Deux dans la nuit de Gérard Haller

Quatrième de couverture

Il l’attire, la fait s’allonger à côté de lui. Ils se regardent. Longtemps. Au bord on dirait l’un de l’autre comme ça se retenant de tomber. Puis, se penchant sur elle, l’homme commence à lui caresser les jambes, le sexe ; elle se laisse faire. Ouvrir, oui. Elle l’aide, fait venir pour lui les eaux d’avant. C’est là. Embrassez-moi. C’est là le cœur du cœur dedans où sont les larmes et la mer d’avant mêlées. Elle voudrait qu’il vienne maintenant. Je t’en prie. Viens ! Et l’homme prend le visage de la femme dans ses mains et elle voit la nuit dans ses yeux et il lui ferme les yeux.

Viens ! répète la femme.

Je vais te tuer, dit l’homme.

Ça m’est égal.

Gérard Haller, poète, livre avec Deux dans la nuit son premier récit.

Mon avis

Pour résumer l’histoire, c’est une fille qui tombe amoureuse d’un tueur en série qui en a fait sa cible. L’histoire est quand même assez particulière et franchement, je ne lui aurais pas trouvé plus d’intérêt que cela. Mais, il y a l’écriture de Gérard Haller qui a changé tout ça. Le point de vue adopté est intimiste. On n’est pas dans un thriller, un roman noir ou quoi que ce soit de ce genre. Il n’y a pas de sensationnalisme. Comme indiqué sur la quatrième de couverture, Gérard Haller est poète et il emploie son art pour nous décrire cette histoire d’amour. Je crois que c’est la bonne surprise de ce livre : la découverte d’un écrivain, d’une voix hors-norme. J’aimerais vous donner un autre extrait que celui de la quatrième de couverture (que je trouve particulièrement mal choisi) :

21 heures. Dehors la nuit commence à tomber. Il pleut. Allongé sur le lit, l’homme éteint et rallume plusieurs fois de suite la lampe, faisant durer les noirs de plus en plus longtemps. Puis, dans le noir, prend la photo de la femme et la place près de sa tête sur l’oreiller. Passe son doigt sur les lèvres, les paupières closes. Qu’est-ce que tu veux. Il demande, il voudrait que ça s’arrête. Aide-moi il dit, il faut que tu m’aides.

Un tout petit avis pour un tout petit livre : 98 pages seulement !

Références

Deux dans la nuit de Gérard HALLER (Galilée, 2010)

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