Breakfast on Pluto de Patrick McCabe

Présentation de l’éditeur

Tyreelin, un village à la frontière irlandaise. Patrick est le fils illégitime du curé local. Très jeune, il commence à se travestir et se fait appeler Pussy. À la mort de son amant et protecteur, un politicien victime du conflit irlandais, Pussy part à la recherche de sa mère dans le swinging London des années 1970. Mais sur la capitale anglaise aussi plane la menace du terrorisme, et Pussy, bien malgré elle, va se retrouver mêlée à un attentat à la bombe dans une discothèque… Un récit drôle et flamboyant, où la violence et la misère côtoient les paillettes et le glamour.

Mon avis

L’avis d’Ys m’avait donné envie de découvrir le livre mais je n’étais pas sûr qu’il me plairait car ce n’est pas franchement le type de livre que j’aime (c’est plus par préjugés et méconnaissance). Mais maintenant, j’ai un reader et les éditions Asphalte proposent leur livre en version numérique pour pas cher. 16 euros pour un livre que je n’étais pas sûr d’aimer, bof mais le même livre pour 6,99 euros, je veux bien tenter (même chez Gibert en occasion, je pense pas que je l’aurais trouver pour moins cher). Le seul truc, c’est que parfois les mots étaient attachés alors que cela n’aurait pas du être le cas (c’est dix-quinze fois dans le livre, faut pas non plus exagérer).

J’ai beaucoup, beaucoup aimé. Après avoir lu d’autres avis, j’ai pensé que je devais être bizarre parce que le peps, je ne l’ai vu qu’au début. Pussy est une personne extrêmement déterminée. Elle ne donne pas l’impression de souffrir des quolibets des habitants de son super village. On a l’impression que finalement, elle est plus ou moins la seule à tracer sa route sans se soucier de son environnement. C’est l’humour de Patrick McCabe qui donne le peps à tout le début de l’histoire (cela ressemble à une histoire d’adolescent qui essaye de se construire, la guerre, l’IRA, ce n’est qu’arrière plan. Pussy ne s’en soucie pas du tout. La musique est omniprésente comme je peux me l’imaginer d’une adolescence des années 70). On sourit beaucoup.

Puis au fur et à mesure, mon sentiment à la lecture a changé. Pussy a des blessures : son père qui ne la reconnaît pas (en tant que fille ou garçon d’ailleurs), sa mère qui l’abandonne. Tout cela revient comme un leitmotiv dans le livre. Ce qui progresse dans le livre, c’est aussi la politique. L’impression que j’ai eu, c’est que tout s’effondre autour de Pussy mais que c’est la seule à s’en rendre compte. Les gens autour d’elle sombrent dans la pauvreté, la misère, l’alcool, l’imbécilité (que ce soit à Londres ou en Irlande) et perdent leur fierté (pour les Irlandais). Pussy se montre la plus clairvoyante et cherche à faire comprendre ce qui se passe. Personne ne l’écoute parce que justement elle est différente. À la fin, je n’ai plus ressenti le peps du début mais j’ai plus vu la solitude et l’amertume.

Ce qui est intéressant, c’est que Patrick McCabe est constant dans la manière dont il fait parler Pussy (cela ne peut pas plaire à tout le monde par contre). Il y a un mélange de naïveté enfantine, d’adolescent adulte, de clairvoyance comme je l’ai dit, de situations rêvées. Il ne se contente pas de faire une narration linéaire mais va chercher à faire parler tout ce que peut contenir son personnage. C’est justement ce qui donne cette impression que Pussy est une vraie personne et pas quelque chose de creux, sans épaisseur comme on dit.

Le livre a été adapté par Neil Jordan au cinéma en 2005. Son autre livre traduit en français The Butcher Boy est d’ores et déjà dans ma PAL.

Edit : les erreurs dans le fichier ont été corrigées, avec une célérité incroyable, par la société qui l’édite. J’ai été mauvaise langue car il y en avait sept. Maintenant, il n’y en a plus. Il ne faut donc plus hésiter à vous achetez le livre si vous avez une liseuse (sinon il faut acheter ou au moins lire le livre).

D’autres avis

Ceux de Ys (c’est le billet qui a fait que je voulais découvrir le livre), d’Yvon, de Nina,d’Achille, de Nymeria, d’Angélita, de Pierre Faverolle, de Mélopée, de Mikaël Demets, d’Oncle Paul, d’Eden, …

Références

Breakfast on Pluto de Patrick McCABE – traduit de l’anglais (Irlande) par Audrey Coussy (éditions Asphalte, 2011).

Sur le site de l’éditeur, vous pouvez retrouver la playlist du livre (c’est un peu la marque de fabrique tout de même).

