Wiggins et Sherlock contre Napoléon de Béatrice Nicodème

Quatrième de couverture

Wiggins est un peu déçu par la nouvelle mission que lui a confiée Sherlock Holmes : il aurait préféré enquêteer sur le redoutable « Napoléon du crime » avec le détective plutôt que de filer Robert Petticoat, un jeune noble soupçonné d’appartenir à un réseau anarchiste. D’autant que Petticoat sillonne Londres en tous sens du matin au soir ! Un après-midi, Wiggins le suit dans les allées de la National Gallery, où tous deux restent jusqu’à la fermeture. Le lendemain, on apprend qu’un très célèbre tableau du musée a disparu…

Mon avis

Je continue ma découverte des Wiggins de Béatrice Nicodème grâce à Matilda. Pour l’instant, cet opus est mon préféré et de loin pour plein de raisons différentes. D’abord l’intrigue est plus costaude (je ne sais pas si ça se dit) et cela se voit car il fait le double de pages ! En réalité, il y a deux intrigues différentes qui s’entremêlent ensuite : une concernant l’enquête de Wiggins et une concernant Sherlock. Tout cela va tourner à l’avantage de Wiggins, qui va comme donner une leçon à Sherlock. Ce que j’aime aussi dans cette série c’est que Sherlock est humain. Il est conscient d’être supérieur mais félicite Wiggins de toutes ses trouvailles et a conscience d’être le modèle du jeune garçon qui aimerait pouvoir appliquer de la même manière sa méthode. Je trouve que cela va bien dans le sens de sa relation avec Watson qu’il a dans le canon. En tout cas, je préfère penser ça … De plus, dans ce volume, Wiggins gagne en crédibilité. On ne précise pas son âge, cela aide beaucoup. Il n’est plus aussi isolé que dans les volumes précédents que j’ai pu lire. Il se fait un ami, un autre gamin des rues, Allan que j’espère retrouver dans les prochaines aventures.

En conclusion, si vous ne connaissez pas encore Wiggins, c’est par celui là qu’il faut commencer. Vous passerez un agréable moment !

L’avis de Matilda !

Références

Wiggins et Sherlock contre Napoléon de Béatrice NICODÈME (Souris noire – Syros, 2007)

La jeunesse de Sherlock Holmes – L'oeil du corbeau de Shane Peacock

Quatrième de couverture

Printemps 1867. Une femme est sauvagement assassinée dans une ruelle de Londres. Non loin de là, un jeune garçon de treize ans rêve d’une vie meilleure. Il s’appelle Sherlock Holmes. Et il est fasciné par ce fait divers sordide. Il décide d’en savoir plus, de rencontrer l’accusé. Commence alors une contre-enquête qui le rend suspect à son tour.

Mon avis

Ce livre est en fait le début d’une série ; il n’y en a qu’un seul traduit en français mais déjà quatre sortis en anglais. Vous pouvez trouver des précisions sur le site de l’auteur qui est très sympa.

Comme tout début de série, on a l’introduction des personnages principaux. Sherlock Holmes bien sûr. Il a treize ans, fait l’école buissonnière pour observer les gens dans les parcs. Il est pauvre et désespère de devenir riche. En plus il est assez solitaire car on se moque de lui pour ses habits et son aspect dont il prend un soin tout particulier, pour ses origines : c’est un « sang-mêlé ». Son père, Wilber, est  juif et était promu à un brillant avenir comme professeur à l’University College of London car c’est un génie des sciences (notamment en chimie et en ornithologie). Mais il a eu le malheur de tomber amoureux de Rose la mère de Sherlock, passionnée d’opéra et de musique. Celle-ci a bien voulu l’épouser mais la belle-famille a fait en sorte que Wilber n’obtienne pas son poste à l’UCL. Ils ont eu trois enfants, Mycroft (dont ils n’ont que trop rarement des nouvelles, parti loin de la maison pour vivre d’un poste de petit fonctionnaire), Sherlock et une petite fille qui est décédée. Il y a aussi Malefactor, ennemi de Sherlock même si leur caractère est semblable, petit voyou des rues, membre des Irréguliers. On voit que lui aussi est au-dessous de sa condition (on comprend qu’il était dans une famille très aisée avant). Il est orphelin de père et mère, sa sœur est morte. Seul lui reste sa passion pour les mathématiques. Cela vous rappelle quelqu’un des aventures de Sherlock Holmes. Non ? Il y a aussi Dupin (appréciez le clin d’œil)  qui fournit parfois à Sherlock (quand il n’a pas réussi à les trouver dans les poubelles) les journaux où il trouve des faits divers passionnants.

