La ville absente de Ricardo Piglia

Présentation de l’éditeur

Le gaucho invisible, la petite fille rousse, la jeune fille muette … Mais aussi Mac Kensey, qui a reconstruit son cottage en Patagonie et vit suspendu aux ondes de la BBC, un professeur hongrois spécialiste du Martín Fierro incapable d’apprendre l’espagnol, la danseuse du Majestic folle d’un gangster coréen. Autant d’histoires auxquelles se mêlent des personnages historiques tels Macedonio Fernández ou Evita Perón, qui naissent, se modifient à l’infini et s’enchevêtrent autour d’Elena, être étrange, mi-femme, mi machine. Dansce roman aux multiples récits, chacun tente d’échapper à ses obsessions, celles qui traversent toute l’oeuvre de Ricardo Piglia – au coeur du langage et du temps.

Mon avis

Je vais vous résumer l’histoire de manière très simple : le journaliste Junior Mac Kensey part à la recherche de l’inventeur, Macedonio Fernández, et du concepteur d’une machine qui trouble (déconcerte ? déstabilise ?) les temps modernes (le pouvoir ? la ville ?). C’est une machine qui invente des histoires à partir d’histoires déjà écrites. Le récit de cette recherche est entrecoupée des histoires inventées par la machine, notamment à partir d’une nouvelle de Poe William Wilson.

Je trouve que tout cela fait une base très intéressante. Il y a une vraie réflexion sur le langage, la littérature, le rapport de la littérature au pouvoir. C’est un livre d’une extrême complexité. Bernard Quiriny a dit dans Le Magazine littéraire que « La ville absente fait partie de ces livres qu’il faut lire plusieurs fois pour en percer les mystères ». C’est un euphémisme.

Je n’avais rien compris au livre jusqu’à la page 54. À cette page, apparaissent les noms de Cambaceres (de la même famille qu’un juriste du temps de Napoléon) et de Erdosain. Devant mes yeux, il y avait  le Dictionnaire des littératures hispaniques (paru chez Bouquins, très bon livre en passant). Je l’ouvre et là j’apprends que Eugenio Cambaceres est un célèbre écrivain argentin (jamais traduit en France au passage si j’ai bien vu). Ensuite, je cherche Erdosain, mais là pas d’entrée sur ce nom. Au passage, je cherche Macedonio Fernández qui a ce moment du roman n’était que cité sous le nom de Macedonio. Je découvre alors que lui aussi est un grand écrivain argentin (lui traduit en français par contre) et qu’il a entre autre écrit Musée du roman de l’éternelle. Je vais donc à l’entrée qui résume ce roman (car dans La ville absente, on parle de musée, je me dis qu’il doit y avaoir un rapport). Et là je me rends compte qu’en fait La ville absente est un hommage au roman de Fernández.

Je cherche ensuite sur internet le nom de Erdosain. Je trouve sur le site des éditions Zulma une explication de 44 pages de toutes les références du roman par son traducteur, François-Michel Durazzo. Elle est ici et vous sera sûrement plus utile pour voir quelle est la nature de ce roman que mon billet car elle est particulièrement bien rédigée. On y apprend notamment que Erdosain est un personnage récurrent des romans de Roberto Arlt (dont Les sept fous est un chef d’œuvre, plus disponible en France même pas dans les bibliothèques autour de chez moi). Après avoir lu ces explications, vous commencez à goûter un peu plus au roman et à vous ranger derrière la phrase de Bernard Quiriny. La première lecture vous permet juste de comprendre l’histoire (et encore après l’explication du traducteur) mais vous serez juste incapable de comprendre toutes les références à la littérature argentine et à la littérature européenne et américaine (on y parle même d’une nouvelle d’Henry James Le dernier des Valerii).

En conclusion, on peut saluer les éditions Zulma de publier un tel livre, brillant et érudit si il en est, mais qui risque d’avoir quelques difficultés à trouver un large publique surtout quand on voit que la plupart des références argentines ne sont pas accessibles facilement en France. J’entendais l’autre jour à la télé une personne qui se plaignait que la mise à disposition pour le public français de classiques  étrangers (autres que britanniques et américains) étaient plutôt mauvaises. C’est dommage tout de même car cela risque de rendre difficile une deuxième lecture.