Un Noël blanc de Jennifer Johnston

Quatrième de couverture

Condamnée par sa maladie, Constance Keating a fait un choix simple et décisif, celui de mourir à son rythme, loin de la sollicitude pesante de sa famille et des vains prolongements que peut offrir un temps la science.

Bravant son Irlande pieuse et traditionnelle, elle confiera sa fille au père de celle-ci, un écrivain rencontré par hasard lors d’un séjour en Italie, un Juif d’origine polonaise, qui n’avait jamais appris cette paternité.

Une nouvelle fois Jennifer Johnston fait du roman une arme de libération au service des femmes, dans le contexte si symbolique de l’Irlande.

Mon avis

J’aime d’amour Jennifer Johnston (à part pour son dernier roman paru en France) parce qu’à chaque fois, elle me touche, elle me met les larmes aux yeux (j’ai un côté parfois maso). C’est ce qui nous plaisait, à ma mère et à moi, dans la littérature irlandaise. Bien sûr, il ne faut pas lire ces romans quand on est vraiment trop déprimé (quoique je suis en train de lire Breakfast on Pluto de Patrick McCabe et c’est triste mais réjouissant à la fois, plein de pèche).

Donc encore une fois, elle m’a mis les larmes aux yeux. C’est une femme, quarante-cinq ans, mais aussi une jeune maman, qui se meurt d’une leucémie et qui a décidé de mourir sans que la médecine ait rien décidé là-dedans. C’est donc une femme avec un caractère particulier, un caractère libre et courageux. C’est ce côté libre qui a dirigé toute sa vie. Elle a abandonné ses études pour se débrouiller toute seule et suivre sa voie à Londres (elle n’a pas réussi car elle voulait de venir écrivain). Elle a fait un bébé toute seule. L’impression que cela m’a fait, c’est qu’elle n’a jamais réussi à vivre complètement. On lui dit qu’elle a un petit talent pour l’écriture et elle arrête. Avec le père de l’enfant, c’était le grand amour et elle le quitte une fois qu’elle est enceinte. Finalement, mourir elle ne pourra pas arrêter, même si elle le décide, avant d’avoir réussi. C’est comme si enfin elle arrive au bout de quelque chose.

Jennifer Johnston alterne les périodes de souvenir et les moments de maladie. Au fur et à mesure que le mal avance, cela devient plus confus ou plus mêlé (on est censé suivre le rythme des pensées de Constance car c’est le livre qu’elle écrit pour après sa mort. Par définition, elle ne le finira pas.)

La seule chose qui m’a dérangé c’est les changements de mode de narration. Dans le même paragraphe, où Constance parle, on a une alternance entre le je et le elle. Est-ce que le problème vient de la traduction ? Je n’en sais rien.

Par contre, je retire ce que j’ai dit dans le précédent billet. Cela ne ressemble pas tellement à Hella S. Haasse à part pour le côté un peu nostalgique.

Références

Un Noël blanc de Jennifer JOHNSTON – traduit de l’anglais (Irlande) par Arlette Stroumza (Le serpent à plumes / collection Motifs, 2003)

De profundis d’Oscar Wilde

Quatrième de couverture

Wilde écrivit De profundis en 1897, au cours de ses derniers mois de détention à Reading, où il purgeait une peine de deux ans de travaux forcés pour délit d’homosexualité. C’est le seul ouvrage qu’il rédigea en prison. Et sans doute aussi son chef d’œuvre et une des plus belles lettres d’amour qui soient, où résonne toute la plainte de l’amour perdu. « Le sanglot d’un blessé qui se débat… », disait Gide.

Adressée à celui qui fut à l’origine de son incarcération et de sa chute, lord Alfred Douglas, cette lettre, oscillant sans cesse entre l’amour fou et la haie, le désespoir et l’exaltation, la laideur du quotidien et la sublimation, marque une rupture définitive dans la pensée de Wilde. Le sulfureux dandy en effet tomber le masque, et met son cœur à nu, sans filet et sans artifices.

Mon avis

Ce livre ne peut que faire monter les larmes aux yeux. Il est totalement du Portrait de Dorian Gray : dans celui-ci, on sent l’homme abattu (dans le sens de dépressif), l’homme qui met son âme à nu, tandis que dans le Portrait, il y avait un côté flamboyant (on sentait l’auteur au sommet de sa gloire). La lettre est donc adressée à Bosie : il y a de l’amertume (il lui dit quand même des trucs sacrément sévères : il l’accuse de tout et finalement d’avoir détruit toute son âme artistique en l’obligeant à toujours s’occuper de lui et en lui faisant des tracas perpétuels) mais aussi beaucoup d’amour (en tout cas dans ce qu’il dit) car en dévoilant à Bosie les défauts qu’il s’est aperçu avoir aussi (et espère avoir perdu en prison) et d’autres qu’il n’a pas, il espère lui faire prendre conscience d’un nécessaire changement.