Notamment, celui sur lequel il enquête dans le livre : le meurtre d’une jeune femme non identifiée dans le secteur de Whitechapel. Ce qui l’intrigue, ce sont les corneilles dessinées dans le journal. Justement il en voit au dessus de lui (il est donc destiné à résoudre cette énigme). Rapidement, un jeune boucher d’origine arabe est arrêté. On a trouvé son couteau sur le lieu du crime, des traces de pas ensanglantées menant à son atelier. Sa culpabilité ne fait aucun doute. Le problème c’est que l’on ne retrouve pas une bourse appartenant à la victime. Alors, quand l’accusé parle uniquement, et à voix basse, à Sherlock Holmes, le jour où il est emmené en prison, Lestrade (le vieux : nous est même présenté le jeune) pense qu’ils sont de mèches. D’autant que l’on a vu Sherlock deux fois sur les lieux du crime. Ni une ni deux, Lestrade arrête Sherlock et le mets en prison. Arrive deux visiteurs de prisons, un père et sa fille, Andrew et Irène Doyle (admirez le clin d’œil aussi). Celle-ci tombe amoureuse de Sherlock, l’aide à s’évader, puis enquête avec lui pour trouver le véritable assassin.

Parce que comme d’habitude dans les romans, la moitié des preuves ont échappé à la police. Sherlock et Irène vont toutes les retrouvées et pour cela vaincre toutes leurs peurs et tous les dangers. En fait, sans rire, l’enquête est plutôt intéressante à suivre , il y a vraiment des rebondissements à chaque chapitre. Au fur et à mesure, on cerne de mieux en mieux la personnalité de Sherlock, ce qui rend le livre de plus en plus agréable à suivre.

Ce qui m’a gêné au démarrage, c’est que l’auteur fait du misérabilisme sur le dos de Sherlock Holmes, insiste bien sur le fait qu’il ne pourra jamais se sortir de sa condition sauf si il le désire vraiment et que comme il est le plus fort, il va s’en sortir (c’est évident). Il m’a donné l’impression que Sherlock était un jeune garçon jaloux et envieux, avide de reconnaissance (comme si il était très fragile dans sa tête). C’est un peu à mon avis détruire le mythe qu’il abaisse au niveau du commun des mortels. Ce qui m’a aussi gêné c’est le fait que tout le livre soit écrit au présent. En tout cas, pour moi (je ne suis pas le public visé non plus), cette technique ne me permet pas de mieux visualiser les scènes ou quoi que ce soit. Je crois que cela vient du fait que les aventures de Sherlock Holmes et Watson sont racontées au passé et du coup ça m’a troublé. Une dernière chose m’a vraiment déplu, c’est que l’on puisse lire de tels passages dans un livre pour des enfants de dix ans :

Il y a bien des injustices dans le monde, songe le garçon. Certaines sont cependant pires que d’autres. On peut mépriser une personne parce qu’elle est pauvre, à cause de ses vêtements ou en raison de ses opinions politiques ; ce sont des traits qui peuvent changer. Mais en vouloir à quelqu’un d’être juif ou arabe relève de la plus grande injustice qui soit : il ne peut rien faire pour changer son état. Le plus grand tort, oui … après celui qui consiste à lui ôter la vie …

D’abord, je ne crois pas qu’à notre époque, mêler origine géographique et religion soit très approprié. De plus, dire à un jeune adolescent, c’est normal de mépriser quelqu’un de pauvre revient à dire qu’il est normal d’aduler quelqu’un parce qu’il est riche (et que si il devient pauvre on peut le mépriser). Je ne vous parle pas des opinions politiques … N’aurait-il pas été suffisant de dire que l’on doit admettre que les autres puissent être différent de soi ?

