Le chien Iodok de Aleksej Meshkov

LeChienIodokAleksejMeshkov

Malgré le nom de l’auteur et le fait que l’action se situe à Moscou, ce livre est traduit de l’italien. Le chien Iodok du titre est un homme-chien. C’est un opposant traqué par le Zoo qui a tué un chien et qui s’est mis dans sa peau, pour y vivre dorénavant. Dans ce monde, il ne peut pas rester sans maître. Il deviendra la « brave bête » de son nouveau maître, le directeur de la clinique vétérinaire. Toute l’histoire est narrée du point de vue du chien, qui reste humain dans l’âme.

Je dirais que le livre développe principalement deux thématiques : l’installation progressive d’une dictature et l’adaptation de l’homme à sa nouvelle condition.

Ce qu’il faut noter, c’est que souvent le livre laisse la place à l’interprétation car il ne semble pas livrer tous les détails. Par exemple, je n’ai pas réussi à comprendre en quoi le chien Iodok était un opposant qui devait fuir le Zoo. Le chien, quand il parle de sa vie d’avant, parle plus souvent de son amies avec qui il était heureux dans son isba. Le Zoo présente Iodok comme un meurtrier en série. Pourtant, il m’a semblé évident qu’il était implicitement un opposant au régime. Tout cela pour dire que je vous présente mon interprétation. Quelqu’un d’autre pourrait avoir compris le livre autrement.

Le Zoo est principalement constitué de chiens qui se sont rassemblés en meute. Le pouvoir en place est constitué par les humains. L’histoire se passe à Moscou car le pouvoir humain se situe là. Le Zoo reste une force invisible qui rôde autour de la ville, cherchant à s’y infiltrer. Le livre raconte les techniques employées pour rentrer dans la ville et prendre le pouvoir : corrompre les humains, torture, fausses accusations… Cette thématique parle surtout de personnages qui se mettent au service de tous les pouvoirs sans n’avoir aucune conviction.

Les passages sur les transformations du chien Iodok traitent plutôt d’une adaptation progressive à la dictature, l’idée étant de se fondre dans la masse, tout en n’oubliant pas ses convictions. En effet, l’auteur insiste sur les transformations physiologiques que subit Iodok : au niveau des glandes, au niveau de la peau / fourrure. Pourtant, il est répété plusieurs fois que la peau blanche de l’humain est toujours présente sous la fourrure. De même, les actions classiques d’un chien ne sont que mimées et ne sont pas devenues des réflexes.

J’ai adoré ce livre bien évidemment car pour moi, c’est un très bon exemple de littérature intelligente, qui interroge. La quatrième de couverture dit que ce livre est un « hommage à la littérature qu’engendrèrent les pires dictatures » par l’usage de l’image pour dire ce qu’il y a à dire. C’est très bien écrit et traduit. La pensée de Iodok est froide et pragmatique. J’ai été hypnotisée par ce texte. J’espère que l’Arbre Vengeur traduira d’autres livres de cet auteur dont l’œuvre est présentée comme très originale.

Références

Le chien Iodok de Aleksej MESHKOV – traduit de l’italien par Lise Chapuis (L’Arbre vengeur, 2012)

3 réflexions au sujet de « Le chien Iodok de Aleksej Meshkov »

  1. traduit de l’italien …. j’essayerais bien de le trouver en VO (italien) histoire d’un peu entretenir mes connaissances de la langue – quoique le sujet ne t’interpelle pas des masses

    1. Cela m’intéresserais bien de savoir ce qu’il a écrit d’autres. Peut-être que cela te tenterait plus ? (et tu pourrais alors me dire)(c’est la fille qui prêche pour sa paroisse qui est au bout de la ligne).

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