Borges et les orangs-outangs éternels de Luis Fernando Verissimo

Quatrième de couverture

‘Vogelstein, célibataire, la cinquantaine, vit à Porto Alegre en compagnie de ses livres et de son chat, Aleph. L’invitation de la Société Israfel à participer à un congrès sur Edgar Allan Poe est pour lui l’occasion inespérée de se rendre à Buenos Aires et de réaliser le rêve de sa vie : rencontrer Jorge Luis Borges. Mais, quelques heures avant l’inauguration, l’un des participants, Joachim Rotkopf, est sauvagement assassiné dans sa chambre d’hôtel dont les fenêtres sont closes et la porte, bien sûr, fermée de l’intérieur. Intrigué, Borges invite Vogelstein, unique témoin du drame, à lui raconter dans quelles circonstances il a découvert le corps, qui gisait à terre dans une mare de sang, appuyé contre un miroir et dans une étrange position. Vogelstein et Borges se livrent alors, dans la bibliothèque du maître argentin, à un jeu de déductions érudites et désopilantes, sous l’invocation de Poe, l’écrivain qui inventa « les histoires de détective, la parodie des histoires de détective et les anti-histoires de détective ».

Mon avis

Vous allez avoir le droit à un billet d’hystérique parce que ce livre regroupe tout ce que j’aime et même plus. Bien sûr, j’ai adoré. Qui aurait pu en douter ?

Il y a d’abord l’enquête. J’avais trouvé avant la fin (c’est sans doute à force de lire des romans à énigmes) mais l’auteur tisse son filet au fur et à mesure avec brio et intelligence. Il mêle des histoires « littéraires », des histoires policières classiques (j’ai trouve que parfois cela rappelait Agatha Christie notamment avec le personnage du narrateur).

Il y a les personnages qui m’ont plu. Bien sûr Borges est Borges mais donc les autres personnages sont comme dans un roman d’Agatha Christie. On sait tout de suite qui ils sont ; ils sont très typés. Ils ont un côté agaçant et on s’attend au pire (car c’est forcément ce qui se passe quand on met des gens agaçants ensemble)(c’est pareil dans les transports en commun). Vogelstein, notamment, m’a épaté par son côté très admiratif (dans le sens de groupie) envers Borges mais aussi par son côté très sûr de lui lorsqu’il faut prendre des décisions. Pourtant, il a un côté obsessionnel qui fait peur (il a poursuivi Borges pendant vingt-cinq ans à cause d’une histoire de traduction).

Le pompon, c’est quand même le jeu littéraire entre Borges et Poe. Il me donne envie de lire le premier (comme à chaque fois que je lis un livre sur lui comme le texte de Vargas Llosa mais il me semble être écrivain inaccessible pour mon petit cerveau)(le libraire m’a dit que je me faisais des idées mais bon) et de me replonger dans le second. Il utilise bien sûr Double Assassinat dans la rue Morgue (les orangs-outangs sont très présents dans le livre) mais aussi d’autres nouvelles que je n’ai pas lu. Cela me donne envie. Il y a sûrement des références moins évidentes mais je n’ai pas su décrypter.

Ce qui est bien avec ce type de livre, c’est qu’on sent que l’auteur s’est amusé à monter son truc mais qu’il a aussi voulu jouer avec le lecteur.

Voilà, c’est tout. Si vous avez d’autres romans du même genre à me conseiller, n’hésitez pas !

Références

Borges et les orangs-outangs éternels de Luis Fernando VERISSIMO – traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich (Seuil, 2004)

Première parution en portugais en 2000.

Les orangs-outangs éternels du titre sont des orangs-outangs à qui on aurait donner un moyen d’écrire. Si ils vivaient éternellement, d’après une certaine théorie, ils écriraient tout ce qui a déjà été écrit dans la littérature et même un chef d’œuvre supplémentaire. Je ne sais pas si cette loi asymptotique a déjà été formulée en mathématiques …

Aspic – Détectives de l’étrange de Thierry Gloris et Jacques Lamontagne

Présentation de l’éditeur (du premier tome)

De la plus célèbre médium que consultait le tout-Paris ne reste aujourd’hui que deux globes oculaires sanguinolents parmi les débris de poupées de porcelaines jonchant le sol …

Ne se croirait-on pas dans un feuilleton à deux sous dont la population raffole… ? Pour Auguste Dupin, fin limier et scientifique pointilleux, l’explication est logique, il suffit de la trouver. C’est sans compter sur son extravagante assistante, Flora Vernet qui, récemment diplômée de Polytechnique, voudrait bien voler de ses propres ailes.

Une femme diplômée, voyez-vous ça… La futilité féminine reprendra bientôt le dessus, Dupin en est certain. Flora est têtue, ambitieuse et audacieuse. N » en déplaise au rigoriste « enquêteur-phénoménologue », il devra compter avec son imaginative assistante pour faire toute la lumière sur cette cruelle affaire !

Mon avis

J’ai découvert cette bande dessinée grâce au forum de la SSHF. Elle est juste trop géniale mais j’ai peur qu’il n’y ait que deux tomes. Pour les couleurs et le graphisme, elle ressemble un peu à Vieille bruyère et bas de soie : il y a un côté Disney dans les couleurs (les nouveaux, hein …). Un côté lumineux et très réel, des personnages qui sortent des vignettes. Les dessins des personnages sont très intéressantes car je pense que le dessinateur a cherché à amplifier les expressions des personnages surtout chez Flora Vernet et ses fameuses colères et chez Auguste Dupin le côté hautain et chez Hugo Beyle (un des personnages qui s’avère être un fantôme), le côté étrange (quelle coiffure !) Ce sont des points que j’ai beaucoup aimé mais dont je ne peux pas trop parler car je n’y connais pas grand chose en dessin ou en couleur.

