Swallow me whole de Nate Powell

Présentation de l’éditeur

Ruth et Perry, frère et soeur adolescents, entretiennent des secrets que le commun des mortels ne peut concevoir. Ruth, accumule compulsivement des bocaux remplis d’insectes morts avec lesquels elle communique. Perry est le seul à voir et à entendre un sorcier, qui lui ordonne de dessiner ses prophéties. Sauront-ils s’épanouir malgré tout, ou vont-ils perdre pied dans les ténèbres ?

Nate Powell explore sereinement les coins ténébreux de l’adolescence. Loin des explosions mélodramatiques et des clichés de rebéllion, il dépeint les minuscules moments de folie, les troubles obsessionnels et l’éphémère soulagement médicamenteux, sur fond de rupture familiale et de premier amour. Avec un style graphique trempé dans les ombres, Swallow me whole (Dévorez-moi) est une histoire de spectres des banlieues qui hantera longtemps ses lecteurs …

Mon avis

Paradoxalement, c’est l’avis de Mo qui m’a donné envie de lire ce roman graphique. Je l’ai noté puis emprunté sans même me rappeler l’histoire. Quand je commence une BD ou un livre, en général, je ne (re)lis pas la présentation de l’éditeur. C’est pour être plus surprise. J’ai plutôt aimé même si je n’ai pas vraiment tout compris.

Je n’ai pas du tout compris ce que l’éditeur a mis dans sa présentation. Au début, on a la grand mère qui est sur son lit de mort mais elle va en revenir rassurez-vous. Deux enfants, les petits-enfants, viennent en visite.. C’est Perry et Ruth. Je crois que c’est un peu l’élément fondateur de la « folie » des deux enfants. Il faut dire que la grand-mère fait part de visions qu’elle a à sa petite-fille. Il y a de quoi impressionné. En revenant de la mort, la grand-mère vient habiter avec les enfants et leurs parents (visiblement, il s’agit d’une famille recomposée : le fils est au père et Ruth est à la mère. Les enfants ont le même âge et semblent très proches).

Au fur et à mesure que les enfants grandissent avec leurs folies/lubies, Ruth entend parler les insectes qu’elle collectionne et qui sont aussi sa passion. Perry, lui, entend parler un sorcier qui le force à dessiner. Les parents s’inquiètent et leurs comportements seront très différents. La mère va emmener Ruth chez le psychiatre qui en une séance va diagnostiquer une maladie mentale et donner des médicaments. Le père va emmener Perry chez le pédiatre qui va dédramatiser et lui expliquer que c’est le stress. Perry va grandir normalement, au fur et à mesure cela lui passera (il aura une petite amie, des amis … s’affranchira au fur et à mesure de sa sœur). Sa sœur, elle, va sombrer malgré toutes les tentatives qu’elle fait pour vivre normalement (le stage, le petit ami, la prise de médicament régulière).

Le graphisme fait ressentir les angoisses des deux adolescents (présentation de vision cauchemardesque) mais surtout leur solitude (pour Ruth) et leur incompréhension (pour Perry). Les parents sont très peu présents dans la bd comme si ils laissaient les enfants seuls. Quand ils sont présentés, ils sont vieux (alors que leurs enfants font très jeunes). La mère est sourde comme si elle ne voulait pas entendre la douleur de sa fille. La grand-mère fait plus cadavre sur le canapé qu’autre chose. Ce que je reproche au graphisme, c’est que parfois, je n’arrive pas à distinguer les personnages (les décors n’en parlons pas car je crois que c’est fait exprès).

Il y a, à mon avis, des éléments très intéressants dans cette bd qui aurait sûrement gagner à être plus explicite parfois, en particulier la fin que je n’ai absolument pas comprise. J’aurais bien aimer savoir ce qu’il en était exactement pour Ruth (alors que là cela se termine en métaphore que l’on peut interpréter n’importe comment).

Références

Swallow me whole de Nate POWELL – traduit de l’anglais (États-Unis) par Fanny Soubiran (Casterman / Écritures, 2009)

6 réflexions au sujet de « Swallow me whole de Nate Powell »

  1. Ça a l’air curieux quand même ._. Mais j’aime pas mal ce que tu en dis et la couv, je pense qu’ils l’ont à la médiathèque alors je vais regarder ça.

    1. C’est curieux mais l’ambiance un peu étrange m’a assez plu. Je l’ai pris à la bibliothèque et du coup, j’avoue que quand je ne paie pas, j’ai peut être un regard plus gentil.

  2. Ravie de constater que mon avis négatif sur cet album t’ai incitée à découvrir ce titre. Mais oui, j’ai trouvé certains éléments confus. D’autres sont éludés ou mal exploités, je trouve cela dommage car les ouvrages sur ce genre de sujet sont malheureusement trop rares.

    1. Ce qui m’étonne, c’est que malgré les imperfections (que je ne dénie pas), il a quand même reçu un prix cet album. C’est peut être culturel ? Je ne sais pas parce que personnellement je ne lui aurais pas donné un prix pour le coup. Je lui aurais juste donné des encouragements.

      J’ai noté Les Cahiers russes aussi (mais là je l’achèterais). Je voulais mettre un commentaire mais cela n’a pas marché. Tu as lu les amateurs de Brecht Evens ? Cela m’a l’air bizarre. Comme tu es une spécialiste, je voulais savoir si cela valait le coup de me lancer.

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