortie des 7 contre Edimbourg de Ely M. Liebow (l’auteur d’une biographie de Joseph Bell). La présentation de l’éditeur est la suivante (trouvée sur ce site) :

Conspuées, tournées en ridicule par les hommes, tant médecins qu’universitaires ou étudiants, mais aussi par certaines femmes qui les prenaient pour des orgueilleuses, sept « aspirantes médecins », au milieu du XIXe siècle en Écosse, se sont donné la difficile mission d’ouvrir aux femmes l’accès aux études de médecine.

C’est cette réalité historique qui sert de toile de fond à une enquête dans la plus pure tradition holmésienne, mettant en scène notamment celui qui inspira le personnage de Sherlock Holmes : le Dr Joe Bell, qui par ses fabuleux talents d’observation et de déduction éclaire l’enquête et éblouit tant le lecteur que les personnages qui l’entourent, et notamment son jeune assistant qui fera de lui une légende : le non moins célèbre Arthur Conan Doyle.

Né des recherches qu’Ely M. Liebow a effectuées pour écrire sa biographie du Dr Bell, ce récit ressemble à s’y méprendre à une aventure de Sherlock Holmes. Meurtres, énigmes, missives anonymes, jalousie et règlements de compte sont autant d’éléments sortis tout droit de l’imagination de l’auteur, et qui avaient pour dessein de contraindre celles qui voulaient devenir médecins à renoncer à leur projet.

Édimbourg devient le théâtre d’un combat féministe historique, où l’on cherche à démasquer les intrigants, les conspirateurs et les meurtriers… Les faits réels s’entremêlent aux éléments de fiction, les uns se nourrissant des autres, offrant le tableau d’une ville intellectuellement riche mais qui n’est hélas pas encore prête à offrir aux femmes la possibilité d’accéder à l’une des professions les plus prestigieuses de l’époque.

Il y a le quatrième tome des aventures des sœurs Wilcox qui sort aussi. J’avoue avoir les deux premiers dans ma PAL et apparemment je ne suis pas la seule à en être rester aux deux premiers sur la blogosphère.

Pour les livres bien studieux, en voici quelques uns même si je ne les ai pas tous pris (seulement ceux avec les couvertures) .

Je trouve que ce sont des livres qui ne donnent pas forcément envie car ils semblent surfer sur la vague Sherlock Holmes alors que si ça se trouve c’est complètement faux. C’est un a priori sans aucun doute. Le fait est que sur le forum SSHF (c’est un peu le forum à regarder avant de lire un livre de SH, comme cela on sait à quoi s’attendre), on peut souvent lire qu’il y a des choses fausses qui sont publiées.

Côté « je suis trop bilingue et je lis plein de livres en anglais », Matilda a repéré quelques livres. Je rappelle que la série de Barry Grant est absolument géniale et qu’il s’agit ici du tome 3.

Je signale pour Niki exclusivement la sortie en anglais d’un coffret regroupant les cinq épisodes de Murder Rooms (rassure toi cela ne rentre pas dans la PAL).

Côté série télé, la saison 2 de la série Sherlock arrive les 1er (ce soir en gros), 8 et 15 janvier sur BBC One et début février en VF sur France Télévisions. Marion m’a dit de mettre les trailers (on voit que notre bilan c’est un truc préparé) parce que elle les aime beaucoup. Alors, allons-y !

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Ce mois-ci, sort en salle le 25 janvier Sherlock Holmes 2 : Game of Shadows (dont Matilda vous a parlé le mois dernier car il est sorti aux États-Unis le 16 décembre et est déjà visiblement en tête du box-office). Pour le coup, le Ellery Queen Mystery Magazine de ce mois-ci (qui devrait être disponible vers le 15 janvier) aura un dossier spécial Sherlock Holmes. On est déjà deux à l’attendre avec impatience.

Sur ce, la SSHD vous souhaite une bonne et heureuse année 2012, qu’elle soit holmésienne ou non !

En février, sort un livre intrigant au titre de Mystère Sherlock de J.M. Erre.

Si j’ai oublié un truc hyper important pour vous, n’hésitez pas à le signaler en commentaires ou à l’adresse mail de la SSHD : signe.des.trois@gmail.com.

Sherlock Holmes and the Hilldrop Crescent Mystery de Val Andrews

Dans ce trop petit opuscule, Val Andrews reprend un fait divers qui a bouleversé l’Angleterre du début du 20ième siècle : le meurtre de Belle Elmore par le Dr. Crippen D’un autre côté, on dit cela de pratiquement tous les faits divers. Je ne sais pas si vous êtes pareil mais moi, les vieux faits divers (genre qui date d’un siècle et plus sinon c’est glauque) non résolu me fascinent. Cela doit être le côté énigme.