Mais l’histoire !!! Il fallait oser mélanger la cousine de Sherlock Holmes (je suis sûre que vous aviez tout de suite capter que Vernet était le nom de la grand-mère de Holmes ; le petit clin d’œil final à Sherlock Holmes est très drôle), Auguste Dupin (celui de Edgar Poe) et l’étrange (les fantômes, les voyants). J’ai trouvé que c’était une très bonne idée finalement de faire enquêter Dupin et Vernet en parallèle et faire les enquêtes se rencontrer après (et surtout de montrer à Auguste Dupin et à son ami policier que les femmes peuvent mener une enquête et même la sauver !) Les dialogues des querelles entre Flora et Dupin sont savoureux.

Que des bonnes choses pour cette bande dessinée qui m’a enthousiasmé !

Un autre avis

Celui d’Allie.

Références

Aspic – détectives de l’étrange

  • tome 1 : la naine aux ectoplasmes (2010)
  • tome 2 : l’or du vice (2011)

de Thierry GLORIS (scénario) et Jacques LAMONTAGNE (dessins et couleurs) (Quadrants)

La ville absente de Ricardo Piglia

Présentation de l’éditeur

Le gaucho invisible, la petite fille rousse, la jeune fille muette … Mais aussi Mac Kensey, qui a reconstruit son cottage en Patagonie et vit suspendu aux ondes de la BBC, un professeur hongrois spécialiste du Martín Fierro incapable d’apprendre l’espagnol, la danseuse du Majestic folle d’un gangster coréen. Autant d’histoires auxquelles se mêlent des personnages historiques tels Macedonio Fernández ou Evita Perón, qui naissent, se modifient à l’infini et s’enchevêtrent autour d’Elena, être étrange, mi-femme, mi machine. Dansce roman aux multiples récits, chacun tente d’échapper à ses obsessions, celles qui traversent toute l’oeuvre de Ricardo Piglia – au coeur du langage et du temps.

Mon avis

Je vais vous résumer l’histoire de manière très simple : le journaliste Junior Mac Kensey part à la recherche de l’inventeur, Macedonio Fernández, et du concepteur d’une machine qui trouble (déconcerte ? déstabilise ?) les temps modernes (le pouvoir ? la ville ?). C’est une machine qui invente des histoires à partir d’histoires déjà écrites. Le récit de cette recherche est entrecoupée des histoires inventées par la machine, notamment à partir d’une nouvelle de Poe William Wilson.

Je trouve que tout cela fait une base très intéressante. Il y a une vraie réflexion sur le langage, la littérature, le rapport de la littérature au pouvoir. C’est un livre d’une extrême complexité. Bernard Quiriny a dit dans Le Magazine littéraire que « La ville absente fait partie de ces livres qu’il faut lire plusieurs fois pour en percer les mystères ». C’est un euphémisme.

Je n’avais rien compris au livre jusqu’à la page 54. À cette page, apparaissent les noms de Cambaceres (de la même famille qu’un juriste du temps de Napoléon) et de Erdosain. Devant mes yeux, il y avait  le Dictionnaire des littératures hispaniques (paru chez Bouquins, très bon livre en passant). Je l’ouvre et là j’apprends que Eugenio Cambaceres est un célèbre écrivain argentin (jamais traduit en France au passage si j’ai bien vu). Ensuite, je cherche Erdosain, mais là pas d’entrée sur ce nom. Au passage, je cherche Macedonio Fernández qui a ce moment du roman n’était que cité sous le nom de Macedonio. Je découvre alors que lui aussi est un grand écrivain argentin (lui traduit en français par contre) et qu’il a entre autre écrit Musée du roman de l’éternelle. Je vais donc à l’entrée qui résume ce roman (car dans La ville absente, on parle de musée, je me dis qu’il doit y avaoir un rapport). Et là je me rends compte qu’en fait La ville absente est un hommage au roman de Fernández.

Je cherche ensuite sur internet le nom de Erdosain. Je trouve sur le site des éditions Zulma une explication de 44 pages de toutes les références du roman par son traducteur, François-Michel Durazzo. Elle est ici et vous sera sûrement plus utile pour voir quelle est la nature de ce roman que mon billet car elle est particulièrement bien rédigée. On y apprend notamment que Erdosain est un personnage récurrent des romans de Roberto Arlt (dont Les sept fous est un chef d’œuvre, plus disponible en France même pas dans les bibliothèques autour de chez moi). Après avoir lu ces explications, vous commencez à goûter un peu plus au roman et à vous ranger derrière la phrase de Bernard Quiriny. La première lecture vous permet juste de comprendre l’histoire (et encore après l’explication du traducteur) mais vous serez juste incapable de comprendre toutes les références à la littérature argentine et à la littérature européenne et américaine (on y parle même d’une nouvelle d’Henry James Le dernier des Valerii).

