Les amis du crime parfait de Andrés Trapiello

Présentation de l’éditeur

Le club des Amis du crime parfait réunit périodiquement, dans un café madrilène, un groupe hétéroclite d’amateurs de romans policiers. À son programme, des discussions animées sur les grandes figures du genre et, surtout, l’élaboration collectivee d’un chef-d’oeuvre, la mise au point d’un crime parfait. Chaque « ami » est désigné par le nom de son héros fétiche : Poe, Maigret, Nero Wolfe, Perry Mason, ou encore Sam Spade, le narrateur de son vrai nom Paco Cortés. Dans cette Espagne de la fin des années 1980, la démocratie est encore fragile, et l’actualité offre de la matière à la littérature noire, à commencer par le coup d’État du 23 février 1981. C’est dans ce contexte que le beau-père de Paco, alias Sam, est assassiné. Il ne reste plus qu’à mener l’enquête sur les raisons de la mort de ce sulfureux personnage …

Les Amis du crime parfait mêle avec humour un jeu sur les codes littéraires à une réflexion sur l’écriture de la mémoire. Il a été couronné du prix Nadal en 2003.

Mon avis

Je dois cette lecture à Frisette qui a su me tenter avec son titre accrocheur : « un roman inclassable à découvrir ». Bien sûr, je la remercie pour cette belle découverte. Vous trouverez d’autres avis sur blog-o-book. Après vous avoir parlé des avis des autres, je vous parle du mien !

Au départ, ce qui m’intéressait c’était l’aspect policier, pas l’enquête policière (j’ai lu les avis qui disaient qu’il n’y en avait pas vraiment) mais le fait que chaque protagonistes avaient le nom d’un personnages de l’univers policier, film ou livre. Je pensais que l’auteur allait plus jouer là-dessus. Plus clairement, dans mon idée, il leur aurait donné les caractéristiques de chacun des personnages sans pour autant que ce soit eux, et ainsi avoir plus de champ. Ce n’est pas le cas. Par exemple, pour Poe, visiblement le protagoniste a le même physique, la même capacité de raisonnement mais n’a pas vraiment le côté maudit. Maigret a la langueur du personnage mais n’a pas son intelligence. Idem pour Miss Marple. L’auteur ne joue pas assez là-dessus à mon avis. Une fois que j’ai compris ça je me suis concentrée sur deux autres points du livre qui sont vraiment bien.

Le premier c’est l’aspect crime parfait. Existe-t-il un crime dans la vraie vie ou dans la littérature. Si oui, quels sont ces caractéristiques ? C’est là où on retrouve un des fils rouges de mes lectures : la différence entre fiction et réalité. Pour être plus honnête, c’est là où l’idée de l’auteur d’appeler ces protagonistes comme des personnages célèbres est intéressante. Parce que quand il les appelle par leurs pseudos c’est de la fiction, sinon c’est de la réalité. C’est la seule chose qui permet de distinguer les deux dans le roman. Si on ne fait pas attention à cela, l’impression est justement de vivre dans une sorte d’irréalité construite à partir de la réalité et des romans policiers (je n’ai pas commencé le réveillon avant l’heure). En gros, on flotte. J’ai trouvé cet aspect du livre particulièrement réussi. En plus, cela m’a donné une folle envie de lire le livre de Thomas de Quincey : De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts (je remercie au passage ma libraire de quartier de l’avoir eu en stock). Il y a aussi pages 228 et 229 toute une liste de romans que je me suis empressée de noter parce que je suis en manque de lecture.

Le deuxième aspect intéressant, qui est plutôt le second plan du livre, c’est le portrait de l’Espagne des années 1980 (je dirais que c’est plutôt première moitié de la décennie, pas la fin comme le dit le livre), quelques années après la mort de Franco, encore très peu stable au niveau politique. C’est aussi une Espagne qui reste marqué par la guerre civile, la guerre mondiale. Il y a les personnages qui ont vécu ces événements mais aussi la génération d’après, qui en marre qu’on lui parle de ça. Si j’ai bien compris c’est un thème récurrent dans l’oeuvre d’Andrés Trapiello. Plus qu’intéressant, j’ai trouvé ce portrait de l’Espagne instructif.

Pour ce qui est l’aspect enquête policière, il faut être patient. À la page 230 il y a le meurtre, et après une enquête de 100 pages résolu par un Pablo Cortés a qui on a du souffler la solution avant.

En conclusion, je reprendrais le titre de Frisette : un roman inclassable à découvrir !

Références

Les amis du crime parfait de Andrés TRAPIELLO – traduit de l’espagnol par Caroline Lepage (Quai Voltaire, 2009)

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