En conclusion, c’est un bon livre, avec quelques lenteurs au départ lors de la présentation des personnages (j’attends de voir les autres épisodes pour vous dire si c’est une très bonne série) même si j’ai pu être parfois un peu gênée par les opinions émises (ce n’est pas non plus omniprésent : ne vous imaginez pas ça).

Références

La jeunesse de Sherlock Holmes – Tome 1 : L’oeil du corbeau de Shane PEACOCK – traduit de l’anglais par Pierre Corbeil (Milan Jeunesse, 2008)

Sherlock Heml'os mène l'enquête de Jim Razzi

Premières pages

Sherlock Heml’Os, détective de renommée mondiale, vit à Nicheville (États-Unis). Avec l’aide de son fidèle ami Ouahtson, il résout tous les mystères, élucide les affaires les plus ténébreuses et confond les coupables. Aucun indice n’échappe à son oeil de lynx. Aucun problème n’est trop complexe pour son cerveau surdoué.

Sur les traces de Sherlock Heml’Os, exerce tes talents de détective ! Chacune des histoires de ce livre te propose une énigme à résoudre. Ouvre l’oeil : il y a toujours un indice pour te mettre sur la voie …

Avec Sherlock Heml’Os et Ouahtson, c’est à toi de mener l’enquête. Élémentaire, mon cher lecteur !

Mon avis

Je suis aussi intelligent que Sherlock Heml’Os. Je suis très très fière parce que c’est pratiquement être aussi forte que Sherlock Holmes. Par contre Ouahtson (n’est-ce pas que les noms des personnages sont bien trouvés) est très très bête alors que Watson quand même pas trop.

Comme vous l’avez compris, j’ai trouvé les neuf énigmes (destinées à des enfants de primaire) mais pour trois j’ai du relire des passages … Les difficultés sont donc assez variables. Certaines sont un peu du genre « Quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? » mais d’autres’, notamment celle avec l’identification de traces de pas, m’ont donc demandé un peu plus de cervelle. Les histoires sont toutes drôles, fraîches et vivantes (même pour une adulte qui aime mener des enquêtes).

C’est un livre qui est une très bonne idée par exemple à lire à un enfant de six ans pour chercher ensemble les énigmes, ou bien pour un enfant un peu plus âgé de le lire seul. On voit ainsi que dans une histoire tous les mots sont importants (en général les tout-petits le savent très bien) pour bien comprendre …

Comme vous l’avez compris, c’est un livre que j’ai beaucoup aimé et que je recommande si vous avez des enfants qui sont des graines d’enquêteurs !

Références

Sherlock Heml’Os mène l’enquête de Jim RAZZI – traduit de l’américain par Marianne Costa et illustré par Jean-François Martin (Livre de poche jeunesse, 1998 et 2003 pour les illustrations)

Wiggins et le perroquet muet de Béatrice Nicodème

Quatrième de couverture

Violet Juniper, une danseuse de cabaret bien connue à Londres, a été étranglée ! Sherlock Holmes, qui a remarqué sur le lieu du crime des petites traces circulaires, ainsi qu’une forte odeur de poisson, charge le jeune Wiggins de l’enquête. Les choses se compliquent lorsque l’apprenti détective apprend que peu de temps avant sa mort, la jeune femme avait reçu en cadeau un perroquet empaillé, et que l’animal a été dérobé …

Mon avis

À mon avis, c’est le première tome de la série au vue de l’introduction qui nous parle du Londres de l’époque (c’est-à-dire 1889 ; je rappelle que Jack l’éventreur c’était 1888) et le premier chapitre qui nous présente le personnage de Wiggins.