En conclusion, on peut saluer les éditions Zulma de publier un tel livre, brillant et érudit si il en est, mais qui risque d’avoir quelques difficultés à trouver un large publique surtout quand on voit que la plupart des références argentines ne sont pas accessibles facilement en France. J’entendais l’autre jour à la télé une personne qui se plaignait que la mise à disposition pour le public français de classiques  étrangers (autres que britanniques et américains) étaient plutôt mauvaises. C’est dommage tout de même car cela risque de rendre difficile une deuxième lecture.

Références

La ville absente de Ricardo PIGLIA – roman traduit de l’espagnol (Argentine) par François-Michel Durazzo (Zulma, 2009)

Morella de Edgar Poe

Autant vous le dire, c’est le deuxième billet que je fais sur cette très courte nouvelle parce que je viens de fermer accidentellement la fenêtre où j’avais écrit l’autre (bien évidemment sans enregistrer). L’idée c’était de continuer l’exploration des nouvelles de Poe par cette donc très courte nouvelle, cinq pages dans l’édition Bouquins (conseillé par une fan de Poe), intitulée Morella. Elle a été publié dans une première version aux États-Unis en 1835 et en France dans la traduction de Charles Baudelaire en 1853. Son sujet principal pourrait se résumer en la vie après la mort.

Ce prénom étrange de Morella est celui d’une feme qui a tous les savoirs. Il aurait été inspiré à l’auteur par Juliana Morella, petite fille née en 1595 en Catalogne et à l’érudition immense (je n’ai pas trouvé dans Wikipédia. Un sujet qu’ils n’ont pas traité, c’est assez exceptionnel.) Ici, Morella n’est pas une petite fille mais une femme, elle aussi pleine de savoir et qui se passionne pour les « écrits mystiques qui sont généralement considérés comme l’écume de la première littérature allemande« . Notre narrateur, anonyme, devient son ami puis son mari même si

mon âme, dès notre première rencontre, brûla de feux qu’elle n’avait jamais connus ; mais ces feux n’étaient point ceux d’Éros.

Le narrateur voue en réalité une sorte d’admiration sans borne et cherche à se familiariser avec le sujet d’étude de sa femme, les écrits mystiques. Au fur et à mesure de son étude, le narrateur et Morella en viennent à discuter essentiellement de ce sujet. En même temps, il n’arrive toujours pas à comprendre le « mystère » et la « nature » de sa femme ; ils agissent sur lui comme un « charme ». Le narrateur va de plus en plus abhorrer sa femme.  L' »attouchement de ses doigts pâles », « le timbre profond de sa parole musicale », « l’éclat de ses yeux mélancoliques » lui tapent sur le système ; il en vient à souhaiter la disparition de sa femme. Le pire c’est que Morella s’en rend compte. Alors, quand celle-ci meurt en donnant naissance à une petite fille, ces dernières paroles sont les suivantes :

Je répète que je vais mourir. Mais en moi est un gage de cette affection. Ah ! quelle mince affection que tu as éprouvée pour moi, Morella. Et quand mon esprit partira, l’enfant vivra, ton enfant, mon enfant à moi, Morella. Mais tes jours seront des jours plein de chagrin, de ce chagrin qui est la plus durable des impressions, comme le cyprès est le plus vivace des arbres. Car les heures de ton bonheur sont passées, et la joie ne se cueille pas deux fois dans une vie

Le nouveau père va adorer son enfant. Cependant il va observer que de jour en jour, la petite fille va ressembler physiquement et intellectuellement de plus en plus à sa mère. Il va même jusqu’à la priver du regard des autres et surtout ne pas la nommer de peur de ce qui pourrait arriver. Parce que chez Poe, il n’y a rien de simple dans le fait qu’une fille ressemble à sa mère…

Dans l’édition Bouquins, on nous explique qu’un critique a vu dans cette nouvelle la vie de Poe. Morella serait la mère de Poe et la petite fille la femme de Poe, Virginia, dont il est tombé amoureux quand elle n’était encore qu’une enfant. Il y a des gens qui vont vraiment chercher très loin !

Mon avis pas forcément éclairé. J’ai été un peu déçue par cette nouvelle (même si la fin rattrappe le début) parce que elle m’a paru moins fouillée et plus brouillon, même si il y a tout un raisonnement qui oppose les gens qui croient en la vie après la mort et les autres, notamment Locke dont Poe détourne le raisonnement de manière habile. Je pense que j’ai eu cette impression parce que la nouvelle n’est pas situé dans l’espace ni dans le temps. Il n’y a donc pas l’impression d’horreur qui pourtant est si bonne dans d’autres de ses nouvelles.

En conclusion, il faut enregistrer ses billets au fur et à mesure.

Références

Morella (traduction de Charles Baudelaire) dans Contes-Essais-Poèmes de Edgar Allan POE (Bouquins, 1989)

Les amis du crime parfait de Andrés Trapiello

Présentation de l’éditeur

Le club des Amis du crime parfait réunit périodiquement, dans un café madrilène, un groupe hétéroclite d’amateurs de romans policiers. À son programme, des discussions animées sur les grandes figures du genre et, surtout, l’élaboration collectivee d’un chef-d’oeuvre, la mise au point d’un crime parfait. Chaque « ami » est désigné par le nom de son héros fétiche : Poe, Maigret, Nero Wolfe, Perry Mason, ou encore Sam Spade, le narrateur de son vrai nom Paco Cortés. Dans cette Espagne de la fin des années 1980, la démocratie est encore fragile, et l’actualité offre de la matière à la littérature noire, à commencer par le coup d’État du 23 février 1981. C’est dans ce contexte que le beau-père de Paco, alias Sam, est assassiné. Il ne reste plus qu’à mener l’enquête sur les raisons de la mort de ce sulfureux personnage …

Les Amis du crime parfait mêle avec humour un jeu sur les codes littéraires à une réflexion sur l’écriture de la mémoire. Il a été couronné du prix Nadal en 2003.

