Im Himmel ist Jahrmarkt de Birgit Weyhe

ImHimmelIstJahrmarktJe voulais vous faire un billet sur deux livres e Dorothy B. Hughes qu’il faut absolument que vous lisiez. C’est ma dernière découverte ; j’adore cette auteur, la manière dont elle sait saisir une ambiance est au dessus de tout. Ce billet devra attendre car je suis surexcitée ce soir : je viens de finir mon premier livre en allemand (entendons nous bien : j’ai déjà lu pas mal d’ouvrages en lecture simplifiée mais là c’est un vrai livre (pour être plus précise une vraie BD) destiné à un public germanophone) !!! Je suis juste trop contente et je voulais donc en faire profiter tout le monde et surtout pouvoir me rappeler plus tard du premier livre que j’ai lu en allemand (comme je me rappelle que mon premier livre en anglais en entier c’est Darcy’s Diary de Amanda Grange).

Dans Im Himmel ist Jahrmarkt, Birgit Weyhe reconstitue l’histoire de ses grand-parents à l’aide de photos, de lettres, de souvenirs. Elle réalise ce travail pour plusieurs raisons. Elle a hérité des albums photos de son père et de sa grand-père que personne ne voulait. Elle s’est en outre rendue compte qu’elle ne savais pas identifier les gens sur les photos (il y avait les noms mais elle ne sait pas qui cela désigne). Ensuite, elle a du aider son fils à rédiger son arbre généalogique et que sa prof lui a plus ou moins dit que c’était un travail bâclé parce qu’il manquait plein de dates et que c’était fouilli.

Birgit Weyhe parle de sa grand-mère paternelle, Marianne (1908-1979), en premier. C’est une femme que l’on prend tout de suite en sympathie. Très jeune, elle s’émancipera de sa famille, des codes et convenances pour ouvrir une boutique de chapeau, élever seule son fils qu’elle a eu avec quelqu’un du marché noir, garder son employée juive alors que tout le monde l’aurait renvoyée, réussir à relever son magasin après la guerre. En gros, une femme forte qui ferait une excellente héroïne de roman.

Puis, on passe à l’autre grand-mère, Herta (1913-2005), qui m’est apparue beaucoup moins sympathique. Elle était la fille d’un riche fabriquant. Quand son père lui a dit que c’était la famille (et l’argent) ou l’homme qu’elle fréquentait, elle a choisit la famille après avoir fait un essai avec l’amoureux (qui vivait dans un trop petit appartement). Elle a été malheureuse toute sa vie puisqu’elle a toujours suivi les desiderata de son père. « Marie-toi avec lui ! Il a plein d’argent, il est bien plus vieux mais bon … » C’était une femme de tête, une femme forte mais qui n’osait pas briser les convenances comme Marianne. Pour montrer un exemple de sa force, on peut citer le fait qu’en 1945, réfugiée en Hongrie, elle veut rejoindre son père à Berlin, prend sa voiture seule sans savoir précisément où est le front. C’est là où elle rencontrera son deuxième mari (père de la mère de Birgit) qu’elle tyrannisera beaucoup car lui était trop gentil.

C’est la deuxième partie de la BD : la vie des deux grand-pères. Ils ne sont clairement pas à la hauteur même si le mari d’Herta est très sympathique.

J’ai beaucoup aimé l’histoire que raconte cette bande dessinée car elle ne semble pas trop romancée. Elle est marquée par l’admiration de l’auteur pour les personnages-parents qu’elle a découvert. Comme le dit la quatrième de couverture, on découvre un bout de l’histoire allemande du 20ième siècle sans s’appesantir pour autant sur la Seconde Guerre mondiale (même si le changement de point de vue m’a fait très bizarre quand Herta a voulu rejoindre Berlin ; j’ai pensé qu’elle voulait fuir l’Allemagne pour aller à l’Est ou aller en France pour aller en territoire contrôlé par les Alliés puis après je me suis rappelée qu’elle était allemande et qu’elle n’avait aucun intérêt à se mettre dans cette situation).

Je ne suis pas fan des dessins par contre. Pour quelqu’un qui apprend comme moi, ils sont très bien car l’image correspond au texte (et cela permet de bien deviner le sens de la phrase même si un mot échappe). Si le texte avait été en français, je n’aurais pas pris cette BD car le dessin manque de recherche au niveau de l’expression des visages (je suis incapable de faire pareil). La BD parle principalement de personnes et donc les cases sont majoritairement occupées par des visages. Les pleurs sont marquées par des grands traits qui descendent, l’étonnement par des yeux tout ronds … C’est un petit peu simple je trouve. À mon avis, cela vient du fait que l’auteur a voulu respecter l’aspect de ses ancêtres et qu’il est un peu dur de retrouver les expressions de visage sur des photos, statiques par définition. Je pense que la qualité de son dessin est à juger sur d’autres types d’histoires.

Pour conclure, c’est une agréable découverte et je suis contente d’avoir pris ce livre à la bibliothèque !

Références

Im Himmel ist Jahrmarkt de Birgit WEYHE (Avant-Verlag, 2013)

8 réflexions au sujet de « Im Himmel ist Jahrmarkt de Birgit Weyhe »

  1. pas trop tentée – d’autant plus que quelqu’un de très gentil vient de me gâter 😉
    en retard pour noel mais bien à l’heure pour pâques 😀
    mille mercis <3

    1. Il faut que je répondes à ton mail. Pour la BD, tu as raison. Il y a des choses à lire du même genre à mon avis mais mieux réussi au niveau du dessin. Mais je suis quand même fière de moi de l’avoir terminé.

      1. mais tu peux être fière de toi, moi à part des magazines féminins je n’arrive plus à lire grand-chose en allemand (pas fière, je suis)

        1. J’ai acheté une fois une sorte de Voici allemand : ils sont encore pire au niveau des ragots mais aussi des histoires. Je vais me contenter des BD pour l’instant.

    1. Ce n’est pas mal dirons nous. J’en ai essayé des plus intéressantes au niveau du graphisme mais je ne les ai pas terminées.

  2. Je suis venue applaudir ta première « vraie » lecture en allemand 🙂
    Ça ne me tente pas trop sinon, mais ça me donne envie de me lire des BD en espagnol du coup.

    1. Merci, merci, merci … La bd n’est pas exceptionnelle. Par contre, il paraît que lire des BD permet de bien apprendre les langues (c’est la prof d’allemand qui nous l’a dit mais bon les allemands ont des goûts bizarres en la matière). J’en ai repéré des mieux mais je ne suis toujours pas billingue.

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