Bonsái de Alejandro Zambra

Quatrième de couverture

Julio rencontre un vieil écrivain qui cherche un assistant pour dactylographier son dernier roman, mais il n’est pas retenu.

Pour donner le change à María, sa maîtresse occasionnelle, il décide d’écrire un manuscrit qu’il fait passer auprès d’elle pour celui du romancier. Il s’inspire de son histoire d’amour passionnelle avec Emilia, huit ans plus tôt, lorsqu’ils étaient tous deux étudiants en littérature et que chacun prétendait avoir lu Proust…

Où commence la fiction, où s’arrêtent les souvenirs ? Dans ce va-et-vient entre littérature et réalité, les sentiments deviennent aussi complexes et fragiles que l’architecture délicate du bonsaï.

Bonsaï a été porté à l’écran par Cristián Jiménez.

Mon avis

Cela ne se passe pas du tout dans l’ordre décrit par la quatrième de couverture. Celle-ci raconte la deuxième partie du livre sans raconter la première. On commence par suivre l’histoire d’amour avec Emilia. On nous « ellipse » la rupture dans ses détails tout en nous disant quand elle a eu lieu. Puis on retrouve Julio plus tard dans les bras de María, sa voisine. Il cherche à l’impressionner en expliquant qu’il retranscrit le manuscrit d’un très grand écrivain. Quand il n’est pas retenu pour ce travail, il s’enferre dans un mensonge en écrivant son propre manuscrit qui s’inspire de l’histoire qu’il a eu plus tôt avec Emilia.

Alejandro Zambra ne se soucie pas franchement de nous faire comprendre la chronologie de son histoire (je n’ai pas compris combien de temps passait entre chaque histoire). Le caractère des personnages n’est pas très fouillé. Il est comme évanescent. On le sent à travers la manière de raconter mais il ne nous est pas décrit par le menu. Dans le deuxième livre que j’ai de l’auteur dans ma Pile À Lire, il est écrit que l’écriture de Alejandro Zambra  se rapproche de celle de Jean Echenoz (il n’a quand même pas son talent d’après moi). C’est exactement cela : il y a un narrateur extérieur qui a regard tendre et ironique sur ses personnages.

Ce qui est intéressant dans le livre, c’est aussi la mise en abîme. Vous ne savez plus si les personnages des livres dont on parle se comportent comme les personnages de notre roman ou si c’est l’inverse. C’est particulièrement bien fait à deux reprises. La première fois quand Emilia et Julio se conduisent comme les personnages de la nouvelle de Macedonio Fernández Tantalia. La deuxième est quand Julio écrit le livre qui va s’appeler bonsaï et qu’il s’achète un bonsaï pour faire comme son personnage (pas pour se documenter mais pour réellement l’imiter).

Par contre, je suis déçue de l’édition : il y a des fautes dans les prénoms, dans la quatrième de couverture et dans le livre, ainsi que quelques coquilles. Sur un livre de 90 pages, je trouve cela assez dommage.

Une lecture sympathique mais pas franchement inoubliable.

Références

Bonsái de Alejandro ZAMBRA – traduit de l’espagnol (Chili) par Denise Laroutis (Rivages, 2008)

2 réflexions au sujet de « Bonsái de Alejandro Zambra »

  1. J’ai lu il y a peu son dernier roman traduit en français, « Personnages secondaires » et je pourrais copier-coller bon nombre de tes observations, notamment sur le narrateur et la chronologie.

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