L'abbaye de Northanger de Jane Austen

Quatrième de couverture

Alors que vers la fin du XVIIe siècle le roman noir semait ses naïves terreurs dans les foyers anglais, Jane Austen, née en 1775 et qui écrit depuis l’âge de douze ans, ne s’intéresse ni à l’hisoire ni à la politique ni aux fantômes. Elle n’a de goût que pour la vie – la vie telle qu’un oeil acéré peut en surprendre les manèges dans un salon, voire une salle de bal où les jeunes gens dansent, tandis que leurs parents évaluent rentes et dots. Comme on le voit dans ce roman – le troisième, écrit entre sa vingtième et sa ving-troisième année, après Le Coeur et la Raison et Orgueil et Préjugé – où une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du coeur.

Dans ce chef d’oeuvre, qu’elle a remanié en 1815, Jane Austen, sans doute l’un des esprits les plus implacablement satiriques de toute la littérature, traite sa protagoniste non comme une créature de chair et d’os, à l’instar de tous les romanciers, mais bel et bien comme une héroïne de roman égarée au milieu de conjonctures qui, par rapport aux habitudes du genre, la rabaissent aux yeux du lecteur.

Et c’est avec une allégresse féroce que Jane Austen nous la montre se comportant, à la moindre occasion, en référence à son livre de chevet, Les Mystères d’Udolphe d’Ann Rafdcliffe, publiés en 1794, juste avant qu’elle ne commence elle-même L’abbaye de Northanger.

Ainsi parodiait-elle le roman gothique et ses candides lecteurs, promis aux mêmes déboires que Don Quichotte intoxiqué par les ouvrages à la gloire de la chevalerie. Et ainsi, du même coup, annonçait-elle et énonçait-elle l’idée qui serait plus tard au coeur de la modernité, et selon laquelle la vie finit toujours par imiter l’art.

Hector Bianciotti

Mon avis

Le problème avec les romans de Jane Austen c’est que je ne sais jamais quoi dire. Vous me direz dans ce cas pourquoi faire un billet dessus. Peut être pour garder une trace de cette lecture, même si je relirai L’abbaye de Northanger parce que c’est vraiment trop bien ! Dans l’ordre de mes préferences, il y a d’abord Persuasion parce que l’héroïne est humaine, ensuite L’abbaye de Northanger et Orgueil et Préjugés pour leur ironie si drôle et à la fin Raisons et sentiments et Mansfield Park (je suis en train de lire mais les longueurs du début m’ont un peu dégoûté). Il me reste à lire Emma, Juvenilia, Lady Susan, Les Watson, Les Sanditon et les Lettres. Je verrai comment c’est …

L’abbaye de Northanger c’est l’histoire de Catherine Morland qui n’a jamais vu le monde. Mais elle pense le connaître car elle lit tous les romans gothiques qui sont en vogue à l’époque. Un jour, on lui propose d’accompagner ses voisins à Bath pour tenir compagnie à la dame. Là elle s’attend à retrouver les mêmes choses que dans les romans : des hommes qui vous enlèvent … Elle sera vite déçue. La seule aventure est celle d’ecouter Isabella Thorpe, sa nouvelle « amie » (qui est égocentrique et donc par définition n’écoute son amie que pour se faire valoir elle-même), le frère de celle-ci (qui courtise Catherine Morland de manière plus que lourde). Heureusement arrive les Tilney : le père est amiral, Henri est homme d’église et Eléonore, seule femme de la famille et à peu près du même âge que Catherine. Toujours pas d’aventures gothiques mais une idylle naît entre Henry et Catherine. Elle devra souvent choisir entre les Thorpe (le frère de Catherine, James, veut épouser Isabella) et les Tilney.

Dans une deuxième partie, les Tilney invite Catherine à leur domicile, l’abbaye de Northanger ! Si ce n’est pas un lieu d’aventures gothiques, je ne m’y connais pas.

Dans ce livre, Jane Austen développe deux idées. Tout d’abord elle se moque des jeunes filles romantiques qui confonde le roman et la réalité. D’après Jane Austen, George Clooney ne viendra jamais m’enlevé pour que nous vivions ensemble dans un château hanté (avec de bons travaux il ne le sera plus) ! Je sais cela peut surprendre … Elle montre aussi que les personnes les plus fortunées ne sont pas forcément celles qui ont le plus de qualités morales. Il y a un nombre incroyable de personnages qui sont dans ce cas.

Ce qui m’a beaucoup plû dans ce roman c’est le ton de Jane Austen : encore plus délicieusement ironique que dans Orgueil et Préjugés. Un régal !

Comme je vous l’ai dit, un des romans de Jane Austen que je préfère. Pour l’instant …

D’autres avis

D’autres avis sur blog-o-book mais aussi chez Mathilda, Fleur, Mo, Malice

Références

L’abbaye de Northanger de Jane AUSTEN – traduit de l’anglais, présenté et annoté par Pierre Arnaud (L’imaginaire – Gallimard, 2004)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.