Victor Hugo vient de mourir de Judith Perrignon

VictorHugoVientDeMourirJudithPerrignonJ’ai sauté sur ce livre quand je l’ai vu dans le présentoir des nouveautés à la bibliothèque. J’avais entendu tellement de choses positives sur ce livre que j’étais impatiente de le lire. Résultat, j’ai mis trois semaines pour m’y mettre mais je n’ai pas été déçue dans mes attentes.

Comme vous le savez peut-être, Judith Perrignon reconstitue les derniers jours de Victor Hugo avant sa mort ainsi que les préparatifs de ses funérailles.

Historiquement, j’ai appris beaucoup de choses, qui je pense, sont justes, sur le déroulement global de ce moment historique. Victor Hugo n’est pas mort facilement mais a eu de longs jours d’agonie. Tout au long du processus, il y avait des communiqués laconiques pour tenir au courant la population et les politiques de l’état de santé du grand homme. Paris retenait son souffle, l’inquiétude étant palpable pour la perte imminente d’un personnage ayant marqué l’histoire française récente. Après la mort, chacun se dispute pour savoir où enterrer le corps. La réponse la plus évidente pour tous, même si la famille aurait aimé un premier moment plus au calme, est de l’enterrer au Panthéon, qui doit dès lors redevenir un lieu laïc, Victor Hugo refusant tout ce qui avait rapport à la religion. Les politiques, qui pourtant n’étaient pas forcément tendre avec l’homme, font des grandes phrases, comme ils savent les faire, pour s’approprier sa filiation …

Quitte à faire oublier que le deuil est porté par toute la nation, par le petit peuple que Victor Hugo a toujours défendu, par Louise Michel dans sa prison de Saint-Lazare, par les déportés de Nouvelle-Calédonie, revenus grâce à l’intervention de l’écrivain. Dans ce « roman », on entend les voix de tous ces gens.

La police s’inquiète des débordements prévus, ceux des anciens Communards, que Victor Hugo n’avait jamais cautionnés. Elle met donc en place un défilé de l’Étoile (Victor Hugo est mort avenue Victor Hugo) au Panthéon, passant par les quartiers bourgeois de Paris, un lundi pour que les ouvriers ne puissent assister facilement au défilé.

J’ai trouvé que Judith Perrignon rendait très bien les sentiments des deux parties : la tristesse réelle de beaucoup, qui n’ont pas de voix « publiques », et la tristesse feinte et officielle. Entre les deux groupes, il y a la famille, que l’écrivain fait parler à travers une pièce rapportée, Édouard Lockroy, qui a épousé Alice Lehaene, femme de Charles Hugo, fils de l’écrivain, décédé prématurément. C’est à travers son œil que l’on voit aussi le monde politique de l’époque, puisqu’il était député. Il est forcément subjectif car il avait les mêmes opinions (peut être moins fortes) que Victor Hugo. Ses mêmes opinions l’obligent à être la voix du peuple de Paris pour organiser un « vrai » évènement national, et non une mascarade. C’est à mon avis le personnage qu’on entend le plus dans ce livre. Judith Perrignon lui donne vraiment ce côté « en retrait » de l’évènement, qui permet d’analyser un peu plus (de décrire aussi un peu plus) ce qui se passe et prendre le pouls de Paris. C’est donc un très bon choix de narrateur.

Le deuxième groupe que l’on entend le plus sont les anciens Communards. Personnellement, je n’ai pas compris tous les tenants et aboutissants de leurs prises de décision. J’ai trouvé que c’était assez complexe. La seule chose que l’on voit est qu’ils sont extrêmement surveillés par la Préfecture de Police. Le sentiment que j’ai eu est qu’ils ont un train de retard (là, je juge avec mon époque). Pour moi, le danger principal serait venu de l’émotion populaire plus que de la violence d’un groupe (que la police a d’ailleurs contrôlé aux abords du cortège). Cela m’a donné une impression de décalage entre ce qui se passait dans Paris et ce qui se passait dans les officines. Je ne sais pas si l’auteur a créé ou amplifier le phénomène mais c’est en décalage avec l’émotion du moment.

