L’oeil du purgatoire de Jacques Spitz

Quatrième de couverture

Vous connaissez le passé, imaginez le futur, redoutez le présent : il vous reste à découvrir le « présent vieilli », ce temps inédit inventé par Jacques Spitz dans un roman phénoménal considéré comme un des classiques du roman d’anticipation français. Son héros, un peintre raté résolu au suicide, va vivre une expérience hors du commun qui le conduira où nul n’est allé : inoculé par un savant fou, un bacille s’est attaqué à sa vue et lui permet de voir le monde et les êtres tels qu’ils seront dans un futur proche. Mais ce qui n’était qu’une étrange expérience devient une aventure effarante lorsqu’il réalise que le temps se dilate et qu’il « voit » de plus en plus en avant. Livre haletant sur le cauchemar d’un homme seul au milieu d’un univers en déréliction, L’œil du purgatoire est un roman unique qui réussit à pousser une logique jusqu’à son extrême limite avec une audace et une intelligence qui ont laissé pantois ses admirateurs. Il est impensable de ne pas proposer de nouveau à ceux qui croient que la littérature, mieux que n’importe quel art, doit nous permettre d’explorer les confins et les mystères de notre imaginaire.

Mon avis

Je continue dans la série roman avec des sciences dedans et/ou écrit par des scientifiques. Mais là, attention coup de cœur de moi ! C’est pour contrebalancer mon autre avis d’aujourd’hui.

J’ai entendu parler de Jacques Spitz (1896-1963) dans l’émission Mauvais Genres et bien sûr, j’ai cherché qui était ce monsieur. J’ai vu que L’Arbre vengeur publiait un de ses livres, je n’ai plus hésité ! Jacques Spitz est un polytechnicien qui a travaillé apparemment une dizaine d’années en tant qu’ingénieur conseil. Ensuite, il s’est consacré à la littérature.

Pourquoi coup de cœur ?

L’idée est brillante. On a déjà écrit sur la vision que l’on a du futur, sur le présent si on modifiait le passé mais à ma connaissance (il faut dire que dans ce genre de littérature, elle est assez faible donc si vous voyez d’autres titres je suis preneuse) jamais sur ce que nous, et uniquement nous, nous deviendront dans le futur. J’ai passé du temps à comprendre pourquoi le narrateur ne voyait pas le futur. Tout simplement parce que ce n’est pas le but. Il ne voit que le futur d’objets ou de personnes existant dans le présent. Cela permet de se rendre compte (pour ceux qui en douteraient) de ce que nous sommes dans l’histoire de la Terre et même de notre propre pays. La réponse est bien sûr pas grand chose (c’est une découverte pour le peintre vaniteux qu’est le narrateur). J’ai adoré l’idée de faire vivre les idées (et non les âmes) plus longtemps que les corps, et de voir la pérennité de certaines idées.

À part l’idée géniale, Jacques Spitz est un écrivain, un vrai, qui peut vous faire passer des émotions, des idées à travers une phrase. Le style est celui de la phrase longue, maîtrisée. Les transitions pour les changements d’idée se font à l’intérieur de la phrase sans en avoir l’air par une maîtrise de la langue française incroyable. Bien sûr, quand un livre m’a plu, je n’ai souligné aucun passage … Mais je l’ouvre pour rédiger ce billet et tout m’éblouit. Par exemple :

« Des coups pareils vous dégoûtent du travail, et de vous même par dessus le marché ! Je suis rentré avec ma toile sous le bras. Si lâche que j’ai essayé de reprendre, de l’éclaircir, de donner ce qu’on attendait de moi. Mais je me suis vite aperçu qu’il éatit impossible de ressembler à l’image que les autres se font de vous, et de guerre lasse, je suis allé faire un tour. » (page 15)

« Rencontré Babar, plein à son ordinaire d’apéritifs et de projets qui n’aboutissent jamais. En deux minutes, il m’a proposé de concourir pour une affiche, de décorer un petit bistrot, de former un groupe de moins de trente ans. Entre chaque projet, il trempait sa trompe dans son verre perpétuel. Moi, les projets ça me fatigue et, si j’en fais, ils ratent toujours. » (page 29)

Ma conclusion sera simple : c’est un livre à lire absolument !

Références

L’œil du purgatoire de Jacques SPITZ (L’Arbre vengeur, 2008)

6 réflexions au sujet de « L’oeil du purgatoire de Jacques Spitz »

  1. Je ne connaissais pas du tout (m’enfin je ne connais pas le quart du dixième des livres que tu présentes ici de toute façon XD j’suis trop inculte), mais tu donnes très envie (là ma PAL te remercie pas) et je note le titre dans un coin de mon petit cerveau.

    1. Je peux dire la même chose pour ton blog. Tu insinues donc que nous sommes aussi incultes l’une que l’autre. Il y a trois des romans de Jacques Spitz qui sont chez Bragelonne !!!!! (ils étaient pas chez Gibert). Sinon, il est vraiment juste trop bien !!!!

  2. j’avais posté un commentaire l’autre jour et il n’apparaît pas ! Je disais avoir lu ce roman dès 1999 en bibliothèque, l’avoir considéré d’emblée comme un chef-d’oeuvre incontournable et m’être empressé de l’acheter dès sa réédition annoncée chez l’Arbre vengeur. De Jacques Spitz, il y a eu aussi L’homme élastique et la Guerre des mouches.

    1. C’est de ma faute. En fait, quand vous passiez vos commentaires (que j’ai lu), mon frère faisait le transfert de mon blog. Les commentaires qui ont été fait après n’ont pas été transféré. Je les ai reçu par mail et je voulais les remettre sur le blog pour pouvoir y répondre. Le problème est qu’en semaine j’ai moins de temps à consacré au blog. Je m’en occupe ce soir normalement.
      Ce qui est de Jacques Spitz je suis tout à fait d’accord : ce livre est clairement un chef d’œuvre. Je me suis promise d’acheter et de lire La Guerre des mouches pour voir si c’était du même acabit.

  3. A la même époque que Jacques Spitz, il y a eu André de Richaud, dont les éditeurs seraient bien inspirés d’exhumer sa géniale « Nuit aveuglante », introuvable depuis 40 ans, que j’ai la chance de posséder dans ma bibliothèque : je présenterai ce roman au cours d’un café littéraire qui projette de célébrer le souvenir d’André de Richaud qui repose à Althen Les Paluds (heureusement que j’habite le Vaucluse !). C’est l’histoire de la malédiction d’un homme qui ne peut plus se débarrasser d’un masque de diable écarlate adhérant à son visage.

    1. Encore un auteur que je ne connais pas ! Apparemment, il y en a pas mal de disponible en epub (pour voir si j’aime mais La douleur me tente bien déjà) et Nuit aveuglante semble encore disponible chez Verdier. Ce sera si j’aime mais j’ai d’ores et déjà noté.

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