Home de Toni Morrison

Présentation de l’éditeur

Toni Morrison nous plonge dans l’Amérique des années 1950.

Mon avis

Je n’avais jamais lu Toni Morrison et comme beaucoup, j’étais curieuse. Alors dans les choix proposés par PriceMinister, j’ai pris ce livre. Comme il est court, c’était plus facile pour découvrir cet auteur.

C’est la première chose qui frappe. Comment a-t-elle réussi en 150 pages à faire tenir tout cela ? Je l’avais entendu vanté à la radio mais à la lecture c’est saisissant. Quand je suis arrivée à la page 100, je n’en revenais pas d’être si familière avec les personnages, de me rendre compte de toutes les « péripéties » décrites mais aussi de tout le pan de l’histoire des États-Unis évoqué. Cela ne vous aide pas beaucoup quand je vous dis cela car vous ne savez sûrement pas ce qui se passe dans ce roman au vu de la présentation de l’éditeur.

On est donc dans les années 50 aux États-Unis. Franck vient de rentrer de Corée. Cela fait en réalité plusieurs mois mais il n’est toujours pas rentré chez lui. Il vit très mal son retour, sans deux amis d’enfance avec qui il s’était engagé car eux sont morts à la guerre. Il essaye tout doucement de se reconstruire auprès d’une femme avec une très grande ambition, celle d’acquérir une maison, mais qui a de plus en plus de mal à comprendre la douleur psychologique de Franck.

Parallèlement, il y a Cee, sa sœur, qui s’est enfui de son bled de Géorgie après l’engagement de son frère et ce pour deux raisons : elle ne pouvait pas vivre sans son frère, qui était le seul à la protéger du monde, et surtout elle s’est fait séduire par un joli cœur qui n’en voulait qu’à la voiture de son grand-père. Bien sûr, arrivé à Atlanta, il l’a largue au bout d’un mois et elle se retrouve sans rien. C’est à partie de ce moment-là que le monde va pouvoir l’attaquer pour essayer de la briser.

Le roman, c’est donc l’histoire de ce frère et de cette sœur qui vont converger vers leur ville, Lotus, Géorgie, pour pouvoir se reconstruire et essayer de vivre en échappant au maximum aux blessures de la vie.

Et donc, Toni Morrison arrive à faire rentrer tout cela en 150 pages. J’espère que vous êtes aussi impressionnés que moi.

Une autre chose importante pour ce livre, c’est que tout est suggéré. Il n’est dit nulle part dans le livre que Franck et Cee sont noirs. On le comprend au fur et à mesure car les traitement qu’ils subissent ne semblent pas être autrement possible dans les années 50 aux États-Unis (l’eugénisme, la partie spéciale du train où Franck s’assoit …) J’aime l’idée que Toni Morrison a plutôt cherché à nous présenter des personnes que des porte-paroles emblématiques. Il y aussi tout le contexte historique qui est effleuré au niveau de la narration pourtant on a cette impression de vivre le maccarthisme, le retour des soldats de Corée, la ségrégation. On retrouve toute l’ambivalence des États-Unis : une nation unie pour l’extérieur mais désunie et inégale à l’intérieur.

En conclusion, c’est un très beau roman car il y a une histoire puissante, une écriture directe, forcément très précise et maîtrisée. Je retenterai Toni Morrison.

Livre lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire organisés par PriceMinister. Je mets une note de 16/20 à ce livre. Je fais tout le temps cela complètement au hasard car je ne sais pas comment il faut faire. Un barème peut-être ?

Références

Home de Toni MORRISON – traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Laferrière (Christian Bourgois, 2012)

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