Le livre est construit en deux parties : une introduction de David James Smith, journaliste, auteur notamment de Supper with the Crippens, et de l’histoire écrite par Val Andrews où Sherlock Holmes un peu lent à la détente se mêle de l’enquête.

Le fait divers

Les amis de la chanteuse de cabaret (ou anciennement chanteuse) Belle Elmore s’inquiète. Ils n’ont plus de nouvelles depuis un certain temps. On soupçonne bien évidemment le mari en premier lieu d’autant plus que celui-ci s’affiche sans vergogne avec sa secrétaire Ethel Le Neve. Celle-ci, loin d’être la maîtresse discrète idéale, déclare à son entourage qu’elle est la nouvelle femme du docteur. À moins de supposer que la bigamie était en vigueur à l’époque en Angleterre, on se dit qu’il y a un loup quelque part surtout quand sont découverts des restes humains dans la demeure du Dr, au 39 Hilldrop Crescent. Des restes humains, oui mais pas identifiables et là est tout le problème et tous les doutes aussi. Après cette découverte, les deux amants s’enfuient en bateau mais se font serrer au débarquement (ils sont encore plus suspect du coup). Le procès condamnera le docteur à la pendaison (même si il y a des doutes autant y aller franchement).

L’enquête de Sherlock Holmes

Sherlock Holmes, dans sa retraite avec ses abeilles, s’ennuie. Il décide d’aller voir son copain Watson pour faire du tourisme à Londres car il n’a jamais pris le temps de le faire quand il y habitait. En allant visiter Madame Tussauds, juste à côté de son ancien chez lui, et la pièce où sont reconstitué les faits divers, (mon père m’a fait mourir de rire l’autre jour en me disant très sérieusement que Sherlock Holmes n’avait sûrement pas vraiment habiter au 221B Baker Street que l’on nous fait visiter. Quand je lui ai dit que Sherlock Holmes n’avait jamais existé (quand même, je l’avoue), il m’a lâché un « Ah, oui » laconique)(on rigole bien chez nous), il découvre pour la première fois l’affaire. Un an et demi après la pendaison mais on ne dira rien. Il voulait être le précurseur de Cold Case apparemment. Bien sûr, il flaire tout de suite le coup fourré et va chercher à découvrir la vérité (différente de l’officielle sinon ce n’est pas drôle). Il faut lui rendre justice car une fois lancée il va se lancer à fond. Il en arrive même à faire des farces pas drôles à Watson, à maquiller des preuves, à prendre le temps de résoudre une épidémie de typhus. Il va découvrir une histoire bien glauque de chez glauque (un peu du genre de Haarmann le boucher de Hanovre) et surtout qu’est devenu Belle Elmore et pourquoi elle avait disparu.

Le livre m’a beaucoup plu mais il est trop court car le texte de Val Andrews ne fait qu’une centaine de page (en tout cas sur le reader). Il respecte assez bien le personnage que l’on peut s’imaginer tout en adoptant une ligne légèrement déviante : Sherlock Holmes est plus ouvert et plus communicatif, plus facétieux aussi. Watson lui est plus proche de l’ami que du chroniqueur. Je trouve cela bien que Val Andrews est réussi à rendre cela en sachant que c’est une enquête qui se produit après de nombreuses années de cohabitation. L’histoire est captivante et pleine de rebondissements même si parfois les déductions ne sont pas si évidentes que cela.

L’auteur

Val Andrews a écrit tout plein d’aventures holmésiennes. En voici quelques unes pour l’exemple (dixit Monsieur Wikipédia) :

      • Sherlock Holmes and the Charlie Chaplin Mystery
      • Sherlock Holmes and the Eminent Thespian
      • Sherlock Holmes and the Brighton Pavilion Mystery
      • Sherlock Holmes and the Houdini Birthright
      • Sherlock Holmes and the Yule-tide Mystery
      • Sherlock Holmes and the Man Who Lost Himself
      • Sherlock Holmes and the Baker Street Dozen
      • Sherlock Holmes and the Circus of Fear
      • Sherlock Holmes and the Greyfriars School Mystery
      • Sherlock Homes and the Theatre of Death
      • Sherlock Holmes and the Sandringham House Mystery
      • Sherlock Holmes and the Tomb of Terror
      • Sherlock Holmes on the Western Front
      • Sherlock Holmes at the Varieties
      • The Torment of Sherlock Holmes
      • Sherlock Holmes and the Longacre Vampire
      • Sherlock Holmes and the Holborn Emporium
      • Sherlock Holmes and the Secret Seven
      • The Ghost of Baker Street
      • The Prince of Ventriloquists: Another Case for Sherlock Holmes

Beaucoup sont publiées chez Breese Books.