Ce changement, Oscar Wilde, espère aussi l’opérer sur lui. Cette lettre est aussi un longue introspection (sur lui même mais là aussi on se répète) : il nous décrit ce qu’il a été, ce qu’il aurait du être, ce qu’il aurait aimé, ce qu’il aimerait être et sur ce qu’il espère être à l’avenir. C’est là qu’on sent l’homme dépressif qui va s’exalter pour une idée de son avenir mais retombée dans la tristesse quand il voit où il est.

C’est un livre à (re)lire absolument (mon avis est en dessous de tout mais croyez moi) pour essayer de mieux comprendre Oscar Wilde, si on peut comprendre, ne serait-ce qu’un peu, un artiste tel que lui. En tout cas, il fait découvrir un aspect de sa personnalité

Livre lu dans le cadre du challenge de Lou.

Références

De Profundis d’Oscar WILDE – traduit de l’anglais par Léo Lack (Stock, 1975)

P.S. Les glouglouteuses semblent s’être couchées et n’ont pas fermé leur porte. Je me tâte pour aller leur faire peur avec un drap blanc sur la tête. Ce qui est bien c’est que ma cousine arrive ce week-end et que je vais pouvoir m’en donner à cœur joie, le problème c’est qu’il y a un bébé en dessous moi et cela m’embêterait de le réveiller, il n’a rien fait lui. Il est même plus silencieux que la voisine.

 

Publié le
Catégorisé comme Irlande

La double vie de Laura Swan de Benjamin Black

Quatrième de couverture

Bien que l’autopsie lui prouve le contraire (la jeune femme n’est pas morte noyée, mais d’une overdose d’héroïne), Quirke va laisser classer cette affaire comme un suicide. Et pourtant … Vieux loup de plus en plus solitaire, il ne peut s’empêcher de fureter dans le passé de la victime et découvre que celle-ci avait non seulement une double identité mais une double vie, peuplée de personnages aussi troubles que les circonstances de sa mort. Lorsqu’il apparaît que Phoebe, sa propre fille, est à son tour impliquée, Quirke se retrouve pris dans un piège qui, une fois de plus, fera ressurgir les démons du passé …

Mon avis

C’est le deuxième tome des aventures de Quirke que je lis (et le deuxième publié en France), après Les disparus de Dublin. Après une année, la lecture  de ce premier tome s’est estompée dans ma mémoire et du coup, les allusions incessantes dans ce deuxième tome m’ont gênée.

Bien sûr, il n’y a pas d’enquête, plutôt que de roman policier, on parlera de roman noir. Quirke s’est arrêté de boire, essaye de renouer avec sa fille (qu’il a fait élever par sa belle-sœur et son beau-frère et à qui il a avoué la vérité très récemment : pour vous dire comment elle a apprécié). Tout cela, visiblement nuit très sérieusement à ces méninges. Quand un ancien camarade d’université lui demande de ne pas pratiquer une autopsie, il ne pense pas que c’est suspect et qu’il y a quelque chose de louche (il la pratique quand même pour sa défense). Il se laisse porter par la vague. Il ne voit pas sa fille se faire embringuer dans une mauvaise histoire, ne lui porte pas vraiment secours. Il la laisse seule tout en constatant les choses de loin. Il couche avec la femme d’un type qui couche lui même avec la fille de Quirke. Il ne se pose pas vraiment de questions mais rumine dans son coin les éléments qu’il a. Vous aurez compris donc que Quirke traverse une profonde dépression.

Mais justement, ce serait oublié que Benjamin Black, c’est aussi John Banville et dans ce tome particulier, Benjamin Black écrit comme John Banville : on retrouve les mêmes thèmes (la mort, les relations aux autres, la paternité ; vous me direz comme dans tous les romans mais c’est de la littérature irlandaise et du coup, tout le monde est dépressif) que dans Infinis parus cette année, et surtout traitée de la même manière : d’une manière contemplative et lascive. On se regarde, on constate mais on ne fait rien. C’est pour ça que finalement quand on comprend pourquoi et comment Laura Swan est morte, tout le monde est surpris que quelqu’un est agit (même mal).

Finalement, donc, c’est l’écriture de John Banville qui m’a apprécié énormément le roman de Benjamin Black, l’histoire n’étant pas extraordinaire : elle raconte l’histoire de gens bringuebalés dans tous les sens par la vie.

