Les noceurs de Brecht Evens

LesNoceursBrechtEvans

J’avais déjà lu Les amateurs du même auteur, que j’avais plutôt beaucoup aimé. Les noceurs est sa première bande dessinée (publiée) puisqu’il s’agit de son travail de fin d’études d’après le site des éditions Actes Sud. Il reprend les mêmes « codes » que pour Les amateurs : dessins à l’aquarelle, très colorés, pas de cases, pas de bulles, personnages caractérisés plus par leur couleur que par leurs traits physiques. J’ai aimé retrouvé ce côté très original qui avait fait que Les amateurs avaient été une très bonne surprise.

Autant, l’histoire des Amateurs était plutôt sympathique, autant celle des Noceurs m’a foutu le bourdon.

Un homme invite ses anciens amis de lycée à une petite réunion, censée être une fête, légèrement alcoolisée. Ceux-ci viennent, non pour voir le personnage, mais l’ancienne star du lycée. Ils se tirent la bourre pour savoir si c’était untel ou unetelle qui sera son/sa préférée. J’ai trouvé que déjà cela, c’était assez pathétique. Il est d’autant plus attendu qu’il est le grand absent de la soirée car on le comprendra au fur et à mesure, il hante une boîte de nuit qu’il a aidée à sauver et à rendre célèbre en plus. Les dessins sont envahis du vide de cette homme : une chaise vide par derrière laquelle on regarde la scène, un espace livre dans une pièce comble. La soirée se passe en attentes déçues pour les invités, en faux coups de fil pour l’hôte (parce qu’il n’a pas vraiment le numéro de portable de la « star »). On sent que notre « héros » est un homme très seul, au chômage avec comme seul perspective de retourner au lycée comme pion. Cette impression ne va pas s’arranger quand il va retrouver la star du lycée dans la fameuse boîte de nuit.

J’ai oublié de dire que l’hôte est le seul personnage qui n’est pas en couleur. C’est une ombre voûtée, qui se traine dans un halo maronnasse grisonnant.

On en vient à se dire que faire un revival du lycée pour combler le vide d’une vie n’est peut être pas une bonne idée car on risque de découvrir qu’en réalité, la vie des autres est tout aussi vide que la sienne.

Références

Les noceurs de Brecht EVENS – traduit du néerlandais par Vaidehi Nota et Boris Boublil (Actes Sud BD, 2010)

4 réflexions au sujet de « Les noceurs de Brecht Evens »

    1. Cela ne te rappelle pas trop le dessin animé tiré des 12 travaux d’Astérix ? quand ils montent tous et descendent tous les escaliers.

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