Les corbeaux de Herman Bang

Quatrième de couverture

"Une vieille demoiselle réunit, à l'occasion d'un repas qu'elle leur offre, les membres de sa famille. Pendant les préparatifs puis autour de la table, chacun va se révéler au lecteur par ses propos, son comportement, ses attitudes… Suite de touches impressionnistes, dialogues qui peuvent sembler anodins, courtes scènes parfois juste esquissées masquent un récit fort bien charpenté à la conclusion assez amère. Récit d'une époque, le Copenhague du début du siècle est fort bien évoqué, mais également récit de toujours par les thèmes qui sont les siens, la vieillesse ou la convoitise, par exemple.

Pour Lucien Maury, le meilleur de Bang (1857-1912) est "dans ces récits qui sont à peine des narrations, mais de mobiles schémas de décors, des esquisses de dialogues, la vie saisie dans ses aspects les plus figitifs et les plus significatifs" et, incontestablement, c'est à un tel genre de récit qu'appartient ce texte, inédit en français, intitulé Les corbeaux."

Mon avis

Imaginez-vous la préparation et le repas de famille. Vous êtes un observateur extérieur, on ne vous voit pas, comme un fantôme. Vous pouvez passer de groupe en groupe, de conversation en conversation sans vous attarder, sans vous apesantir. Vous ne saisissez que des bribes mais elle vous permette de comprendre tous les enjeux de ce fameux repas. Si vous y êtes, vous avez compris comment est écrit cette très courte nouvelle d'Herman Bang.

On se dit tout du long du récit : "Heureusement que je ne suis pas dans cette famille !" On arrive à plaindre la vieille demoiselle même si elle les fait bien tourner en bourrique. C'est à la fois drôle pour nous, qui sommes spectateur, mais cruel et cependant très juste pour les membres de cette famille, un peu trop intéressé. La chute est extraordinaire (j'ai quand même mis un certain temps à la comprendre). Ça m'a un peu fait penser à Festen dans la description de la famille (sans les non-dits cependant).

En conclusion, le titre en danois est "Ravnene" : ça ressemble à l'anglais, non ?

Références

Les corbeaux de Herman BANG – roman traduit du danois par Ellen Erichsen et Michel Berjon (L'Élan, 2005)

Tine d'Herman Bang

 

Quatrième de couverture

"Herman Bang est une des figures les plus singulières et les plus fascinantes de la littérature danoise. On peut même dire qu'il fait partie de ces rares écrivains dont l'oeuvre, aussitôt traduite dans plusieurs langues et en particulier en France, a renouvelé de façon décisivela littérature scandinave de la fin du XIXe siècle. Né le 20 avril 1857, cet aristocrate se fait très tôt remarquer comme critique littéraire et dramatique et surtout comme romancier. Il a à peine vingt-trois ans lorsqu'il remporte un sucès de scandale avec Familles sans espoir, roman autobiographique "fin de siècle" qui témoigne de son admiration pour Balzac, Flaubert, Maupassant et Zola, mais lui vaut une interdiction pour outrage à la morale publique. Tine, son quatrième roman, qualifié "impressionniste" est publié en 1889 et reconnu comme une oeuvre majeure qui retrace l'agonie cruelle du peuple danois lors de l'offensive prussiene de 1864 avec en surimpression les drames de la vie quotidienne et la passion tragique d'une jeune femme. Ce roman a été traduit en France en 1894 et porté à l'écran par le réalisateur danois Carl Knud-Leif Thomsen. Après avoir refusé le Prix Nobel, Herman Bang meurt solitaire et en exil, au cours d'une tournée de conférences aux Etats-Unis, le 29 janvier 1912."

Mon avis

Je découvre avec ce livre l'auteur Herman Bang, auteur visiblement classique dans la littérature scandinave et dont de "nombreux" titres sont disponibles en français : Les corbeaux (L'élan), Maison blanche. Maison grise (Stock), Franz Pander (L'élan), Les quatre diables (Esprit ouvert), Katinka (Esprit ouvert), Plaisirs d'été (Circé). 