Mon avis

Je dois cette lecture à Frisette qui a su me tenter avec son titre accrocheur : « un roman inclassable à découvrir ». Bien sûr, je la remercie pour cette belle découverte. Vous trouverez d’autres avis sur blog-o-book. Après vous avoir parlé des avis des autres, je vous parle du mien !

Au départ, ce qui m’intéressait c’était l’aspect policier, pas l’enquête policière (j’ai lu les avis qui disaient qu’il n’y en avait pas vraiment) mais le fait que chaque protagonistes avaient le nom d’un personnages de l’univers policier, film ou livre. Je pensais que l’auteur allait plus jouer là-dessus. Plus clairement, dans mon idée, il leur aurait donné les caractéristiques de chacun des personnages sans pour autant que ce soit eux, et ainsi avoir plus de champ. Ce n’est pas le cas. Par exemple, pour Poe, visiblement le protagoniste a le même physique, la même capacité de raisonnement mais n’a pas vraiment le côté maudit. Maigret a la langueur du personnage mais n’a pas son intelligence. Idem pour Miss Marple. L’auteur ne joue pas assez là-dessus à mon avis. Une fois que j’ai compris ça je me suis concentrée sur deux autres points du livre qui sont vraiment bien.

Le premier c’est l’aspect crime parfait. Existe-t-il un crime dans la vraie vie ou dans la littérature. Si oui, quels sont ces caractéristiques ? C’est là où on retrouve un des fils rouges de mes lectures : la différence entre fiction et réalité. Pour être plus honnête, c’est là où l’idée de l’auteur d’appeler ces protagonistes comme des personnages célèbres est intéressante. Parce que quand il les appelle par leurs pseudos c’est de la fiction, sinon c’est de la réalité. C’est la seule chose qui permet de distinguer les deux dans le roman. Si on ne fait pas attention à cela, l’impression est justement de vivre dans une sorte d’irréalité construite à partir de la réalité et des romans policiers (je n’ai pas commencé le réveillon avant l’heure). En gros, on flotte. J’ai trouvé cet aspect du livre particulièrement réussi. En plus, cela m’a donné une folle envie de lire le livre de Thomas de Quincey : De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts (je remercie au passage ma libraire de quartier de l’avoir eu en stock). Il y a aussi pages 228 et 229 toute une liste de romans que je me suis empressée de noter parce que je suis en manque de lecture.

Le deuxième aspect intéressant, qui est plutôt le second plan du livre, c’est le portrait de l’Espagne des années 1980 (je dirais que c’est plutôt première moitié de la décennie, pas la fin comme le dit le livre), quelques années après la mort de Franco, encore très peu stable au niveau politique. C’est aussi une Espagne qui reste marqué par la guerre civile, la guerre mondiale. Il y a les personnages qui ont vécu ces événements mais aussi la génération d’après, qui en marre qu’on lui parle de ça. Si j’ai bien compris c’est un thème récurrent dans l’oeuvre d’Andrés Trapiello. Plus qu’intéressant, j’ai trouvé ce portrait de l’Espagne instructif.

Pour ce qui est l’aspect enquête policière, il faut être patient. À la page 230 il y a le meurtre, et après une enquête de 100 pages résolu par un Pablo Cortés a qui on a du souffler la solution avant.

En conclusion, je reprendrais le titre de Frisette : un roman inclassable à découvrir !

Références

Les amis du crime parfait de Andrés TRAPIELLO – traduit de l’espagnol par Caroline Lepage (Quai Voltaire, 2009)

The american boy de Andrew Taylor

Mon premier vrai gros livre en anglais. 485 pages ! Je suis très fière … C’est presque aussi bien que quand j’ai lu mon premier roman en français sans images et qui faisait plus de 250 pages. J’avais choisi ce livre parce que je croyais que le héros était Edgar Poe (« the american boy ») mais en fait ce n’est qu’un personnage très très secondaire (si on faisait jouer le film, il aurait peu de dialogue mais beaucoup de figuration).

On est en Angleterre, à Londres et dans ses environs, en 1819. Thomas Shield devient professeur au collège dirigé par Mr. Bransby. Il a en particulier comme élèves Charles Frant et Edgar Poe, deux petits garçons d’une dizaine d’années qui se ressemblent étrangement. Thomas Shield devient plus ou moins « ami » avec les deux enfants car il prend leur défense devant des plus grands. À ce titre, il est plus souvent à leur service que leur professeur. Il emmène les enfants chez leurs parents, les reprend … Un jour, il voit un homme attendre devant la maison des Frant. Il va s’avérer qu’il est en réalité à la recherche d’Edgar (il s’est trompé d’enfant) qui lui vit chez son père adoptif Mr. Allan. L’inconnu s’avère être le véritable père d’Edgar, Mr. Poe. Le temps que cela soit découvert, il y a plein de quiproquos qui font que Mr. Frant s’inquiète pour son fils et vont transformer Thomas Shield en enquêteur, ce qu’il ne cessera d’être jusqu’à la fin du livre.