Je pense que vous avez compris que ce que j’ai adoré dans ce livre c’est le fait que l’auteur fasse renaître le Paris de l’époque, sa vie politique, sa population, ses envies et ambitions. Je n’ai pas prêté une grande attention au style de l’auteur. Pourtant, il y a deux passages que j’ai trouvé vibrant : l’enlèvement de la croix de l’église Sainte-Geneviève, par six ouvriers, tôt le matin, pour ne pas provoquer d’attroupements, et l’exposition du corps sous l’Arc de Triomphe et la description de la foule calme et fébrile, attendant de pouvoir s’approcher.

Pour finir, je dévoile la fin. Après trois ans, Victor Hugo n’avait toujours pas de place au Panthéon, son cercueil était posé dans un coin, le même depuis qu’on l’y avait amené. Comme il est dit, au Père Lachaise, près de ses enfants, il aurait eu toute sa place (le choix du Panthéon est celui de l’assemblée et non de la famille). Cela fait réfléchir sur la sincérité des évènements célébrés par nos politiques.

En gros, j’attends qu’il sorte en poche et je me l’achète.

L’avis de Nicole Grundlinger (qui propose un questionnement très intéressant) et de Delphine-Olympe.

Références

Victor Hugo vient de mourir de Judith PERRIGNON (L’iconoclaste, 2015)

La neige noire de Paul Lynch

NeigeNoirePaulLynchComme promis, je reviens aujourd’hui pour vous faire un billet sur le deuxième livre de l’irlandais Paul Lynch, La Neige noire. Je vous ai parlé du premier la semaine dernière (je dis cela pour ceux qui étaient en vacances).

Ce livre se déroule dans les années 50, dans le Donegal, région de naissance de l’auteur. Les personnages principaux sont une famille : le père Barnabas, revenu des États-Unis, après avoir participé à la construction des gratte-ciels du pays, avec dans ses bagages une femme, Eskra, américaine avec des origines irlandaises, et Billy leur fils, qui est adolescent dans le roman. Barnabas a racheté une ferme et des terrains pour devenir paysan. Il a à son service le vieux Matthew Peoples.

Le roman commence avec une scène très violente : l’incendie de l’étable de la ferme, avec toutes les vaches à l’intérieur. En essayant de sauver le bétail, Matthew Peoples va mourir, brûlé, et Barnabas, sauvé in extremis par un voisin, va être très fortement intoxiqué par la fumée. Les voisins compatissent avec la perte des vaches, même si l’assurance va payer, mais lui en veulent aussi de la mort du vieil homme. Surtout que c’est lui qui l’a poussé à l’intérieur de l’étable. Barnabas lui envisage rapidement que l’incendie ait été volontaire car il s’est produit par temps sec, en sortie d’hiver.

Au cours du roman, on va découvrir les petites rivalités entre voisin, le couple va se déliter car Barnabas change, en soupçonnant tout le monde, tandis que Eskra aimerait qu’ils reprennent le cours normal de leurs vies. On va aussi suivre les pensées de Billy par de courts intermèdes dans le texte. On « découvre » aussi le côté très croyant de cette partie de l’Irlande. En effet, quand Barnabas décide, sur les conseils de son voisin, de prendre des pierres de maisons abandonnées pour reconstruire son étable, les autres s’offusquent car ce sont les « tombeaux » des morts de la famine.

Paul Lynch va aborder ces thématiques de manière très singulière, car tout va passer par le ciel et la terre. Si on regarde bien, il ne se passe pas grand chose dans cette histoire (sauf à la fin bien évidemment, qui rappelle un peu celle du premier livre), les sentiments des uns et des autres vont peu évoluer mais la manière dont Paul Lynch va les décrire oui. Tout va évoluer grâce aux saisons, au climat, à la lumière. Là où j’ai trouvé, dans le premier livre, les descriptions climatiques de Paul Lynch, certes, très belles mais un peu lourdes, ici elles sont juste magnifiques. J’ai retrouvé l’Irlande que j’ai visité, il y a déjà 17 ans. Une lumière changeante, avec des passages très sombres, des passages lumineux, une nature rude, parfois accueillante, parfois hostile. Le bandeau de couverture est magnifique car il rend bien cela. Dans le livre, on voit les nuages passés ! On est tout simplement en Irlande. C’est pour cela que ce livre restera très longtemps dans mon cœur !