Références

La double vie de Laura Swan de Benjamin BLACK – traduit de l’anglais (Irlande) par Michèle Albaret-Maatsch (NiL, 2011)

 

Salomé d’Oscar Wilde

Un petit résumé qui en dit beaucoup trop

Pièce en un acte racontant comment Salomé, fille d’Hérodias et belle-fille d’Hérode, est tombée amoureuse du prophète Iokanaan (qui pourtant racontait les pires choses sur sa mère et ne prophétisait que des malheurs). Celui-ci ne veut même pas l’approcher, ni encore moins l’embrasser. Alors quand Hérode demande à Salomé de danser pour lui et qu’en échange il lui donnera ce qu’elle veut, Salomé demande la tête de Iokanaan pour pouvoir l’embrasser.

Mon avis

J’ai un peu tout raconter car il paraît que c’est un épisode biblique, donc j’ai supposé savait de quoi il s’agissait (on sent la fille qui a une grande culture religieuse …) J’ai adoré même si c’est très différent des textes que j’ai lu précédemment d’Oscar Wilde. Cela m’a rappelé Antigone que j’avais lu au lycée, ou d’autres textes du même genre où la jeune héroïne est forte, décidée. Il n’y a pas les bons mots ou l’expression extraordinaire des textes précédents. Cela vient peut être du fait que la pièce a été écrite en français directement, qu’Oscar Wilde maîtrisait moyennement (il parlait mais n’écrivait pas vraiment comme un écrivain français : l’auteur a demandé des corrections au jeunes écrivains de l’époque (1893) dont il était l’ami). Par contre, il y a énormément de sous-entendu et de sensualité, surtout au moment de la danse de Salomé mais je trouve que tout reste suggéré. Ce qui marque aussi c’est la description des paysages autour ou des habits, où les couleurs sont omniprésentes. C’est un texte très court mais il faut le lire ! Je ne pourrais rendre hommage à ce texte avec mon pauvre petit billet.

Je voulais aussi souligner que l’édition est juste magnifique ! Dans les cinquante premières pages, vous avez un commentaire très intéressant qui sait introduire à la magie du texte. Ensuite, vous avez une copie originale du premier jet d’Oscar Wilde avec son écriture et tout et tout (les fautes de français, les hésitations, les répétitions que les correcteurs ont essayé de gommer au maximum), ensuite une reproduction de la première édition en français et ensuite la reproduction de la première édition en anglais (la traduction étant de Bosie qu’Oscar Wilde avait cherché à occuper à ce moment-là et illustrée des dessins d’Aubrey Beardsley (je comprends que les anglais aient censurés car les dessins sont vraiment malsains et donnent une sacrée image de la pièce)). De quoi découvrir cette pièce sous tous ses aspects !

Livre lu dans le cadre du challenge Oscar Wilde de Lou.

Références

Salomé d’Oscar WILDE – préface de Charles Méla – introduction de Sylviane Messerli (collection Sources – Presses universitaires de France / Fondation Martin Bodmer, 2008)

L’âme humaine et le socialisme de Oscar Wilde

Quatrième de couverture

Le principal avantage que présenterait l’établissement du socialisme serait sans nul doute de nous libérer de cette sordide nécessité qui consiste à vivre  pour les autres, et qui, dans l’état actuel des choses , exerce une pression redoutable sur chacun de nous ou presque . À vrai dire, quasiment  personne n’y échappe. De temps à autre, au cours du siècle, un grand homme de sciences tel Darwin, un grand poète tel Keats, un talentueux esprit critique tel M. Renan ou un artiste de génie tel Flaubert, est parvenu à s’isoler, à se soustraire aux assourdissantes requêtes des autres, à se tenir « à l’abri du mur » dont parlait Platon et à réaliser ainsi toute la perfection qu’il avait en lui, pour son propre avantage comme pour celui, incomparable et éternel, du monde entier. De tels hommes relèvent toutefois de l’exception.

Mon avis

Que dire, à part que c’est Oscar Wilde ? Le style est là (celui du Portrait de Dorian Gray, j’entends), le contenu aussi : on pourrait le résumé par le socialisme vu par le prisme de la philosophie du beau.

Pour le style, vous avez une argumentation intelligente, avec des arguments clairement exposés, le tout agrémentés de bons moments ou plus exactement de phrases qui résume une multitude de pensées en peu de mots : cela vous donne l’impression d’être tellement logique, et tellement ce que vous avez pensé depuis toujours (même si ce ne sont pas vos idées) que vous vous retrouvez à adhérer forcément (j’ai une petite tendance mouton, tout de même). Un petit extrait pour vous donner une idée de la chose :

