La ville de pierre de Guo Xiaolu

LaVilleDePierreGuoXiaolu
Quatrième de couverture

Jiang Corail Rouge a vingt-huit ans et vit à Pékin avec Zhuzi, comme deux bernard-l’ermite dans une coquille qui n’est pas la leur. Un jour, un colis reçu par la poste – une énorme anguille séchée – la ramène longtemps en arrière, à l’époque où elle s’appelait Petit Chien et habitait Shitouzhen, la ville de pierre. Dans ce petit port de pêche battu par les typhons au sud de la Chine, la mer était redoutable et, tous les soirs, les femmes guettaient sur la plage le retour de leurs maris, ces « mendiants de la mer ». Mais si la petite fille de sept ans n’a jamais oublié la ville de pierre, c’est qu’elle y a enfoui en partant un terrible secret et que, dit-elle, rien ne peut se comparer à l’amour et la haine que j’ai éprouvé là-bas.
Cette très belle histoire nous parle de la Chine d’hier et d’aujourd’hui, des blessures fondatrices de l’enfance et de la foi en l’avenir. Sa voix se coule à notre oreille, tout près, avec une grâce et une justesse de ton que le traducteur, Claude Payen, a merveilleusement rendues.

Mon avis

Je pense qu’il y a deux choses que je retiendrai principalement de ce livre : le contraste ville / campagne et la tristesse de la petite fille.
Chien rouge habite avec son ami au rez-de-chaussée d’un immeuble de 24 étages. Ils ont le soleil (et encore pas dans tout l’appartement) 45 minutes le matin, 45 minutes le soir. Ils sentent tout le poids de l’immeuble et de ses habitants sur eux (tout ce qui va dans le sol passe chez eux ce qui peut donner de sacrés désagréments). En résumé, ils subissent leurs vies plus qu’ils ne la vivent. La narratrice dans ce cadre citadin se rappelle son enfance où là aussi les habitants subissent leurs vies. Mais ce qu’ils subissent leur est imposé par la nature et non par d’autres hommes. Ce sont les typhons, les naufrages des bateaux … L’alternance des moments citadins et des moments « campagnards » (moments de son enfance mais aussi moments récents puisque la narratrice retourne dans son village) nous font très bien voir le contraste qui existe dans la Chine moderne
La tristesse de la petite fille est due à sa situation singulière. Sa mère est morte en accouchant sur un bateau. Son père est parti juste après. Elle est élevée par ses grands-parents paternels. Sauf que la grand-mère et le grand-père ne se parlent pas depuis le début de leurs fiançailles parce que la grand-mère était étrangère au village et n’a pas su respecter les traditions. Finalement la petite fille est toute seule et ne peut parler à personne et cette solitude rend une grosse partie du livre assez triste. Par contre, comme j’ai l’impression que c’est souvent le cas dans la littérature chinoise, il y a une sérénité qui se dégage de ce livre malgré ce qu’il nous raconte.
En conclusion, une belle lecture !

D’autres avis

Une biographie de l’auteur chez Florinette
D’autres avis sur ce livre chez Laetitia, Harmony
D’autres livres du même auteur chez Juliann, Karine:), Clarabel
La page de l’auteur

Références

La ville de pierre de GUO Xiaolu – roman traduit du chinois par Claude Payen (Picquier poche, 2006)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.