Références

Sherlock Holmes and the Hilldrop Crescent Mystery de Val ANDREWS (Breese Books, 2011)

Sherlock Holmes – Le Chien des Baskerville de Deborah Kespert et Pierre Varrod

Aujourd’hui, billet de lecture sous forme de reportage photo (vous pouvez même cliquer sur les photos. C’est fou, non ?) J’ai lu le livre-objet qui est sorti cet automne, adapté du Chien des Baskerville. C’est un livre pour enfant mais à lire avec un adulte ou au moins à lire à deux car dedans il y a des questions auxquelles il faut répondre pour réfléchir à sa lecture et trouver l’assassin. Franchement, j’ai passé toute ma lecture à voir si j’aurais pu trouver (ce n’est pas évident mais d’un autre côté, je ne trouve jamais). Cependant, rassurez-vous, c’est le même que chez Conan Doyle.

Le livre arrive ! Plusieurs raisons à cela : vous l’avez acheter, on vous l’a offert, vous l’avez volé à quelqu’un ou dans une boutique, vous l’avez emprunté tout simplement.

L’étape suivante est de l’ouvrir.

Il y a deux parties. À gauche, on a le livre en lui-même : 32 pages seulement mais avec une mise en page très agréable, avec beaucoup d’illustrations. Pour ce que j’ai pu en juger l’adaptation de l’histoire est assez exacte et reprend bien les moments clés de l’histoire originale. C’est censé être le carnet d’enquête de Watson mais dedans on trouve des notes additionnelles de Holmes (il est vraiment plus intelligent que nous car il met les choses au point et ouvre une nouvelle perspective à chaque fois).

J’ai bien rigolé car on a l’impression que pour certaines illustrations, ils n’ont pas eu beaucoup de budget. Par exemple, pour la bottine volée à l’hôtel, on a l’impression que l’éditeur a pris une vieille chaussure après avoir marché dans la boue pour l’illustration. Les questions sont parfois profondes, genre « peut-on faire confiance aux témoins ? »Vaste question. Doit-on faire une dissertation de 2 heures ?

Vous allez me dire « mais à droite, il y a quoi ? » Une pochette avec des pièces à conviction. Cela peut être intéressant pour les lecteurs un peu idiot comme moi qui ont du s’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre la généalogie des Baskerville ou à voir le plan de la lande. Par contre, pour le lecteur plus jeune, je trouve cela très sympa.

Une fois que vous aurez admis que Sherlock Holmes est plus talentueux que tout le monde, qu’il est le plus intelligent … il vous acceptera comme sous-fifre de son agence de détective. Parce que Sherlock Holmes, c’est comme le Père Noël, il ne peut pas s’en sortir tout seul, il a besoin d’assistant.

Vous l’aurez compris c’est un livre à offrir à un enfant et à lire avec lui pour passer un bon moment ensemble. Tout seul, c’est moins drôle.

Références

Sherlock Holmes – Le Chien des Baskerville de Deborah Kespert (texte), Carlton Books (maquette), Pierre Varrod (traduction) (éditions Tourbillon, 2011)

La Maison de Soie de Anthnony Horowitz

Quatrième de couverture

Un an après la mort de Sherlock Holmes, Watson entreprend de consigner l’une des enquêtes les plus noires qu’il a menées avec le célèbre détective…

Londres, novembre 1890. Edmund Carstairs, marchand d’art, craint pour sa vie. Faute de preuves, Holmes ne peut qu’attendre. Le lendemain, ce n’est pourtant pas d’un meurtre, mais d’un vol dont Carstairs est la victime. Holmes l’avait prévu. Ce qu’il ne pouvait imaginer, en revanche, c’est qu’en confiant à Ross, l’un des Irréguliers de Baker Street, la charge de monter la garde, il l’envoyait en fait à la mort. Et qu’avec ce meurtre horrible, c’était ce que Londres a de plus sordide qui se révélait aux deux enquêteurs…

« La partie reprend. » Et cette fois, Holmes et Watson n’en sortiront peut-être pas indemnes.

Mon avis

Je me suis ennuyée fortement en lisant ce livre (heureusement pas mortellement car sinon je ne pourrais pas écrire ce billet). Anthony Horowitz, pour moi, c’est l’auteur de plusieurs de mes livres de pré-adolescence mais aussi un des premiers scénaristes de la série Inspecteur Barnaby. Pour le coup, il m’a déçu. Il y survivra sans doute.

