Le château périlleux de Walter Scott

Je vous préviens tout de suite le billet va être un peu long. Si vous êtes pressés, passez directement au résumé. C'est un billet dont vous êtes le héros 🙂

Contexte historique du Château périlleux

Le 19 mars 1286, Alexandre III meurt en ne laissant comme héritière que son unique petite fille Marguerite, âgée de deux ans. Le problème cést que celle-ci habite la Norvège et n'est pas en âge de se marier pour donner un roi à l'Écosse. Les États réunis à Scone la proclament reine maismettent aussi en place une gouvernance assurée par six "gardiens" : deux évêques, deux comtes, deux barons. Cependan, tous les nobles écossais considéraient que la succession était ouverte (visiblement, il pariait sur la mort de Marguerite). Deux prétendants : Robert Bruce et Jean Balliol. Chacun doit choisir : le pays tourne à l'anarchie. Au printemps 1287, les six "gardiens" envoyèrent un appel à l'aide au voisin d'à côté : Édouard Ier d'Angleterre, grand oncle de Marguerite. À ce moment là, celle-ci ne se trouve toujours pas Écosse. En avril 1290. Édouard Ier convoque à Salisbury une conférence. "Le roi de Norvège accepta d'envoyer Marguerite en Écosse avant la Toussaint, à condition qu'on lui promit que le pays serait en paix pour l'accueillir et qu'elle serait reconnue reine sans contestation." Édouard Ier promit de marier la petite Marguerite avec son héritier. Les Écossais voient cela d'un mauvais oeil : ils ne veulent pas sefaire absorber par la puissante voisine. On cherche à les rassurer par ue jolie formule : l'Écosse demeurera séparée et libre "sauf le droit [du roi d'Angleterre]". Dès lors, Édouard Ier laissa libre cours à son ambition : il nomma l'évêque de Durham comme "gouverneur de l'Écosse" et confisqua tous les châteaux du Sud de l'Écosse.

Peu de temps après avoir débarqué en Écosse, la jeune Marguerite âgée de six ans meurt.

Édouard Ier, de nouveau mandé par l'un des gardiens du royaume pour ramener le calme après cette triste nouvelle, veut placer un roi vassal en Écosse. Il considérait l'Angleterre comme la suzeraine de l'Écosse. Une fois reconnue ce fait, les treize "compétiteurs" au trône d'Écosse reconnurent à Edouard Ier le rôle d'arbitre. Après un premier arbitrage il ne reste que trois candidats : Robert Bruce, Jean Balliol et un anglais John Hastings. En 1292, une commission permit de décider que Jean Balliol serait roi d'Écosse.

Édouard Ier fait subir à Jean Balliol toute une série d'humiliations qui renforce le sentiment antianglais de la population. Édouard Ier, lui-même vassal du roi de France Philippe le Bel, est en conflit ave son suzerain à propos du royaume de Guyenne s'étendant de la Saintonge aux Pyrénées (appartenant à l'Angleterre depuis Henri III). La France et l'Angleterre cherche des alliés. L'Écosse fait partie de ceux de la France ; Jean Balliol revient sur le serment par lequel il reconnaissait le roi d'Angleterre comme son suzerain. D'avril à juillet 1296, l'Angleterre et l'Écosse sont en guerre ; la France ne peut malheureusement pas aider son allié. L'Angleterre "gagne", confisque les châteaux, en donne certains à des Écossais ralliés dont Robert Bruce fils du "compétiteur" de 1292. Jean Balliol s'exile.

Une guerre "civile autant qu'étrangère" s'en suivit. Elle durera soixante et un ans (1296-1357). Comme dans toute guerre (de cette époque) il y a les guerriers légendaires et héroïques. Pour celle-ci ce fut William Wallace (celui de Braveheart) rendu célèbre par le meurtre du sheriff de Lanark à cause d'une rivalité amoureuse. Hors la loi William Wallace se cache dans les forêts, organise un mouvement de résistance, rallie des hommes dont Robert Bruce le petit fils du compétiteur. En 1297-1298, ils accumulent les gloires jusqu'à la bataille de Falkirk où c'est la débacle. William Wallace s'enfuit en France et abandonne son titre de gardien du royaume.

