Le patron de Maxime Gorki

Présentation de l’éditeur

Maxime Gorki (1868 – 1936), romancier des vagabons et des déclassés, exerça de nombreux petits métiers avant de se consacrer, à partir des années 1890, à l’écriture. Récit autobiographique, Le Patron est le souvenir d’un hiver passé dans une biscuiterie de la ville de Kazan, où les ouvriers vivent sous la coupe de Vassili Séménof, patron irascible et brutal. Récit de la rencontre de deux hommes qui jamais ne pourront se comprendre, de la confrontation de deux mondes, ces quelques mois partagés avec des travailleurs tyrannisés par un employeur alcoolique seront déterminants pour celui qui deviendra l’un des pionniers de la littérature sociale russe.

Mon avis

Ma lecture de Gorki, c’était les extraits que la prof de russe nous faisait lire et j’avoue que cela date un peu. Du coup, j’ai été assez surprise de ma lecture. L’auteur dans la plupart décrit dans un langage descriptif (admirez la phrase qui ne veut rien dire !), dans un style où chaque détail est mentionné (en tout cas je trouve que j’ai appris beaucoup plus que je n’aurais cru apprendre) les conditions de vie des ouvriers de cette boulangerie.

Ce qui m’a cependant le plus intéressé (et j’avoue que cela me touche de près), c’est l’aspect inadapté du narrateur (et d’auteur donc) dans ce monde car il n’arrive pas à trouver quelque chose qu’il lui permette de continuer à être là sans se demander pourquoi il est là.  Il a besoin de se retrouver ailleurs en étudiant dans les livres même quand il travaille. Finalement, il n’arrive pas à vivre dans la réalité. Je n’ai pas trop aimé qu’il essaye de changer le monde des ouvriers comme si son monde était le meilleur mais finalement cela revient à se poser des questions sur est-ce qu’il faut se contenter de faire son travail, d’avoir sa famille et de vivre tranquillement ou faut-il toujours s’interroger de pourquoi on est là (tout en faisant les mêmes activités que la première hypothèse). Pour moi, c’est la première version qui permet d’être heureux mais je vous préviens, Gorki, ne tranche pas pour vous.

Le narrateur aussi parle de ses faiblesses quand Gorki parle avec le patron. Chacun se pense supérieur mais finalement, c’est le patron qui va faire douter car pour lui, on mesure sa réussite à quelque chose de physique (à un bien) tandis que Gorki, on ne mesure son intelligence (différente de celle du patron) qu’à partir de paroles.

C’est un livre qui n’est pas transcendant mais qui fait réfléchir sur notre vie. Parfois cela fait du bien aussi. Il m’a donné l’envie de lire d’autres Gorki, cela tombe bien car il y en a quelques uns qui ressortent en France.

Références

Le Patron de Maxime GORKI – traduit du russe par Serge Persky – traduction révisée par l’éditeur (Les éditions du sonneur, 2010)

P.S. Ma voisine continue de glouglouter et en plus elle fait du saut en longueur dans l’appartement avec un pas plus que lourd. Pourtant elle est très fine. Je ne comprends pas !

4 réflexions au sujet de « Le patron de Maxime Gorki »

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