Passe-temps pour les âmes ignobles de Louis Sanders

Présentation de l’éditeur

« C’est fou le temps que peut mettre un livre à brûler », songea-t-il. Et puis tant mieux. Certaines de ces pages en train de noircir lui revenaient en tête et lui inspiraient une grimace à la fois de dégoût et de honte.

Richard Carter n’est pas, par inclination, un grand lecteur. Il a fallu qu’il tombe sur ce livre à la maison de la presse du bourg voisin. Un livre dont il est le héros. Enfin, façon de parler, car le « roman » en question, signé par un auteur inconnu, dévoile à mots à peine couverts des événements de sa vie qu’il croyait enfouis à jamais. Carter s’aperçoit que sont également mis en cause trois autres anglais installés comme lui en Dordogne. Qui est cet écrivain décidé à les conduire au désastre ? Quelles sont ses motivations ?

Les esprits s’échauffent, le soupçon et la haine arrivent à ébullition… Jusqu’à provoquer l’irréparable.

Louis Sanders déploie tout son talent pour tirer (au fusil de chasse) sur l’hypocrisie des Anglais de bonne famille. Des gens si bien, pourtant.

Mon avis

J’ai découvert ce livre en cherchant quels livres avaient reçu le Grand Prix du Roman Noir du festival de Cognac et en 2003, c’était ce livre dans la catégorie roman français. Pour information, je cherchais cela car en 1999 c’était Fin de chasse de Jean-Paul Demure que j’ai lu il n’y a pas longtemps.

Le titre du livre fait référence à l’épigraphe du roman :

It is my opinion that your detective stories are the normal recreation of snobbish, outdated, life-hating, ignoble minds. (Anthony Schaffer, Sleuth)

Je suis de l’avis que vos histoires policières sont le passe-temps habituel d’âmes snobs, démodées, morbides et ignobles.

L’histoire est exactement celle décrite par l’éditeur. On est en Dordogne, pays anglais en pleine France (on nous l’a assez souvent dit au journal télé), pays magnifique où nos immigrés anglais trouvent un bonheur inégalable entre gens de bonnes sociétés. Louis Sanders met un coup d’arrêt à tout cela.

Un livre vient de paraître. Il fait du bruit dans cette région car il décrit par le menu les petits secrets d’Anglais de la région (escroqueries, meurtre par explosif, meurtre par empoisonnement). Le truc est que derrière les personnages de fiction, on reconnaît très facilement quatre personnes de la région. Enfin, ils se reconnaissent eux-mêmes surtout. Ils décident de se liguer car l’union fait la force pour retrouver le lâche qui écrit sous pseudonyme ! Il le trouve bien évidemment. Évidemment est un grand mot car ils sont tellement alcoolisés, désespérés et pas très intelligents qu’ils vont vers une solution assez immédiate. De même pour la résolution de leurs problèmes, ils décident de tuer le jour où ils pensent avoir trouver la solution dans une soirée autour d’une bouteille de whisky. Et pof ! deux décharges de chevrotines dans la tronche du gars ! Manque de chance, ce n’était pas le bon. Six mois après paraît la suite des esprits de nos quatre compères. Les esprits s’échauffent. Cela se termine dans le sang et l’alcool.

Louis Sanders écrit un roman très drôle et très prenant. Très drôle car il a réussi à incarner une galerie de personnage très caricaturaux, dans leurs attitudes et manière de penser : il y a la hippie (comme dans les épisodes de Barnaby avec les choses feng-shui, les colliers de pensée …), le pacifique meurtrier, le faux aristocrate stupide qui se fait diriger par sa femme aux multiples amants, l’hypocondriaque qui couche avec son médecin (elle elle est français comme son frère le curé intégriste), le vieux imbu de sa personne. Ils sont tous plus ou moins alcoolos (en tout cas, ils passent tous leur temps à boire dans le livre). À ces personnages s’ajoutent le style de Louis Sanders alliant un style très libre (souvent parlé) et des petites piques pour ses personnages.

Le livre est aussi très prenant car malgré tout, il y a l’enquête et la question de savoir qui a écrit le livre qui déclenche cette vendetta. J’avoue que je n’ai rien vu venir tellement j’étais en train de rigoler à cause des personnages. La solution n’est donnée qu’à la page 186 sur 188. C’est assez rare pour être souligné.

C’est à mon avis une excellente lecture d’été surtout si vous êtes en Dordogne bien évidement !

Références

Passe-temps pour les âmes ignobles de Louis SANDERS (Rivages/Noir, 2002)

2 réflexions au sujet de « Passe-temps pour les âmes ignobles de Louis Sanders »

    1. Ouais, je pense. Je n’ai même pas passé de vacances là-bas. J’ai juste vu à la télé et pourtant, j’ai compris.

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