A Distant View of Everything de Alexander McCall Smith

Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de la série des Isabel Dalhousie de Alexander McCall Smith. Et pour cause: cela faisait longtemps qu’un nouveau roman n’avait pas paru. L’auteur nous a fait attendre avec deux nouvelles, At the Reunion Buffet et Sweet, Thoughtful Valentine. Mais là, enfin, est sorti le nouveau roman de cette série. C’est un très bon cru !

Depuis ses dernières aventures, Isabel Dalhousie a eu le temps d’avoir un deuxième enfant, un deuxième petit garçon, Magnus, avec Jamie bien sûr. Au début du roman, elle a accouché depuis peu et raconte sa nouvelle vie : la réaction de Charlie à la naissance de son petit frère, l’évolution de sa relation de couple mais aussi ses sentiments lors de ses premières sorties où elle « abandonne » son fils aux soins de Grace (sa « housekeeper ») ou de Jamie. Ces points sont abordés de manière normale (elle en parle comme tout le monde), et non pas comme d’habitude, d’un point de vue détaché et philosophique. Je dirais que les cinquante premières pages du livre sont consacrées à cette nouvelle vie, rendant Isabel Dalhousie beaucoup plus humaine (ou terre à terre) que d’habitude, moins dans la réflexion sur le quotidien mais plus dans l’action. Quand je lisais ce livre, je me suis demandé si l’histoire allait démarrer un jour et je me suis rendu compte qu’en fait l’auteur avait besoin de replacer tous ses personnages dans ce nouveau contexte, comme si finalement il démarrait une nouvelle série. Plus clairement, je n’ai pas eu le même sentiment que d’habitude, de retrouver des vieux amis que j’aurais laissés pendant un an (durée entre deux volumes habituellement) mais vraiment de redécouvrir mes personnages sous un autre angle.

L’histoire a quand même débuté à un moment… Lors d’une de ses premières sorties sans son nouveau-né, dans l’épicerie fine de sa nièce, elle rencontre une amie d’enfance qui lui demande de l’aide (parce que tout le monde à Édimbourg sait qu’elle règle parfois des problèmes pour les autres, en toute discrétion bien sûr, c’est pour cela que tout le monde le sait d’ailleurs…). Cette amie, qui a eu beaucoup d’aventures amoureuses mais qui aujourd’hui a trouvé chaussure à son pied, aime organiser des dîners pour faire se rencontrer des couples. Sauf qu’elle craint d’avoir fait une erreur avec le dernier couple en date, car un autre invité lui a expliqué que l’homme, un célèbre chirurgien plastique, était connu pour être un coureur de dot (de fortune plus exactement) et qu’il avait au moins connaissance de deux cas ayant subi les manœuvres de cet homme.

Ne voulant pas se mêler de cela, l’amie demande à Isabel d’enquêter. Celle-ci prend rendez-vous avec l’informateur pour connaître les noms de ces deux femmes, l’homme très seul en profite pour lui faire des avances dès le deuxième entretien. Elle croit le cas bouclé vu la sincérité de l’homme. Pourtant, Jamie la rappelle à l’ordre en lui rappelant qu’on ne peut pas se fier aux dires d’un seul homme pour connaître la vérité ou même comprendre des faits. Elle prend rendez-vous avec les deux femmes-victimes …

Je suis toujours épatée par l’ouverture et la générosité des gens d’Édimbourg, en tout cas dans les milieux huppés. Ils peuvent recevoir et se confier à n’importe qui, du moment que ce n’importe qui est introduit par une connaissance. Cela facilite la narration me direz-vous mais bon, tout de même. Blague à part, avec cette histoire, on voit qu’Isabel Dalhousie a bien changé, puisque c’est Jamie qui la rappelle à l’ordre sur la base de la philosophie : comment définit-on la vérité ? Quand je vous dis que c’est un second départ pour la série …

Ce qui fait que ce livre est un très bon cru, c’est justement le fait qu’il n’y a pas, comme d’habitude, deux histoires parallèles, qui n’ont pas forcément grand-chose à voir. Il y a une seule « enquête » et la vie quotidienne d’Isabel Dalhousie et de sa famille, le tout s’entremêlant agréablement et surtout logiquement.

En conclusion, il s’agit d’un nouvel opus qui marque un tournant dans la série, un renouveau en fait, mais dans lequel pourtant on retrouve les fondamentaux de la série.

Extrait

‘It’s perfectly possible to accept the tenets of a religion and still be honest’, she continued. ‘It depends on whether the religion is compatible with honesty. Some aren’t.’

‘Why?’

‘Because they ask you to believe in things that are patently impossible. And that’s the same as asking people to believe in lies, to say that lies don’t matter.’

Références

A Distant View of Everything de Alexander McCall SMITH (Little Brown, 2017)

4 réflexions au sujet de « A Distant View of Everything de Alexander McCall Smith »

  1. J’avais lu le premier dans la série et n’avais pas accroché – on ne peut pas tout aimer. Ou peut-être était-ce la traduction ? Je dois dire que vos billets me donnent envie de retenter en v.o., d’autant que j’aime beaucoup la série « Les chroniques d’Edimbourg » de l’auteur.

    1. Je ne crois pas qu’il faut retenter si vous n’avez pas aimé le premier tome (ce n’est que mon avis). J’ai lu que cette série, on l’aime ou on ne l’aime pas du tout. Il n’y a pas trop de point de vue mitigé parmi les lecteurs et je suis assez d’accord. J’ai le premier tome des « chroniques d’Édimbourg » et je n’ai toujours pas pris le temps de le lire alors que cela me permettrait d’attendre entre deux Isabel Dalhousie 🙂

  2. il y a aussi longtemps que je n’ai plus lu les chroniques écossaises de mccallsmith – je n’avais pas fort apprécié isabel dalhousie, mais par contre j’ai beaucoup aimé la série qu’il consacre au jeune bertie – faut que je pioche dans ma pal 🙂

    1. Comme Lewerentz, ce n’est pas la peine de se forcer. J’ai les deux premiers de la série avec Bertie dans PAL (pourquoi les deux premiers et pas seulement un … je ne sais pas). Je suppose que c’est très accessible en anglais si je souhaite continuer ? As-tu lu la série des Mma Ramotswe ?

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