Venezuela de Jochen Jung

Pendant la Seconde Guerre Mondial, un officier allemand, Alfredo Guzman, officie en tant que gynécologue sur une base à l’arrière. Je pense que vous avez déjà tout de suite cernée le ton du livre. Si vous ne trouvez pas que c’est cocasse, je vous donne le premier paragraphe :

Mon père était nazi, c’est indiscutable. Il a toujours fait le mauvais choix.

Le livre est drôle, cocasse (on croit que cela va se poursuivre jusqu’à la fin mais en fait non). Par contre, ce qui dure c’est que l’on enchaîne les quiproquos, les mauvais choix (le mauvais karma) de notre héros.

Je continue donc l’histoire. Quand on est gynécologue sur une base militaire, à part que l’on doit aussi se taper les maladies vénériennes des soldats (rien de tel que la pratique pour se faire l’œil apparemment), on et un séducteur ! La seule femme qui vit sur cette base, c’est la femme du commandant. Cela limite le choix mais Alfredo Guzman n’hésitera pas une seconde à la mettre dans son lit (plus exactement sur sa table gynécologique). Il faut dire qu’il était un peu obligé de la remercier car c’est un peu elle qui l’a fait mettre à ce poste (et ainsi éviter le front).

Le problème est qu’un jour le commandant s’en aperçoit. La seule solution est la désertion suivie de la sortie du pays ! Alfredo Guzman abandonne au pays, sans trop de remords (on pouvait s’en douter), sa femme et ses jumeaux (un d’eux est le narrateur de toute l’histoire). Pour quel pays fuit-on en pleine guerre ? Si vous allez lu le titre du livre, vous allez me dire Venezuela ! C’est le pays du père d’Alfredo qui a lui aussi abandonné femme et enfant pas encore né. C’est donc dans les gènes tout cela ! Il n’espère même pas retrouver son père, c’est juste la seule idée qui lui est venu dans la tête (il n’a pas l’air d’avoir grand chose dedans). Après un voyage halluciné, organisé par un haut gradé, il arrive au Venezuela où il retrouve son père à proximité d’une colonie allemande. On se demande comment va se passer la rencontre, leurs « destins » semblant tellement similaires. Là où notre héros ne réfléchit pas, son père lui calcule froidement pour prendre exactement la même décision (peut être que c’est un caractère héréditaire … je rigole). La fin est d’une tristesse absolue surtout quand on a rigolé tout le long du livre. Je vous laisse la découvrir.

Références

Venezuela (Petit roman) de Jochen JUNG – traduit de l’allemand par Françoise Toraille (Métailié, 2008).

Première parution en allemand en 2005.

4 commentaires

    1. Ce n’est pas le dernier chef d’oeuvre de l’année mais c’est vrai que c’est original.

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