Sous les couvertures de Bertrand Guillot

SousLesCouverturesBertrandGuillotJ’ai vu la première fois ce livre sur le blog de Cuné ; son billet était tellement sincère que je me suis dit que ce livre était pour moi. Sauf qu’elle a fait le billet en août et je l’avais un peu oublié puis le jour de la parution sont parus les billets de Leiloona, Jérôme et Stéphie pour me faire un pense-bête. Je l’ai donc acheté et lu (en général, les livres sur les livres restent peu dans ma PAL).

J’ai beaucoup aimé le livre mais je n’aime pas du tout la couverture. Heureusement que je vais voir sous les couvertures …

Je résume rapidement l’histoire même si vous l’avez sûrement déjà lu 500000 fois. C’est l’histoire d’une librairie qui périclite, qui survit en fait alors que les autres du quartier ont l’air de mieux marcher. Le libraire est « vieux » et n’a pas su s’adapter au « nouveau marché ». Il met en avant les livres qui « marchent » et pas du tout ceux qu’il aime en pensant que c’est ce que les gens demandent. Ils dépriment donc. En plus, son fils est un des conseillers du patron d’Amazon pour exercer des pressions à Bruxelles. À côté de cela, le libraire a une apprentie qui a plein d’idées pour améliorer la librairie. Elle est apprentie donc son patron ne l’écoute pas … et donc elle déprime. Le roman parle d’une remise en main de la librairie. Au début du livre, tout le monde est déprimé puis à la fin tout le monde y croit.

Les deux personnages ne sont pas les seuls à vouloir se battre. Il y aussi les livres de la librairie. Ceux qui ne sont pas sur la table des best-sellers veulent s’y mettre et donc chasser ces horribles bouquins dont tout le monde parle. En alternance avec les points de vue des « personnages humains », on va suivre cette passionnante bataille des livres, qui se fera avec violence mais aussi avec les mots !

Clairement, j’ai trouvé la bataille des livres beaucoup plus intéressantes que le point de vue du libraire et de son apprentie. C’est tout simplement beaucoup plus subtil. Le point de vue des personnages ressemblent à tout ce qu’on peut lire sur la librairie. Oui, il y a des librairies qui marchent. Oui, il faut se battre, suivre ses idées, son petit bonhomme de chemin. Les librairies qui ne marchent pas sont celles qui font de la vente de livre plutôt que du conseil …

Je peux vous dire que je vais dans trois librairies à Paris (un peu plus en fait mais là c’est celles où je vais souvent) et je n’ai pas l’impression qu’elles ne marchent pas. Par contre, quand je vais à la FNAC à côté du travail, il n’y a clairement pas beaucoup de monde le midi alors que les autres magasins sont plein.

J’ai donc trouvé un manque d’apport au débat, dans les chapitres concernant ces personnages humains. Par contre, ils sont tous les deux très attachants, bien décrits.

La bataille des livres, que l’on suit en alternance avec les personnages humains, est plus subtile et plus personnelle car l’auteur nous y dévoile ce qu’il pense de ce qui fait un bon livre et un mauvais livre. Quand les livres se combattent par les mots, il y a des répliques passionnantes sur les figures de styles, les ficelles … utilisées par les auteurs de best-sellers qui sonnent plus justes que n’importe quel long discours. Avant de se combattre par les mots, les livres se combattent par la violence. Forcément, les best-sellers vont l’emporter car la quantité l’emporte toujours sur la qualité. L’auteur présente aussi la hiérarchie des livres. Les classiques sont indéboulonnables, les best-sellers sont mis en avant, puis au milieu, il y a les autres, ceux qui risquent le carton de retour tous les lundis. Dans ces oubliés, il y a aussi une hiérarchie interne : les vieux auteurs ayant connus la pile, les jeunes auteurs médiatiques, les auteurs qui font peu parler d’eux mais qui écrivent de merveilleux livres, les révolutionnaires, les courageux … Quand ces oubliés discutent entre eux, on voit ce que peut apporter la littérature dans un débat en diversité de monde, de point de vue. L’auteur met aussi en scène les auteurs de ces livres lors d’un salon littéraire. Quand ils discutent entre eux ce n’est pas du tout la même chose. Bien que les auteurs aient la personnalité de leur roman, ce n’est pas la même. Ils ne s’expriment pas « entièrement » en publique. Le débat n’est pas identique. Les auteurs ne se parlent pas forcément et pas forcément ouvertement. Le sentiment que cela m’a donné est que c’est un peu au lecteur de faire parler les livres entre eux. La bataille des livres donne l’exemple de ce qu il pourrait obtenir.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Le point négatif du livre est que je n’ai pas trouvé les points de vue entre livre et humain très bien articulé et coordonné. Les points positifs sont les personnages, l’humour de l’auteur (je n’en ai pas parlé mais il est là) et les réflexions sur le monde du livre.

Les avis de Leiloona, Stéphie, Jérôme et Daniel Fattore.

Références

Sous les couvertures de Bertrand GUILLOT (Rue Fromentin, 2014)

4 réflexions au sujet de « Sous les couvertures de Bertrand Guillot »

    1. Elle n’avait pas mis la couverture. Peut être que c’est ce qui vous l’a fait louper. Si vous le lisez, bonne lecture.

  1. J’ai beaucoup aimé ce livre mais j’aurais également aimé passer plus de temps avec les humains. Les références m’ont aussi beaucoup plu. Et pourquoi tu n’aimes pas la couverture? J’adore pour ma part!

    1. Le pourquoi je n’aime pas la couverture est très subjectif. Elle ne me fait tout simplement pas rêver. Alors que normalement, quand je vois des livres sur une couverture, je ne cherche pas à comprendre et je prends le livre. Je n’aurais pas entendu parler du livre et je l’aurais vu en librairie, je ne l’aurais pas pris. Voilà pourquoi ! Mais tant mieux si elle plaît, cela permettra au livre d’avoir du succès peut-être.

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