Buñuel sans le labyrinthe des tortues de Fermín Solís

Cette bande dessinée raconte la réalisation du film Terre Sans Pain, en 1933, par Luis Buñuel (1900 – 1983), réalisateur espagnol naturalisé mexicain. Après avoir passé sa jeunesse en Aragon et à Madrid (où il a tout de même rencontré Dali et Garcia Llorca), il part pour Paris en 1925. Il se fait embaucher comme assistant réalisateur du comédien Jean Epstein (il a notamment réalisé La Chute de la Maison Usher en 1928)(mais comme le cinéma et moi cela fait deux, je n’ai bien sûr pas vu). D’un autre côté, Buñuel n’a pas participé à La Chute de la Maison Usher car il s’est fâché avec Epstein. C’est aussi le début de sa production personnelle. En effet, en 1928, il réalise avec l’argent de sa mère un film avec Dali (pour le scénario) Un Chien Andalou Il sera projeté en privé pour Man Ray et pour Aragon. C’est eux qui feront connaître le film aux surréalistes. Le surréalisme baignera une grosse partie de sa production. En 1930, il réalisera L’Âge d’Or (qui sera interdit de projection jusqu’en 1981). Il va passer ensuite quelques temps aux États-Unis, puis revient à Madrid et réalise Terre Sans Pain. La BD raconte donc cette partie de la vie de Buñuel.

Ce que l’on peut dire c’est qu’elle ne dresse pas un portrait bien flatteur du réalisateur (je rappelle que je n’y connais rien alors je ne sais pas si c’est vrai ou si c’est faux). J’ai eu l’impression de voir un type imbus de sa personne (il faut que ces amis lui parlent de son génie communément admis depuis L’Âge d’Or), mou du genou (c’est son ami qui lui procure le financement pour faire le film) et qui en plus consacre toute son énergie à faire rentrer une réalité dans le surréalisme (car il veut que cela rentre dans sa théorie) et n’arrive pas à regarder autour de lui ou plus exactement il transforme (physiquement) la réalité pour qu’elle devienne ce qu’il aimerait qu’elle soit (la scène des moutons est édifiante de ce point de vue).

Si comme moi, Terre Sans Pain cela ne vous dis trop rien, je vais vous raconter un petit peu l’histoire.C’est un film documentaire qui raconte (ou plutôt qui met en image) la pauvreté dans la région des Hurdes (dans la communauté autonome de l’Estrémadure, qui se situe au Sud-Ouest de l’Espagne). Wikipédia nous explique que le film est novateur par le thème abordé mais aussi par son montage (réalisé par Buñuel), son usage des gros plans, de la piste sonore et par la place assignée au spectateur par le film.

Si on revient à la bd, le style dessin adopté est un peu celui de la caricature, pour les personnages, et du minimalisme pour le dessin des décors. L’album est en noir et blanc. Je trouve que c’est étrange comme manière de dessiner ce type de sujet, en tout cas pour les décors. Cela ne permet pas je trouve de mettre en valeur les thème ou quoique ce soit mais plus les personnages notamment de Buñuel et de ses amis, qui sont omniprésents dans chaque vignette.

La réalisation du film m’a paru dictée par une approche fausse (cela a gâché ma lecture , je pense. Du coup, je n’ai pas apprécié à sa juste valeur le travail de recherche, de mise en scène et de dessins de l’auteur). Par contre, le film est très intéressant. C’est le point positif de ma lecture (il m’a permis de compléter le vide qui « compose » ma culture cinématographique).

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Références

Buñuel dans le labyrinthe des tortues de Fermín Solís – traduit de l’espagnol par Thomas Delooz et Alejandra Carrasco-Rahal (Rackham, 2011)

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