Un jour, Mr. Frant est retrouvé mort, défiguré et assassiné. C’est Thomas Shield qui va le reconnaître. Charles Frant est retiré de l’école. Thomas Shield devra lui servir de précepteur. Il fera alors connaissance avec la famille. Mr. Frant était associé dans une banque qui appartenait à la famille de sa femme (Sophie ou Sophia Frant (l’auteur n’est pas très fixé), ex Marpool). En effet, la mère de Sophie était une Wavenhoe, famille de banquier. Il y a aussi l’oncle de Sophia, George qui est très vieux et surtout très mourant et Stephen Carswall, cousin de George (homme très très vieux et surtout très manipulateur) qui a une jeune fille : Flora. Bien sûr Thomas va tomber amoureux de Sophia et de Flora.

Avant la mort de George Wavenhoe, Stephen Carswall va manipuler George pour qu’il donne la propriété qui devait revenir à Sophia (maintenant veuve) à Flora. Ainsi, il garantit un bien à sa fille et en même temps il rend Sophia et son fils dépendante. J’ai aussi oublié de signaler que la banque a fait faillite après la mort de Mr. Frant suite à la découverte de plein de magouilles.

Là dessus se greffe un autre américain : Mr. Noak dont on va découvrir au fur et à mesure pourquoi il est là.

Je ne vous ai raconté peut être qu’un dixième des péripéties. Il se passe toujours un truc même si c’est très sage comme rebondissement. Mais chaque détail compte. À la fin vous pensez que tout le monde est coupable et vous vous retrouvez un peu perdu quand on vous annonce le dénouement qui sembla à l’auteur évident d’après ce qu’il nous a dit avant. C’est un très bon livre (on se demande pourquoi il n’est pas traduit en français).

Le seul reproche que je ferai c’est que l’histoire aurait pu être raconté sans Edgar Poe (par contre pas sans le père). Andrew Taylor semble le prendre comme un prétexte surtout dans l’épilogue quand il se raccroche aux branches pour lier les événements à la mort de Poe trente ans plus tard.

Pour ce qui est du niveau d’anglais, je l’ai trouvé un peu difficile au début surtout dans ce qui était des descriptions du mobilier ou même des personnages. Au fur et à mesure je me suis prise au jeu et j’ai trouvé que cela se lisait plutôt bien.

Il ne me reste plus qu’à trouver quelqu’un pour le traduire en français pour savoir si j’ai bien compris.

Références

The american boy de Andrew TAYLOR (Harper Perrenial, 2003)

The mystery of Mary Rogers de Rick Geary

Je me suis inscrite au challenge de Bladelor : Lire en VO. Il s’agit de lire 6 ou 12 ou plus de livres dans une langue étrangère. J’ai choisi l’anglais parce que mon russe est plutôt très scolaire et je ne me vois pas lire Anna Karénine en VO.

Pour vous situer mon niveau d’anglais (parce qu’en général c’est ce qui intéresse dans ce type de billet : la personne qui écris à quel niveau ? est-ce que moi aussi je peux comprendre), j’ai l’habitude de lire des articles scientifiques, plus exactement de mathématiques et c’est la seule chose que je lis couramment. Pour comprendre ces articles, il faut une très grande maitrise des mots de liaison (mais, ou, et, donc, or, ni, car et autres : donc c’est plus que facile) et surtout du franglais : les concepts sont tous traduits au mot à mot et les équations il n’y a pas plus universel. En plus, les articles sont en grande majorité écrit par des non-anglophones qui ont un peu près le même niveau. Par contre, quand j’essaye de lire un article d’actualité ou un classique, je ne comprends qu’un mot sur deux (et encore je suis généreuse). J’ai découvert récemment que je pouvais des livres modernes par contre (il n’y a que deux/trois mots dans une page que je connais pas mais j’en devine le sens). Ça c’est grâce à Jane Austen et ses « sequels ». En conclusion, je suis très très loin d’être billingue et mon niveau est scolaire … Ça vous donne une idée pour quand je vais vous dire que c’est un niveau d’anglais compliqué ou pas trop.

Quoi de plus simple pour lire un livre en anglais que de commencer par une BD. Si il y a un mot que vous ne comprenez pas, il y a le dessin !!! Donc, j’ai choisi une histoire que je connais : celle de l’assassinat de Mary Rogers. Oui, oui, rappelez vous je vous en ai déjà parlé pour la nouvelle de Poe. Ici, l’auteur reprend le fait divers, les protagonistes, l’enquête (baclée), les idées de Poe sur le sujet, la conclusion. Mais surtout à la fin, il donne une liste de questions qui n’ont toujours pas de réponse (comme si demain vous alliez à New York et que vous alliez enquêter). Dans l’ensemble, l’histoire est bien résumé et surtout bien mise en scène. Pour ce qui est du niveau d’anglais, il y a une trentaine de mots que je ne connaissais pas mais c’est une BD donc comme je vous le disais, les dessins expliquent le sens !

Par contre, le gros bémol que je mettrai c’est sur les dessins. Ils sont en noir en blanc (on ne devine pas trop je trouve à la couverture) et ils sont dessinés de telle manière que tout au long de ma lecture, j’ai eu envie de prendre mes crayons de couleur. Les femmes ont des moustaches de chat (peut être que c’était pour figurer les rides mais en tout cas c’est raté). Les expressions des visages sont trop accentué ; l’auteur ne met à mon gout pas assez en valeur les yeux. C’est important je pense de signaler que c’est à mon goût (d’européenne voir de française) et que c’est une bande dessinnée américaine (c’est donc peut être une adaptation au meurtre « victorien » des fameux comics).

