Éduquer les taupes de Guillermo Fadanelli

Quatrième de couverture

Dans les années 1970, contre l’avis du reste de la famille, un père décide d’envoyer son fils à l’Académie militaire de Mexico. Une véritable odyssée commence pour l’enfant qui ne comprendra jamais la cause du châtiment paternel dont il a été l’objet. Brutalement arraché à l’insouciance et à ses camarades, il se trouve plongé dans cet enfer terrestre où terreur et humiliation étaient le lot quotidien. À onze ans, il découvre que le monde est à l’image de sa nouvelle école : un pénitencier peuplé d’ambitions et de cruautés inutiles.

En grande partie autobiographique, Éduquer les taupes est un roman malicieux, témoignage de ces années d’initiation où, pour survivre, le héros n’avait pour toute compagnie que son imagination et ses peurs.

Mon avis

J’appréhende toujours un peu la littérature mexicaine car j’ai le souvenir de Carlos Fuentes où je n’avais absolument rien compris aux allusions culturelles. Pour ce livre-ci, l’écriture est « normal », comme un livre écrit par un Européen ou un Américain du Nord. Pourtant, il y a des choses qu’il me semble ne pas avoir saisi.

La quatrième de couverture raconte très bien ce qui se passe. À cela s’ajoute la description de la famille et surtout des problèmes de famille du héros. On n’a du mal à comprendre notre héros car c’est le héros vieilli qui parle en se faisant passer pour l’adolescent (c’est encore plus flagrant quand le narrateur vieilli se met à intervenir pour nous expliquer sa manière d’écrire). Il n’y a pas de recul par rapport aux évènements mais il n’y a pas d’incarnation de l’adolescent. À onze ans, le héros semble déjà adulte dans ses raisonnements et ses actions. Il semble être quelqu’un qui n’a jamais commis de grosses ou même de petites bêtises (à un moment dans l’histoire, on nous explique qu’il aime le football mais on a du mal à y croire). Il est demi-pensionnaire et pas en internat ; pourtant il ne semble pas avoir de vie le soir.

Il manque aussi tout le contexte social, amical, la personnalisation du père et de la mère dans le sens où il devrait être un peu plus incarné à mon avis. On arrive à sentir la grand-mère (chez qui toute la famille vit) mais le père et la mère reste absent. Ils interviennent sans qu’on puisse les comprendre. Cela contribue à laisser le lecteur à l’extérieur du roman à mon avis.

L’autre chose qui contribue à laisser à l’extérieur du roman, c’est l’impression que l’auteur règle ses comptes mais que finalement, on n’a rien à faire au milieu du champ de tir car il n’a pas fini de digérer ce que ses parents lui ont fait en l’envoyant dans une Académie militaire. Ce qui semble avoir déclenché la narration, c’est la mort du père et de la mère. On a le droit à des attaques bien senties (genre ma mère aimait se faire détester de tout le monde ; nous on ne sent pas pourquoi ni comment ou même en quoi cela l’a gêné mas c’est pas grave) qui ressemblent à de la private joke. C’est d’ailleurs les seules phrases dont l’écriture est un peu recherchée.

En conclusion, ce n’est pas une lecture désagréable mais on reste à l’extérieur. Je vais essayer de lire un livre non autobiographique pour lui laisser une seconde chance à ce Guillermo Fadanelli.

Lu dans le cadre des 12 d’Ys dans la catégorie des auteurs latino-américains (à mon avis, je ne le finirai jamais ce challenge vu que je lis toujours dans les mêmes catégories).

Références

Éduquer les taupes de Guillermo FADANELLI – traduit de l’espagnol (Mexique) par Nelly Lhermillier (Christian Bourgois, 2008)

7 réflexions au sujet de « Éduquer les taupes de Guillermo Fadanelli »

  1. C’est le titre de cet auteur que j’ai envie de lire, surtout parce que je garde un souvnir très vif du roman de Vargas Llosa sur le même thème : « La ville et les chiens » et que « Boue » m’avait plu.

    1. J’ai été hier à la librairie et j’ai acheté sur tes conseils La ville et les chiens. Boue est à la bibliothèque. Je vais tenter si tu dis que cela t’a plu.

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