Références

La ville absente de Ricardo PIGLIA – roman traduit de l’espagnol (Argentine) par François-Michel Durazzo (Zulma, 2009)

Un esprit jaloux de A.N. Wilson

Quatrième de couverture

Sallie Declan, une jeune Américaine venue poursuivre ses études à Londres, se morfond : la vieille Angleterre ne trouve pas grâce à ses yeux, et sa thèse – consacrée au Tour d’écrou de Henry James – est au point mort. Pour se changer les idées, elle se fait engager comme nounou dans une propriété victorienne perdue dans la campagne anglaise, un décor qui rappelle fort celui du Tour d’écrou. Bien vite, la réalité et la fiction se brouillent dans l’esprit de la jeune fille qui subit les moqueries des deux gamins et de leur acariâtre gouvernante. Pourtant Sallie tient bon car elle attend fébrilement le retour de Charles Masters, le veuf et séduisant maître des lieux, dont elle est tombée amoureuse lors de son entretien d’embauche.

Mais le fantôme de Rosie, l’épouse décédée de Charles, un vrai monstre de jalousie, n’entend pas laisser Sallie la remplacer dans le coeur de son mari et de ses enfants. C’est le début d’une lutte à mort entre les deux femmes. À condition, bien sûr, de croire Sallie sur parole…

Thriller psychologique mené tambour battant, Un esprit jaloux est aussi un jubilatoire hommage à Henry James, un conte horrifique à l’humour so british qui fera le bonheur des fans de P.D. James et de Ruth Rendell.

A.N. Wilson, né en 1950, est l’une des plus éminentes figures des lettres et du journalisme britanniques. Ses romans, ses essais et ses biographiques (de Walter Scott, Tolstoï, Iris Murdoch) lui ont valu de nombreux prix et un grand succès auprès de la critique et du public outre-Manche.

Mon avis

D’abord un grand merci à Lewerentz pour ce conseil de lecture parce que je n’aurais jamais ouvert le livre sans cela.

C’est un livre dans un livre. L’intrigue principale se calque sur celle du Tour d’écrou qui elle-même forme l’intrigue secondaire (car A.N. Wilson fait comme si on avait pas lu le Tour d’écrou, ce qui est plutôt intelligent). Ce qui m’a plu c’est la « psychologie » du livre. Je m’explique. Sans en avoir l’air, vous finissez pas transposer ce qui se passe dans l’intrigue principale à l’intrigue secondaire alors que finalement ce n’est jamais écrit noir sur blanc. C’est donc l’aspect des sous-entendus, des non-dits qu’est construit ce livre et sur ce que l’on peut arriver à croire avec ces sous-entendus.

Il faut quand même parler de l’intrigue principale qui est vraiment excellente grâce à des personnages poussés à l’extrême et l’humour de l’auteur très « british » comme le dit la couverture.

En conclusion, une lecture qui m’a beaucoup plu surtout après celle du Tour d’écrou !

Vous savez quoi ; ils viennent d’ouvrir une troisième librairie dans ma ville. La vie n’est-elle pas merveilleuse ? 🙂

Un autre avis

Celui de Cathulu

Références

Un esprit jaloux de A.N. WILSON – traduit de l’anglais par Pierre Demarty (Fayard, 2007)

Le tour d'écrou de Henry James

Quatrième de couverture

Existe-t-il plus grand plaisir que d’écouter des récits macabres, la veille de Noël, dans une vieille maison isolée ? Qu’il est diabolique le frisson qui glace alors les sangs… Qu’il est divin le cri des femmes épouvantées… Ce ne sont pourtant que des histoires…

Tandis que celle-ci… Elle a été vécue… Par des enfants encore, deux petits orphelins, si admirablement gracieux, si serviables et si doux… Et leur gouvernante, une jeune fille des plus honnêtes. Ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont enduré et les circonstances extraordinaires des événements qui les ont…

Mais non ! c’est trop horrible… Ça dépasse tout… En pure terreur ! Car le pire, c’est de savoir que justement, on ne saura jamais tout…

Mon avis

Suite de mon billet d’il y a un an. Parce qu’il ne faut jamais désespérer !