En conclusion, une mise en perspective de l’histoire plutôt efficace mais desservie par les dessins. Dommage !

Références

The mystery of Mary Rogers de Rick Geary (A treasury of Victorian murder – ComicsLit, 2001)

L'ombre d'Edgar Poe de Matthew Pearl

Quatrième de couverture

Baltimore, automne 1849. L’avocat Quentin Hobson Clark est le témoin fortuit des funérailles d’Edgar Poe – un étrange enterrement auquel seulement quatre personnes assistent… Troublé, le jeune homme entend élucider le mystère qui entoure la mort de cet écrivain qu’il admire entre tous, et laver ainsi l’honneur souillé de celui que la presse présente comme un dévoyé.

ses recherches ne le menant nulle part, Clark décide de tourner le dos à la bonne soicété baltimorienne et d’embarquer sur-le-champ pour la France. Son intention ? Retrouver l’homme ayant sevi de modèle au chevalier C. Auguste Dupin, héros de plusieurs contes d’Edgar Poe habile à démêler les intrigues les plus inextricables, pour qu’il l’aide à tirer l’affaire au clair. À Paris, Clark fait la connaissance de deux hommes – le baron Claude Dupin et le détective Auguste Duponte – qui peuvent tous les deux revendiquer la paternité du personnage. Mais lequel est le véritable Dupin ?

En consacrant son deuxième roman aux derniers jours de la vie d’Edgar Poe, Matthew Pearl choisit de s’attaquer à l’une des plus grandes énigmes de l’histoire littéraire : la mort, demeurée inexpliquée, de celui qui est considéré – ironie du sort – comme l’inventeur du roman policier. Pearl a eu l’idée géniale et machiavélique de confier aux héros inventés par l’auteur des Histoires extraordinaires le soin de mener eux-mêmes l’enquête sur la disparition de leur créateur…

Mon avis

Je me sens toujours un peu bête de ne pas avoir aimé un livre que tout le monde a aimé mais alors dans le cas contraire, je ne vous dis pas c’est encore pire. Si vous voulez voir des avis mitigés (celui de Keisha) à très négatifs, je vous renvoie vers les liens de BOB. Le mien sera plutôt assez bon. J’ai trouvé que c’était facile à lire sans véritablement de recherche au niveau de l’écriture cependant. Je ne pense pas que c’est ce qui est à rechercher dans un tel livre. Pour ce qui est de l’histoire ce que j’ai regretté c’est qu’à mon avis il y trop de Dupin par rapport à peu de Poe. En effet malgré que le roman soit centré sur la mort de Poe, le fait qu’il y ait compétition entre les deux Dupin possibles fait qu’on se focalise plus sur cette question (Dupin a-t-il existé ? Lequel est-ce ?) Finalement, l’auteur se rappelle qu’on aimerait bien savoir comment Poe est mort au chapitre 35. Par contre, quand il le fait, c’est à la manière de Dupin : j’ai cru lire une résolution comme dans les contes de Poe. Notamment, la méthode utilisée par Auguste Duponte et Quentin Clark m’a semblé très proche de celle utilisée par Dupin et son acolyte. En cela, le livre est un bel hommage à Poe.

En plus, j’ai été flatté (c’est peut-être un peu fort, ça m’a plutôt fait rire) que l’auteur et moi ont ait eu la même idée. L’autre jour, je feuilletais un livre de ma bibliothèque : Des mathématiciens de A à Z de Bertrand Hauchecorne et Daniel Surreau (je vous prierai de ne pas rire : on ne peut pas avoir que des livres glamour dans sa bibliothèque) pour avoir des informations sur le mathématicien Duhamel, quand je vois en tournant la page un mathématicien du nom de Charles Dupin dont les travaux portent « sur la mécanique et la géométrie différentielle. Ses résultats principaux concernent la théorie des surfaces et en particulier l’étude de leurs lignes de courbure. » Je ne sais pas en quoi cela peut aider pour résoudre des énigmes mais quand je l’ai lu j’étais persuadée que Poe s’était inspiré de ce Dupin parce que j’avais entendu dans Mauvais genres de France Culture que Poe était très fort en mathématique ! Je suis très prompte à ce type de rapprochement… Je n’ai pas compris pourquoi Clark l’a écarté de ses candidats potentiels. Moi personnellement, je l’aurais choisit. Si quelqu’un connaît un livre où c’est le cas, n’hésitez pas en commentaire…

C’était l’annecdote du jour. Je reviens bientôt avec un nouveau billet quand j’aurais combattu ma flemmingite aigue.

Attention ! Demi-Spoiler !!! J’ai trouvé très astucieux la réponse de Duponte pour savoir ce qui avait donné ce nom de Dupin : ça fera forcément sourire une blogueuse qui a le livre dans sa PAL si j’ai bien compris. Fin du demi-spoiler !

Merci à MADmoiselle d’avoir réussi à réveiller mon intérêt pour ce livre !

Références

L’ombre d’Edgar poe de Matthew PEARL – traduit de l’américain par Viviane Mikhalov (Robert Laffont , 2009)

Je signale au passage pour les fans de Dickens que le prochain livre de Matthew Pearl portera sur Edwin Drood !