L'auteur nous parle ici de Tine qui habite un village proche d'une zone de combat pendant la guerre des Duchés qui oppose en 1864 le Danemark à l'Empire d'Autriche et au Royaume de Prusse. Elle occupe son temps entre la maison de ses parents (son père est le sacristain du village) et la maison des Berg (un couple avec un petit garçon). Tout va bien jusqu'à l'annonce de l'entrée en guerre. Après le choc (le père de Tine devient fou), les habitants accueillent les soldats qui vont et reviennent du front (ils voient donc les blessés, la fatigue, le découragement…) La femme et le fils de l'inspecteur Berg sont partis se réfugiés à Copenhague, tandis que lui est appelé sur le front. Va alors naître une idylle entre Tine et l'inspecteur Berg qui se concluera de manière tragique. Il n'y a aucun bonheur dans le livre d'Herman Bang.

C'est un beau roman pour la manière dont est décrite le choc de la guerre. Par son écriture, Herman Bang arrive à nous faire sentir la vie de Tine : elle court de maisons en maisons en se souciant de tout le monde sauf d'elle-même. Il nous fait ressentir l'effroi de la population vis à vis de la guerre par ce que la quatrième de couverture qualifie d'impressionisme : une succession de petits tableaux où l'héroïne est toujours là (pas forcément physiquement). L'histoire d'amour entre Berg et Tine n'est qu'en filigrane. Herman Bang ne la décrit pas vraiment (ce n'est pas un mélo), il met seulement des petites touches. 

Par contre, les coquilles et traductions un peu étranges ont gêné ma lecture (c'est une "vieille" traduction visiblement). Il est dommage qu'il n'y ait pas de notes explicatives et une carte pour tout ce qui concerne les références au Danemark et à la culture danoise. Pourtant le travail de préface et de bibliographie de Claudine Brécourt-Villars est fortement intéressant pour tout ce qu il nous apprendsur l'auteur.

En conclusion, c'est une découverte intéressante d'un auteur que je ne connaissais pas. J'approfondirai sûrement.

P.S. : J'ai cherché le film de Carl Knud-Leif Thomsen de 1964 n'est disponible qu'en danois…

Références

Tine de Herman BANG – traduit du danois – préface et bibliographie de Claudine Brécourt-Villars (Stock – La bibliothèque cosmopolite, 1997)

Le testament des gouttes de pluie de Einar Mar Gudmundsson

 

 

Quatrième de couverture

"Dans la banlieue de Reykjavik, un sellier bourru réunit en son atelier des pêcheurs, compagnons de boisson, et prend place dans son fauteuil aux bras sculptés. Un pasteur prête une oreille distraite à sa femme qui raconte son rêve. Le dernier fermier de la ville et son chien noir attendent …

Le gardien du jardin des plantes, lui, sait que c'est là, juste après le carré des simples, que la part d'ombre du quartier s'avance …

Soudain un terrible orage, une véritable tempête s'abat sur l'île et sur une Reykjavik grelottante à la limite du monde.

Magique, limpide, cristallin, Le testament des gouttes de pluie est comme un opéra sensuel, comme une odeur de terre après l'orage."

Mon avis

Il ne faut pas chercher. Dans ce roman il ne se passe rien (sauf peut-être dans les cinquante dernières pages …) à part une chose : la pluie tombe, plus ou moins fort, mais elle n'arrête pas de tomber. N'emêche que ce livre est absolument splendide.

Récemment, j'ai été à Eurodisney où j'ai fait le manège de Peter Pan. On y vole dans un bateau au dessus du décor. C'est exactement ce qu'on ressent à la lecture de cet ouvrage. On y est cependant inquiet à cause des nuages noirs, anonciateurs de tempête, qui s'amoncellent au dessus d'un Reykjavik peuplé de fantômes, d'elfes et de toutes sortes de créatures féériques.

C'est, parmi les trois titres que j'ai lu de l'auteur, celui qui a l'écriture la plus aboutie : elle est poétique, parfois drôle (les extraits ci-dessous n'y font pas justice mais on ne peut pas recopier tout un livre).