La fin n’est vraiment pas une fin (je reprends l’expression de Mathilda). On sait si oui ou non il y a mort mais on ne sait toujours pas qui a fait mourir : les fantômes des deux anciens domestiques ou la gouvernante qui est à moitié folle. Parce que oui, cette année j’ai changé d’avis et la gouvernante est à moitié folle. Ça c’est de la faute d’Henry James et de son écriture (qui fait que l’histoire m’a fait peur même si il ne faut pas le dire). Maintenant je crois aux fantômes et à la folie de la gouvernante. En étant sérieuse, c’est un livre où vous pouvez écrire le livre vous même ; Henry James donne une trame mais pas son avis (d’ailleurs je m’étonne qu’il n’y ait pas autant de dérivés que pour l’Orgueil et Préjugés de Jane Austen vu comme on peut penser tout et son contraire : il ne dit même pas comment les enfants ont pu être corrompu).

Heureusement, pour moi il y a des auteurs (et Lewerentz pour conseiller leurs livres) qui tranchent le sujet, je vous en parlerai demain…

D’autres avis

Sur blog-o-book, sur Je lis, tu lis, il lit (il y a même une page avec différents titres d’Henry James !)

mais aussi chez Mathilda (qui a été déçue) …

Références

Le tour d’écrou de Henry JAMES – traduit de l’anglais par Jean Pavans (Librio, 1998)

12 ans dans une PAL : les deux enfants sourient sur la couverture parce que j’ai enfin ouvert le livre !

L'image dans le tapis d'Henry James

Quatrième de couverture

Dans tous les récits de Henry James, il y a une présence invisible et inquiétante. Pourtant, il ne s’agit pas toujours d’un fantôme. Il peut s’agir d’une présence plus terrible, plus déroutante et plus évanescente. C’est le cas de L’Image dans le tapis qui est construit comme un roman policier dont le coupable se révèle être l’enquêteur lui-même, le malheureux narrateur, coupable d’être le seul sur la piste de cette mystérieuse présence et de laisser le crime s’accomplir, coupable enfin de faire d’une oeuvre littéraire le coeur de son existence.

James écrit ici une des plus belles, mais aussi une des plus honnêtes mystifications littéraires jamais données en pâture aux critiques dont il veut se venger. Mais l’auteur se prend au jeu et la plaisanterie devient une quête métaphysique.

Mon avis

L’histoire : un critique littéraire est très fier du nouvel article qu’il vient de pondre sur le nouveau livre d’un auteur connu. Il se pique d’être un fin connaissance de l’oeuvre de cet auteur et d’aimer tout particulièrement ce dernier livre. Or, lors d’un week-end chez une amie, le critique rencontre ce fameux auteur et la fameuse amie lui met sous les yeux la critique dithyrambique… L’auteur en parle alors au critique et lui explique que l’article est assez commun à tous les autres. Personne n’a jamais compris l' »intention générale » que l’auteur a voulu mettre dans son oeuvre. Commence alors une quête infernale pour le critique… Trouver cette fameuse intention générale. N’y arrivant pas il met au courant un de ces amis, qui lui met au courant sa future femme, et là c’est encore pire !

L’auteur laisse assez ouvert le dénouement… On peut penser plein de choses. Ce que j’en ai retiré, c’est que soit on ne peut jamais bien comprendre une oeuvre dans sa globalité, soit qu’on ne peut jamais comprendre les intentions de l’auteur (ça, je le savais déjà : chacun voit ce qu’il veut bien voir dans un livre), soit qu’il faut rester humble quand on fait la critique d’un livre… J’ai regretté de ne pas avoir assez de connaissances pour savoir si c’était autobiographie et j’avoue ne pas avoir vraiment saisie la préface en tout cas sur ce sujet…

C’était la première nouvelle d’Henry James que je lisais. J’ai trouvé qu’il y avait des passages un peu longs mais dans l’ensemble, le texte se lit comme un roman policier : va-t-il oui ou non découvrir cette fameuse intention générale ?

