The Whores’ Asylum de Katy Darby

J’ai encore pris cette idée de lecture dans le Times Literary Supplement, dans un article consacré aux romans historiques cherchant à reconstituer l’Angleterre du 19ième siècle. J’ai aimé mais tout de même moins que Tom-all-alone’s de Lynn Shepherd.

On est à Oxford (c’est un très bon point dans mon cas) en 1887. Edward Fraser, étudiant en théologie, et Stephen Chapman, étudiant en médecine, partage un appartement fourni par l’Université. C’est pour tous les deux un heureux hasard de s’être rencontré car tout de suite un véritable lien d’amitié se noue entre eux. Enfin l’amitié c’est pour Stephen parce que Edward, qui est le narrateur du livre, cela ressemble plutôt à un amour non avoué (à lui-même comme à Stephen d’ailleurs).

Un jour, Stephen revient de l’église surexcité. Une femme, une veuve, Mrs Diana Pelham, l’a abordé ppour qu’il l’aide dans son projet d’ouvrir un refuge pour prostituées dans le quartier de Jericho. Il les soignera. Cela lui permettra de continuer ses recherches dans son thème de prédilection : les maladies vénériennes. Bien sûr, Edward est contre son projet car il n’est pas franchement très chrétien (il vaut mieux se dévouer à l’obstétrique d’après lui : faire naître des bébés c’est quand même mieux que soigner des prostituées) mais surtout il pense que ce projet va éloigner Stephen de lui. Il en est encore plus persuadé quand il rencontre LA femme.

En effet, celle-ci es la même qu’il a rencontré quelques années plus tôt et qui a été à l’origine d’un drame pour deux des amis d’Edward. En effet, Diana courrait deux lièvres à la fois, un peintre pour l’amour et la complicité, et un étudiant pour la richesse et le sexe. Le truc, c’est qu’Edward s’en est rendu compte et a démasqué l’affaire. Cela s’est terminé par un duel avec un mort et un blessé grave.

Pour empêcher Diana de lui prendre Stephen, Edward va tout expliquer à son ami mais cela ne va pas se terminer comme il le croyait et en plus, il sera encore à l’origine d’un drame.

Je peux vous dire que pendant la lecture, j’ai maudit le Edward (je n’ai pas jeté le livre car je le lisais en électronique et du coup cela aurait cassé mon reader) car il se veut trop bien pensant. Il ne se rend même pas compte que son soi-disant sens moral est à l’origine de choses très graves, de morts, de détresse, de pauvreté, de souffrances. Ces réactions sont bêtes. Il n’agit pas en réfléchissant aux conséquences de ces actes ; il pense que le fait d’être au fait de la religion fait qu’il ne peut pas se tromper. Le truc, c’est que quand même trois des cinq parties du livre sont racontées par lui (une est racontée par Stephen et l’autre par Diana). On le maudit, je vous dis.pourtant on ressent dans l’écriture une très grande lassitude et une très grande nostalgie (le récit est raconté par Edward après la mort de tous les protagonistes). C’est ce qui fait qu’on ne peut s’empêcher de continuer. Il ne regrette pas ces actions mais pour autant il présente son parcours comme une progression (il faut absolument que j’arrive à ne pas vous raconter la fin) dans son jugement. C’est un livre d’une très grande tristesse car rien de positif ne ressort de tout cela.

L’auteur arrive à très bien reconstitué les goûts douteux en matière de sexe des aristocrates anglais du 19ième siècle. C’est le troisième livre depuis le début de l’année que je lis là-dessus après La Maison de Soie et Tom-all-alone’s (cela a l’air d’être un sujet très mode en Angleterre) et c’est la première fois que j’ai l’impression que cela avait pu se passer comme cela (dans ma tête, j’ai mis les décors de la série Inspecteur Morse car il y a un épisode qui se passe à Jericho et cela passe plutôt pas mal).

Références

The Whores’ Asylum de Katy DARBY (Fig Tree, 2012)

Le texte est agrémenté de quelques dessins comme celui de la couverture.

4 réflexions au sujet de « The Whores’ Asylum de Katy Darby »

      1. Si c’est totalement futile :p Ecoute la véritable Parole !

        Ahem. Sinon je veux le lire ! Ce me semble que je l’ai croisé sur plusieurs tables de librairies quand j’étais à Paris, j’aurais dû le prendre.

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