Nevermore de William Hjortsberg

Quatrième de couverture

Dansle New-York des années 20, Nevermore commence avec la découverte macabre d’un double meurtre particulièrement horrible dans le quartier de Hell’s Kitchen. La police patauge jusqu’à ce que, de crime en crime, une évidence s’impose : le meurtrier met chaque fois en scène une nouvelle d’Edgar Poe.

Il ne faudra rien de moins que les efforts conjugués de Houdini et de Sir Arthur Conan Doyle pourvenir à bout du mystère.

La vraie histoire entre Houdini et Conan Doyle

Vous vous demander sûrement comment Houdini, le magicien et roi de l’évasion américain (d’origine hongrois : je vous le dis parce que je ne le savais pas) et Conan Doyle, l’écrivain britannique ont pu se connaître et surtout comment ils ont pu être amis alors que l’un faisait du prosélitisme pour le spiritisme (Doyle) et l’autre était un fervent détracteur de ce même spiristisme qu’il assimilait plutôt à du charlatanisme (que de mot en isme !). Il y a une célèbre annecdote à ce sujet. Conan Doyle aurait organisé une séance avec Houdini pour que celui-ci parle avec sa chère mère disparue. Quand elle est enfin « apparue », elle a fait le signe de croix. Houdini en a été offusqué parce que sa mère était juive ! Conan Doyle lui répond qu’elle s’est convertie dans l’au-delà.

J’ai fonc fait quelques recherches (qui se sont résumées à la lecture de ma bio de Doyle mais pour ma défense elle est en anglais) pour vous en dire plus à propos de cette étrange amitié (il y a même un livre sur le sujet) qui leur permet de résoudre des énigmes en tout cas fictivement !

Ils font connaissance quand Houdini envoie à Doyle, en mars 1920, son livre The Unmasking of Robert Houdin (1908). Dans ce livre, censé rendre homage à Robert Houdin, rénovateur de la magie, et faire une petite histoire de cet art, mais qui en vient à parler spiritisme à propos des frères Davenport qui ont réussi à reproduire les résultats des spirites convaincus. Doyle répond à Houdini que d’après lui, les frères Davenport et même Houdini ont en réalité des talnts pour le spiritisme! il faut savoir qu’au départ Houdini a écrit à Doyle en pensait que ça ferait bien sur son CV de connaître le père de Sherlock Holmes. Il est donc estomaqué de la réponse du sir britannique mais il poursuit cependant la correspondance. Un peu plus tard dans l’année, les deux hommes se rencontrent car Houdini vient se produire en Angleterre. À cette occassion, Doyle lui fait faire plein de séances spirites mais Houdini n’est pas du tout convaincu ! Il retourne aux États-Unis au mois de juillet. Ils se revoient une deuxième fois quand Doyle débarque le 9 avril 1922 avec trois de ses enfants et sa femme Jean pour faire une tournée expliquant le spiritisme en Amérique. C’est pendant ce voyage que se situe l’action du roman ! Houdini invite Doyle chez lui le 10 mai. Le britannique est surpris de voir le nombre de livres dans la bibliothèque du magicien qui concerne le spiritisme (pour combattre une idée, mieux vaut la connaître à fond, c’est élementaire mon cher Doyle !). Ce même soir, Houdini tente de prouver à l’auteur que la plupart des spirites sont des magiciens ou des illusionnistes. Il lui fait un tour plus qu’exceptionnel (vous devez lire le livre pour savoir lequel : je ne me sens pas de le décrire vu que je n’ai pas compris). Doyle est bluffé (comme le lecteur) mais remet sur le tapis que Houdini a sûrement des dons spirites ! Le 2 juin, Houdini invite Doyle au banquet annuel de la société des magiciens américains à l’hôtel McAlpin de New York (il y aussi un passage sur ce banquet mais il ne s’y passe pas du tout la même chose). Au début Doyle refuse parce qu’il ne veut pas qu’on se moque de lui. Pour le convaincre, Houdini lui permet de faire un discours à la fin du banquet. Doyle remercie les magiciens d’aider à convaincre les faux spirites mais les enjoit de ne pas juger ce qu’ils ne comprennent pas. Plus tard, Doyle invite Houdini et sa femme Bess à Atlantic City. C’est au cours de ce séjour que se déroule la fameuse séance dont j’ai parlé plutôt (très bien décrite dans Nevermore). Les deux hommes restent cependant amis car Houdini ne dit pas sa véritable opinion. Il la dira en octobre 1922 (après le départ de Doyle des États-Unis ; ce n’est pas tout à fait ce qui se passe dans Nevermore) : après 25 ans de recherches, « he had never seen or heard anything that could convince me that there is a possibility of communications with the loved ones who had gone beyond ». Dès lors, leur lien se distend quelque peu, chacun restant sur ses positions…

Mon avis

C’est un roman policier assez sympathique à lire. On devine facilement le coupable (parce qu’il y a un seul « méchant » et une médium bizarre). La principale originalité du livre est de nous faire connaître cette étrange amitié entre Houdini (j’ai trouvé Houdini un peu trop fier de sa personne) et Doyle. On le voit bien ci-dessus : l’auteur a fait des recherches et a su mêler habilement faits rééls et fictions en s’arrangeant avec la réalité pour que ça colle mieux avec son histoire. Il ne s’en cache d’ailleurs pas dans la préface. En cela, c’est diférent des livres du même type (où on fait intervenir des personnages historiques) où en général on brode sur les personnages secondaires et on exploite le manque d’informations (ou le doute) sur une période donnée.