Un autre avis

Celui d’Amanda Meyre.

Références

L’image dans le tapis de Henry JAMES – traduit de l’anglais par Fabrice Hugot (Éditions du rocher – collection Motifs, 2009)

Les Européens de Henry James

Quatrième de couverture

« Je n’espère pas les trouver intelligents, ni aimables – du moins au début – ni élégants, no intéressants. Mais j’exige qu’ils soient riches, tu peux en être sûr. »

La Baronne Münster a abandonné l’Europe et son mariage raté ; accompagnée de son frère Félix elle s’apprête à rencontrer leurs cousins d’Amérique. Malgré l’austérité toute puritaine de ces parents Bostoniens, Eugénie est résolue à faire bon usage de son éducation raffinée pour trouver un nouvel époux. Riche.

Mon avis

D’un côté il y les Européens. Ils sont deux, un frère et une soeur : Félix Young et la Baronne Münster (je n’ai pas arrêté de penser au fromage parce que dans le livre il n’y a pas les trémas sur le u). Le premier, artiste, aime la vie. Il apprécie des plaisirs simples, aime regarder les choses nouvelles et s’extasie sur tout et trouve tout intéressant. Quelqu’un qu’on a plaisir à cotoyer, quoi. La deuxième est plus sophistiquée (plus compliquée serait plus adapté) ; elle a une très haute opinion de sa personne. Elle a conclu un mariage morganatique (je fais ma savante, mais j’ai du regarder dans le dictionnaire) avec un prince régnant allemand. Son mariage n’étant pas un vrai mariage, il peut la répudier et c’est ce qu’il veut faire (en gentleman, il lui laisse quand même le choix du moment). Elle espère se trouver une nouvelle situation, de préférence avec un homme riche, en Amérique où elle part visiter ces cousins de Boston.

Nous en voilà donc à parler des Américains : ceux-ci sont très puritains. Pour ces gens, la vie ne peut pas être simple, drôle et ne peut sûrement pas être une source de joie. Tout le contraire de l’opinion des deux Européens.

Dans les cousins, il y a Mr Wentworth, ces deux filles Gertrude et Charlotte, son fils Clifford. Autour d’eux gravitent d’autre cousins les Acton : Robert, Lizzie et leur mère. Il y a aussi Mr Brand, un homme d’église.

Après le « choc » de l’arrivée des cousins européens qu’on ne connait pas, les Wentworth décide de coucher le frère et la soeur dans une maison séparée de la leur, de l’autre côté de la rue. C’est cette rue qui va symboliser le fossé entre Américains et Européens. Ils se regardent un peu comme des bêtes curieuses ; c’est très drôle à lire. Cela m’a un peu rappelé La Sorcière de Salem d’Elizabeth Gaskell (en un peu moins violent heureusement). Le thème dans lequel s’exprime cette incompréhension c’est l’amour … Et là vous allez voir que mon résumé va devenir très compliqué ! Félix tombe follement amoureux de Gertrude au premier regard. Mais celle-ci, dans la tête de Mr Wentworth, est destiné à Mr Brand qui saura tempérer son caractère emporté. Charlotte et Mr Brand sont amoureux mais même eux ne le savent pas ; ils vont le découvrir au fur et à mesure. Clifford est amoureux de Lizzie Acton. Robert tombe amoureux (et c’est réciproque) de Eugénie. Le roman est comment ils vont réussir à démêler cet imbroglio. J’ai tout simplement adoré !

Il faut quand même l’avouer c’est un peu moins fluide que Washington Square : il y a quelques passages un peu longs (c’est une des toutes premières oeuvres d’Henry James avant même Washington Square) et des phrases où je me suis posée la question du sens (c’est un problème de traduction à mon avis) mais cela reste plutôt très bon.

