Le zéro de Jess Walter

Quatrième de couverture

Le Zéro, c’est bien sûr Ground Zero. Lorsque Brian Remy, flic traumatisé parles attentats du 11 septembre, reprend conscience, il est blessé à la tête. Il semble avoir tenté de mettre fin à ses jours. Comment en est-il arrivé là ? Brian est victime « d’absences » et se retrouve dans des situations impossibles sans plus savoir comment il les a provoquées. Plus grave encore, il lui semble que deux personnes cohabitent dans son crâne, dont l’une au moins est dangereuse. Stress post-traumatique ? Peut-être, mais le climat de paranoïa qui affecte désormais les États-Unis y est sans doute aussi pour quelque chose. Car Brian est embarqué dans de nébuleuses conspirations antiterroristes qui le plongent dans une profonde confusion. Et si la seule manière de comprendre la véritable nature de sa personnalité était de retourner sur les lieux où elle a commencé à s’effondrer ?

Mon avis

Livre lu dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio. Merci à Babelio parce que cela fait toujours plaisir de recevoir un livre gratuitement.

Je préviens de suite : je n’ai pas choisi de lire ce livre. Je devais en recevoir un autre mais la personne de chez Rivages s’est apparemment trompée. Ce n’est pas le type de livre que je lis d’habitude et je pense que soit j’ai raison, soit je suis mal tombé (je vais même éviter tout jeu de mots vaseux sur le titre).

Parlons d’abord de la structure du récit. Le héros perd donc la mémoire en courant ; il se rappelle de moins en moins de choses et se comprend de moins en moins. C’est exactement ce qu’il se passe dans le livre. On a le droit à des passages de 2-3 pages sur un évènement. Le passage se termine systématiquement par … et on passe à autre chose sans aucun rapport. C’est censé mimé le cerveau de Brian Remy (je dirais que ce n’était pas forcément nécessaire puisque moi je ne perds pas la tête). Il y a aussi trois petites étoiles qui apparaissent parfois dans le texte pour séparer deux passages mais je n’ai pas compris pourquoi. Ce manque de structure se poursuit sur 250 pages (sur 300 au total).

Thriller de to thrill = frémir. Mmmm. Je n’ai pas frémis une seule fois. On part dans une histoire intéressante : on soupçonne une femme de ne pas être morte dans la destruction du World Trade Center. On cherche à regrouper toutes les preuves, même les plus improbables (les papiers à moitié brûlés du 11 septembre). On pense au début que l’on va apprendre plein de choses sur ce qui s’est passé jute après (notamment sur les Act qui ont été signés et que je n’ai jamais vraiment compris)(mais il ne faut pas trop espérer, il n’y a même pas de notes sur le sujet). Rapidement, on se rend compte que l’histoire va tourner en rond sur l’amnésie de Brian Remy et que l’histoire de la femme ne va être que prétexte à des scènes montrant la souffrance des gens après cet évènement. Donc les 250 premières pages sont décevantes car sur ce thème, j attendais plutôt quelque chose de géopolitique.

Les 50 dernières pages transforment le livre en farce et en caricature. Toutes les agences de renseignements se tirent dans les pattes et au final, les ennemis sont à l’intérieur du territoire plutôt qu’à l’extérieur. L’important, d’après le livre, est visiblement d’avoir des ennemis.

Jess Walter écrit dans ses remerciements

Ce livre est une fiction. Si les gens dont j’ai vu la souffrance il y a cinq ans ont trouvé la paix, j’espère que celle-ci est bien réelle.

Je crois que le problème est là. Jess Walter a voulu faire passer une souffrance et un « comment vivre après ? » mais je ne pense que le thriller soit le bon genre pour cela. Cela ne se lit pas désagréablement mais le livre manque sa cible.

Je pense que le pompon de la tête à clac des personnages de roman est dans ce livre : le fils du héros dit à tout le monde que son père est mort le 11 septembre. Sa mère, comme son père, le laisse dire sans aucun soucis et on fait comme si de rien n’était (il est excusé de son comportement à l’école à cause de la tragédie qu’il traverse). Jess Walter va un peu loin en le faisant rentrer dans l’armée car oui, lui aussi y croit. Je vous l’aurais mis chez le psy ce jeune homme et cela n’aurait pas tardé !

tous les livres sur Babelio.com

Références

Le zéro de Jess WALTER – traduit de l’anglais (États-Unis) par Julien Guérif (Rivages / Thriller, 2012)

4 réflexions au sujet de « Le zéro de Jess Walter »

  1. Bon bon, pas trop mon genre de toutes façons mais là tu as définitivement refroidi mes ardeurs. Les intrigues centrées sur la confusion d’un personnage, c’est toujours délicat, ça passe ou ça casse.

    1. Ta remarque est vraie. C’est un peu comme quand tu fais parler des enfants. Il y a des choses comme cela en littérature qui sont vraiment très difficiles.

    1. Je ne sais pas comment je dois le prendre mais franchement, ton père est vivant, il s’en est sorti et toi tu dis qu’il est mort quitte à lui remettre encore un peu de traumatisme. Il y a sûrement une interprétation moins littérale de ce que j’ai fait mais franchement cela me choque que l’on puisse même envisager cela dans un livre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.