Ainsi, l’individualisme est ce qu’à travers le socialisme nous devons chercher à atteindre. L’État en abandonnera naturellement toute idée de gouvernement. Il y sera obligé car, comme l’a dit un sage bien des siècles avant le Christ, s’il est possible de laisser l’humanité tranquille, il est en revanche impossible de la gouverner. Tous les modes de gouvernement sont voués à l’échec. Le despotisme est injuste envers tous, y compris pour le despote, qui a sans doute été mis sur terre pour y accomplir quelque chose de mieux. Les oligarchies sont injustes envers la majorité, et les ochlocraties envers la minorité. De grands espoirs ont été fondés sur la démocratie, mais elle n’est que le matraquage du peuple par le peuple. On en a pris conscience. Je dois dire qu’il en était plus que temps, car toute autorité est totalement dégradante, autant pour ceux qui l’exercent que pour ceux qui la subissent. Lorsqu’elle s’exerce avec violence avec violence, grossièreté et cruauté, elle a pour effet positif de susciter, ou du moins de révéler, l’esprit de révolte et d’individualisme qui doit en venir à bout. Lorsqu’elle exerce avec bonté, accompagnée de prix et de récompenses, elle en devient atrocement démoralisante : moins conscients de l’affreuse pression à laquelle ils sont soumis, les gens poursuivent leur petite vie dans un confort fruste, comme des animaux de compagnie, sans jamais être eux-mêmes un seul instant. « Qui veut être libre, a dit un grand penseur, ne doit se conformer en rien. » Et l’autorité, en soudoyant les gens pour qu’ils se conforment aux autres, engendre parmi nous une barbarie de la pire de la pire espèce gavée et repue.

À première vue, l’idée que le socialisme engendrerait l’individualisme m’a semblé extrêmement provocatrice mais à la vue de cet extrait, il est flagrant qu’Oscar Wilde remplace le socialisme, ce que l’on peut qualifier d’utopie (l’humain n’est pas fait pour penser aux autres en priorité, que l’on soit politique ou non), par une autre utopie : un monde où finalement on aurait le droit d’être soi-même (un monde où les gens ne jugent pas : j’appelle ça aussi une utopie personnellement). Finalement, Oscar Wilde dans ce texte, publié en 1891 en même temps que le Portrait de Dorian Gray (et donc finalement avant le procès) se dévoile énormément je trouve. Il est moins ironique ou sarcastique que dans son roman et du coup, on arrive mieux à voir sa pensée, qu’il exprime pourtant dans le roman : le non-conformisme, le refus de se laisser diriger par des conventions, tout cela uniquement dans le but d’être soi-même.

Je pense que c’est un texte utile pour mieux comprendre l’homme et l’auteur (merci au traducteur et au préfacier (?) qui ont fait un travail admirable pour rendre un style et expliquer ce texte qui m’aurait paru peut être plus difficile sans cela).

Merci à BOB et aux Forges du Vulcain pour ce partenariat !

Références

L’âme humaine et le socialisme de Oscar WILDE – traduction nouvelle de Maxime Shelledy et présentation de Xavier Giuicalli (Aux Forges du Vulcain, 2010)

Le portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde

Quatrième de couverture

« Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment , tant ému le public et donné lieu à d’étranges conjectures. »

Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur, a fait ce vœu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et des péchés. Et, de fait, seul vieillit le portrait où se peint l’âme noire de Dorian. Ce livre nous conduit dans un Londres lugubre, noyé dans le brouillard et les vapeurs d’opium, mais nous ouvre également la comédie de salon des beaux quartiers. Lorsqu’il parut en 1890, il fut considéré comme immoral. Mais sa singularité, bien plutôt, est d’être un roman réaliste, tout ensemble, et un roman d’esthète – fascinants, l’un et l’autre, d’une étrangeté qui touche au fantastique.

Mon avis

J’ai lu dans ma jeunesse Le crime de Lord Arthur Savile. Je n’en garde aucun souvenir à part celui de m’être ennuyé. Du coup, j’avais un peu laissé tomber parce que si tout était comme ça et voilà que le challenge Oscar Wilde de Lou arrive et où on nous propose des lectures communes dont celles de Teleny. Connais pas moi ce livre mais bon j’ai été intriguée par lecture chaude (en plein hiver c’est plus classe). Je l’ai lu et je ne ferais pas de billets dessus. C’est très bien mais je n’avais pas fait de billets sur ma lecture de Mémoires de Fanny Hill parce que je ne voyais pas trop commenté et là c’est un peu le même cas (à part m’étonner que l’on puisse écrire cela à cette époque là). Cela m’a relancé dans Oscar Wilde … et donc dans Le Portrait de Dorian Gray. Je vais tout de suite passer le style : trop bon … avec plein de bons mots, des discussions que l’on aimerait être capable de tenir (principalement centré sur la beauté et la jeunesse, pas forcément ma tasse de thé). Il n’y a que le chapitre 11 qui m’a traumatisé car il fait passer 18 ans de la vie de Dorian et en un chapitre il arrive à nous faire très bien sentir la longueur et la pesanteur de ces 18 ans (en gros c’est long, très très long). On ne peut pas être Virginia Woolf et Oscar Wilde en même temps.

