L’escadron guillotine de Guillermo Arriaga

Quatrième de couverture

Velasco, fils d’aristocrate, est enrôlé malgré lui dans l’armée révolutionnaire mexicaine. Il est le seul à connaître le fonctionnement de la guillotine qui sème la terreur chez les propriétaires terriens. Le jour où Velasco doit couper la tête de ses anciens camarades d’école, il s’interroge : ne ferait-il pas mieux de s’enfuir ? Mais comment renoncer à l’appel de l’Histoire ?

Mon avis

J’ai adoré ce livre. Cela ne m’a pas élevé l’esprit où je ne sais quoi (cela fait référence à une conversation que j’ai eu avec un de mes collègues qui m’a expliqué que sa copine lisait de la soupe moderne qu’elle trouvait à la bibliothèque mais que lui, il ne lisait que des classiques français anciens. Méchante je lui ai dit « tu es calé en littérature du Moyen Âge » mais en fait non il parlait du 19ième siècle exclusivement (sauf Victor Hugo qu’il n’aime pas) et j’ai failli lui demander s’il connaissait le sens du mot éclectisme mais je me suis contentée de faire mmmm). J’en reviens au livre. Il est super car quand on le lit, on y est vraiment.

J’ai trouvé l’histoire originale et inattendue. Un licencié en droit vient proposer son invention à Pancho Villa, le révolutionnaire mexicain. Il s’agit d’une guillotine beaucoup mieux que la française. Il lui propose de lui céder pour trente pesos. Pancho Villa lui propose mieux : il l’enrôle de force dans son armée ainsi que ses deux acolytes dans un escadron qu’il appelle l’escadron guillotine, chargé de décapiter les prisonniers. La guillotine est vu comme une véritable arme révolutionnaire car au fur et à mesure que la rumeur se répand dans le pays, Pancho Villa et son armée sont de plus en plus redoutés. On assiste alors à tout un lot d’aventures de Velasco.

Au début, je pensait qu’il était jeune et qu’il sortait de la fac de droit mais en fait non, il a une cinquantaine d’années, il est peu grassouillet, petit mais il rêve de grandeurs et d’honneurs (on ne parle pas d’argent mais bien d’écrire son nom dans un livre d’Histoire). On sent bien que le physique du monsieur n’est pas choisi au hasard. Pourtant, son incorporation involontaire lui semble bien difficile à digérer. D’autant plus que son invention connaîtra des hauts et des bas. Pourtant, à la fin, il se rendra compte que le problème vient peut être d’elle et de lui.

Ce qui est très plaisant dans ce livre, c’est l’humour. Cela empêche de trouver la décapitation de tant d’hommes sordides (parce qu’apparemment il ne faut pas de morts dans un livre sinon c’est triste et du coup il ne faut pas lire). Le roman est un peu écrit comme un roman picaresque car Velasco va se retrouver avec des couches de la société qu’il ne connaît pas mais aussi vivre des aventures qui peuvent sembler grotesques voire vulgaires (mais je maintiens, qui sont très drôles).

C’est le genre de livre où j’aurais aimé avoir à la fin de la lecture un contact avec l’auteur pour lui poser plein de questions. Comment lui est venu cette idée de décrire les rêves de grandeurs d’un tel petit homme dans le contexte de la Révolution mexicaine ? On sent que le comble de la grandeur est de jouer un rôle dans l’Histoire et non dans l’histoire du roman mais est-ce que c’est la plus grande période historique du Mexique, celle dont les gens sont le plus fiers ? Est-ce qu’il y avait vraiment des guillotines dans cette Révolution aussi ? Est-ce que l’auteur s’est renseigné sur Pancho Villa ? A-t-il lu des biographies ? C’est là que je me dis que je suis inculte (je ne savais pas que Zapata et Pancho Villa étaient opposés même s’ils étaient tous les deux révolutionnaires). Guillermo Arriaga si tu m’écoutes et que tu parles français, n’hésite pas à me répondre !

Un autre avis

Chez Wodka.

Références

L’escadron guillotine de Guillermo ARRIAGA – traduit de l’espagnol (Mexique) par François Gaudry (Points Seuil, 2009)

2 réflexions au sujet de « L’escadron guillotine de Guillermo Arriaga »

  1. tu me tentes avec ton billet, mais bon je vide un peu ma pal d’abord, car je n’ai absolument PLUS AUCUNE place dans ma bibliothèque pour y ajouter un bouquin – tu peux me croire sur parole – hier j’ai fait une tentative de classement, j’ai cru devenir folle 😀

    1. J’ai trouvé la solution dans mon cas. Je ne classe pas sauf par taille pour en mettre un max. Puis, je me suis enfin décidé à en vendre certains (depuis que je suis sur LibraryThing, je n’ai plus aucun scrupule car on peut faire une bibliothèque des livres lus et non possédés et une avec lus et possédés). Cette semaine, j’en ai vendu 8 sur Amazon. J’étais toute contente et cela m’a motivé à le faire au fur et à mesure maintenant. Mais je veux bien te croire que tu as cru devenir folle car c’est épuisant de chercher toujours de la place. Ce livre est tout petit (c’est un poche de 180 pages et je pense qu’il pourra t’attendre un peu) et tu sais que tu pourras toujours le trouver chez moi.

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