Le dossier Robert de Karsten Dümmel

Présentation de l’éditeur

Leipzig, RDA, à la fin des années soixante-dix. Parce qu’il se bat pour la liberté d’expression, Robert, jeune diplômé, docteur ès sciences, est astreint à laver des carreaux à longueur d’année. Il aime Maria, une jeune femme engagée, qu’il a rencontrée dans un cercle de littérature. Elle est fichée par la Stasi. Tous deux projettent de quitter le pays. Mais un jour, Maria disparaît mystérieusement…

À travers une mosaïque de destinées bouleversées, de vies confisquées, ponctuée de rapports de surveillance lapidaires, l’histoire d’amour et de résistance de ce jeune couple nous plonge au coeur d’une société où tout savoir, tout connaître, savoir qui est qui éradiquent le droit au bonheur. Avec une précision du détail qui fait froid dans le dos et un laconisme terrifiant, le Dossier Robert dissèque l’existence de deux êtres dans sa vérité la plus brutale.

Mon avis

J’ai pris ce livre à la librairie parce que je trouvais la couverture fantomatique. À force, vous commencez à bien me connaître. Les couvertures ne sont jamais comme je crois qu’elles sont. Ici, il y a deux amoureux qui se promènent dans des bois où il y a des statues blanches qui les regardent et où le bas des arbres est blancs (au début je pensais que c’était le soleil qui éclairait le bas des arbres mais dans ce cas je ne comprends pas la perspective). Pour une fois, je vais donner un sens à ce bas des arbres. Les deux amoureux c’est Maria et Robert, les statues blanches qui surveillent c’est la Stasi et les arbres blancs, c’est les fantômes qui les entourent (des fantômes passés mais surtout les gens qui entourent les deux amoureux). Les statues sont parmi les fantômes parce que  la Stasi est partout même parmi les proches. C’est exactement l’histoire (je suis très forte pour voir dans une image ce que je veux y voir !)

Avec une narration éclatée, parfois un peu difficile à suivre, l’auteur, pour son premier roman, nous décrit une société de fin du monde. Les bâtiments sont abandonnés, les habitants ne sont plus que des souvenirs… Robert est seule avec sa fille dans ce quartier autrefois peuplé (il y a quand même la femme du maçon avec ses enfants). Il a une vie sans attraits depuis que sa femme a disparu du jour au lendemain (ils ont fait une demande pour quitter la RDA). Le narrateur nous décrit alors la vie d’avant. La rencontre au cercle littéraire (mais soupçonné d’être un club pour opposant du régime), les personnes composant ce club… L’écriture de l’auteur donne cette impression de ne voir que des fantômes et pas des personnes. Pour être plus claire, on a l’impression d’être dans un univers blanc, où les gens volent quelques centimètres au dessus du sol (j’insiste sur le fait que ce n’est qu’une impression ce n’est pas écrit dans le livre). Par contre, quand on découvre qui est dans la Stasi, ceux-là retombent sur terre et deviennent des humains avec tous leurs défauts.

En conclusion, c’est un roman sombre (ne lisez pas ça si vous êtes un tant soi peu déprimé) mais superbe dans la manière dont il arrive à nous faire ressentir une époque, une atmosphère.

Références

Le Dossier Robert de Karsten DÜMMEL – traduit de l’allemand par Martine Rémon (Quidam Éditeur, 2009)

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