Je l’ai cherché en anglais et en version électronique mais on ne veut pas nous le vendre (j’aurais pu tricher mais je ne le fais pas). Je l’ai donc acheté en français et en version électronique. J’en suis bien contente car c’est le type de livre que je n’aurai pas revendu car c’est du Sherlock Holmes mais qui finalement, aurait encombré ma bibliothèque. Le fichier epub est de mauvaise qualité car il y a des traits d’union au milieu de certaines phrases (au moins sur une cinquantaine d’occurrence). Il manque parfois des deuxièmes parties de négation (identique pour la version papier ?). La traduction a été faite un peu trop vite (faute à une « sortie mondiale ») car il y a parfois une grammaire assez « approchante » (« Vous savez qui je veux dire » à la page 130)(c’est assez étrange pour une phrase qui est censée être prononcée par Watson) ou des expressions assez étranges (« Je l’ai vu faire feu de sa propre main ! » à la page 133)(je ferais attention la prochaine fois que l’on me tendra la main). Il y a des erreurs dans les noms : la femme de Watson s’appelle Morston au lieu de Morstan (mais apparemment (d’après le forum de la SSHF) cette erreur est carrément du à la version anglaise du livre).

Si on passe outre tout cela, il y a la manière dont est rédigé le livre. Watson parle dix fois trop. Je veux bien qu’au moment où il écrit le livre, il soit vieux et seul mais quand même. Il fait de longs paragraphes sur le Londres de l’époque, sur les autres aventures qu’il a eu avec Sherlock Holmes, sur sa femme. Le roman aurait pu être plus ramassé et donc plus tenu si on avait pas voulu trop étaler la confiture sur la tartine.

De manière générale, je pense qu’Anthony Horowitz plus que Watson a voulu trop faire de rappel au canon holmésien et a voulu tout remettre dans ce livre (Moriarty, Mycroft …) Par exemple, pour Moriarty, la personne qui a un peu lu Sherlock Holmes devine tout de suite que c’est lui. Il n’y a pas 50 millions de mathématiciens qui travaillent sur le binôme de Newton. Si le livre est censé être écrit un an après la mort de Sherlock Holmes (pas aux chutes de Reichenbach)(il a même eu un enterrement national)(l’histoire se passe un an avant les chutes de Reichenbach), pourquoi mettre des doutes sur le fait que c’est Moriarty qu’il rencontre à un moment dans le livre, le fidèle lecteur le sait déjà puisqu’il a déjà lu le canon. Horowitz nous réexplique encore une fois comment Watson a fait la connaissance de Mycroft, la physionomie de Mycroft. Il en profite pour souligner le rôle des Irréguliers. Par contre, j’ai aimé la manière dont l’auteur justifie pourquoi Sherlock Holmes ne fait plus affaire à Wiggins et à ses amis.

Quant au dénouement, il a bien sûr satisfait la lectrice moderne que je suis (on retrouve le scénariste d’Inspecteur Barnaby avec bonheur ; c’est la partie la plus intéressante du livre)(il en fallait du talent pour réussir à mettre ensemble les deux affaires qui occupent tout le livre). Alors qu’Anthony Horowitz avait plutôt bien suivi la manière de raconter de Watson (en tout cas pour tout ce qui est de la description des actions et de l’enquête de Holmes), il choisit de partir dans une explication que Watson, le prude Watson, n’aurait pas pu écrire à l’époque où il vivait et surtout à l’époque où il a été élevé. Il est évident que les pratiques dénoncées existaient mais à l’époque de Sherlock Holmes, de Watson, de Conan Doyle, le plus grand crime n’était pas de le faire mais de le dire.

Si j’ai un conseil, c’est un cadeau de Noël à réserver à votre neveu qui n’a jamais lu Sherlock Holmes. Comme cela, à son prochain anniversaire, vous pourrez lui offrir l’intégrale des aventures du célèbre détective. Il en sera charmé sans aucune doute.

Références

La Maison de Soie de Anthony HOROWITZ – traduit de l’anglais par Michel Laporte (Hachette, 2011)

Le tag Sherlock Holmes de Max Morel

Aujourd’hui, je vous fais part des réponses au tag Sherlock Holmes (que nous avions lancé pour fêter la première année de la SSHD) de Max Morel. Si vous ne savez pas qui est Max Morel, c’est très mal sachez le mais tout est rattrapable. Il est un des co-auteurs de la bd Sherlok (je l’ai lue et trouvée très bien car l’idée est original (Sherlo(c)k dans les années 60-70), des études sur Sherlock Holmes à l’écran et Sherlock Holmes en bandes dessinées (je n’ai pas encore lu les nouvelles versions mais cela ne serait tardé)(ils sont même téléchargeables chez Amazon). Si j’ai bien tout suivi, il participe à la rédaction du Carnet d’Écrou, magazine d’informations des Évadés de Dartmoor (société holmésienne strasbourgeoise et rien que cela, cela donne envie d’y habiter). Vous allez donc lire les réponses au tag d’un holmésien convaincu, convaincant et passionnant !

