L’homme caché de Pierre Cendors

Je vous ai un peu abandonné cette semaine parce que j’étais très malade (pas grave, rassurez-vous). C’était dû à toute la pluie qui tombait sur moi (et sûrement sur d’autres) quand je rentrais à la maison. Pour vous donner une idée de l’étendue des dégâts, je vais vous raconter mes petites histoires. Un soir, je rentre vers 17h40 (il faisait encore jour heureusement). Je ferme la porte du grillage et je m’apprête à ouvrir la porte du garage quand tout à coup, j’entends un couinement qui m’a fait crié de peur. Je regarde dans la bonne direction. C’était un rat qui était coincé dans le collecteur d’eau pluviale (on vient de découvrir qu’il est cassé du coup).

J’avoue que j’ai mis un certain temps à comprendre que c’était un rat (j’ai cru que c’était la fièvre qui me faisait avoir des hallucinations). Il était remonté depuis les égouts. J’ai eu trop peur d’autant plus qu’il y a deux semaines, on a eu une petite souris dans la serre à cause de la nourriture et de la chaleur qui pouvait s’y trouver. J’avais utilisé mon arme fatale, mon père, qui m’avait dit de faire attention de ne pas crier car si cela avait été un rat, il m’aurait attaqué (à ce moment je n’avais pas non plus compris qu’il était vraiment coincé et je croyais qu’en se débattant un peu, il pourrait venir me manger).

Je m’éloigne, frappe à la fenêtre de la cuisine pour que mon père vienne (je voulais pas ouvrir la maison pour pas qu’il rentre dedans). Lui n’hésite pas à sortir avec la barre de fer (je trouve épatant qu’on est une barre en fer dans le garage)(on se fera tuer avec s’il y a des cambrioleurs). Il nous sauve du méchant rat. En mangeant, je réfléchissais au problème et surtout à ce que j’aurais fait toute seule. J’ai pensé que j’aurais été acheté de la mort au rat au Franprix et que je lui aurais jeté dans la bouche mais de la fenêtre d’en haut pour pas qu’il puisse m’attaquer.

Tout cela pour dire que le rhume, cela ralentit très sérieusement le cerveau et qu’en plus, cela fait proposer des solutions idiotes. Je vous passe le jour où j’étais complètement shootée au drill sureau litchi parce que j’avais dépassé la dose (après j’avais plus mal à la gorge par contre). J’étais à moitié endormie à table et en plus, je me demandais carrément ce que mes collègues disaient.

Dans cet état, j’ai du abandonner Joyce Carol Oates parce que déjà en temps normal j’ai du mal, alors dans cet état cela aurait été catastrophique. Fait-elle vraiment des vraies phrases ? Il y a des fois où je relis plusieurs fois le texte et je me demande ce qu’elle a bien voulu dire. L’histoire me plaît bien mais il y a des fois où elle cherche trop à faire du style, quitte à aligner des mots sans cohérence.

J’ai donc cherché dans ma PAL un livre court, que j’étais persuadée être génial. J’ai repensé au libraire qui met toujours en évidence les livres de Pierre Cendors. J’ai pris son premier, L’homme caché.

Quatrième de couverture

Endsen, romancier et poète, a disparu à Prague dans de troubles circonstances, en 1984 pour les uns, en 1991 pour les autres. A-t-il été un opposant au régime communiste ? A-t-il simplement disparu pour protéger ses proches ? Est-il mort, d’ailleurs, ou a-t-il secrètement pris le train pour une ville inconnue ?

Pierre Cendors part sur les traces d’Endsen et nous plonge, grâce à une construction aussi habile qu’intelligente, dans un univers où se mêlent réalité et fiction, doutes et certitudes.

Mon avis

Voilà un auteur, s’il existe, qui s’est dit qu’un jour, il pourrait avoir un lecteur qui voudrait comprendre ce qu’il écrit. Ce livre est très bon au niveau du style (pas plat, évocateur, poétique, qui ne donne pas une impression de surcharge) mais surtout exceptionnel pour son histoire et sa construction.

