Deux livres de Maria Judite de Carvalho

Quatrième de couverture

À trente-huit ans, Jô n’a ni passé, ni avenir, et quelquefois se refuse à avoir un présent. La vie est vide et grise, un tissu d’événements sans intérêt, dépourvus de sens. Le temps passe, les choses se couvrent de couches successives de poussière. Son existence – comme celle des autres – est dans une impasse, Jô le sait bien. Elle aurait aimé avoir un enfant, rien que cela, un enfant. Elle aurait pu épouser Artur, puisqu’il est libre : mais il tient à le rester justement, et puis, il a déjà une fille. En plus, l’hiver arrive et ça ne lui vaut rien. Et Paula, qui lui raconte sa vie au téléphone, est-elle vraiment une amie ?

Quatrième de couverture

Après la mort de son mari, Graça revient habiter la maison vide de son enfance. Elle tourne en rond, accablée par ses souvenirs. Elle revoit son père, autoritaire et inflexible ; sa jeune belle-mère qu’elle a surprise en train d’embrasser le cousin Vasco, dont elle était elle-même amoureuse. Elle repense aux huit années qui se sont écoulées avant qu’elle les trahisse, les dénonce à son père … Elle est obsédée par l’image de ce père furieux qui l’a chassée et qui st mort sans lui pardonner.

Mon avis

Chacun de ces deux livres fait moins de 100 pages et j’ai mis six jours à les lire : ce sont les fameux livres que j’ai lu pendant la non moins fameuse féria d’Alès. Je vais éviter de vous faire un commentaire hautement littéraire (inutile de vous dire que déjà complètement réveillée et concentrée pendant mes lectures, j’ai déjà du mal à faire un commentaire même pas forcément littéraire alors dans ces conditions).

Le premier livre m’a déprimé parce que j’y ai vu ma future vie (j’ai retenue qu’il ne fallait surtout pas chercher à épouser un banquier célibataire avec une fille quasi majeure mais pas encore mariée et qui ne veut pas d’autres enfants ; si j’avais à choisir je serais la maîtresse d’un critique littéraire parce qu’il pourrait ramener les livres à la maison, je pourrais les lire sans y être obligée et en plus, je ne serais pas obligée d’écrire des billets sur ces livres tout en ne payant pas mes livres et donc du coup en devenant très riche : c’est ma version de la vie de princesse parce que je sais que cela n’arrivera jamais).

Plus sérieusement, les deux livres parlent de la même chose : des femmes qui vivent dans leurs têtes avec énormément de regrets (un ancien amoureux avec qui on aurait pu être heureux et celui d’avoir été écartée de sa famille par son père à la suite de la dénonciation), des femmes qui supportent leur entourage proche (mère, amie, domestique) sans sourciller malgré tout ce qu’elle peuvent penser, des femmes qui rêvent une autre vie. Dans les deux livres, elles auront la possibilité de vivre une nouvelle vie (de savoir ou de partir et de tout plaquer) et elles vont toutes les deux choisir de rester dans leurs vies étriquées (comme des huitres qui rentrent dans leurs coquilles quand on approche ; d’un autre côté elle ne l’ont jamais quitté leurs coquilles, les huîtres). Je n’ai pas compris du coup et je me suis dis qu’il me manquait quelque chose pour comprendre, soit sur l’histoire du Portugal, sur l’histoire littéraire du pays, sur Maria Judite de Carvalho elle-même (1921-1998, femme de l’écrivain portugais Urbano Tavares Rodrigues) car il m’a semblé que ces deux femmes étaient scellées dans leurs destins comme si elle ne pouvait pas s’en affranchir (et non qu’elles ne voulaient pas) et pourtant elle n’éclaircit pas cela dans les livres (je suis restée dans le doute en gros).

Le deuxième m’a cependant beaucoup plus convaincue que le premier à cause d’un procédé qui cependant nécessite beaucoup d’attention à la lecture : les allers-retours incessants entre passé et présent se font par des éléments de décors et la narratrice divague. De même, dans ce deuxième livre, il y a un dévoilement progressif d’une intrigue : qui Graça attend ?

Ces deux livres sont accompagnés d’une autre parution, Les Idolâtres, aux éditions de la différence, celle de nouvelles qui mêlent « fantastique et science fiction ».

Références

Paysage sans bateaux de Maria Judite de CARVALHO – récit traduit du portugais par Simone Biberfeld (collection Minos – La Différence, 2011)

Ces mots que l’on retient de Maria Judite de CARVALHO – récit traduit du portugais par Simone Biberfeld (collection Minos – La Différence, 2011)

8 réflexions au sujet de « Deux livres de Maria Judite de Carvalho »

  1. Ton billet m’amuse beaucoup : être la maîtresse d’un critique !!! je crois que je choisirai si je pouvais être la maîtresse cachée d’un très grand écrivain …
    je note tes restrictions mais je vais garder les références pour voir d’un peu plus près la littérature portugaise

    1. Tu n’aurais pas peur d’avoir à faire à un artiste tourmenté ? Et tu crois qu’ils reçoivent tant de livre que cela. Je n’oserais tout de même pas visé le prix Nobel. C’est seulement la deuxième fois que je lis de la littérature portugaise mais je sais que j’ai un des livres de son mari dans ma PAL à Paris (parce qu’il était conseillé par l’ouvrage 1001 livres qu’il faut avoir lu …). Sinon, j’avais lu Lidia Jorge, cela m’avait bien plu mais sans plus.

  2. Me too, ton billet m’a beaucoup plu 🙂
    En parlant des éditions Minos, j’ai trouvé La maladie blanche de Karel Capek chez Gibert c’est bien celui-là que tu as ?) et j’ai hâte de le lire !

    1. J’ai les deux par ta faute évidemment. Il faut que je lise … Du coup, personne ne dira rien pour m’aider à mieux comprendre la littérature portugaise.

  3. Textes malheureusement truffés de fautes d’orthographe, alourdis d’une grammaire bancale et d’une syntaxe à l’avenant. C’est dommage.

    1. Je ne sais pas si vous parlez de moi. Si c’est le cas, j’aime apprendre de mes erreurs. N’hésitez pas à me corriger. C’est comme cela que l’on progresse. Si vous parlez des textes de Maria Judite de Carvalho, vu ce que j’ai dit avant, je pense que vous comprendrez que je ne peux me permettre de parler de ces points ; je me contente d’exprimer mon ressenti de lectrice.

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