1) Comment avez-vous découvert Sherlock Holmes ?

J’ai découvert Holmes grâce aux films avec Basil Ratbone (à 8 ou 10 ans).

2) Avez-lu tout le canon jusqu’ici (les 56 nouvelles et les 4 romans) ?

Oui j’ai lu tout le canon, certaines histoires deux ou trois fois

3) Quelle est votre aventure favorite ?

J’ai plusieurs histoires favorites, (une seule ce serait peu quand même) : Flamme d’Argent, Le chien des Baskerville, Thor Birdge, les six napoléons, l’escarboucle bleue…. entre autres.

4) Lisez-vous des pastiches holmésiens ? BD, roman, fanfifction.

Oui je lis des pastiches holmésiens, je préfère les fidèles au ton et à l’esprit (Thomson, Fortier, Dickson Carr et Doyle…) mais j’adore certains qui osé lancer des “théories” audacieuses (Dibdin, Robert lee Hall, Réouven….).

5) Est-ce que vous aimez les adaptations qui sont faites du canon, les films qui en sont inspirés ? En avez-vous une favorite, une que vous aimez moins ?

Plusieurs adaptations du canon sont très réussies je trouve, les épisodes avec Wilmer, certains avec Livanov, la plupart de ceux avec Brett, le chien des Baskerville avec Rathbone ou Cushing etc.

6) Le meilleur interprète de Sherlock Holmes ? Laissez-vous aller tous les fantasmes sont permis.

Nommer un seul meilleur interprète ! impossible, !! beaucoup ont des qualités diférentes et ont joué dans des contextes trop variés pour qu’on puisse choisir (moyens de la production, scènario, partenaires…) :
Brett pour sa justesse et son audace parfois, Cushing idem et pour son regard pénétrant, ses attitudes, sa voix, Wimer pour son humour et le choix des costumes, Everett pour sa sobriété efficace, Cumberbatch pour son humanité et son côté un peu décalé, Howard pour son dynamisme, Richardson pour ses airs malicieux, Rathbone pour sa classe et sa voix, Wontner pour sa ressemblance aux illlus de Paget, ses attitudes, son sourire, la justesse des échanges avec ses “Watson”…..oui la liste est trop longue.

7) Avez-vous ce une collection Sherlock Holmes ? Livres, DVD, objets dérivés ? (Vous pouvez mettre des photo)

Une collection ? oui en quelque sorte, j’ai rangé les livres ensemble à côté des DVD et les BD ensemble ; mais les objets m’intéressent peu…. j’accepte l’idée quil est impossible de tout avoir, que accéder au mieux à ce qui me plait me suffit, je me laisse guider par mes goûts.

Merci à Max Morel pour ses réponses ! Si quelqu’un passe par là et veut aussi y répondre sans avoir de blog, je mettrais les réponses en billet. Bien sûr, je remercie les gens de ne pas me faire répondre que je n’ai toujours pas répondu moi-même à ce tag, ni à celui des bibliothèques d’ailleurs, ni même à celui des cadeaux de Noël qui circulait l’année dernière (pourtant je pourrais m’y remettre puisque c’est la saison).

Young Sherlock Holmes – Bedlam de Andrew Lane

Andrew Lane a décidé de faire publier cette courte nouvelle où il utilise son héros récurrent, le jeune Sherlock Holmes.

J’avais lu le tome 1 pendant l’été (il y en a quatre qui sont parus à ce jour) et comme je vous l’avais dit, le petit gars aurait pu s’appeler Sherlock ou Peter, on n’aurait pas vu la différence. Ce premier tome avait au moins le mérite d’avoir une histoire, une minuscule enquête. Les faiblesses étaient dues au fait qu’il fallait installer les personnages.

Ici, Andrew Lane explique que cette nouvelle aurait du apparaître dans le tome 3 mais qu’il l’a supprimé car elle n’apportait rien. Il l’a ensuite remaniée pour qu’elle puisse se situer entre le tome 3 et le tome 4. Je vous rassure : cela n’apporte toujours rien (le niveau d’anglais est toujours aussi facile par contre).

L’histoire est simple : Sherlock Holmes se fait enfermer à Bedlam, un asile de fou, et Sherlock Holmes réussit à s’échapper de Bedlam. Pourquoi et qui a voulu qu’il soit enfermer ? On ne nous le dira pas. Andrew Lane essaye de monter un pseudo mystère avec un fantôme. Même cela il ne l’exploite pas jusqu’au bout. Cependant, la seule chose un peu intéressante du livre est le raisonnement logique que fait Sherlock pour justifier que les fantômes ne peuvent exister.