Pour ce qui nous intéresse ici, Poe apparaît à Doyle comme un spectre l’aidant à résoudre l’énigme. Les meurtres sont aussi commis selon les nouvelles de Poe : il y a deux nouvelles de Dupin (Marie Roget et Rue Morgue), Le Chat noir (je n’aimerai pas mourir comme ça…), Le puits et le pendule, La mort rouge, Hop Frog, Les six orangs-outans, La caisse oblongue et une que je n’ai pas réussi à identifier (une femme morte avec un pic à glace dans le coeur et un corbeau sur la tête). Je n’ai encore pas lu grand chose de Poe ; vous reconnaîterez donc sûrement mieux que moi !

En conclusion, un bon roman (mais pas un grand roman) policier. Sympathique pour une lecture de vacances.

En répondant aux commentaires de MADmoiselle (qui est une connaisseuse de Poe), j’ai cherché des listes de romans ou Poe apparaissaient. J’en ai trouvé deux : une sur wikipedia et une sur Alibis. Pour ceux que ça inttéresse !

Références

Nevermore de William HJORTSBERG – traduit de l’américain par Philippe Rouard (Folio policier, 2000)

Conan Doyle – the man who created Sherlock Holmes de Andrew LYCETT (Phoenix, 2007)

Final séance : the strange friendship between Houdini and Conan Doyle de Massimo POLIDORI (Proetheuse Books, 2001)

Noir corbeau de Joel Rose

Quatrième de couverture

Un corps affreusement mutilé s’échoue sur les rivages de l’Hudson. Nous sommes en 1841 et New York vit des années sombres. L’enquête menée par le vieux Hays patine jusqu’à ce qu’il découvre une nouvelle d’Edgar Allan Poe décrivant exactement le meurtre de la jeune Mary. L’inspecteur rencontre le poète, qui prétend pouvoir résoudre l’énigme…

Quelques remarques sur ce livre

Ce livre prend comme point de départ la mort de Mary Rogers (que je vous ai décrit avant-hier, je sais que je suis en retard). Il mêle habilement personnages rééls et personnages fictifs :

  • le vieux Hays, chef de la police new-yorkaise depuis quarante six ans ! C’est pour dire qu’il connaît les bas fonds comme les milieux aisés de sa ville. Il a vu mourir ses quatre fils et sa femme. Il ne lui reste que sa fille Olga, trentre trois ans et celibataire pour s’occuper de lui. Celle-ci travaille dans l’édition en tant qua traductrice-correctrice. C’est une fan inconditionnel de Poe auquel elle tente d’initier son père.
  • la famille Colt : trois frères mais on n’en voit que deux. Samuel est celui qui a inventé le revolve, le fameux colt des séries télé. John Colt est le comptable qui se croyait écrivai. Alors quand son imprimeur Samuel Adams vient lui expliquer que sa prose est nulle et que quand elle est correct, les rumeurs font qu’elle n’est pas de lui mais de Poe, il pète un plomb et tue Monsieur Adams. Après il cache le corps das un colis qu’il essaye d’expédier à la Nouvelle-Orléans. Manque de chance, le bateau sera retardé et on découvrira le corps à cause de l’odeur. Il sera condamné à mort (même suspecté du meurtre de Mary Rogers car il a mis une fille enceinte sans être marié). Il meurt (ou réussit à s’évader ?) dans l’incendie de la prison le jour de son mariage avec la fille enceinte et de son exécution.
  • Il y a aussi les bas-fond, ceux des gangs de Leonardo Di Caprio. Le personnage principal est Tommy Coleman, chef des Quarante Voleurs. Inculpés du meurtre de sa femme, sa fille et de son rival (un chef d’un autre gang), il est condamné à mort et se retrouve dans le couloir de la mort en même temps que John Colt.
  • Bien sûr Poe est présent. Il sera longtemps accusé du meurtre de Mary Rogers à cause de sa Marie Roget qu’il annonçait comme la divulgation du coupable (Joel Rose dit qu’il l’a édulcoré par la suite). Il y a aussi sa femme-cousine et sa belle-mère-tante, les femmes Clemm. On voit l’auteur dans ce qu’a été sa vie et surtout sa déchéance. L’auteur arrive même à éclaircir la mort de l’auteur !

Il y a une foultitude de personnages secondaires : les personnages de l’affaire Mary Rogers, le gotha littéraire de New-York… Au final, on a ici un formidable roman d’ambiance (il paraît que ça ressemble à L’aliéniste de Caleb Carr : je ne peux pas vous dire car je n’ai pas lu) qui nous décrit le New-York des années 1840. Je ne le classerai pas comme thriller (ce qu’ont fait les éditions Points) mais plutôt comme un roman policier où le contexte est plus important que l’enquête. On se demande parfois où l’auteur veut en venir en nous décrivant toutes ces situations. Mais pour avoir tout lu, je peux vous dire que c’est un divertissement fort habilement construit et un excellent moment de lecture.

Il ne me reste plus qu’à démêler le vrai du faux !

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Références

Noir corbeau de Joel ROSE – traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville (Points – collection Thriller, 2008)