Quelques minutes après minuit de Patrick Ness

Quatrième de couverture

Depuis que sa mère est malade, Conor redoute la nuit et ses cauchemars. Quelques minutes après minuit, un monstre apparaît, qui apporte avec lui l’obscurité, le vent et les cris. C’est quelque chose de très ancien, et de sauvage. Le monstre vient chercher la vérité.

Mon avis

J’ai piqué cette idée de lecture chez De Litteris (Theoma en avait aussi parlé ici).

Le livre est basée sur une idée de Siobhan Dowd, auteur jeunesse dont j’ai bien envie de lire La parole de Fergus maintenant, décédée d’un cancer à l’âge de 47 ans en 2007. Elle n’a pas eu le temps de commencer à rédiger ce livre même si le schéma était là. Patrick Ness explique dans sa préface-hommage qu’il a repris le tout, non pas pour écrire un livre à la place de Siobhan mais écrire son livre à lui en hommage à Siobhan Dowd. Rien que pour cela, le livre prend une résonance peu commune. L’a-t-elle pensé pour ses enfants ? pour des gens qui vivaient la même situation qu’elle ? Le livre en lui-même est magnifique et particulièrement soigné dans la mise en page, qui met en valeur les magnifiques illustrations de Jim Kay, très propos car elles permettent de mieux appréhender la dimension « fantastique » du livre.

L’histoire, c’est donc celle de Conor dont la mère souffre d’un cancer depuis le début de l’année. Il s’accroche car il vit tout seul avec elle. Il se débrouille pour sa vie quotidienne et soutient sa mère le mieux qu’il peut. Pas très loin, il y a la grand-mère (une grand-mère trop moderne à son goût) et beaucoup plus loin, un père absent en Amérique (qui s’occupe de sa nouvelle famille). Conor a depuis avril peut être un cauchemar récurrent dont il ne parle à personne (même pas à nous). Au moment où nous arrivons, l’état de la mère de Conor empire, il reçoit la vit de l’if de son jardin, qui s’anime pour devenir un monstre, quelques minutes après minuit. Un gentil monstre, qui peut devenir méchant. Il va raconter trois histoires à Conor, des histoires pas forcément compréhensibles pour lui, mais il attend en retour de Conor, la quatrième. On comprend de suite que ce sera l’histoire de son cauchemar.

Attention, je vais spoiler très légèrement (même beaucoup mais c’est ce que j’ai aimé dans le livre). Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est qu’on ne cède pas à la facilité. Il n’y a pas de beaux sentiments, de leçons de moral. Dans les histoires de l’if, les gens ne sont ni bons, ni méchants. Dans la vraie vie, des enfants se retrouvent sans un de leurs parents à cause de la maladie. C’est une épreuve difficile. Et oui, personne n’est parfait, enfants comme adultes, et on peut avoir des « mauvaises »pensées mais comme le dit l’if, c’est les actes qui comptent et non les pensées. Elles, elles peuvent être contradictoires, insensées, mauvaises. Il y en a des millions qui traversent notre tête chaque jour, formulées clairement ou non. Le tout est de ne pas en avoir honte, de se dire la vérité et d’agir correctement car c’est cela qui va rester finalement.

Ce livre est un véritable coup de cœur et va trouver une place de choix dans ma bibliothèque personnelle. La preuve en est que même si le livre est court (215 pages), je retenais le moment de finir ma lecture (qui s’est faite les larmes aux yeux) pour faire comme Conor, et me dire que non tout n’est pas fini pour eux.

Références

Quelques minutes après minuit de Patrick NESS – d’après une idée originale de Siobhan Dowd – illustrations de Jim Kay – traduit de l’anglais par Bruno Krebs (Gallimard Jeunesse, 2012)

5 réflexions au sujet de « Quelques minutes après minuit de Patrick Ness »

      1. je te crois sur parole 😉
        c’est juste que j’ai encore tellement à lire (y compris mes cadeaux de noel passé) que je me demande où et quand je vais encore en caler d’autres 😀

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