Einar Mar Gudmundsson restera pour moi un écrivain à suivre. On peut lire sur le blog d'Eric Boury que Gaïa prévoit d'éditer une trilogie de l'auteur mais dans longtemps à cause de l'emploi du temps surchargé du traducteur.

D'autres avis

lemague.net, Philippe Bouquet (sur le blog du traducteur)

Extraits

"Bien évidemment, tous les soleils s'éteignent sous les paupières de Daniel. Du nuage qui passe à l'intérieur de son front pleuvent quelques gouttes de sueur perlée qu'on voit brusquement scintiller. Et l'étang calme de sa pensée, sa surface se ride et les embruns volent au vent. Oui, le pasteur Daniel. On dirait qu'il est, sinon arraché à son autre monde, du moins projeté dans le nôtre." (p. 51) 

"Rappelle-toi cependant que les rêves sont toujours bénéfiques, oui, même lorsqu'ils sont mauvais, ils sont quand même bons car ils purifient l'âme, un peu comme une course de natation. Je crois même avoir lu quelque part qu'on peut les considérer comme les peignes fins avec lesquels on attrape les poux de l'esprit." (p. 55)

"Peu importe l'époque de son apparition et la manière dont les lèvres en font mention, le conteur est le seul à pouvoir ressuciter les siècles et à les revêtir d'habits si neufs que les temps anciens cessent d'être hors d'atteinte, mais deviennent aussi proches de nous que la boulangerie, la crèmerie ou le coiffeur du coin. Voilà pourquoi tous ces pauvres types à la mode, quelque soient les noms qu'ils se donnent, journalistes pique-assiettes, animateurs radio, psychiatres et professeurs ne sont que les vestiges d'époques révolues ou les membres d'espèces animales éteintes par comparaison aux antiques héros et aux histoires racontées depuis toujours et ce, bien qu'ils agitent désespérément autour d'eux des cartes d'identité, des certificats d'assurance, des portefeuilles, de veux tacots ou ce genre de chose comme si les histoires n'étaient jamais arrivées et que la réalité n'était rien qu'invention …" (p. 105-106)

"A l'intérieur d'une salle sans aucune fenêtre ouverte, le silence s'abat tout à coup. Nous disposons d'exemples de mouches parfaitement innocentes qui, rendues folles par la claustrophobie, ont mis fin à leurs jours, de professeurs qui ont eu de telles suées pour cause de manque de tabac et d'allergie que l'odeur âcre de la sueur n'a jamais disparu de leurs chemises et, la chose est d'une telle notoriété que presque à chaque fois qu'Herbert prononce un discours, certains élèves de l'école s'évanouissent sans parler de ceux qui sont pris de crampes et de celui qui s'est arraché la langue à force de se la mordre." (p. 197)

Références

Le testament des gouttes de pluie de Einar Mar GUDMUNDSSON – traduit de l'islandais par Eric Boury (Editions Gaïa, 2008)

Les anges de l'univers de Einar Mar Gudmundsson

 

 

Quatrième de couverture

" Pensionnaire de l'hôpital psychiatrique de Kleppur, Pall Olafsson occupe ses journées à faire défiler ses souvenirs, confondant allègrement imaginaire et réalité. Si le jour de sa naissance, qui correspond à l'entrée de l'Islande dans l'Otan, lui semble être un premier malentendu, les coïncidences suivantes s'enchaînent comme autant de tableautins cocasses et incongrus. Einar Mar Gudmundsson signe ici un premier roman saisissant et original que le New York Times a présenté comme une Conjuration des imbéciles islandaise.

 "Compte rendu hallucinatoire – et qui donne le frisson – de la plongée d'un adolescent dans la schizophrénie, ce roman intensément poétique remet en question l'establishement psychiatrique … Gudmundsson brosse le portrait du supplice mental et spirituel de Pall avec un grand humour et une remarquable acuité." Publishers Weekly "

Mon avis

Tout d'abord le thème : qu'est ce qu'un fou (et son entourage) ressent quand il devient fou ? C'est simpliste comme description mais c'est ce que raconte ce roman. Pall fait défiler devant nous ses souvenirs : petit, adolescent quand la maladie "se déclare" (il a d'abord mal à la tête, devient agressif, paranoïaque puis agit de façon étrange pour le commun des mortels). Il continue avec ses souvenirs à l'hôpital psychiatrique où il décrit d'autres internés. Ca m'a rappelé ma prof de philosophie en terminale qui nous avait expliqué que les fous ont une logique que nous ignorons et qui leur est propre. Finalement, à la fin du roman, il va vivre hors de l'hôpital dans différents foyers … On le suivra ainsi jusqu'à la fin de sa vie.

