L’Ouest solitaire de Martin McDonagh

Je déteste les gens depuis tout le temps mais encore plus aujourd’hui. J’ai commencé ce matin par un gars qui écoutait sa télé dans le RER. Je suis en compagnie des stagiaires les plus étranges du monde au travail, j’ai un chef qui aimerait que j’ai plus de talents que de défauts. Je rentre chez moi et je retombe sur des bizarres dans le RER. Je m’explique : le RER A était OK mais pas le B. Plein de monde … Là, il y a deux gars qui trouve que ce serait bien de se bagarrer et résultat je me suis pris un coup. Je n’avais rien demandé à personne et maintenant j’ai très mal au bras à cause de gens bizarres. J’ai fini de me plaindre pour aujourd’hui (j’ai aussi découvert que mon déodorant ne tenait pas dans les RER blindés ; c’est peut être le plus grave).

Pourtant, j’ai deux raisons de me réjouir en ce moment :

  • Je me suis achetée une tablette Androïd. Pas une trop chère non plus (113 euros à Eyrolles pour Pocketbook Surfpad 2 qui marche plutôt très très bien). Mon but était juste d’avoir l’application qui va avec le logiciel Mnemosyne pour apprendre mon vocabulaire d’allemand le soir dans le RER quand je ne peux pas lire car il y a trop de monde. Les trajets passent maintenant beaucoup plus vite et en plus je fais de très gros progrès. Je fais d’autres trucs avec (lire des ouvrages numérisés qui ont un peu plus de mal sur mon reader par exemple) mais c’est mon usage principal.
  • La deuxième est que le matin, je lis Le Confident de Hélène Grémillon. Je l’avais vu sur plein de blogs et bien sûr cela m’avait fait fuir. Jusque là, cela me plaisait beaucoup mais ce matin, j’étais carrément au paradis. Il y a une partie qui se passe près du lac du Der, en Champagne. C’est là que je passait, quand j’en avais encore, toutes mes vacances. Cela m’a fait très très plaisir de lire cela !

C’est donc toujours la lecture qui rend mes journées intéressantes. D’ailleurs en ce moment je ne fais que des bonnes pioches. Dans mon cas, c’est souvent le cas quand je n’ai pas trop le moral dans la vraie vie (c’est sûrement corrélé car je suis déçue de voir que la vie ne se passe pas comme dans les romans et que d’autres personnes s’en sortent mieux que moi ; un peu comme si j’étais toujours entre deux mondes).

LOuestSolitaireMartinMcDonagh

Une des lectures qui m’a le plus réjouie ces dernières semaines est la pièce de théâtre de l’irlandais Martin McDonagh, L’Ouest solitaire. Il s’agit de la première pièce de théâtre irlandaise que je lis. Cela se passe dans l’Ouest de l’Irlande en un temps où « le célibat demeure le mode de vie le plus fréquent et où les hommes restent parfois vierges jusqu’à leur mort ». Je vous laisse deviner comme j’ai ri à la lecture de la quatrième de couverture.

Plus sérieusement, la pièce met en scène deux frères qui vivent depuis toujours ensemble . L’un vient de tuer le père car il s’est moqué de sa coiffure ; l’autre le fait chanter pour obtenir l’ensemble de l’héritage. Le meurtrier accepte et se retrouve sous la coupe de son frère.

Là-dessus se greffe un curé trop sensible, qui prend tout trop à cœur. Pensez ! Il en est à son troisième meurtre en peu de temps. Cela le turlupine et le pousse à noyer son chagrin dans l’alcool (un peu comme toute la population d’ailleurs). Il y a aussi la jolie jeune fille qui vend l’alcool de son père. Elle est un peu dévergondée et rêve aussi de vivre autrement. L’enjeu de la pièce est de savoir si les deux frères peuvent se réconcilier.

Plus que le tragique auquel on pourrait s’attendre en lisant la quatrième de couverture, j’ai beaucoup ri en lisant cette pièce. En effet, la petite communauté est très pittoresque et a des propos très francs, vis à vis de la religion notamment, moyen utilisé pour dénoncer une rigueur morale inappropriée à la vie quotidienne. Cela contraste beaucoup avec la querelle infantile des deux frères.

Un moment agréable de lecture qui m’a donné envie de découvrir un peu plus le théâtre irlandais contemporain (en suivant les liens proposés par LibraryThing).

Références

L’Ouest solitaire de Martin McDONAGH – texte français de Bernard Bloch (Actes Sud – Papiers, 2002)

Un siècle de de littérature européenne – Année 1997

4 réflexions au sujet de « L’Ouest solitaire de Martin McDonagh »

    1. C’est un des seuls titres que j’ai trouvé traduit en français … Et vu le type de texte, je ne pense pas que je pourrais comprendre en anglais. Est-ce que vous connaissez Brian Friel ? Si oui, quelle pièce ?

      1. Brian Friel ? Un de mes auteurs préférés ! J’ai lu « Molly Sweeney », « The freedom of the city », « Translations » et « Philadelphia, here I come ! » (tous en anglais et tous très bons). J’ai vu une représentation de « Dancing at Loughnasa » par Irina Brooke; j’étais au bord des larmes. Bref, je vous le recommande vivement, de même de Franck McGuinness.

        1. J’ai bien fait de suivre Librarything pour Brian Friel. Je ne connaissais pas du tout le nom de Franck McGuinness.

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