Instruction aux domestiques de Jonathan Swift

Quatrième de couverture

« Si une poignée de suie tombe dans la soupière, et qu’il ne soit pas commode de l’en retirer, mélangez-la bien, cela donnera à la soupe un haut goût français. » Dans les Instructions aux domestiques, Swift raille le ton des ouvrages de bonnes manières et passe en revue avec pétulance, les règles qui gouvernent la vie des gens de maison, du sommelier au groom, de la gouvernante à la cuisinière.

Mon avis

C’est un livre assez court (dans cette édition 120 pages à peu près), très drôle à lire sur le moment. L’auteur y montre encore une fois son sens de la formule. Il commence par des instructions générales concernant tous les domestiques puis il enchaîne par les sommeliers, les cuisinières, les laquais, les cochers, les valets de salle, des intendants, des régisseurs, des portiers, des femmes de chambre, des femmes de charge, des filles de service, des filles de laiterie, des bonnes d’enfant, des nourrices, des blanchisseuses, des femmes de charge (une deuxième fois. Pourquoi ?), des institutrices, des gouvernantes. Si vous faites partie des six dernières catégories, faites attention, ce n’est qu’esquissé Swift n’a pas eu le temps de finir. J’avoue avoir été surprise que l’on puisse avoir autant de personnels différents dans une maison. Je croyais qu’il y avait les dames à l’intérieur qui faisaient le ménage, la cuisinière, l’homme à tout faire et le jardinier : cela ne me faisait que quatre catégories. Quand j’aurais un château, je me souviendrais de tout ça. C’est moi qui vous le dis.

Ce qui faut retenir c’est que c’est vraiment très drôle. Mais il n’y a pas le propos comme dans Modeste proposition… dont je vous parlais l’autre jour. Pour l’époque, sa position devait être assez extraordinaire mais maintenant et à notre époque, elle le paraît moins. Il ne reste donc que le texte. Cela suffit pour passer un très bon moment et admirer l’esprit de Swift. Finalement, vous découvrez un peu plus un auteur plutôt qu’un bon livre. C’est le léger bémol que je mettrais.

Un exemple de l’humour pince-sans-rire de Swift

Instructions à la nourrice

S’il vous arrive de laisser tomber un enfant et de l’estropier, ne l’avouez jamais, car s’il meurt vous êtes sauvée.

Faites en sorte d’être grosse aussitôt que possible, tandis que vous nourrissez, afin d’être prête à prendre une autre place quand votre nourrice mourra ou sera sevré.

Livre lu dans le cadre du challenge English Classics de Karine:)

Références

Instructions aux domestiques de Jonathan SWIFT – édition et traduction d’Émile Pons avec la collaboration de Jacques et Maurice Pons et de Bénédicte Lilamand – préface de Régine Dethambel (Mercure de France, 1997)

3 réflexions au sujet de « Instruction aux domestiques de Jonathan Swift »

  1. Ce que j’adore sur votre blog, c’est que vous ne présenter pas que les dernières parutions mais aussi des classique; il est vraiment excellent, vous bossez bien ! 😉

    Quand à ce livre de Swift, ça me semble en effet très bien pour découvrir l’auteur. C’est noté !

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