À noter l’explication de Patrick Besson, dans la préface, pour lire Henry James :

« Il y a deux parties dans l’oeuvre romanesque de Henry James : la première et la faconde. Il a écrit à la main tant que celle-ci ne lui a pas fait mal, puis il s’est mis à dicter. C’était un grand et gros bavard, ainsi qu’en témoigne la dizaine de milliers de mondains qui ont dîné avec lui. À partir de L’Âge difficile, il devient difficile à lire car il parle trop. Son trait s’est perdu puisqu’il ne se sert plus d’une plume. Les histoires sont toujours aussi bonnes – comme tous les dîneurs en ville, James était maître en bonnes histoires – mais trop de salive les embrouille.« 

D’autres avis

Celui de Whiterose

Sur le film de James Ivory adapté du livre : L’oeil sur l’écran

À noter : le 15 avril, on a fêté le 166 ième anniversaire de la naissance d’Henry James. On nous le dit ici.

Références

Les Européens de Henry JAMES – traduit de l’anglais (États-Unis) par Denise Van Moppès, préface de Patrick Besson (Points – collection Signatures, 2009)

Washington Square de Henry James

Quatrième de couverture

Quoi de plus délicat que les relations entre un veuf inconsolable et une fille qui ne ressemble pas à sa mère ? À New York, l’implacable docteur Sloper vit seul avec son unique enfant, Catherine, un être vulnérable. Une vieille tante écervelée papillonne entre eux. Un soir surgit un jeune homme au visage admirable… Dans la vénérable demeure de Washington Square, le quatuor est en place pour jouer un morceau dissonant.

Mon avis

Mon premier Henry James ! Bien qu’en ayant plusieurs dans ma PAL, c’est un auteur qui me faisait assez peur. Je pensais qu’il avait un style un peu compliqué pour moi … Mais je crois que j’ai commencé par le bon volume pour découvrir cet auteur. L’histoire est plutôt bien  : la fin bien qu’un peu triste me plait beaucoup parce qu’inattendue et pleine d’ironie. Mais c’est surtout l’auteur (et le traducteur) qui fait de ce livre un très bon livre. Le docteur Sloper, le père de Catherine (la jeune fille amoureuse), vous fait des répliques à la docteur House… Sloper ne s’intéresse pas vraiment à sa fille comme un père mais plutôt comme un observateur extérieur : il la regarde avec objectivité mais cette objectivité brisera sa confiance en les autres tout comme le fera le faux amour du jeune homme. Quant à la tante, comme on dit: avec des amis pareils, pas besoin d’ennemis. Ces quatre personnages de la bonne société New-Yorkaise, Henry James les décrit fort bien. On s’y croirait. En fermant ce livre, on pense juste « pauvre Catherine » …

D’autres avis

Celui de Folfaerie (elle y parle aussi du film), de Caroline, de Fanny Lombard, de Erzébeth, de Nanne, de Katell … et c’est un des livres préférés d’Emjy

À noter : Cléanthe s’est fixé comme autochallenge de lire toutes les nouvelles d’Henry James. Pour l’instant, elle en a lu cinq … Cela promet des billets très intéressants !

Références

Washington Square de Henry JAMES – traduit de l’anglais par Claude BONNAFONT (Liana Levi – collection piccolo, 2002)

La madone de Pellini – tome 1 de Rivière et Federici

Après avoir lu la BD adapté du Tour d’écrou d’Henry James, on m’a conseillé deux livres sur cet Henry James. Après j’ai lu un billet de Papillon sur L’Excuse de Julie Wolkenstein. Je me suis donc dit dans ma petite tête qu’il était enfin temps de lire Henry James (et des livres y faisant allusions). Je commence donc ici ce nouveau thème de lecture par une autre BD, titre donné par La liseuse dont le billet est ici. Je la remercie pour ce très bon conseil de lecture. Je n’ai qu’une chose à dire : pourvu que le deuxième tome sorte rapidement (ce sera L’expérience du Dr Barker).

