Un scandale en Bohême et son adaptation par Rodney Gibbons

Comme je vous l’avais annoncé, j’ai vu le quatrième (et dernier pour mon plus grand malheur) épisode de la série de téléfilm réalisé au début des années 2000 par Rodney Gibbons. Et je dois dire, quel homme ! Il a choisi de sévir sur la nouvelle Un scandale en Bohême. Pour ceux qui ne suivraient pas (et ce n’est pas la peine de me dire que c’est le cas d’à peu près tout le monde), j’ai relu la nouvelle pour en faire un billet passionnant comme d’habitude (et il faut dire que j’ai un challenge à honorer).

Un jour de mars 1888 (le 20 exactement, si on veut être Holmes jusqu’au bout), Watson passe par Baker Street (alors que sa gentille femme, Mary Morstan l’attend tranquille) et Sherlock Holmes, qui ne s’ennuie pas de son ami, l’invite à sa nouvelle enquête. En effet, un haut dignitaire de Bohême doit arriver d’ici sous peu pour exposer un cas très important qui nécessite le secret absolu (il est même obligé d’arriver masquer). Sherlock Holmes sait tout de suite que le mystérieux visiteur est en réalité Wilhelm Gottsreich Sigismond von Ormstein, grand-duc de Cassel-Falstein et roi héréditaire de Bohême (il est âgé de trente ans si cela vous intéresse et à un mauvais goût plus que certain, malgré ce que dit Conan Doyle, pour s’habiller : j’ai des citations pour justifier mes propos si vous le désirez). Il va se mfiancer le lundi d’après avec Clotilde Lothman de Saxe-Meningen, la seconde fille du roi de Scandinavie, visiblement très strict sur la morale.

Du coup, le roi de Bohême, qui a fréquenté avec Irène Adler (né dans le New Jersey en 1858, contralto pour ceux que cela intéresse) il y a cinq ans à Varsovie et s’est fait prendre en photo avec elle, est bien embarrassé. Je n’ai pas compris dans quelle position compromettante il s’est fait photographié mais Rodney Gibbons s’en est chargé pour moi. Nous verrons cela plus tard. Le roi souhaite donc récupérer la photo qu’Irene Adler ne veut pas lui rendre.

Sherlock Holmes va monter un subterfuge vieux comme le monde pour récupérer la photo mais Irene Adler va se montrer plus intelligente et s’enfuir sur le continent avec son nouveau mari, Godfrey Norton, un homme de loi, et surtout la photo qu’elle garde pour sa propre sécurité. Voilà pour Irene Adler est la femme.

Pour votre culture holmésienne, je me permets de citer quelques informations que l’on peut apprendre sur la vie de Sherlock Holmes dans cette nouvelle.

C’est par exemple dans ce texte que l’on apprend qu’il y a 17 marches pour monter dans l’appartement de mon idole.

Watson (ou Conan Doyle comme vous le désirez) ne cite pas moins que cinq « untold stories » (ces enquêtes qui ne sont pas dans le canon) : le meurtre des Trepoff (à Odessa), le drame entre les frères Atkinson de Trincombalee, « la mission qu’il réussit fort discrètement pour la famille royale de Hollande », l’affaire du château d’Arnsworth et le scandale de la substitution de Darlington. Plusieurs de ces aventures sont cependant racontées dans les livres de June Thomson notamment.

Visiblement, mon ami Rodney Gibbons avait de l’ambition pour ce téléfilm ou en tout cas, il avait de l’ambition pour lui-même : il aurait aimé tourné un James Bond mais il n’a pas été retenu (je propose une pétition). Il reprend bien la plupart des éléments canoniques, sauf quelques uns : le roi n’arrive pas masqué mais déguisé (visiblement, il voulait faire travailler un débutant, ce qui est très louable mais il aurait dû en choisir un plus doué), le roi loge à l’ambassade (il est incognito !?) au lieu d’à l’hôtel, Godfrey Norton a disparu, Wiggins intervient à la place des personnes « louées » pour la soirée (l’acteur avait un contrat pour deux épisodes) mais toutes ces différences sont mineures face à THE différence.

Holmes et Irene Adler se sont déjà rencontrés avant. Holmes était déjà tombé sous le charme de la dame, s’était déjà fait berner en devenant complice de vol. Il y a déjà donc beaucoup plus de glamour que dans la nouvelle de Conan Doyle. Il sait donc qu’il doit se méfier mais Irene Adler sait se rendre faible femme et Sherlock Holmes décide de la protéger contre tous les méchants et il faut dire qu’il y en a. Parce que dans James Bond, avec l’amour va l’espionnage. Et de l’espion en veux tu en voilà : de l’allemand, du britannique (et donc du Mycroft qui a juste oublié d’être bedonnant)… Irene Adler devient agent double, voire triple (si j’ai bien suivi l’afaire), les traîtres tombent dans les escaliers et se retrouvent sur les toits des trains (ils en tombent donc dès qu’il y a une courbe). La photo est annexe, on est carrément sur les plans de sous-marins … Mais ce qu’il faut retenir, c’est que Sherlock Holmes n’est pas vénal et se contente de la moitié de ses honoraires (alors qu’il n’a pas du tout réussi sa mission) pour sauver sa belle. Comme quoi, dans les aventures de Sherlock Holmes, l’amour triomphe toujours des méchants espions du vil Mycroft. J’entends dans les coulisses que ce n’est pas canonique …

Références

Crime en Bohême avec Matt Frewer dans le rôle de Sherlock Holmes et Kenneth Welsh dans le rôle de Watson – un film de Rodney Gibbons (2001)

5 réflexions au sujet de « Un scandale en Bohême et son adaptation par Rodney Gibbons »

  1. c’était pas trop mal ces 5 jours, mais le thème des « impressionnistes » était un peu surfait, mais bon j’en ai tout de même retiré quelque chose : zola à médan, c’était formidable et du coup j’ai envie de relire tout zola, c’est malin, comme si j’avais besoin de ça avec cette PAL ! 😆

    1. De rien pour le lien 🙂 tu as visité Médan. J’avais trouvé cela formidable. Moi j’avais craqué pour le bureau et ma mère pour la lingerie. J’avais aussi découvert Madame Zola.

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