Mais c’est surtout de l’histoire dont je voulais parler. Par contre ceux qui ne l’ont pas lu, ne lisez pas la suite, s’il vous plaît.Sachez qu’il faut le lire pour savoir au moins de quoi ça parle pour faire moins bête quand on vous en parle !

Je ne connaissais que l’histoire écrite dans la quatrième de couverture et après lecture, je me rends compte que je ne connaissais rien. Je dois avoir un côté très très puritain car j’ai été choqué. Bien sûr, Dorian Gray c’est la vanité incarné dans la beauté et la jeunesse. Je ne pensais pas qu’en fait Oscar Wilde irait si loin. Sibyl Vane se suicide par sa faute (on lui donne dans ce cas là l’excuse de la naïveté ou de la méchanceté de lord Henry Wotton dont il subit l’influence), le frère de la jeune fille est tué par sa faute (même si il ne le souhait pas). il tue son ami Basil Hallward et de manière sanglante alors que celui-ci souhaite juste l’aider (à coup de religion, c’est discutable mais tout de même), il force un ancien ami Alan Campbell à se débarrasser du corps (à coup de chantage), celui-ci se suicide et on nous laisse penser que ce n’est pas tout. Cela fait beaucoup pour un seul homme je trouve. Oscar Wilde continue à le décrire selon l’état de son âme mais aussi selon sa culture du beau, du luxe, de la jeunesse qui va grandissante (c’est le fameux chapitre 11). Finalement, Oscar Wilde confronte culture et intelligence de l’âme. J’attendais la fin avec impatience en me disant que tout allait s’arranger (ben oui je ne connaissais pas l’histoire). Quand Dorian Gray meurt, soit suicidé soit tué par le tableau, je me suis dit : pourquoi n’a-t-il pas choisi ! La première solution c’est le dégoût de lui-même qui a gagné (il en éprouve quand même parfois heureusement) mais la deuxième solution c’est le comble de la vanité : le tableau le détruit quand il essaye de se détruire lui-même. Du coup, j’étais outrée. Et je voulais savoir ce que ceux qui l’avaient lu en pensait …

Références

Le Portrait de Dorian Gray de Oscar WILDE – traduction de Vladimir Volkoff – édition de Jean-Pierre Naugrette (Livre de Poche, 2001)

Infinis de John Banville

Quatrième de couverture

Adam Godley, un brillant mathématicien – spécialiste de l’infinité des infinis et de la possibilité d’univers parallèles -, repose dans sa chambre, au seuil de la mort . Autour de lui, le veillent sa seconde épouse, sa fille et son fils acompagné de sa femme Helen, une comédienne à la beauté troublante.

En un jour, en ce lieu, ce monde mortel et imparfait va recevoir la visite des dieux de l’Olympe, des dieux à l’esprit facétieux, qui vont se pleire à prendre la place des humains pour satisfaire leur curiosité et leurs désirs illicites. Zeus, follement épris d’Helen, se fera passer le temps d’une nuit pour son mari afin de jouir de ses charmes… et tentera de poursuivre son œuvre de séduction.

Hermès, le fils de Zeus, narrateur espiègle de cette tragicomédie qui ressemble à un songe, se prêtera lui-même au jeu des apparitions, tandis qu’Adam revivra dans son esprit le souvenir de ses années passées.

Mon avis

Comme je le disais avant, j’ai honte de ne pas aimer un livre que tout le monde aime mais encore plus d’aimer un livre que personne n’aime. Cela me donne l’impression que je ne suis pas capable d’apprécier un livre dans son entier (je ne sais pas reconnaître la vraie littérature comme dirait certains), que je ne suis pas difficile : une bonne histoire, une écriture qui se lit et cela me suffit (cela explique aussi pourquoi j’ai autant de livre dans ma PAL). Je ne force jamais à lire. Du coup, quand je lis le livre d’une traite sans le lâcher, je pense qu’il est bon. Et c’est le cas avec celui-ci. Mais allez voir les avis de Jules, de Jostein et de Moustafette pour comprendre de quoi je parle et surtout pour tempérer mon avis.

Pour donner une idée, j’avais beaucoup aimé La Mer mais j’avais trouvé que certains passages étaient trop longs et du coup parfois je m’étais ennuyée.