En gros, j’ai été déçue. Cela vient sûrement du fait que publier un chapitre de livre qui n’était pas assez bon pour rentrer dans un livre ne m’apparaît pas forcément comme judicieux.

Références

Young Sherlock Holmes – Bedlam de Andrew LANE (Macmillan Children’s Books, 2011)

Murder in the library de Felicia Carparelli

Livre habilement sous-titré « a mystery inspired by Sherlock Holmes and one of his most famous cases » (c’est le Chien des Baskerville pour tout vous dire).

La première page

My name is Violetta Aristotle. […] I have always wanted to be a librarian. There is something so comforting about the smell of a new book; the pristine white pages practically glow and the aroma of the ink and paper is like fresh baked cookies to me. Even when I was a little girl I used to play library and would check out books to all my teddy bears. I don’t know where I got this obsession, mom and dad are well-read, but not bookish, so I can’t say it runs in the genes. But libraries are my passion, as were my late husband’s. Some people like to say that libraries are a good place for eccentric people to work or to hide, and maybe they’re right. You’ll have to judge for yourself.

Mon avis

J’ai rigolé du début à la fin. Pendant tout le début, je cherchais à voir où était le lien avec Sherlock Holmes. Je me disais que si le seul lien était qu’un des livres préférés du bibliothécaire, fort justement appelé Hugo, était Le Chien des Baskerville, on était très mal parti. J’ai failli écrire à l’éditeur en lui expliquant que tout roman policier n’était pas forcément inspiré de Sherlock Holmes. Me concentrer sur cet aspect des choses aurait pu me faire échapper le pouvoir humoristique de ce livre.

Violetta Aristotle est une jeune femme de 32 ans, habitant Chicago, veuve depuis cinq ans et qui depuis cinq ans vit dans le souvenir de son mari. Ses parents sont italien et grecque (j’entends d’ici que vous me susurrez le mot cliché à l’oreille … les Français ne s’appellent-ils pas tous Dupont ?) Elle est responsable d’un département où elle aime que es gens se sentent bien et c’est pour cela qu’elle pratique le feng shui. Elle travaille avec des gens aussi bizarre qu’elles et qui portent des noms des plus étranges : Scarlett, son assistante, Lois Vandermeer (texane dont on peut se moquer sans vergogne), Hieronymus Wilde, directeur du département d’histoire (qui s’habille, se comporte comme Oscar Wilde qui est son auteur favori)(quoi, vous pensez, encore à un cliché ; c’est être mauvaise langue à mon avis), Dolly Wilde, la femme de ce dernier (ouvertement trompée mais qui aime d’amour son mari), Peter Lancaster, le petit-ami de Scarlett et qui ressemble à Beethoven, Mark de Winter (qui veut reconquérir sa femme) et Roxanne de Winter, la femme du dernier et maîtresse de Wilde.

Dans cette bibliothèque, tout le monde couche avec tout le monde et a des griefs contre Hieronymus Wilde. Il est donc normal qu’il meurt empoisonné par des cookies grecs à l’arsenic, après avoir été frappé à la tête par une canne de marche et une statue de Shakespeare, lors d’une petite fête à la bibliothèque. Bien sûr, c’est Violetta et Scarlett qui le trouvent et qui le déplacent (parce que quand quelqu’un est mort et que c’est visible, il est d’une logique incroyable de le déplacer pour le vérifier). Là-dessus arrive le beau Mick McGuire, beau policier musclé, irlandais et qui est donc forcément roux avec des yeux verts (quoi, encore un cliché … les suédoises ne sont-elles pas toutes blondes, grandes avec une forte poitrine). C’est le coup de foudre avec Violetta mais aucun des deux n’osent se l’avouer. Mais l’auteur, dans son infinie mansuétude, ose nous faire partager les pensées de ces deux personnes. Pour vous imager un peu la chose, c’est comme si vous l’entendiez elle dire « suis-je sexy ? » et lui « j’ai envie de la prendre là sur la table ou même contre l’étagère des dictionnaires (ou des atlas, vous pouvez mettre ce que vous trouvez le plus torride) ». Après deux épisodes comme cela, je guettais plus cela que la résolution du crime ou même un quelconque rapport à Sherlock Holmes (car franchement, c’est tout ce qu’il y a de plus chiché, c’est fait sans aucune subtilité et du coup, cela n’a pas arrêté de me faire rire). Comme l’enquête n’avançait pas (forcément le policier avait autre chose dans la tête), il y a un autre meurtre. Mark de Winter est tué par une épée plantée dans la gorge (pourra plus reconquérir sa femme celui-là). C’est encore Violetta qui le trouve mais cette fois-ci elle ne le déplace pas car elle se rend compte qu’il est mort (elle apprend vite). Elle est  traumatisée mais Mick n’enquête toujours pas ; il passe son temps à savoir comment elle va, à la nourrir … Comme il reste un peu trop de monde à la bibliothèque, tout le reste du personnel est empoisonné à la strychnine lors de la cérémonie en mémoire de notre ami Hieronymus. Même Violetta. Toujours aucune de la part de Mick (heureusement, il a des subordonnés efficaces … apparemment c’est l’attribut de tous les grands hommes). Mais heureusement Violetta est là pour aider notre pauvre policier car elle, elle a lu Le Chien des Baskerville (c’est aussi un attribut des grands hommes … la femme qui se cache derrière lui).  Mais là je vous laisse découvrir tout seul ce qui a bien pu se passer.