Dans ce billet, je vous disais que je trouvais étrange la manière dont parlait Wiggins pour un garçon de quinze ans. Ben aujourd’hui j’ai changé d’avis. Je crois qu’il s’exprime comme Nestor Burma avant l’heure (en tout cas ce qu’on en montre à la télé parce que je n’ai jamais lu les livres). C’est une sorte d’anachronisme parce que Sherlock Holmes ne s’exprime comme Nestor Burma, alors que le premier est quand même le modèle de Wiggins. Ce qui me dérangeait, ce n’est pas comme je le pensais, ce n’est pas le décalage entre le Wiggins de quinze ans (qu’il a aussi dans ce roman : c’est dit p. 16) et les lecteurs de 10 ans.

Là encore l’histoire est brillante, le mystère total et le dénouement bien trouvé et original. Même si je mettrais quand même un bémol et demi. Béatrice Nicodème ne cherche pas à confirmer les intuitions du lecteur. Ce n’est pas très clair mais je m’explique : quand Wiggins découvre un indice qui lui indique la solution ou plutôt qui lui dit que son idée est la bonne, l’auteur ne nous en parle pas (on est obligé d’attendre la réunion avec Sherlock Holmes) alors que dans les pages précédentes, elle nous donne des indices pour qu’on puisse proposer notre propre solution. Cela m’a donné l’impression de ne pas être sur un pied d’égalité avec Wiggins (je vous accorde que c’est lui qui a pris tous les risques).

Ma moitié de bémol, c’est pour l’éditeur (ou pour l’Éducation Nationale si c’est eux qui l’impose) : pourquoi mettre des mots-clés qui décrivent la solution (le cas du livre d’hier) ou des associations de mots qui font qu’on incline vers une solution. Les jeunes lecteurs n’ont pas le droit à un peu de suspens ?

L’avis de Matilda.

Références

Wiggins et le perroquet muet de Béatrice NICODÈME (Souris Noire – Syros, 1993, réédité en 2008)

Wiggins et la ligne chocolat de Béatrice Nicodème

Quatrième de couverture

Dans l’ombre de Sherlock Holmes, Wiggins rêve de devenir un grand détective. Quand sa mère est accusée à tort d’avoir volé des objets de valeur chez le comte et la comtesse Brazenduke, Wiggins court à son secours. Ses soupçons se portent bien vite sur Marjorie, la fille des Brazenduke, qui semble avoir de drôle de fréquentations. C’est le début d’une filature mouvementée …

Mon avis

J’ai découvert ces pastiches de Sherlock Holmes chez Matilda dont vous pouvez trouver l’avis sur le livre ici. Ils décrivent les aventures de Wiggins, le plus connu des irréguliers de Baker Street (en français dans le texte). Pour ce livre plus particulièrement, on peut porter deux regarder : celui de l’enfant et celui de l’adulte.

Celui d’un enfant en fin de primaire : le scénario est bien tourné, une progression dans l’histoire assez inattendue. Béatrice Nicodème pose rapidement le problème et passe donc très vite à l’action. De plus, le livre est court (pourquoi laisse-t-on Gueule de Bronze en liberté alors qu’il est le méchant, j’aimerais bien le savoir). Je me rappelle très bien que c’est ce que j’aimais à cette époque là (100 pages c’était bien, 200 ça allait, plus de 250 c’était trop). Le style est agréable et sympathique. Ce qui m’a fait rire c’est le fait que l’auteur n’insiste pas trop sur le côté un peu sulfureux de Sherlock Holmes. Alors qu’on est dans la période où Watson est parti de Baker Street pour se marier, Sherlock pour se maintenir éveiller la nuit fume et boit du café.

Celui d’un adulte : Wiggins est censé avoir quinze ans dans l’histoire et parle comme un enfant de dix ans avec un langage très imagé. Cela rend la narration moins crédible car il habite tout seul à Whitechapel et travaille depuis longtemps, sa mère est fille de cuisine dans une grande maison. À quinze ans, on pourrait penser qu’il est déjà adulte. Ce qui ne se sent pas dans le livre puisque l’histoire est justement raconté pour des enfants. L’histoire en elle-même n’est pas dans la lignée de celles racontées par Watson car elle raconte comment Holmes sauve plus ou moins l’Angleterre alors que Watson n’en parle pas, comme si c’était très secret : il sous-entend c’est tout.

