La conscience de l’utlime limite de Carlos Calderón Fajardo

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Présentation de l’éditeur

Inventer un crime pour occuper la page blanche d’un quotidien : belle tentation et coup de maître pour Calderón, pigiste en mal de gloire littéraire qui se retrouve pris au piège de son idée. Car le succès de son meurtre insolite « Le musicien assassiné et la belle au bois dormant », accompagné de photos truquées, l’entraîne dans une pente dangereuse, l’obligeant à inventer de nouveaux faits divers extravagants avant d’être confronté à l’insaisissable Dompteur de mouches, qui lui raconte ses propres crimes et lui lance un défi.

Roman gothique qui joue des extrêmes, texte à double fond qui évoque un pays dévoré par la violence, labyrinthe fantastique jouant avec les mauvais genres, La Conscience est considéré comme l’un des meilleurs romans noirs péruviens, et nous plonge dans l’inquiétante étrangeté de l’Amérique du Sud.

Mon avis

Comme quoi les préjugés ont la vie dure ! C’est le dernier type de roman que je m’attendais à lire d’un auteur péruvien. J’aurais plutôt pensé à un auteur espagnol (parce que l’auteur joue entre réalité et fiction comme Enrique Vila-Matas) ou à un auteur argentin (car dans la présentation de l’auteur par l’éditeur, on nous parle de Borges).

C’est un livre réussi. Il ne faut pas y chercher un livre où c’est le cœur qui fonctionne à la lecture mais plutôt l’esprit. En effet, tout au long de la lecture, je me demandais où j’en étais : dans la réalité du journal au Pérou, au Pérou même (dans les description de meurtres sanglants), dans les histoires inventées par Calderón (fausses histoires de meurtres), dans les vraies fausses histoires inventées par le Dompteur de mouches (plagiaire de la réalité, incapable d’inventer une histoire).

Il y a clairement de quoi s’y perdre, d’autant que la mise en forme du texte ne vise pas à aider le lecteur. On passe d’une situation à une autre sans changement de paragraphe. De même, on peut trouver les personnages réels dans les histoires inventées et vice versa. Il n’y a pas non plus de dialogue. On suit la pensée de Calderón qui semble aussi perdu que nous, voire plus puisqu’il est en pleine tourmente au sujet de son imagination et de son talent littéraire et/ou journalistique.

Le livre ne fait que 112 pages mais il ne faut pas relâcher son attention une seule seconde si on ne veut pas se perdre dans les méandres de l’histoire. 112 pages, c’est court mais l’auteur arrive à vous laisser penser que vous avez toujours été plongé dans ce livre. C’est dire que l’auteur arrive réellement à recréer un monde autour de son lecteur.

Références

La conscience de l’ultime limite de Carlos Calderón FAJARDO – traduit de l’espagnol (Pérou) par Lise Chapuis (L’arbre vengeur, 2012)

2 réflexions au sujet de « La conscience de l’utlime limite de Carlos Calderón Fajardo »

  1. Je confirme votre préjugé; à priori pas non plus mon style de livre. Mais votre présentation est rudement bien et, du coup, je le note ! Et si en plus il est court… 😉

    1. C’est un roman intellectuel. J’aime bien ce type de roman qui vous déstabilise un peu, qui vous interroge sur la limite réel/fiction et sur la nature de l’écriture aussi.

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