Americana de Don Delillo

Quatrième de couverture

À vingt ans, David bell a épousé une « pin-up » de bonne famille, et entamé dans l’audiovisuel une carrière qui l’a vite propulsé au sommet. Puis, déçu par le mirage de l’american way of life, il divorce et quitte son emploi.

Il choisit alors de revivre un autre mythe américain, celui de la conquête de l’Ouest. Son errance le met en contact avec des personnages victimes d’une certaine délitescence sociale : une atiste déjantée, un alcoolique entouré d’animaux, un vétéran du Vietnam …

De l’establishment au vagabondage, l’auteur de Chiens galeux nous plonge ici dans les arcanes d’un pays-continent et d’une société en perpétuel mouvement. Il s’impose, aux côtés d’un Paul Auster ou d’un T.C. Boyle, comme l’un des meilleurs écrivains de cette jeune génération qui a entrepris de radiographier l’Amérique d’aujourd’hui.

Mon avis

J’ai une histoire compliquée avec ce livre. Je l’ai demandé au partenariat blog-o-book du dimanche parce que je voulais découvrir Don Delillo. Parce que oui, à force de n’entendre que des commentaires positifs sur Don Delillo, je voulais savoir. Cependant, il raconte le type d’histoire qui ne me plaisent pas vraiment, de celle que l’on n’a que trop vu à la télévision : le gars qui vient de découvrir qu’il a une vie pourrie dans la grande ville et qui part sur les routes pour découvrir son moi-intérieur. Ben je n’ai pas vraiment été déçue parce que oui, je n’ai pas aimé (ce qui je précise ne veut pas dire que ce n’est pas bien).

J’ai eu déjà beaucoup de mal à le terminer et visiblement c’est aussi le cas de la personne qui a écrit la quatrième de couverture. Donc je ne suis pas seule et cela me rassure. Le livre est divisé en quatre parties. La première est la plus difficile à lire parce qu’elle raconte la vie de David Bell à New York dans les années 1970 (c’est l’aujourd’hui la quatrième de couverture) en tant que petit cadre dans une chaîne de télé. Vous avez le droit à tous les conflits de bureau, les mesquineries, les lettres anonymes … enfin tout ce que vous vivez aujourd’hui mais en pire parce que c’était les annés 70 et qu’il y avait un peu moins de retenue. Vous apprenez ainsi que David ferme la porte de son bureau pour sortir son sexe et se promener dans le bureau, qu’il veut se faire tout ce qui a une jupe, qu’il pelote sa secrétaire. En gros, il fait tout sauf travailler. Une seule fois, il a travaillé et a conçu une émission mais elle va être arrêté. Son nouveau projet est d’aller filmer les Indiens dans leurs réserves et pour cela d’y aller dans un camping car avec un pote. Je précise David à 28 ans et couche avec son ex-femme qui habite dans le même immeuble que lui. Je n’aurais pas aimer vivre dans les années 70 à mon avis !

Tout ça est important car la deuxième partie est réservée aux 28 premières années de David. On apprend qu’il n’étais pas proche de son père, célèbre publicitaire, qu’il a deux soeurs dont une qui s’est enfui avec un tueur à gage, que l’autre est la plus normale (mariée avec plein d’enfants et un mari sympa), que sa mère est morte d’un cancer de l’utérus non diagnostiqué parce qu’elle ne voulait pas voir le gynéco qui l’avait touchée (ou violée ? je n’ai pas compris). On y voit aussi ses années de collège, de fac, son mariage avec une femme enfant (qui veut rejouer des scènes de films). Cette dernière partie est la plus facile à lire parce qu’intéressante et il y a moins de noms que dans la première. Il y a plus de diversité dans le récit.

La troisième partie c’est le voyage pour aller dans la réserve des Indiens. Comme dit dans la quatrième de couverture , il y va avec trois autres personnes : une artiste Sullivan, un alcoolique fanatique des animaux (réplique culte : qui gagne dans un combat entre un guépard et un ours polaire ? et quand on lui fait remarquer qu’il faut tenir compte de l’environnement dans lequel a lieu le combat, il ne comprend pas. Comme quoi l’abus d’alcool nuit gavement aux neurones). , un vétéran du Vietnam qui essaye d’écrire et n’y arrive pas. David s’arrête dans une toute petite ville où il tourne un film très minimaliste et abstrait pour régler ses comptes avec sa famille. En tout cas, c’est l’impression que cela donne. Il ne va jamais aller à la réserve des Indiens et c’est là qu’il va démissionner Ses trois acolytes vont finir par partir et le laisser seul.

C’est là que commence la quatrième partie où David va voir que la vie sur le mode indien n’est pas si facile que cela et il va repartir à New-York. Est-ce que son voyage lui a servi a quelque chose je n’ai toujours pas compris.

Tout cela est servi avec une montagne de détails qui ne seraient pas superflu si il n’y avait pas tous ces noms de personnes, de lieux, de rues, de bâtiments, de programmes télé. Je n’ai jamais été en Amérique ; du coup, je n’ai rien compris. En plus, c’est un livre qui je trouve a mal vieilli dans ses références ce qui le rend d’autant plus compliqué à suivre.

Finalement, je n’ai pas aimé parce qu’il s’agit d’un destin individuel qui ne radiographie pas l’Amérique. On ne s’attarde pas plus que cela sur la vie des gens de la petite ville. ils reste les marionnettes de David. C’est l’histoire d’un destin individuel plus que celui de l’Amérique auquel on pouvait s’attendre vu le titre.

Si quelqu’un est vraiment fan de Don Delillo, est-ce qu’il me donné le titre qu’il aurait particulièrement apprécié et qui me permettrait de me réconcilier avec cet auteur ?

P.S. Au Livre de poche, on fait partie de la jeune génération même très tard ! (ou très longtemps cela dépend comment on se place). Don Delillo est né en 1936. Il faut changer vos couvertures Monsieur Livre de Poche parfois (ou les rendre plus intemporelles) parce qu’il y a des gens qui ont écrit même après Don Delillo.

Références

Americana de Don Delillo – roman traduit de l’américain par Marianne Véron (Livre de Poche, 2001)

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