L’affaire chocolat de Haïm Gouri

Quatrième de couverture

Robi et Mordi se retrouvent par hasard sur le quai d’une gare, quelque part en Europe, après la guerre. Deux ombres grises dans la brume d’une ville en ruine, qui parlent un langage d’ombres. Deux hommes réduits à leur plus simple expression. Ils se connaissent d’avant, mais on ne sait rien ou presque de leur passé. Ils vont ensemble à la soupe populaire, et c’est pour eux un luxe de refuser ce repas quand il est froid. Alors que Robi recherche sa famille, rêve d’amour et de fortune, Mordi reste prostré chez lui, à essayer de comprendre. L’affaire chocolat pourra-t-elle leur apporter la richesse, ainsi que Robi l’imagine ?

Juifs, survivants. Ces mots n’apparaissent jamais. Mais on sait. Dialogues épurés, atmosphère raréfiée, évitant tout ce qui, depuis , a pu devenir « cliché », ce roman unique a la densité de la poésie de Paul Celan, l’intense retenues des textes de Samuel Beckett.

Mon avis

Je n’ai pas tout compris à ce livre.

Haïm Gouri est poète, écrivain, journaliste, ancien ministre. Pendant les années d’après-guerre, il a arpenté l’Europe pour saisir le destin des Juifs survivants. Il a d’ailleurs publié un journal relatant le procès d’Eichmann, auquel il a assisté. L’affaire chocolat a été publié pour la première fois en Israël en 1965.

Les qualités (tout de même) : une belle écriture quand on prend chaque passage séparément (2-3 pages). Cela emporte, fait rêver. On est dans une ambiance d’après-guerre qui semble un peu cotonneuse, flottante. Il y a l’avant (en particulier la Shoah dans le cadre des personnages de ce livre) mais aussi la nécessité de retrouver une vie, de la reconstruire pour profiter de ce que d’autres ne pourront pas vivre malheureusement.

Là où j’ai eu du mal à tout saisir, c’est dans ce qui arrive aux personnages. Je n’ai pas réussi à saisir qui était qui entre Robi et Mordi. L’auteur refuse de personnifier ses personnages (description des sentiments ou des actions inexistantes) et les laisse plus ou moins sous forme d’ombres. Cela rend très difficile la lecture. La deuxième chose est que certains passages semblent complètement déconnectés ou très métaphoriques. J’avoue ne pas avoir saisi tout le temps où l’auteur voulait en venir. Cela a encore un peu plus compliqué ma lecture.

Pour ce qui est de l’affaire chocolat, elle n’intervient qu’à la toute fin du roman. Une rumeur court que le chocolat distribué par l’armée américaine calmerait la libido des gourmands. Les fabricants se retrouvent avec des stocks énormes. La personne qui a lancé la rumeur achète les stocks. La rumeur est démenti par cette même personne, qui revend le chocolat à des prix prohibitifs en ces temps de pénurie.

Est-ce que vous avez lu ce livre ? Est-ce que vous l’avez mieux compris ? Est-ce qu’il faut accepter de ne pas tout comprendre comme l’écrit quelqu’un sur Amazon ?

Références

L’affaire chocolat de Haïm GOURI – roman traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech (Denoël, 2002)

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