La plume empoisonnée – un téléfilm de Éric Woreth

Quand j’avais encore la télévision, j’aimais particulièrement regardé cette série car je trouvais qu’elle mêlait habilement mystère, humour et beaux décors (époque année 30), jeux d’acteurs très théâtral.

Pour ceux qui ne connaissant pas, il s’agit de l’adaptation en France des livres d’Agatha Christie. Cette série met en scène le commissaire Larosière, joué par Antoine Duléry, et l’inspecteur Émile Lampion, joué par Marius Colucci (le fils de Coluche). Ces deux acteurs sont absolument excellent, séparément et ensemble. Larosière est séducteur, mystérieux se contemple souvent en train de réfléchir, dispute et moque souvent son subordonné (il se veut la tête pensante du duo). Lampion est gentil, discret, familier, efficace, silencieux (c’est le gendre idéal mais malheureusement il n’est pas pour moi car il est homosexuel dans l’histoire). C’est un très beau duo, très complice, car comme le dit Larosière dans cet épisode Lampion est le fils que Larosière n’a jamais eu. Ils ont tous les deux un jeu que l’on verrait plus au théâtre que dans un téléfilm, les traits de caractères sont tirés au maximum, surjoués comme qui dirait. Cela donne cet humour si particulier à la série, qui ne se contente pas d’être une simple série policière.

Dans cet épisode, Émile Lampion part se reposer à la campagne, dans le Nord de la France, suite à une blessure qu’il a reçu en arrêtant un malfaiteur. Larosière qui se sent coupable (car il l’avait envoyé seul pour mieux draguer dans un restaurant) lui paye la villégiature et se propose de veiller sur lui pendant son séjour.

Ils arrivent dans une grande maison que leur loue, pour se faire des sous, une vieille dame, Émilie Dubreuil, très conservatrice (deux hommes dans une maison, ahhhh), qui ira dormir dans le lit de sa domestique (qui sera dedans aussi … il y a des choses qui choquent moins visiblement). En arrivant, Larosière s’est amouraché de la fille délaissée du notaire et souhaite mieux la comprendre (ainsi que le village). Il apprend rapidement que des lettres anonymes circulent dans le village mais surtout que celui-ci est peuplé de gens très très particuliers (eux aussi ont un jeu type théâtre).

Tous les deux se retrouvent invités à un thé chez la femme du notaire, qui est complètement barré, et où seront présents tous les notables de la ville. Au cours de ce thé, Emilie Dubreuil mourra en avalant sa tasse de thé. Un peu plus tard, ce sera la bonne du notaire, puis la femme du notaire. Les deux policiers vont prendre l’enquête en main.

L’épisode est très bien ficelé et on sourit beaucoup (j’ai même ri aux éclats quand Lampion et Larosière se retrouvent dans le même lit et sont observés par tout le village). Cette fois-ci, j’ai aussi pu observer le travail d’adaptation puisque je venais juste de lire le livre d’Agatha Christie. L’idée de départ est clairement respectée mais il y a plus de morts, il y a une intrigue parallèle qui se développe puisque seuls les meurtres qui sont repris du livre d’Agatha Christie sont expliqués à la manière d’Agatha Christie (et ce même s’ils ne meurent pas de la même manière). L’intrigue parallèle est vraiment intéressante car elle apporte un plus en complexité pour celui qui connaît bien le livre.

De même, le téléfilm accorde moins d’importance à la vie à la campagne, plus à l’enquête policière et au duo d’enquêteurs. Les personnages sont plus importants séparément que les relations qu’ils entretiennent.

C’est donc clairement une adaptation très libre du texte initial mais ce DVD coûtait 4 euros 70 sur Amazon. Alors je ne m’en suis pas privé et j’ai encore une fois passé un bon moment avec cette série.

Références

La plume empoisonnée – réalisé par Éric Woreth – avec Antoine Duléry, Marius Colucci – Anaïs Demoustier – scénario de Sylvie Simon (Les petits meurtres d’Agatha Christie, 2009)

2 réflexions au sujet de « La plume empoisonnée – un téléfilm de Éric Woreth »

  1. toutes les enquêtes de cette série sont très librement adaptées des romans – parois je trouve que c’est très réussi, parfois pas trop

    1. Pour l’instant je n’en ai pas vu qui m’ait particulièrement déçu mais j’avoue que je ne les regarde pas en spécialiste d’Agatha Christie mais juste pour rigoler.

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