Comme dans Les chevaliers de l'escalier rond, Einar Mar Gudmundsson donne la parole à une personne qui est hors de la société normale, à une personne dont on n'entend jamais la voix. Il arrive (merci à la traductrice) à retranscrire cela par un ton simple mais détaché du monde réel. Son écriture est toujours aussi belle et poétique.

Vous l'aurez compris : j'ai particulièrement aimé ce roman. C'est donc un coup de coeur !!! Un seul regret : je n'ai pas pu trouver le film en DVD …

Un autre avis

Citation

"L'été était arrivé quand j'ai pris congé du temple de la solitude et mis fin à ce séjour terrestre." (p. 211)

Références

Les anges de l'univers de Einar Mar Gudmundsson – traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson (10/18, 2001)

Les chevaliers de l'escalier rond de Einar Mar Gudmundsson

 

 

Résumé

Reykjavik, fin des années 60. On construit en masse de nouveaux immeubles. Dans un de ces immeubles habite Johann Petursson, petit garçon de sept ans. Il vient de donner un coup de marteau sur la tête d'Oli. Rassurez-vous, rien de grave. Par vengeance, Oli "désinvite" le petit garçon de sa fête d'anniversaire. Tout le roman part de là ; on est dans la tête de Johann qui vit d'autant plus mal cette "injustice" que l'oncle policier d'Oli, une sorte de montagne de muscles, doit venirà cette fête.

Johann va monter en esprit plein de stratagèmes pour pouvoir venir quand même. Finalement, il y arrive, nous décrit cette fameuse fête, puis le reste de la journée et une partie de la nuit qu'il passe avec ses copains dans un immeuble en construction. Là se produit un drame qui va faire perdre à Johann son insouciance d'enfant.

Mon avis

Pour tout vous dire, j'ai trouvé le roman sympathique (parfois il y a quelques longueurs mais bon c'est un premier roman: il faut être indulgent). L'écriture et la traduction y sont pour beaucoup: c'est vraiment un enfant de sept ans qui parle. C'est ce qui est le plus impressionnant.

La fin m'a laissé sous le choc. J'ai trouvé ça horrible parce que la gravité du fait ne s'accorde pas avec le ton de l'enfant. Je crois que c'est ce que l'auteur a voulu faire par son écriture faussement innocente (et très poétique) mais vraiment c'est dur …

Une autre critique

Papercuts

Références

Les chevaliers de l'escalier rond de Einar Mar GUDMUNDSSON – taduit de l'islandais par Eric Boury (Editions Gaïa, 2007)

Einar Mar GUDMUNDSSON

Biographie

Né en 1954 à Reykjavik, il reçoit en 1979 son diplôme (bachelor of arts) de littérature comparée et d'histoire, de l'université d'Islande. Il enseigne ensuite à l'université de Copenhague la littérature comparée. Il publie deux recueils de poésie avant de remporter en 1982 le prix du Premier Roman Islandais pour Les Chevaliers de l'escalier rond. Depuis, il a écrit une vingtaine de livres dont Les Anges de l'univers, lauréat du prix littéraire du Conseil des Pays Nordiques et dont a été tiré un film éponyme de Fridrik Thor Fridriksson en 2000 (sortie française en 2002), et Le Testament des gouttes de pluie. Outre ses romans, il écrit également des scénarios en collaboration avec le réalisateur  Fridrik Thor Fridriksson. Il s'adonne aussi à la littérature pour enfants et est aussi le traducteur de Ian McEwan. Il vit actuellement à Reykjavik avec sa femme et ses cinq enfants.