En conclusion, je dirais que ce sont de bonnes histoires mais qui laisse un adulte un peu sur sa faim : c’est normal ce n’est pas fait pour eux.

Références

Wiggins et la ligne chocolat de Béatrice NICODÈME (Souris noire / Syros, 1995 et réédité en 2010)

Noire lagune de Charlotte Bousquet

Présentation de l’éditeur

Venise, 1579. Dans les brumes de décembre, les cloches de San Zanipolo chassent les âmes en peine. À l’aube du carnaval, la cité des Doges s’éveille sur des cris : tordu dans une affreuse posture, une salive noirâtre aux commissures des lèvres, le corps sans vie d’un imprimeur est découvert derrière un étal de marché. Ce n’est que le premier cadavre aux lèvres noircies, la peste est de retour en ville ! Peste ou complot ? Seule Flora, une jeune courtisane entrevoit la vérié. Mais qui la croira ? Veronica Franco, sa tutrice ? Galeazzo Foscarini, qu’elle aime sans espoir de retour ? Les jours passent, le fantÔme de Dandolo, le doge sanguinaire, revient semer le trouble dans les esprits. Le mal se répand, apportant son lot de violences et d’injustices pour un cortège macabre. Et tandis que les Vénitioens, terrifiés, cherchent des boucs émissaires, les vrais coupables poursuivent leur oeuvre de mort. Risquant sa vie, Flora ne pourra compter que sur son sang-froid pour noyer dans les eaux sombres de la lagune les malédictions de Venise …

Philosophe de formation, Charlotte Bousquet est l’auteur d’une dizaine de romans pour les adultes et la jeunesse. Elle a récemment publié La Marque de la bête (Mango) et Arachnae (Mnémos), un thriller de fantasy inspiré d’une Renaissance italienne qu’elle adore. Elle a été récompensée par plusieurs prix, dont le prix Merlin pour Les Arcanes de la trahison (Nestiveqnen).

Mon avis

Je remercie ma libraire qui m’a permis de découvrir ce livre mais aussi cet éditeur (le catalogue de la collection Courants Noirs me semble vraiment très intéressant). Grande lectrice de romans policiers historiques des éditions 10/18 quand j’avais 18 – 20 ans et maintenant lectrice des romans de Jean d’Aillon et de Jean-François Parot, j’ai tout de suite pris le livre quand j’ai vu le résumé. Moins « érudits » que les romans des auteurs précédents, dans le sens où les connaissances sont distillées par petites touches, le roman n’en est que plus prenant surtout pour des jeunes lecteurs (mais aussi pour les plus vieux). On apprend entre autre tout sur une célèbre courtisane de l’époque Veronica Franco (à quand la traduction de ses poèmes je vous le demande ?) et sur la famille Venier, influente dans le Venise de l’époque et qui compta plusieurs doges. On y retrouve les quatrains de Omar Khayam dont Dominique nous avait parlé ici. Un des points positifs de ce livre est qu’il vous rend plus intelligent.

Un autre est que le suspens est présent tout au long du livre. Il y a des rebondissements auxquels on ne s’attend jamais. Cela permet de maintenir notre envie de tourner jusqu’au bout du livre. Il faut quand même souligner que la narration est déconcertante : il y a beaucoup de personnages et chacun nous raconte son point de vue en quelques pages et cela tourne comme ça tout au long du livre. On ne sait parfois plus où on en est. Mais on s’habitue au fur et à mesure que l’histoire avance et surtout au fur et à mesure que l’on s’attache à Flora, la courtisane novice de seize ans (c’est très intéressant de découvrir Venise à travers ce personnage principal : elle n’est pas naïve, n’a pas froid aux yeux, c’est son futur métier qui veux ça, mais elle a quand même encore la candeur de l’enfance).

