Numéro 44, le Mystérieux Étranger de Mark Twain

Présentation de l’éditeur

À la fin du 15ième siècle, en Autriche, une communauté d’imprimeurs vivait dans un immense château. C’était à l’aube de l’âge de l’imprimerie – qui allait révolutionner la circulation du savoir et éveiller les consciences.

Un jour, arrive un jeune vagabond. Il dit s’appeler « Numéro 44 » et suscite aussitôt, parmi la famille du maître imprimeur et ses ouvriers, un mélange de fascination et de défiance. Rapidement, sous l’action de ce « mystérieux étranger », chacun est contraint de tomber le masque. Incidents et révélations de plus en plus extraordinaires secouent le château, tandis qu’à l’atelier est fabriquée l’une des premières Bibles industrielles…

Comme August, son narrateur de seize ans, Mark Twain (1835-1919) avait été apprenti imprimeur dans sa jeunesse.

Pour cet ultime roman, auquel il  consacré les douze dernières années de sa vie – en le recommençant pas moins de trois fois -, l’auteur des Aventures de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn avait le désir d’écrire avec une totale liberté. Il voulait montrer – sans se soucier des préjugés, des opinions ou des croyances d’autrui – ce qui constituait selon lui le fond de l’âme humaine.

Twain était un conteur, un humoriste, mais aussi un pamphlétaire de génie. Dans Numéro 44, le Mystérieux Étranger, il pousse l’art du roman au maximum de ses possibilités, alliant la puissance d’imagination des grands récits fondateurs aux audaces stylistiques les plus modernes.

Il évoquait l’écriture de ce livre comme un « luxe inimaginable », une « ivresse intellectuelle ». Liberté coupable : après sa mort, c’est un montage de bric et de broc considérablement expurgé qui sera publié. Resté inédit aux États-Unis jusqu’en 1969, ce chef-d’œuvre paraît en France pour la première fois tel que Mark Twain l’avait écrit.

Mon avis

Voilà un roman que j’ai bien aimé. Je n’avais jamais lu Mark Twain et la seule chose que je connaissais de Tom Sawyer et Huckleberry Finn c’était les dessins animés qui passaient à la télé quand j’étais petite (on a la culture que l’on peut et en plus j’avoue je n’aimais pas).

Il s’agit donc ici du « dernier » livre de Mark Twain (c’est l’année où je lis les derniers livres des auteurs). J’ai été surprise par l’aspect enchanteur, l’univers magique qu’il met dans le livre. Numéro 44 est plus ou moins un être satanique, qui fait apparaître des duplicatas, qui peut vous aider à devenir invisible … L’aspect un peu hors du temps est renforcé par le fait que les personnages vivent plus ou moins en autarcie dans un château hanté. Je pense que cet aspect de délocaliser l’action vient justement de l’envie de créer cette ambiance particulière (outre le fait que l’Amérique n’avait pas encore été découverte) mais aussi du propos tenu. Le livre est en effet une attaque virulent contre la religion béate et contre la religion tout court. Il met aussi les points sur les i concernant la condition humaine, en expliquant sa pauvreté (faute de meilleur mot de ma part) par son enveloppe charnelle et une faiblesse à pouvoir appréhender des choses en pensées.

Toute la première partie (les 200 premières pages) est vraiment très intéressantes à lire : on voit comment Numéro 44 va s’introduire dans le château mais surtout comment il va semer le trouble parmi les humains qui vivaient bien tranquillement (mais durement quand même) jusqu’à présent mais aussi comment il va dévoyer August (en le détournant de la religion, par une autre fascination). La dernière partie (80 pages), j’ai eu plus de mal car elle m’a paru plus brouillonne et moins construite peut être parce que Mark Twain amplifie le côté magique et fantastique (et ça j’ai toujours du mal).

La postface m’a rendu curieuse de découvrir Tom Sawyer et Huckleberry Finn (paru chez le même éditeur avec le même traducteur) parce qu’apparemment les deux livres ne sont pas écrits dans le même style (alors que je pensais que c’était la suite). En plus, je me dis que les dessins animés m’ont fait penser que ce sont des livres pour enfant alors qu’ils sont étudiés à l université aux États-Unis. Il doit donc y avoir un autre propos … et pour cela il doit falloir lire les livres.

Références

Numéro 44, le Mystérieux Étranger de Mark TWAIN – traduction intégrale inédite de Bernard Hoepffner (Tristram, 2011)

5 réflexions au sujet de « Numéro 44, le Mystérieux Étranger de Mark Twain »

  1. je n’ai jamais beaucoup aimé les aventures de tom sawyer, par contre j’aime beaucoup « an connecticut yankee at king arthur’s court » – très savoureux celui-là 🙂

    1. Tu confirmes ce que j’ai lu dans wikipedia, il a l’air d’avoir adopté des styles différents au cours de sa vie. Cela doit donner une œuvre très hétéroclites finalement.

  2. Je n’ai jamais lu Twain mais j’aimais beaucoup le dessin animé petite. Je vais bientôt lire Huckleberry Finn en LC avec Nathalia pour le 29 mai (enfin, si j’arrive à suivre avec toutes mes lectures communes ;-)). Si tu veux te joindre à nous…

    1. Je te remercie c’est très gentil mais je voulais les lire dans l’ordre de parution et ce mois-ci, je n’aurais sûrement pas le temps. Il y a ma famille qui va venir chez moi. En tout cas, bonne lecture 🙂

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