C’est un livre difficile à lire, plus difficile en tout cas que le premier car il demande beaucoup de concentration pour pouvoir intégrer justement cette langue « minérale » (j’ai pris ce terme dans le supplément de Livre Hebdo consacré à la rentrée car je le trouve très bien choisi). On ne peut pas lire ce livre comme un page-turner, où si on a un moment d’inattention, on peut se rattraper par la suite. J’ai voulu le faire à plusieurs reprises mais dans ces moments-là, j’avais le sentiment que le livre traînait en longueur, alors qu’en reprenant le même passage par la suite, je le trouvais tout simplement magnifique.

Comme vous l’aurez compris, ce roman est fait pour les amoureux de l’Irlande. D’ailleurs la quatrième de couverture cite une phrase de Robert McLiam Wilson « un roman sur une Irlande que je reconnais, et que devraient envier tous les écrivains ».

Références

La neige noire de Paul LYNCH – traduit de l’anglais (Irlande) par Marina Boraso (Albin Michel, 2015)

Atlas des reflets célestes de Goran Petrović

AtlasDesRefletsCelestesGoranPetrovicJ’ai lu il y a très longtemps (en 2010) le précédent livre de Goran Petrović Sous un ciel qui s’écaille que j’avais déjà beaucoup aimé. En relisant mon billet, je me rends compte que je vais redire exactement la même chose. Je l’avais repéré dans la rentrée littéraire, justement parce que j’avais lu le précédent. Sauf qu’après j’ai lu la quatrième de couverture et je me suis dit que ce n’était pas pour moi. Je l’avais noté dans ma liste à lire en ebook (éventuellement si je n’avais plus de livre à lire …) Tout cela pour dire qu’il n’était pas près d’être lu. MAIS j’ai reçu un mail de Babelio le proposant. J’ai postulé et je l’ai eu (je n’achète jamais aucun des livres de cet auteur visiblement, c’est un peu une honte). Tout cela pour dire que ce livre a été le début d’une série de coup de cœur en cette rentrée littéraire, tellement il est une bouffée d’air frais dans ce monde !

Je vous mets quand même la quatrième de couverture pour que vous puissiez juger :

En lisant l’Atlas des reflets célestes on pourra s’initier à une géographie singulière, observer huit rêveurs dans une maison qui n’a d’autre toit que le ciel, mener une partie de cache-cache interrompu, apprendre à se défendre des voleurs de rêves, découvrir la nature secrète des miroirs, goûter un baiser simple comme un gâteau saupoudré de sucre glace, se familiariser avec l’infini palimpseste qu’est l’encyclopédie Serpentiana, battre les « dix millions de grands chemins de l’espoir » et aborder autant d’autres sujets décoiffants …

« Au cours d’une vie, mais aussi après elle, les rêves peuvent rapetisser, croître, se léguer, se perdre, être empruntés, offerts, volés. Il faut veiller soigneusement sur eux. Il n’est pas que la taille totale d’un individu qui en dépende, mais, une fois faite la somme de tous les rêves, la taille totale de l’humanité. »

Goran Petrović est l’un des écrivains serbes contemporains majeurs. Atlas des reflets célestes est son quatrième roman traduit en français.