Bibliographie (traduction française)

Sources

L'auteur a même un blog si vous parlez islandais …                           

Vengeance et autres nouvelles de Arne Garborg

 

 

Résumé

C'est un tout petit livre de 64 pages où on compte pas moins de trois nouvelles, une notice sur Arne Garborg par Maurice Bigeon et une biliographie. Commençons par les trois nouvelles.

Vengeance : une jeune fille est empéchée d'épouser le jeune homme qu'elle aime par son père. Celui-ci manigance avec le prêtre pour qu'il y ait quand même mariage avec l'homme que lui a choisi. Mais le jeune homme écarté va chercher à se venger.

Jeunesse : un homme arrive dans un village et tombe amoureux d'une jeune fille belle, innocente quoi qu'un peu "actrice" (elle en fait marcherh plus d'un …) Le problème c'est qu'il est fiancé à une autre femme qui a tout les atouts de bonne société. Mais il va découvrir que ce n'est pas forcément ce qu'il doit chercher chez une femme.

Cette nouvelle, d'après ce qui est expliqué dans le livre, est la réponse de Garborg à la pièce de Ibsen Le gant : "Svava Riis et Alf Christensen sont fiancés. Tout va bien jusqu'au jour où Svava découvre qu'Alf lui a caché une faute grave commise naguère. Elle décide de rompre prétextant que si c'était elle qui avait eu de multiples aventures dans sa jeunesse, il n'aurait pas voulu d'elle, or il n'y a pas de raison pour que la réciproque ne soit pas vraie : l'exigence doit être la même pour tous, la femme et l'homme sont égaux devant la morale. Ce que Svava reproce surtout àla société c'est son hypocrisie et à son fiancé de ne pas lui avoir dit toute la vérité." (p. 20)

Résumé comme je l'ai fait on ne voit pas trop le rapport mais en réalité il y en a un (si, si !!!) : les auteurs dénoncent tous les deux l'hypocrisie de la société ainsi que l'opinion générale qui influence nos comportements personnels.

Mourir : un viel homme raconte à un jeune garçon sa perception de la mort toutes les fois où il a eu l'occasion de la frôler de près.

Mon avis

J'ai trouvé ces trois petites nouvelles fortement intéressantes : les sujets abordés sont traités d'un point de vue assez novateur (même si pour un auteur mort en 1924 c'est un adjectif bizarre), c'est bien écrit, bien traduit … C'est un moment très agréable de lecture.

J'aime beaucoup cette maison d'édition parce qu'elle met toujours en perspective les oeuvres qu'elle publie par une bibliographie détaillée, et même ici une notice (en plus, elle publie des textes très originaux). Le problème c'est qu'ici avec les trois nouvelles je n'ai pas eu l'impression d'avoir saisi le travail de l'auteur mais seulement sa périphérie. J'ai trouvé que c'était frustrant (en plus, d'après mes recherches, il n'y a pas d'autres livres de lui qui soient publiés en français). Je lance un appel à qui veut bien l'entendre : traduisez-vite Arne Garborg, s'il vous plaît !!!

Par contre, ce que j'ai appris c'est que dans la première moitié des années 1890 il y a eu une sorte de vague scandinave qui a déferlé sur la France (en tout cas pour les livres). Maurice Bigeon a fait une étude sur le sujet Les révoltés scandinaves (on peut la trouver sur Gallica). Parmi les auteurs qu'il consacre il y a Auguste Strindberg, Henrik Ibsen, Georg Brandes, Bjornstjerne Bjornson, Herman Bang, Jonas Lie et Arne Garborg …

Extrait

"C'est une bêtise que de se laisser torturer par la mauvaise conscience parce qu'on a fait une fois une chose dont on a eu envie. Pourquoi se priver de faire ce qui plaît, et faire toujours ce qui nous ennuie et nous assomme ? Qu'est-ce donc que la conscience ? L'opinion publique en nous-même, la sainte terreur devant les "on-dit", la morale, vieil héritage démodé, cet instinct du troupeau, inné, incarné en nous, qui nous fait distinguer le bien du mal !" (p. 37)

Références

Vengeance et autres nouvelles de Arne GARBORG – traduit du norvégien par Auguste Desmoineaux et Jean de Néthy (L'Elan, 2008)