Le seul point vraiment négatif est la fin : elle n’est pas assez fouillée, trop rapide. On en voudrait plus ! C’est à se demander si l’auteur ne se garde pas une porte ouverte pour un deuxième tome.

En conclusion, un belle découverte grâce à ma gentille libraire !

Références

Noire Lagune de Charlotte BOUSQUET (Gulf Stream éditeur – collection Courants Noirs, 2010)

Coeur d'encre de Cornelia Funke

Quatrième de couverture

Meggie, douze ans, vit seule avec son père, Mo. Comme lui, elle a une passion pour les livres. Mais pourquoi Mo ne lit-il plus d’histoires à voix haute ? Ses livres auraient-ils un secret ? Leurs mots auraient-ils un pouvoir ? Un soir, un étrange personnage frappe à leur porte. Alors commence pour Meggie et Mo une extraordinaire aventure, encore plus folle que celles que racontent les livres. Et leur vie va changer pour toujours…

Le premier tome d’une magnifique trilogie fantastique, par un célèbre auteur contemporrain. Lire n’a jamais été aussi fascinant – et aussi dangereux.

À partir de 11 ans.

Mon avis

Ce billet aurait pu s’intiuler : comment je suis retombée en enfance à cause de The story book girl. Surtout, je ne sais pas résister à un livre qui parle de livre. Pour vous situer un peu la chose, cela faisait douze ans que je n’avais pas mis mon nez dans un livre pour adolescents.

Franchement, je suis fascinée par les jeunes lecteurs d’aujourd’hui. Je n’ai jamais lu un livre de plus de 300 pages avant mes 15 ans et de 400 pages avant mes 20 ans. Le Da Vinci Code a été mon premier livre de plus de 600 pages (après j’ai lu Les Bienveillantes : 800 pages et c’est le plus gros à ce jour). Ce livre de poche fait quand même 650 pages (j’étais déjà épâtée par les enfants de 10 ans qui lisaient Harry Poter : je me pensais un peu attardée mentale).

Ensuite, j’ai été fascinée par la quatrième de couverture. En gros, cela vous raconte deux pages du livre (d’habitude, on vous les 100 premières pages, voire la moitié, voire la totalité du livre).

J’ai ensuite ouvert le livre (pour le lire c’est mieux me direz-vous). Pendant, les 100 premières pages, j’ai trouvé que c’était un peu long même si la description de la maison de la tante de Meggie, Elinor, me fait dire qu’il faut que j’aille vivre chez elle : sa maison est bourrée à craquer de livres sur tout avec des piles et des étagères partout. Elle dépense tout son argent dans les livres. Le seul défaut que cette femme a : c’est qu’elle n’aime que les livres.

Après cela commence à bouger un peu plus et là je me suis encore trouvée à tourner les pages bêtement pour savoir la suite. Pour vous expliquer en gros (même si cela gâche le travail de la quatrième de couverture), Mo a le pouvoir de faire sortir les objets et les personnages des livres rien qu’en les lisant à haute voix. Manque de chance, il a lu un livre Coeur d’encre avec plein de méchants dedans : Basta, Capricorne et un saltimbanque Doigt de Poussière et ils sont tous sortis du livre pendant que sa femme Thérésa rentrait dedans. Neuf ans après cette lecture, Capricorne veut que Mo, alias Langue Magique, délivre d’autres de ses amis du livre.

Si il y a des longueurs parce que l’auteur prend le temps de tout expliquer (et vraiment tout), il y a aussi de très belles tournures de phrases (très poétiques) que l’on ne trouve pas dans les livres pour adultes. Les longueurs sont à mon avis surtout le fait que c’est le premier tome d’une trilogie et qu’il faut bien installer les personnages.

Je ne dirai pas que c’est un coup de coeur mais cela m’a bien plu. J’irais même jusqu’à lire les deux autres tomes : Sang d’encre et Mort d’encre qui vient de sortir. En plus, c’est pas joli d’avoir le premier tome sans les deux autres !

Références

Coeur d’encre de Cornelia FUNKE – traduit de l’allemand par Marie-Claude Auger (Gallimard Jeuness – Folio junior, 2010)