Le livre est construit autour d’un personnage Endsen (je n’ai toujours pas compris s’il était réel ou non). Le livre commence à nous raconter sa vie à partir de la biographie qu’un ami du narrateur est en train d’écrire sur Endsen. L’histoire semble se répéter car l’ami mourra dans les mêmes circonstances que son sujet. Le truc, c’est qu’avant de mourir, il était persuadé qu’Endsen n’était pas mort en 1984 noyé dans la rivière qui traverse Prague, la Vltava. Le narrateur décide d’enquêter pour savoir ce qu’il avait compris.

On passe à autre chose. Un ami de Endsen raconte comment l’auteur a rencontré un peintre qui peignait un endroit inventé, Solander, mais qui semblait l’endroit que l’auteur recherchait dans ses écrits. Le peintre est reconnu depuis mais en réalité, Endsen, a eu affaire à un usurpateur qui l’imitait alors qu’il n’était même pas connu à cette époque.

On se retrouve ensuite dans les coulisses du Prague des années 80. Un Prague sous tension où on était traître très facilement. On ne comprend pas trop au début quel est lien avec Endsen mais Pierre Cendors réussit à maintenir notre attention en nous poussant à chercher où Endsen pourrait intervenir (alors qu’il est censé être mort mais on n’y croit pas vraiment). Il nous amène à un endroit où on ne croyait pas pouvoir aller.

À la fin, on pense que tout ce que l’on a lu est un mirage, ou tout du moins, on ne sait plus qui a existé ou non, qui est vrai ou non. L’éditeur a rajoute une couche en publiant une lettre reçu par un autre éditeur disant que Pierre Cendors n’existe pas vraiment. Je suis tenté d’y croire parce que c’est un des personnages du roman.

À lire ! D’autant plus, que le livre ne fait que 130 pages.

Références

L’homme caché de Pierre CENDORS (Finitude, 2006)

7 réflexions au sujet de « L’homme caché de Pierre Cendors »

  1. j’aime beaucoup l’humour de ton billet, même si je suis désolée d’apprendre que tu aies été malade – j’espère que tout va bien à présent ? 🙂

    1. C’était un gros rhume qui s’est transformé en mal de gorge + rhume. C’est de la faute de mon collègue qui m’a fait participer à la fête de la science. Il fallait installer le stand et le jeudi soir quand je suis rentrée à 20h00 chez moi, toute la pluie m’est tombée dessus. Le samedi, quand je suis descendue du rer, j’ai fait tombée le caddie, qui a failli être importé par le train mais heureusement des gens m’ont aidée. J’ai failli plus mal finir 🙂

  2. Bonjour,
    Je suis tombé sur votre blog en faisant des recherches sur Pierre Cendors, que j’aime beaucoup et sur lequel j’aimerais créer un site/blog. Bravo pour vos notes de lecture. J’avoue avoir été fasciné par les livres de cet auteur et plus particulièrement par son dernier en date, Les fragments Solander, que je vous conseille vivement.
    Bonnes lectures!

    1. Bonjour,
      je viens juste de découvrir Pierre Cendors. Je suis d’accord que ces livres sont fascinants (c’est un peu comme Vila-Matas, on a l’impression qu’il y a la construction d’une œuvre cohérente plutôt qu’une suite de romans). J’ai acheté Les fragments Solander et je vais le lire très vite. Merci de votre visite.
      Cécile

  3. Je crois qu’il publie aussi un recueil de poésie l’année prochaine. Il y a également le très beau Rimbaudelaire Road, dans la veine poétique.
    Je suis d’accord avec vous, on a l’impression de découvrir des pièces d’un puzzle (son oeuvre) qui se met en place avec chaque nouvelle publication.
    Bonnes lectures! 😉

    1. Je suis moins poésie mais j’avais quand même envie de le lire car cela doit aussi valoir le coup (pour moi) avec cet auteur. Je vais m’intéresser à Rimbaudelaire Road dans ce cas pour faire une transition dans un univers où je n’ai pas l’habitude de m’aventurer.

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