Le roman est beaucoup moins loufoque que ce que ne laisse entendre la couverture. Le livre commence par la destruction du toit. Les huit habitants (je ne suis pas sûre du chiffre car certains personnages arrivent au milieu du livre) décident d’enlever le toit de la maison où ils habitent ensemble. Comme c’est le début du livre, je me suis posée des questions sur la santé mentale des personnages mais j’ai apprécié la réponse qu’ils donnent à la question de leurs voisins sur l’absence d’un toit à leur habitation. En substance, cela donne « mais si, notre maison a un toit, il est bleu ». Une note explique le pourquoi de manière plus précise :

De l’obscurité cavicole et faîtière

Il est proprement incroyable que l’homme puisse de son plein gré accepter de passer le plus clair de sa courte existence entre deux obscurités. Se croyant naïvement protégé par la solidité du plancher et la charpente du toit, il ne songe même pas à la nocivité d’un tel mode de vie. Il est vrai qu’il lui arrive rarement de tomber dans l’obscurité de sa cave ou de recevoir celle du grenier sur la tête. La mort dite « Mangeuse d’âmes » a des souliers lents, une pèlerine toute de silence et un masque insidieux. En effet, les forces magnétiques sournoises, dont le règne s’étend aussi entre ces deux obscurités, provoquent l’attraction progressive mais inéluctable de ces dernières. Avec le temps, son confortable gîte devient pour l’homme un piège perpétuel. Alors, coincé dans sa petite boîte, il s’avise de la fatalité de son illusion, mais, le plus souvent, n’a pas assez de force pour s’en affranchir, si bien que, se débattant frénétiquement pour essayer d’arracher son âme aux chaines qui l’entravent, il voit périr son corps dans l’horrible souricière. (D’après l’encyclopédie Serpentiana, article « Manière commune de vivre et de mourir »)

Cette petite note m’amène à parler de la structure du livre et de l’encyclopédie Serpentiana.

Le livre est constitué en chapitres, qui se divisent eux-mêmes en trois parties : le « texte » lui-même, où l’auteur écrit l’histoire des huit personnages de la maison, des notes qui suivent le texte, un article encadré. Les notes sont en générales très longues, et aussi importantes que le texte. Elles expliquent le mécanisme physique, psychologique, morale … du monde, que créé Goran Petrović dans le texte. L’article encadré décrit un monde « réel » d’objets inventés, en rapport avec le texte précédent. Par exemple, l’auteur décrit des tableaux imaginés, des mythes inventés … Tout cela contribue à vous englober dans un autre monde.

L’encyclopédie Serpentiana fait partie de cet autre monde. C’est une encyclopédie sans début ni fin, qui s’ouvre automatiquement à la « bonne page », celle contenant la réponse à la question que l’on se pose, si on sait lui parler bien sûr.

Comme je l’ai dit, ce livre est une bouffée d’air frais dans ce monde où tout est grave et où on va tous mourir prochainement. Il invite à voir la vie avec un peu plus de hauteur mais aussi de logique, avec une dose de fantaisie et d’imagination. Goran Petrović écrit un livre remarquable et passionnant par le monde qu’il invente pour nous, par la vision de la vie qui sous-tend le livre, mais aussi par les trouvailles stylistiques, les images mises en place … C’est un livre dépaysant, qui nous aspire complètement. Finalement, je ne retiendrais pas sur le long terme l’histoire (la vie des huit habitants de la maison) mais plutôt les sentiments que j’ai pu éprouver tout au long de ma lecture, l’émerveillement ayant prédominé.

En conclusion, c’était ma première lecture de la rentrée littéraire et mon premier coup de cœur (et cela m’a mis dans de très bonnes dispositions en plus).

Extraits

Je sais que ce n’est pas bien de mettre d’aussi longs extraits, mais je ne peux pas résister à les partager quand je les relis. Vous n’êtes pas obligé de les lire bien sûr …

De la perméabilité de l’âme

À ce jour, on n’a pas encore découvert les principes qui régissent la perméabilité de l’âme humaine. Alors que dans les unes tout s’écoule aussitôt comme à travers un tuyau sans rien ennoblir au passage, dans les autres pas une goutte de ce qui les pénètre ne ressort, comme si tout butait contre une plaque de granit. On en trouve qui laissent passer seulement certains éléments, mais jamais selon des lois établies ou du moins pas selon des lois qui nous soient connues. Il en est dont le mécanisme consiste à cristalliser l’essence des phénomènes entrants et à en rejeter le superflu. Et puis, il y a celles qui renvoient dans le monde précisément l’essentiel et, qui sait pourquoi, gardent jalousement en elles l’insignifiant. C’est ainsi que par d’innombrables synthèses et analyses, selon de mystérieux processus, les âmes laissent  sortir ou retiennent certaines choses et pas d’autres, engendrant ainsi ce qui les différencie les gens entre eux.

