Cranford de Elizabeth Gaskell

Il est enfin sorti ! Je l’ai commandé dès que j’ai vu sur le flux RSS du blog des éditions de l’Herne et je peux vous dire qu’il n’est pas resté longtmps dans ma Pile À Lire. C’est un roman assez étrange parce qu’il n’y a pas vraiment d’histoire très définie mais c’est plutôt la vie de la petite ville de Cranford dans les années 1840. Je n’avais pas compris cela au départ donc je me demandais où Elizabeth Gaskell voulait en venir. Au fur et à mesure, on s’habitue au rythme et alors là c’est vraiment un roman très très drôle avec toutes ses annecdotes de la vie quotidienne. Pour vous donnez une petite idée, voilà la première page qui vous donne une meilleure idée de ce qu’est Cranford :

Disons, pour commencer, que Cranford est aux mains des Amazones ; au-dessus d’un certain loyer, ses demeures ne sont occupées que par des femmes. Si jamais un couple marié vient s’installer en ville, d’une manière ou d’une autre, le monsieur disparaît ; tantôt il finit par mourir tout simplement de peur, à l’idée d’être le seul homme à fréquenter les soirées de l’endroit ; tantôt il a une bonne raison d’être absent, puisqu’il se trouve qui avec son régiment, qui sur on navire, qui tout à fait accaparé par ses affaires d’un bout à l’autre de la semaine, dans ce haut lieu du commerce qu’est Drumble, la métropole vosine, distante de vingt miles seulement par le chemin de fer. Bref, les messieurs, quel que soit leur sort, sont absents de Cranford. D’ailleurs, que feraient-ils, s’ils vivaient là ? Certes, le médecin fait sa tournée d’une bonne trentaine de miles, pour voir ses malades, et revient dormir à Cranford, mais tout le monde ne peut pas être médecin. Et pour ce qui est de veiller à ce que les jardins bien tenus soient emplis de fleurs ravissantes, sans être défigurés par une seule mauvaise herbe ; d’éloigner les petits garçons qui couvent ces fleurs ravissantes d’un regard plein d’envie, à travers la clotûre ; de fondre sur les oies qui s’aventurent à l’occasion dans ces jardins bien tenus, si l’on oublie d’en fermer la grille ; de trancher toutes les questions de la littérature et de politique sans s’embarasser de raisons ou de discussions ou de discussions superflues ; de faire régner un ordre admirable parmi les soubrettes propres comme des sous neufs ; de faire preuve de bonté (quelque peu tyrannique) envers les pauvres et de sincères et tendres soins les unes envers les autres chaque fois qu’elles sont dans l’affliction, les dames de Cranford y suffisent amplement.

Maintenant que vous êtes familiarisés avec Cranford, passons aux personnages principaux (en fait il y en a plein). La narratrice est Mary Smith ; c’est une femme vers les 27-28 ans (c’est l’idée que je m’en fais). Elle n’est pas de Cranford. Son père et elle ont déménagé à Drumble où celui-ci fait des affaires mais le coeur de Mary reste à Cranford où elle fait des séjours réguliers chez les demoiselles Jenkyns, deux vieilles filles. Il y a Deborah, parangon de vertu, modèle de la bonne société de Cranford. dans tous les domaines. Elle fait autorité. Il y a aussi Mathilda, ou Matty, qui elle est toute douceur et se laisse un peu dirigé par sa soeur. Il y a Miss Pole, véritable commère (les autres le sont aussi mais moins), Mrs Forrester (qui est toute humble). Il y a aussi Mrs Jamieson, un peu plus élevé dans l’échelle sociale que les autres (et elle en profite !), Lady Glenmire, Dr. Hoggins ..

Finalement, Cranford est un roman qui vaut particulièrement pour sa galerie de personnages et les interactions (jugements changeants, cancans …) entre eux mais pas trop pour l’histoire. Je suis en train de visionner l’adaptation de la BBC 2007 et elle décrit parfaitement cette ambiance ; les acteurs sont tellement expressifs que la caricature en devient géniale. La scène où le chat fait ses besoins dans la botte pour récupérer la vieille dentelle m’a fait mourir de rire autant dans le livre que dans la série ! Je retourne à mon DVD…

D’autres avis

Ceux de Chinchilla (avec son avis sur d’autres nouvelles), d’Isil. Je suis sûre qu’il y a d’autres avis mais je n’arrive pas à les trouver …

Références

Cranford d’Elizabeth GASKELL – traduit de l’anglais par Béatrice Vierne (L’Herne, 2009)

7 réflexions au sujet de « Cranford de Elizabeth Gaskell »

    1. J’ai vu l’adaptation en DVD. Je l’ai trouvé parfaite car elle respecte l’esprit de l’œuvre sans la suivre à la lettre.

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