Ce premier tome est intitulé Lamb House du nom de la « maison de campagne » d’Henry James à Rye (vous pouvez la retrouver dans Le Maître de Colm Tóibín : très bon livre soit dit en passant). Il y a trois personnages principaux : Henry James, un jeune peintre italien Francesco Guibilati et une jeune belge Nora de Wing. Cette dernière se retrouve à Londres à l’institut d’études psychiques où elle cherche à perfectionner ses talents dans le spiritisme, phénomène en vogue à l’époque dans la bonne société londonienne. Elle y rencontre Henry James, intéressé par ce phénomène, et Francesco Guibilati, hypnotiseur à ces heures perdues.  Le peintre est tout de suite frappée par sa ressemblance avec une madone peinte par Pellini, artiste de la Renaissance. Il ne lui dit rien, mais lors de sa première séance spirite elle rentre en contact avec cette femme appelée Antonia. Sa vie bascule alors dans l’étrange. Un homme Mr Sendak cherche à la prévenir des dangers qu’elle court. On enlève cet homme (on ne sait pas qui). L’atelier du peintreest visité par on ne sait qui. Les domestiques d’Henry James s’en vont (ils ont l’air de mèche avec le kidnappeur de Mr Sendak) quand ils voient que Nora de Wing est possédée. On ne sait donc pas du tout qui tire les ficelles de tout ça. Ce premier tome ouvre beaucoup de questions et amène peu d’éléments de réponses.

Vous l’aurez compris : j’ai été emballée par le scénario. On a envie de connaître la suite. Les dessins sont assez bien même si je trouve, personnellement, que le peintre italien ne correspond pas du tout à l’époque (je me suis fait la même remarque sur Henry James, mais c’est parce que je ne savais pas quelle tête il avait. J’ai même eu l’impression qu’il avait du rouge à lèvres à un moment). À l’opposé, il y a des personnages qui font carrément cliché comme Merwind, le jeune domestique d’Henry James. Le dessinateur a particulièrement soigné les expressions dans les yeux au risque parfois de délaisser l’expression des visages.

Une chose que je n’ai pas du tout aimé, ce sont les couleurs. Je me suis demandé si un petit malin n’avait pas passé toutes les pages au soleil. Les couleurs sont fades.

Comme je l’ai dit plus haut, j’attends avec impatience la suite même si graphiquement ce n’est pas vraiment ma tasse de thé.

D’autres avis

La liseuse, Clarabel, Lou

Références

La Madone de Pellini de François Rivière (scénario) et Riccardo Federici (dessins et couleurs) (Robert Laffont, 2008)

Le tour d'écrou d'Henry James – Hervé Duphot

Résumé de l’éditeur

« Une jeune gouvernante est engagée pour s’occuper de deux adorables enfants, Miles et Flora, délaissés par leur oncle. Alors qu’elle se réjouit de ce nouvel emploi, elle aperçoit à plusieurs reprises une présence inquiétante dans le château. On lui révèle qu’il s’agit de Quint, un ancien valet… mort l’année précédente ! Un second spectre apparaît bientôt, tandis que les enfants s’avèrent bien moins innocent qu’il y paraît…

L’archevêque de Canterbury conta à Henry James en1895 une histoire d’enfants hantés par des serviteurs morts. Celui-ci s’en est inspiré pour Le Tour d’écrou. Salué par Oscar Wilde, ce court récit est considéré aujourd’hui comme le roman fantastique par excellence, car il repose sur l’hésitation du lecteur entre une interprétation rationnelle ou une interprétation surnaturelle du récit.« 

Mon avis

À mon avis, je ne suis pas normale parce que je n’ai pas compris la fin (si quelqu’un peut m’expliquer, je serais contente). Je n’ai jamais lu le livre, qui se trouve pourtant dans ma PAL depuis belle lurette. Cette bande dessinnée me donne envie de le déterrer, rien que pour essayer de comprendre ce qui m’a échappé. L’histoire est vraiment bien (sauf la fin). Il y a une montée du suspens ; on se demande jusqu’à la fin si les enfants sont dans le coup, si c’est la nouvelle gouvernante qui est à moitié folle (je ne crois pas sinon comment pourrait-elle savoir la tête des revenants). Les dessins et couleurs sont assez classiques à mon goût et sont particulièrement réussis pour les décors extérieurs.

Je vais sûrement me lancer prochainement dans Henry James. Le classez-vous dans la littérature américaine ou dans la littérature anglaise ? C’est une question que je me suis toujours posée.

Références

Le tour d’écrou d’Henry James – adapté en bande dessinnée par Hervé DUPHOT (scénario, dessin et couleur) (Ex-Libris – Delcourt, 2009)