Le Louvre insolent de Cécile Baron et François Ferrier

LeLouvreInsolentCécileBaronFrancoisFerrierJe suis tombée sur ce livre grâce à Twitter. J’ai eu une alerte (comme celles pour les transports en commun, Twitter ne sachant pas les priorités à accorder à chaque chose) que deux comptes auxquels je suis abonnée venaient juste de s’abonner au compte des éditions Anamosa.

Je regarde qui sont ces éditions que je ne connais pas et je découvre que c’est une toute jeune maison d’éditions qui publie ses premiers titres en ce printemps. Il y avait aussi un entretien avec la directrice de la maison, qui expliquait le projet. Entre autre, cette maison n’est dédiée qu’aux essais, de commande ou non, si j’ai bien compris. Les deux premiers titres sont La paix des ménages : Histoire des violences conjugales, XIXe-XXIe siècles de Victoria Vanneau (trop intellectuel pour mon cerveau de blonde, même si le sujet est sans nul doute important  et intéressant) et Le Louvre insolent de Cécile Baron et François Ferrier. Ce dernier ouvrage est censé pouvoir être lu par des lycéens, d’après l’éditrice. J’ai décidé d’acheté ce livre quand j’ai regardé son contenu sur Amazon et où j’ai vu que les auteurs présentaient le tableau suivant :

HenriIVdrole_petitJe me suis demandée comment il pouvait y avoir au Louvre ce genre de tableau. Franchement, il a une tête trop bizarre ce Henri IV ! Puis j’ai trouvé le titre très drôle.

Je peux vous dire que je n’ai pas regretté une seule seconde mes 16,50 euros. Selon moi, ce livre peut plaire à plusieurs publics. J’en vois deux principalement.

Le premier public. Vous désespérez d’emmener vos enfants aux musées car ils préfèrent voir des choses un peu plus modernes que les vieilles peintures du Louvre pendant leurs temps libres. Lisez ce guide pour dédramatiser un peu votre visite. En effet, il présente une sélection des plus moches peintures du Louvre (avec localisation s’il vous plaît), devant lesquelles vous pourrez rire sous cape avec vos enfants tout en leur apprenant des petites choses (par exemple sur la mythologie derrière le tableau) et en guidant leurs regards pour qu’ils puissent regarder un tableau dans son ensemble et dans ses détails.

Le deuxième public. C’est les gens comme moi. Je n’y connais absolument rien en peinture. J’ai des scrupules à trouver qu’une toile est moche alors qu’elle est présentée dans les musées parisiens. À chaque fois, je me dis que je ne dois pas savoir regarder là où il faut, ou que je ne comprends pas les subtilités de la chose. Ce livre là vous déculpabilise complètement face à cela.

Chaque tableau est présenté sur au moins une double page avec la reproduction de la peinture à gauche et à droite un texte explicatif. En petit caractère, les auteurs vous donnent les informations sérieuses. Par exemple, pour le tableau Pygmalion et Galatée de Anne Louis Girodet de Roussy-Trioson, les auteurs expliquent qui sont Pygmalion et Galatée. Pour un Saint-Jérôme méditant, ils vous rappellent qui est ce saint. J’ai trouvé à chaque fois l’information courte mais pertinente ; on sait ce que l’on regarde. C’est souvent ce qui me manque dans les musées (je manque de culture générale à ce niveau-là).

Ensuite, en plus gros caractères, vous avez le commentaire de l’œuvre. Ce sont des textes extrêmement drôles qui m’ont fait éclater de rire à plusieurs reprises (ce n’est pas souvent le cas ; je souris plutôt d’habitude). Comme ce sont des tableaux plutôt moches, les auteurs inventent l’histoire du tableau, tout en faisant des commentaires que vous pourriez faire si vous étiez devant le tableau (avec des gens ayant le sens de l’humour). Avec cette manière de faire, ils font en sorte que vous portiez votre attention sur la composition du tableau, sur le décor, sur les couleurs, sur les détails, sur les personnages. Je trouve que c’est intéressant car quand vous n’avez pas l’habitude de regarder une peinture, cette démarche vous permet de comprendre ce qui vous donne l’impression que vous avez de la peinture (les sentiments que vous ressentez devant). En faisant cela de manière drôle (et sans étaler leur culture), les auteurs vous donne aussi le sentiment que cette analyse est à votre portée (même si ce n’est pas vrai au final). Cela donne envie d’aller aux musées.

Les autres rubriques sur la page sont « À voir absolument… », indiquant une autre œuvre au Louvre, beaucoup moins moches que celle qui est présentée et « Du côté des critiques » où des critiques de l’œuvre présentée sont données. C’est la rubrique où j’ai découvert que l’on peut dire que quelque chose est moche, en argumentant, car les critiques de l’époque n’y allaient souvent pas de mains mortes.

Le tout est agrémenté de biographies des peintres mais aussi d’une bibliographie et d’un index. Vous trouverez aussi à chaque début de section des plans pour localiser ces œuvres une fois que vous serez au Louvre pour voir tout cela de plus près.

Comme vous l’aurez compris, je l’espère, je suis très enthousiaste vis à vis de ce livre. J’ai appris beaucoup de choses en rigolant beaucoup. Cela m’a donné envie d’aller au Louvre pour voir s’il y a d’autres peintures du même acabit !

Références

Le Louvre insolent de Cécile BARON et François FERRIER – avec la participation de Frédéric Alliot – Préface de Jacques-Pierre Amette (Éditions Anamosa, 2016)

10 réflexions au sujet de « Le Louvre insolent de Cécile Baron et François Ferrier »

  1. Un petit message d’anamosa : ravis vraiment que Twitter vous ait menée jusqu’à nous et que ce petit livre, riche, vous ait autant plu.
    Chloé

    1. Merci de votre passage par ici et de la lecture surtout. Je vais essayer de suivre le développement de votre catalogue, pour voir si d’autres titres sont susceptibles de m’intéresser !

    1. Il n’y a que deux titres pour l’instant mais la manière dont les éditions veulent se développer est intéressante.

    1. Il est vraiment très bien. Après, je ne sais pas si c’est votre sens de l’humour. Si vous voulez des extraits, je peux les rajouter au billet pour que vous puissiez mieux vous rendre compte.

    1. J’en ai enfin trouver un qui pourrait éventuellement te plaire 🙂 Sinon, je suis en train de lire La Fille du Pape. C’est vraiment très bien pour l’instant. J’ai tout de suite accrocher à l’écriture. Par contre, en feuilletant, je n’ai pas trouvé de passages avec du dialecte. Peut être que la traductrice a choisi de ne pas les rendre en française. Je ne sais pas, c’est à voir. Les images sont de Dario Fo lui-même avec deux assistants. Je ne suis pas sûre qu’elles apportent grand chose mais j’aime toujours lire un livre avec des images. Je suis encore petite dans ma tête 🙂

  2. je crois que nous sommes encore toutes un peu « petite » dans la tête et un livre joliment illustré fait toujours plaisir à découvrir – c’est vrai que traduire des dialogues en dialecte n’est pas toujours évident pour le public qui doit les lire ensuite – ce problème est récurrent avec les romans d’andrea camillieri et certaines de mes copines n »ont pas beaucoup apprécié à cause de cela – comme je l’avais étudié au cours d’italien, je me suis familiarisée avec le dialecte sicilien, mais malgré tout il reste encore des phrases parfois obscures 🙂

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