Pour information, ils ne coucheront pas dans ce volume (parce qu’il va y avoir une suite … l’impatience m’a déjà gagné) car on les laisse dans l’escalier.

Marion, Matilda, j’ai honte de mettre ce livre pour la SSHD mais il parle un tout petit peu de Sherlock Holmes … et quand cela arrive, c’est même surprenant !

Références

Murder in the library de Felicia CARPARELLI (MX Publishing, 2011)

P.S. J’ai remarqué la même chose que Matilda. Les phrases en français sont bourrées de faute d’orthographe. Les mots ne sont pas en italique, comme si finalement c’était du texte en américain (ils ont apparemment inventé leur propre français), alors que les mots en grec sont eux en italiques.

The Strange Return of Sherlock Holmes de Barry Grant

J’ai lu le premier ! Je rappelle, pour ceux qui ne suivraient pas, que la semaine dernière j’avais lu, avec mon extraordinaire reader (Fashion en parle mieux que moi), le second volume de cette extraordinaire série (n’ayons pas peur des mots). Il s’agissait de Sherlock Holmes and the Sakespeare Letter.

Ce premier volume suit en quelques sortes la trame d’Une Étude en Rouge (auquel il y même une référence avec le mot Rache). Dans une première partie, il y a la rencontre Sherlock Holmes, qui se présente sous le nom de Cedric Coombes, et James Wilson, le journaliste revenant dégoûté d’Afghanistan (je trouve que c’est vraiment excellent d’avoir utilisé ces guerres qui se répètent dans le temps). Les présentations se font dans le même contexte que dans le premier roman des aventures de Sherlock Holmes. Watson se retrouve sans logis après avoir décidé de se reposer dans un tout petit village. Il rencontre comme par hasard un ancien camarade d’Eton (que l’on retrouvera dans le second volume : c’est l’oncle), qu’il n’a pas vu depuis vingt ans, et à qui il parle de ses problèmes. Lui, se rappelle avoir entendu un excentrique qui cherche un colocataire pour louer un cottage plus grand que ce qu’il a actuellement. L’excentricité ici est aussi intéressante ici (et reflète bien l’univers de Barry Grant qui nous parle souvent de livres)  puisque Sherlock Holmes emporte chez lui des brouettes entières de livres d’occasion, qu’il ne lit pas forcément (mais il lit quand même énormément pour se remettre à la page) mais qui sont les sujets de déduction et d’analyse très profondes quant à leurs anciens propriétaires.

Cedric Coombes, alias Sherlock Holmes, a été retrouvé dans un glacier et a été ramené en Angleterre par le petit-fils de Lestrade (que l’on retrouve beaucoup dans ce premier volume ; il y a même l’explication de toute sa généalogie) et le Dr Coleman du St Bartholomew’s Hospital (parce que tout le monde a reconnu Sherlock Holmes. Je pense qu’il est intéressant de se demander si on en serait capable nous même).

La deuxième partie du livre porte justement sur cette histoire de glacier qui est nous est raconté tout en longueur, au moins 50 pages, et qui coupe la narration (comme dans Une Étude en Rouge). On y croit ou pas (mais alors je peux vous dire qu’il y a de la péripéties et des poursuites ; cela serait splendide au cinéma) : en 1914, il a été mandaté par le Roi d’Angleterre pour amener une valise plein de de souvenirs d’enfance au Kaiser (ils sont tous les deux les petites-fils de la Reine Victoria) pour l’attendrir et éviter la guerre. Barry Grant essaye de nous livrer une explication plus ou moins plausible pour justifier le fait que Sherlock Holmes est survécu à la congélation (c’est dû à la déshydratation pour votre information).

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que dans tout le livre Sherlock Holmes a vieilli et est moins dogmatique dans sa manière de résoudre les énigmes. En fait, Barry Grant arrive à reprendre les principales caractéristiques de Sherlock Holmes tout en faisant quelqu’un d’autre.