John Banville signe ici un livre infiniment mélancolique. Un homme est en train de mourir et sa famille se retrouve autour de lui. C’est cependant un bien grand mot. En fait, ils viennent vivre quelques moments dans la même maison que lui. Une maison bizarrement construite puisque personne ne se rencontre jamais, et ne se voit jamais. Sauf parfois, où les personnages semblent se parler comme si ils étaient des fantômes. C’est ce qui donne la mélancolie du livre et peut être cette solitude des personnages, mais aussi parfois du lecteur. La scène de fin où tout le monde est réunit dans la même pièce fait peur et surtout semble factice, jouer pour le médecin… Alors quand on lit que Adam Godley étudiait avant de tomber dans le coma les mondes parallèles, on se dit qu’il n’avait pas trop loin à aller chercher pour avoir un objet d’étude. C’est je trouve le côté mal exploité du livre. Finalement, le domaine d’étude du père n’est que peu exploité à part à dire que c’est un génie qui ne s’est jamais occupé de sa famille. Ce domaine d’étude n’est que prétexte pour l’histoire puisqu’il sert juste à dire que finalement tout peut se passer sans qu’on le sache dans ces fameux mondes parallèles. Je crois que même John Banville s’est rendu compte de cela car il n’en abuse pas dans le roman. Parfois il se rappelle qu’il doit essayer de creuser cette idée mais il abandonne rapidement. À mon avis, si il avait plus fait, le roman aurait été parfois fort ennuyeux.

Malgré l’intervention des Dieux, le roman reste donc profondément humain. Il faut dire que dans la suite de la quatrième de couverture, on faisait référence à l’Amphitryion de von Kleist. Du coup, j’avais préparé ma lecture en le lisant. Von Kleist prend plaisir à montrer les dieux de l’Olympe comme facétieux, qui se jouent des sentiments humains et qui y prennent plaisir. Ils aiment inventer des situations et voir comment les humains s’en sortent. L’impression qui ressort de la pièce est que l’humain est plus complexe qu’il n’y paraît et dans toute situation arrive à s’adapter. John Banville reprend ici le thème, en ajoutant à cela une réflexion, quoique ténue, sur la religion catholique. L’apparition des dieux de l’Olympe permet une observation et une description plus poussée de l’activité humaine que ne l’aurait permis un narrateur extérieur et surtout met une touche d’humour en présentant Zeus comme un vieux libidineux dans un roman qui en a bien besoin.

En conclusion, je dirais que c’est un roman qui peut paraître difficile d’accès (je pense que le traducteur a fait un excellent travail car on ne se retrouve pas facilement perdue dans la narration) mais livre de très belles choses et de très beaux passages.

Roman lu dans le cadre d’un partenariat entre blog-o-book et les éditions Robert Laffont.

Références

Infinis de John BANVILLE – traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat (Robert Laffont, 2011)

Coup de sang de Declan Hughes

Quatrième de couverture

Lorsque Ed Loy revient à Dublin pour les obsèques de sa mère, après vingt ans d’absence, c’est une ville en proie aux promoteurs immobiliers et en pleine métamorphose qu’il découvre. Certaines choses pourtant ne changent pas : les frères Halligan, les caïds de sa jeunesse, donnent dans le crime organisé, les secrets de famille et les rivalités perdurent. La pauvreté se cache désormais derrière une apparente richesse.

Devenu détective privé à Los Angeles, Loy accepte de retrouver le mari de son amie d’enfance, Linda Dawson. Ses recherches l’entraînent dans les méandres de la corruption politique et du trafic de drogues.

Mais plus Ed s’approche de la vérité, plus il comprend que son histoire est étroitement liée à celles des Dawson et des Halligan. Les langues se délient dans la souffrance et les fantômes du passé resurgissent.

Mon avis

C’est le deuxième livre dont j’ai volé le titre à l’émission Mauvais genres de France Culture. Par un heureux hasard, c’est aussi un roman policier irlandais comme Redemption Factory de Sam Millar. Entre temps, j’ai aussi lu e dernier Ken Bruen dont vous pouvez lire l’avis avisé de Dominique ici. Je suis donc en plein polars irlandais. C’est celui qui m’a semblé le plus génial parce qu’il regroupe toutes les qualités des polars précédents, et en a en plus.

Un : le personnage de Ed Loy vaut bien le Jack Taylor de Ken Bruen même si question boisson le deuxième est le plus fort. Ed Loy est un homme blessé par la vie et compense avec la boisson et les bagarres, les enquêtes … et l’amour aussi (c’est pas comme Taylor par contre). Il a quitté l’Irlande il y a vingt ans pour ne jamais revenir. Il était fâché avec son père qui a disparu tout à coup (sa mère et lui étaient soulagés mais n’osent pas le dire), sa mère prend un amant que lui n’apprécie pas. Il part aux États-Unis, fait parfois venir sa mère pour assister aux évènements importants : son mariage, sa réussite sociale (il a repris une affaire de détective privé), la naissance de sa famille. Celle-ci meurt à deux ans à cause d’une maladie de sang. Il s’abandonne dans l’alcool et revient en Irlande pour l’enterrement de sa mère. Il prend conscience qu’il a abandonné celle-ci mais c’est aussi le point de départ de ses retrouvailles avec le plaisir.

