Histoire de Byon Gangsoé

Présentation de l’éditeur

Joueur, voleur, buveur, Byon Gangsoé, dont le nom signifie « rigide comme le fer », jouit d’une grande santé sexuelle. Jusqu’au jour où ce vaurien vagabond rencontre une jeune veuve en exil, belle à se damner, sur qui pèse une lourde malédiction : tous ceux qui l’approchent passent de vie à trépas. Après bien d’autres, Byon ne craint pas de braver le sort. Malgré ses dons, il rejoint pourtant la cohorte de moines, saltimbanques, mendiants ou fonctionnaires qui, dans l’espoir d’une luxurieuse union et à leurs risques et périls, prêtent leur concours à de fort picaresques funérailles.

Cette histoire se passe en Corée, en des temps reculés, alors que les forces de la nature refusent toute entrave morale.

Un très grand classique de la culture coréenne enfin traduit en français, où la facétie le dispute à la gaillardise, l’insolence à la vigueur du verbe.

De réputation sulfureuse, à la paillardise bon enfant et à la poésie imprégnée de culture chinoise, ce texte anonyme transmis de siècle en siècle sous la forme orale du pansori (mimodrame chanté à unique interprète) a été fixé sous sa forme actuelle au XIXe siècle, tout comme le Chant de la fidèle Chunhyang.

L’humour noir dont il est tout entier tissé permet d’inverser le tragique de la mort en une joviale comédie. Magie des mots, alchimie de la littérature !

Mon avis

Je n’ai pas vraiment grand chose à dire de plus que l’éditeur sur ce livre à part à essayer de vous communiquez l’enthousiasme que j’ai ressenti à la lecture.

Ce n’est pas aussi débridé que l’éditeur le laisse entendre : il y a parfois un vocabulaire un peu imagé mais pas plus choquant que ça. Tout est raconté sous la forme d’un conte, mêlant à la fois la narration et les chants. L’ensemble est extrêmement moderne (dû à la traduction à mon avis) notamment au niveau du vocabulaire et de la manière de s’exprimer. Les deux traducteurs ont aussi pensé à ceux qui ne connaissent pas (comme moi par exemple) la culture asiatique, et notamment les textes anciens de Chine et de Corée. En effet, ils ont ajouté de nombreuses notes et une introduction précieuse sur tout ça (j’avoue ne pas trop avoir saisi l’importance du confucianisme et du taoïsme sur la Corée de l’époque).Cela m’a permit de me rendre du lien qui lie la culture chinoise et coréenne à travers les nombreuses références de la seconde vers la première.

Mon seul regret est que le livre est trop court, une centaine de page. J’aurais aimé continué un peu sur ce chemin mélangé de situations tragi-comiques, où alterne donc pleurs et sourires (on ne parle pas de rire quand il y a des morts). Ce qui peut consoler c’est qu’il y a un autre récit du même genre chez Zulma, c’est le fameux Chant de la fidèle Chunhyang.

Sur le site de l’éditeur, un lexique qui permet d’entrevoir les thèmes abordés dans le texte.

Références

Histoire de Byon Gangsoé – traduit du coréen et présenté par Choi Mikyung et Jean-Noël Jutter (Zulma, 2009)

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