Computers are mere compilers and crunchers of facts. Yet facts alone, Watson … Wilson …, can never, however speedily compiled or crunched, solved anything of consequence. […] I mean any of the great mysteries of gravity, for instance. Or the mystery of why a man murders his wofe. Many years ago I too believed such problems could be solved merely by observing closely and analyzing logically. I believed that a problem was like a great river one must cross. You stood on the shore and by stepping from one logical stepping stone to the next, you eventually reached the far side. […] Anyway, long ago I imagined that I solved mysteries first by observing, then by analyzing facts I had accumulated by observing. But that is not how it is at all. I realize now that I always made an imaginative leap that landed me somewhere strange, and then I tried to prove by logic that my leap had landed me in the right spot. If not, I made another leap, till eventually I landed where logic could prove I was spot on.

Dans cet extrait, on voit bien le côté désabusé du personnage. Barry Grant tient compte du fait que Sherlock Holmes revient après 90 ans dans un glacier et ne le fait pas revivre tel quel. Il fait aussi plus volontiers s’exprimer Sherlock Holmes sur ses sentiments (en cela il différencie l’écriture de Wilson et de Watson).

Barry Grant fait aussi preuve de beaucoup d’humour en faisant des clins dans le livre à son propre livre.

Watson [Wilson ne se fatigue même pas à corriger], all is patern, repetition, variations on a theme. What you have done once in life, you do again – a prisoner of your own personnality, and of life’s natural cycles. […] I dare say, if a man lived long enough, everything in his life would repeat itself – in outline if not in fine detail. Have you not noticed, Watson, how often you are in a situation and you have the feeling you have been there before ? Déjà vu. And my belief is that in most cases you really have been there before. And sometimes you can recall the earlier situation, and sometimes not. […] Why should there not be fun and meaning in repetition ? You read the same book twice sometimes, do you not, Watson, and actually get more out of it the second time through ? You sometimes go to the same movie twice. […] Your life is a movie that keeps playing different but similar scenes over and over, and you enjoy it nonetheless.

Il y a un petit côté philosophique là-dedans, de la philosophie du même genre que celle d’Isabel Dalhousie

Pour ce qui est du mystère à résoudre, qui est posé dans la première partie et résolu dans la troisième : il s’agit de retrouver le meurtrier d’un ancien militaire américain. Cet homme est mort dans des conditions particulièrement étranges car il a été tué dans la maison vide d’un célèbre homme de théâtre, célibataire et sans enfants, après avoir débarqué dans un tout petit village (celui où Holmes et Wilson habitent) pour retrouver une jeune fille de quinze ans qu’il a connu sur internet. Le seul indice est un livre posé sur une table. Un peu plus tard, un second militaire américain se fera agressé dans la grande banlieue de Londres. Il échappera de peu à la mort.

En conclusion, je dirais Vivement le troisième (qui sort fin décembre, je le rappelle) ! et plus sérieusement que Barry Grant fait une réécriture intelligente et personnelle des aventures de Sherlock Holmes dans les temps modernes.

Références

The Strange Return of Sherlock Holmes de Barry GRANT (Severn House, 2010)

P.S. : par contre, je ne suis pas sûre d’avoir bien compris car dans le deuxième tome, il me semblait que les deux hommes habitaient au 221B Baker Street alors que dans ce premier volume, il décide d’habiter ensemble et dans la dernière page, Wilson dit :

I was on the Web and I found some very nice lodgings in Baker Street, your old haunt. A nice area it is, close to Regent’s Park.

Un autre passage qui m’a fait rigolé (et du coup, je ne pense pas qu’il puisse habiter au 221B Baker Street, à moins que lui se rappelle le vrai 221B Baker Street) :

When we found 221B, he was astonished and disconsolate. He sait it was not really the right place, though the number was plainly on the door. We went inside and found it was a museum – a Sherlock Holmes museum. Evidently Sherlock Holmes fans came here year after year to gawk. […]

Holmes stepped to the desk, rather awkwardly, and said to the girl, ‘Hello – I’m Sherlock Holmes.’

She laughed. ‘Of course you are,’ she said. ‘You even look like Sherlock Holmes. Here, would you care of a Sherlock Holmes map of London ?’

Dans le même genre, il y a un personnage qui fait remarquer à Sherlock Holmes qu’il ressemble énormément à William Gillette. Pour mémoire, William Gillette s’est fait connaît pour avoir joué le rôle de Sherlock Holmes au théâtre et avoir proposé l’image moderne que nous en avons.

P.P.S. L’auteur fait même apparaître le personnage de Willie Wiggins, âgé d’une petite quarantaine, qui travaille pour le chemin de fer, et qui aidera Sherlock Holmes à s’échapper de Londres en 1914. C’est trop attendrissant !