Il rencontre pleins de gens, tous avec des secrets ou qui ont complètement abandonné l’idée d’avoir une vie normale car la société ne leur en laisse pas la possibilité. Declan Hughes ne s’arrête pas là car il confronte ses cassés de la vie avec la nouvelles société irlandaise, celle qui s’enrichit (à noter que le roman date un peu) grâce au programme immobilier. Il faut voir que cette partie de l’Irlande n’est pas très belle non plus.

C’est le deuxième point, pour lequel on peut rapprocher Declan Hughes de Ken Bruen : l’horreur de la nouvelle Irlande qui défigure l’originalite du pays, mais surtout qui cherche à masquer ses pauvres (je ne connais pas beaucoup de pays qui les assume cependant). Le roman noir trouve alors sa raison d’être en montrant ce côté obscur d’une société qu’on nous présente heureuse. J’avoue que j’aime beaucoup ce côté réaliste du roman noir qui à mon avis en dit beaucoup sur le pays.

Le point différent d’avec Ken Bruen et que j’ai beaucoup aimé, c’est l’enquête qui est une véritable enquête où Ed Loy fait tout le boulot autant mental que pjysique (il n’hésite pas à se battre quand il faut). Le dénouement est très inattendu (j’avoue avoir même eu un peu de mal à comprendre comment Ed Loy a pu en arriver à cette conclusion). Je le conseille évidemment au fan du genre.

Je suis en train de lire une enquête de Jaine Ausen conseillé par Niki et j’avoue que je ris beaucoup pour l’instant même si c’est en anglais.

Références

Coup de sang de Declan Hughes – traduit de l’anglais (Irlandais) par Aurélie Tronchet (Gallimard – série noire, 2010)

Redemption Factory de Sam Millar

Quatrième de couverture

Au cœur du conflit nord-irlandais, un militant de l’IRA disparaît mystérieusement.

Vingt ans plus tard, son fils Paul Goodman, u petit prodige du snooker désargenté, se présente aux abattoirs de la région et se fait embaucher.

Il pénètre un univers baigné de sang, gouverné par des êtres difformes et violents. Une cathédrale impie de la mort, étrange miroir des fantômes dont il est lui-même prisonnier et que son arrivée va libérer…

Lauréat du Brian Moore Short Award en 1998, l’Irlandais Sam Millar (Poussière tu seras, 2009) tire la radicalité de son œuvre de son expérience d’ancien prisonnier de droit commun. Il écrit comme on se venge avec calcul et précision.

Mon avis

Mon avis ne devrait pas vous éclairer beaucoup parce que je suis restée deux jours sur ce livre en ayant du mal à décrocher mais je ne serais dire pourquoi. Je vais quand même essayer de vous rendre compte de mes sentiments de lecture.

La première fois que j’ai entendu parler de ce livre, c’était dans l’émission Mauvais Genres de France Culture. J’avais cru comprendre que le fils, Paul Goodman, se vengeait du père qui avait été tué par des membres de l’organisation à laquelle il appartenait car il était soi-disant un traître (ce qui était complètement faux). Que tout cela se passait dans un abattoir.  En fait, je n’avais rien compris et rétrospectivement je pense que je me suis emmêlée les crayons avec un roman noir irlandais dont on parlait dans la même émission, celui de Declan Hughes (je l’ai aussi pris à la librairie donc j’en parlerais sûrement).

En fait, Paul Goodman est un jeune homme de vingt ans, un peu paumé entre un père disparu sans qu’il ne sache pourquoi, une mère dépressive, un ami qui ne s’attire que des problèmes mais qui s’en sort toujours grâce à une veine extraordinaire et à son meilleur ami (son surnom c’est Lucky, c’est pour dire). Paul rentre aux abattoirs après un an de chômage. Sa passion est le snooker et rêve de devenir champion dans cette discipline. Aux abattoirs, Redemption Factory, Paul va rencontrer l’effroi et l’amour.

Dans le roman, il y aura aussi un prêteur sur gage qui va le prendre sous son aile.

L’histoire peut paraître bancal car le travail aux abattoirs n’a rien à voir avec l’histoire du père. C’est un monde violent mais on reste fasciner par justement cette violence incarner par deux personnages Shank et Violet. L’histoire entre Paul et Georgie, elle, nous permet surtout de découvrir plus avant le caractère de Paul et surtout de détendre un peu l’atmosphère. L’histoire du père n’apparaît qu’à la toute fin et on se rend compte que tout était en réalité histoire de rédemption.

C’est très bien écrit, on suit l’histoire avec avidité mais on se rend compte que finalement le livre ne se dévoile qu’à la fin, ce qui d’ailleurs est le but d’une fin.

Références

Redemption Factory de Sam MILLAR – traduit de l’anglais (Irlande) par Patrick Raynal (Fayard Noir, 2010)