Borges et les orangs-outangs éternels de Luis Fernando Verissimo

Quatrième de couverture

‘Vogelstein, célibataire, la cinquantaine, vit à Porto Alegre en compagnie de ses livres et de son chat, Aleph. L’invitation de la Société Israfel à participer à un congrès sur Edgar Allan Poe est pour lui l’occasion inespérée de se rendre à Buenos Aires et de réaliser le rêve de sa vie : rencontrer Jorge Luis Borges. Mais, quelques heures avant l’inauguration, l’un des participants, Joachim Rotkopf, est sauvagement assassiné dans sa chambre d’hôtel dont les fenêtres sont closes et la porte, bien sûr, fermée de l’intérieur. Intrigué, Borges invite Vogelstein, unique témoin du drame, à lui raconter dans quelles circonstances il a découvert le corps, qui gisait à terre dans une mare de sang, appuyé contre un miroir et dans une étrange position. Vogelstein et Borges se livrent alors, dans la bibliothèque du maître argentin, à un jeu de déductions érudites et désopilantes, sous l’invocation de Poe, l’écrivain qui inventa « les histoires de détective, la parodie des histoires de détective et les anti-histoires de détective ».

Mon avis

Vous allez avoir le droit à un billet d’hystérique parce que ce livre regroupe tout ce que j’aime et même plus. Bien sûr, j’ai adoré. Qui aurait pu en douter ?

Il y a d’abord l’enquête. J’avais trouvé avant la fin (c’est sans doute à force de lire des romans à énigmes) mais l’auteur tisse son filet au fur et à mesure avec brio et intelligence. Il mêle des histoires « littéraires », des histoires policières classiques (j’ai trouve que parfois cela rappelait Agatha Christie notamment avec le personnage du narrateur).

Il y a les personnages qui m’ont plu. Bien sûr Borges est Borges mais donc les autres personnages sont comme dans un roman d’Agatha Christie. On sait tout de suite qui ils sont ; ils sont très typés. Ils ont un côté agaçant et on s’attend au pire (car c’est forcément ce qui se passe quand on met des gens agaçants ensemble)(c’est pareil dans les transports en commun). Vogelstein, notamment, m’a épaté par son côté très admiratif (dans le sens de groupie) envers Borges mais aussi par son côté très sûr de lui lorsqu’il faut prendre des décisions. Pourtant, il a un côté obsessionnel qui fait peur (il a poursuivi Borges pendant vingt-cinq ans à cause d’une histoire de traduction).

Le pompon, c’est quand même le jeu littéraire entre Borges et Poe. Il me donne envie de lire le premier (comme à chaque fois que je lis un livre sur lui comme le texte de Vargas Llosa mais il me semble être écrivain inaccessible pour mon petit cerveau)(le libraire m’a dit que je me faisais des idées mais bon) et de me replonger dans le second. Il utilise bien sûr Double Assassinat dans la rue Morgue (les orangs-outangs sont très présents dans le livre) mais aussi d’autres nouvelles que je n’ai pas lu. Cela me donne envie. Il y a sûrement des références moins évidentes mais je n’ai pas su décrypter.

Ce qui est bien avec ce type de livre, c’est qu’on sent que l’auteur s’est amusé à monter son truc mais qu’il a aussi voulu jouer avec le lecteur.

Voilà, c’est tout. Si vous avez d’autres romans du même genre à me conseiller, n’hésitez pas !

Références

Borges et les orangs-outangs éternels de Luis Fernando VERISSIMO – traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich (Seuil, 2004)

Première parution en portugais en 2000.

Les orangs-outangs éternels du titre sont des orangs-outangs à qui on aurait donner un moyen d’écrire. Si ils vivaient éternellement, d’après une certaine théorie, ils écriraient tout ce qui a déjà été écrit dans la littérature et même un chef d’œuvre supplémentaire. Je ne sais pas si cette loi asymptotique a déjà été formulée en mathématiques …

2 réflexions au sujet de « Borges et les orangs-outangs éternels de Luis Fernando Verissimo »

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