Anatomie I

Bien sûr, pour approcher un homme, il faut franchir fortifications, douves, chemins de ronde, ponts-levis ou ponts fixes, passages dérobés, ou encore parcs, grand-routes, jardins… À ce dont un homme s’entoure on peut deviner bien des choses de lui. D’aucuns tablent surtout sur la défense et ne laisseront personne, pas même leurs connaissances, arriver jusqu’à la porte d’entrée. D’autres ne se soucient pas d’un danger éventuel, vivent en terrain découvert, sans nul abri ni obstacle, et ne dissimulent pas aux inconnus rencontrés fortuitement les coins les plus secrets de leur être.

En rapport avec ce qui vient d’être dit se poursuit la dispute pluriséculaire entre les tenants des accès interdits et ceux des accès libres. Les premiers lancent un avertissement en rappelant la mésaventure de l’un des comtes palatins de la ville de Heidelberg. Cet ingénu est entré dans l’histoire pour avoir fait abattre l’enceinte de son château afin d’agrandir son parc. Il a payé de sa vie sa témérité, après avoir été réduit à l’esclavage par le maître du fief voisin qui, peu après son geste inconsidéré, l’avait traîtreusement attaqué. Les seconds se réfèrent également à cette même histoire, mais en présentant ce comte de Heidelberg comme un homme au grand cœur, aimant la nature et la vie libre, sans barrières.

En sus de ce qui vient d’être dit, et pour essayer de donner, par amour de la vérité, une image aussi complète que possible, il nous faut encore évoquer ceux, nombreux, qui s’entourent de faux accès. En effet, il n’est pas rare que derrière des murailles de plusieurs mètres d’épaisseur, grises et envahies de ronces, on tombe sur de somptueux palais baroques riches de précieux ornements et de fenêtres ouvertes. Et enfin, c’est bien connu, il n’est pas rare non plus qu’après des kilomètres de parc irréprochable, parsemé de jets d’eau et de statues dorées, on tombe sur des ruines qui laissent à peine deviner ce qu’il y avait là autrefois.

Anatomie VII

Une cloison imaginée , mais non moins réelle, traverse tout individu, divisant sa personnalité en deux versants : l’adret et l’ubac.

L’ubac est le versant de la personnalité humaine qui ne voit pas le soleil, à l’abri des vents chasseurs de pénombre et de brouillard, si bien que mousses, champignons et moisissures y prospèrent. De ce côté-là l’humidité s’accumule au point que, sous forme de larmes, elle remonte parfois même jusqu’aux yeux. Le passé, le désespoir, la mélancolie et le deuil y prennent leurs quartier.

Tout au contraire de l’ubac, l’adret accueille très tôt le printemps. De manière générale, l’adret d’une personnalité est tel qu’il devance celle-ci dans le temps à venir, ne serait-ce que d’un sourire. Sur lui soufflent les vents agréables, il est ensoleillé, habité par la salubrité, l’insouciance et l’opulence.

Bien qu’au début de la vie les aspects de la personnalité humaine ainsi décrits soient à peu près équivalents, avec le temps l’un des côtés prend le dessus au détriment de l’autre. Si l’on ne fréquente pas, ou si l’on fréquente peu l’un des côtés, celui-ci peut rapetisser, fondre, et même totalement disparaître. Le premier expert en anatomie venu est en mesure d’aider le non-initié à choisir dans quel sens faire pencher sa personnalité.

Références

Atlas des reflets célestes de Goran PETROVIĆ – préface d’Alberto Manguel – traduction du serbe par Gojko Lukić (Notablia, 2015)