L'unité du mouvement de résistance réalisée autour de sa personne commença à s'effriter. Les vieilles querelles entre les Bruce et les Balliol reprirent. En 1303-1304, l'Angleterre dégagée de sa guerre avec la France se consacra à l'Écosse et accumula les succès militaires. L'apogée fut l'arrestation à Glasgow de William Wallace entre temps revenu de France. Il fut torturé et exécuté à Londres le 23 août 1305. Édouard Ier avait gagné. "Tous les comtes, barrons et évêques d'Écosse lui avaien fait leur soumission ou s'étaient exilés sur le continent."

Le roi d'Angleterre instaura un gouvernement semi-autonome en Écosse. Les châteaux royaux furent occupés par des garnisons anglaises. On se doute que cette pseudo-paix ne peut durer. Robert Bruce qui au fond de lui n'a jamais douté de ses droits au trône d'Écosse rompt en 1306 avec sa ligne proanglaise et rentre en résistance. Il fut couronné à Scone roi d'Écosse le 27 mars 1306 par l'évêque de Glasgow. Autour de lui, il y avait ses fidèles dont sir James Douglas. 

En 1306-1307, Édouard Ier, accompagné par son fils décide de se venger de cet affront par les armes. Cela tourne encore une fois à son avantage. Les terres des Bruce furent pillées et incendiées ; l'Écosse du Sud fut occupée et ravagée par les Anglais. Encore une fois ! Robert Bruce, exilé en Irlande tout l'automne et l'hiver 1306-1307, revient en Écosse où il remporte quelques succès miitaires dont la victoire de London-Hill (décisive dans le roman). 

 

 

Résumé 

C'est donc au début de cette année 1307 que se déroule le roman. Les Anglais occupent le château de Douglas ; ils craignent en permanence une attaque des "rebelles" écossais. Le gouverneur du château porte le nom de sir John de Walton, assisté de Aymer de Valence. Ce sont deux jeunes gens, le premier étant animé par l'amour et le deuxième par la chevalerie. Ils n'arrêtent pas de se disputer de manière très "courtoise" notamment sur le fait que Aymer de Valence a laissé entrer au château un ménestrel du nom de Bertram sans consulter John de Walton, celui -ci craignant que ce soit un espion. En plus, le ménestrel a laissé dans un couvent proche (il y a des prêtres et des bonnes soeurs dans ce couvent) son compagnon Augustin parce que soit disant il avait la peste noire. Il s'avère que cet Augustin c'est Augusta de Berkely qui a promit sa main à Sir John de Walton si il arrive à tenir le château pendant un an et un jour. Quand celle-ci se voit démasquer par Aymer, elle s'enfuit avec une des nonnes: Marguerite de Hautlieu, partisane de l'indépendance écossaise. Lady Augusta tombe dès lors dans les mains de sir James Douglas. Il va s'en servir de monnaie d'échange pour récupérer son château. Que fera John de Walton ? 

Mon avis

J'avoue avoir été très surprise par ce roman. En effet, il est très différent du Coeur du Mid-Lothian où il y avait plein d'histoires parallèles, de personnages secondaires. Ici il n'y a qu'une histoire, peu de personnages secondaires. C'est un roman de chevalerie pure. Il y a l'histoire d'amour très romantique entre Walton et Lady Augusta. C'est dans l'ensemble un bon roman ; on y retrouve l'humour de Walter Scott avec plaisir. Cependant, il y a quelques longueurs et le style est moins fluide que dans Le Coeur du Mid-Lothian. Je crois que cela vient du traducteur : Defauconpret c'est le 19ième siècle, Sylvère Monod le 20ième. Je pense, même si je ne suis pas traductrice, qu'un traducteur met toujours un peu de son époque. Qu'en pensez-vous ?

P.S. Je précise que c'est le dernier roman de Walter Scott.

Références

  • Le Château périlleux de Sir Walter SCOTT – roman traduit de l'anglais par Defauconpret (Éditions de l'Aube, 2009)
  • Histoire de l'Écosse de Michel DUCHEIN (Fayard, 1998)

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