Holy Orders de Benjamin Black

HolyOrdersBenjaminBlackJ’ai enfin lu tome six des Quirke, série écrite par Benjamin Black (pseudonyme pour John Banville). Je vous ai parlé précédemment des tomes 1, 2, 3, 4, 5, le sixième étant le dernier paru en Grande-Bretagne.

Je ne vais pas revenir en détail sur tous les personnages car si vous êtes intéressés par cette série, vous pourrez lire mes précédents billets. C’est une série que je vous conseille de lire dans l’ordre car clairement Benjamin Black ne s’attache pas à faire résoudre des meurtres à ses personnages, mais bien à les faire évoluer dans un monde de plus en plus noir.  Ainsi, Benjamin Black décrit des personnages de plus en plus seul, et de plus en plus en difficultés.

Rappel de quelques petites choses tout de même. Le Docteur Quirke est pathologiste (il dissèque les cadavres) à Dublin dans les années 50. C’est un orphelin qui a été adopté par une famille aisée mais il reste très marqué par sa jeunesse difficile. Il boit beaucoup (trop), a un fille Phoebe (qu’il a fait élevé, au décès de sa femme, par sa belle-sœur, mère de sa femme, et son frère adoptif, Malachy, avant d’expliquer à la jeune femme qu’il était son père). Quirke aime jouer les détectives avec l’inspecteur Hackett, qui ne boude pas la compagnie du docteur. Quand il ne travaille pas, Quirke « sort » avec Isabel Galloway, actrice de profession.

Ce sixième volume s’ouvre sur la découverte d’un cadavre dans un canal. Fraichement arrivé sur la table de dissection, Quirke le reconnaît comme Jimmy Minor, ami de sa fille, reporter vindicatif au Clarion (je n’aimais pas du tout le personnage donc je suis contente que l’auteur s’en soit débarrassé). Hackett et Quirke soupçonne de suite que cela a sans doute rapport avec une de ses enquêtes. Cela va les mener tout droit à l’Église irlandaise (cette partie va raviver les mauvais souvenirs de Quirke) mais aussi aux gens du voyage.

Clairement, il n’y a pas d’enquête. L’histoire suit un déroulement logique qui permet de trouver le coupable après quelques hésitations. Il n’y a pas de retournement, pas de personnages nouveaux qui pourrait amener un changement brusque de situation. On ne peut que s’attendre à la résolution de l’enquête. C’est plus un roman noir qu’un roman policier.

Par contre, ce sixième volume est à mon avis le plus abouti en ce qui concerne la description et l’évolution des personnages de Quirke et Phoebe. Ils évoluent de la même manière, mais en parallèle. Tous les deux se sentent très seuls malgré les gens qui les entourent (famille, petit ami / petite amie). Ce n’est pas un hasard à mon avis si dans ce livre on entend très peu parler de David Sinclair (ami de Phoebe et assistant de Quirke) et de Isabel Galloway alors qu’ils étaient omniprésents dans les tomes précédents. J’ai beaucoup aimé le fait que Phoebe héberge la sœur de Jimmy Minor, Sally, et que cela instille le doute dans son esprit sur sa relation avec David, sur sa sexualité … Je trouve que c’est fait très en finesse et cela nous rappelle que Phoebe n’est censé qu’avoir une vingtaine d’années dans le livre (qu’elle se cherche aussi un peu beaucoup, du fait qu’elle manque de certitudes, de solidité) alors qu’avec toutes les histoires qu’elle a déjà eu, on lui en donnerait plus. Ce que j’ai aussi apprécié, c’est qu’enfin Quirke dévoile ce qu’il s’est passé à l’orphelinat car il parlait toujours de mauvais traitements et vie très dure mais là, il précise même si c’est un paragraphe seulement. Je trouve qu’il était tout de même temps au sixième volume.

Dans ce volume, on oublie donc un peu tous les personnages, même s’ils apparaissent, sauf les deux protagonistes principaux mais ceux-ci n’ont jamais tant évolué. C’est donc un sixième tome plus intimiste mais dans la lignée des autres tout de même (il n’y avait déjà pas beaucoup d’enquête). Le livre se termine par un cliffhanger qui laisse présager d’un tome 7 très intéressant pour ce qui est du personnage de Quirke.

Je vais pouvoir maintenant regarder la série (ce qui est plutôt une bonne chose car je suis en train de terminer la deuxième saison des Endeavour) (ils ont bien monté le niveau d’anglais de la série si vous voulez mon opinion).

Références

Holy Orders de Benjamin Black (Picador, 2013)

6 réflexions au sujet de « Holy Orders de Benjamin Black »

  1. je sens que je vais devoir me lancer dans cette série 😉
    mais ce qui me retiens, c’est justement qu’il s’agît d’une série

    1. Je suis tentée de t’offrir les six tomes, rien que pour t’embêter (et agrandir ta PAL). Peut être à Noël ?

  2. Clairement, il faut que je reprenne cette série (lu que le 1 pour l’instant). C’est pas trop dur en anglais ? (c’est quand même du Banville).

    1. Après recherches archéologiques dans ma PAL, il s’avère que j’ai le deuxième en poche et en anglais (je ne peux pas l’offrir à Niki car une série cela se commence au tome 1 : vous êtes ma seule candidate). C’était quand je croyais que je pouvais lire en anglais plus vite que publie les éditeurs français. Finalement, je ne l’ai pas lu car j’ai lu le deuxième en grand format et en français. Est-ce que vous êtes intéressés pour tenter ? Sinon, pour répondre à la question, il y a clairement des passages où on ne comprend pas tout (ce qui à mon avis fait louper des images dans les descriptions mais pour compenser en français, je ne trouve pas son style admirable, en tant que Benjamin Black, parce que en tant que John Banville, j’aime beaucoup, même en français). Il utilise clairement des mots issus du langage soutenu. J’avais lu un texte de lui dans la New York Review of Books (je pense mais je peux retrouver si vous êtes intéressés car j’ai fait une copie de l’article) sur deux biographies de Kafka, j’avais un peu douté de mon niveau d’anglais (déjà qu’il n’est pas terrible, je ne pense pas que je sois B2 en tout cas). Je peux sûrement vous l’envoyer par mail pour vous faire une idée.

      1. Bonjour Cécile,
        merci pour votre gentil message. Ah oui, j’accepte volontiers de lire le tome 2 en anglais. Je peux toujours tenter. En fait, j’ai une anthologie de littérature irlandaise en anglais avec soit des nouvelles, soit des extraits de romans. Et pour Banville, en l’occurrence, il s’agit d’un extrait de « The book of evidence » et, à l’époque, j’avais trouvé cela plutôt ardu. Mais il faut dire que mon niveau d’anglais n’était aussi bien que maintenant (B2).

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