Les derniers flamants de Bombay de Siddhart Dhanvant Shanghvi

Présentation de l’éditeur

Dans les marais, les flamants roses sont les symboles tenaces d’un Bombay qui est devenu Mumbai. C’est dans les quartiers huppés que Karan Seth, venu saisir avec son appareil l’esprit de la mégapole, va croiser ses modèles : Samar, pianiste, excentrique, homosexuel ; la star de Bollywood, Zaira, et Rhea, dont les frustrations d’épouse l’entraînent dans une relation avec le jeune photographe. L’assassinat de Zaira va bouleverser ce microcosme mondain et faire remonter à la surface tous les non-dits de la haute société indienne : le sexe, l’argent, l’obsession de la célébrité, battent en brèche les valeurs fondamentales, alors que les préjugés gardent leur emprise sur tous.

Mon avis

J’ai reçu comme beaucoup ce livre avec Babelio. Je l’ai commencé début août dans l’idée de mettre mon billet pour le 25, date de sortie. Pleine de bonne volonté, j’ai lu la première partie qui correspond à la présentation de l’éditeur. L’impression que j’ai eu c’était que c’était écrit avec les pieds, que je lisais un film hollywoodien. Je voulais l’abandonner parce que je ne vois pas pourquoi je lirais un livre indien (dans l’idée de me dépayser un peu : je ne suis partie de chez moi c’est pour ça) alors que je pouvais allumer la télé et voir la même chose. Les images défilent mais on n’a pas vraiment le temps (et surtout l’envie) de s’attarder dessus, on oublie tout de suite.

J’étais à deux doigts d’écrire la même chose qu’Amanda mais je n’ai pas osé et surtout je l’aurais bien moins fait. Je l’ai mis de côté. Le 25, j’ai lu les avis de Tamara, de Daniel mais surtout celui de Manu. Je me suis dit qu’il fallait que je donne une nouvelle chance à ce roman. Après ma soutenance de thèse, je l’ai donc repris l’esprit libre et j’avoue que c’est un roman qui se lit plutôt bien. Les personnages s’étoffent dans les deuxième et troisième partie et on a vraiment l’impression de lire un livre et plus un film. Ce qui me gênait c’est que l’auteur ne vise pas à ce qu’on s’identifie aux personnages mais il décrit leurs vies et sentiments tout en étant très pudique. Finalement, j’ai ressenti de la pitié pour ces personnages broyés par le destin mais jamais d’empathie et je ne me suis jamais sentie concernée.

Pour ce qui est du côté dépaysant que je recherchais quand j’ai accepté la proposition de Babelio, j’ai plutôt été déçue car ce que décrit Shanghvi c’est l’Inde la plus occidentale possible et finalement l’Inde traditionnelle, l’Inde que l’on nous présente, l’Inde colorée, n’est qu’effleurée. Les personnages sont favorisés et n’approchent que très rarement, sauf dans les marchés pour marchander, des personnages plus populaires. Les domestiques passent dans le roman.  Je crois que c’est aussi ce qui m’a paru étrange : un roman occidental écrit avec des images indiennes (les images sexuelles dont on a beaucoup parlé mais aussi la cuisine, les croyances. La mise en parallèle des deux m’a paru étrange mais c’est sûrement ça l’Inde d’aujourd’hui. Les derniers flamants de Bombay est un roman qui me laisse beaucoup d’incompréhensions mais aussi beaucoup de curiosités inassouvies . Je suis d’accord avec Manu que cela me donne envie de mettre le premier dans ma PAL.

Références

Les derniers flamants de Bombay de Siddharth Dhanvan SHANGHVI – traduit de l’anglais par Bernard Turle (Éditions des 2 terres, 2010)

Mes sacrées tantes de Bubul Sharma

Quatrième de couverture

Après La colère des aubergines, Bubul Sharma nous revient avec des histoires pétillantes de drôlerie.

Des femmes partent en voyage, et leur vie bascule. Elles partent pour se marier, pour aller voir leur fils, pour échapper au crime qu’elles croient avoir commis ou à une belle-mère tyrannique. Sous leurs regards baissés et leurs saris chatoyants, elles cachent un coeur limpide, un courage à toute épreuve, et elles accueillent les surprises du chemin avec une sagesse relevée au sel de l’humour. Au fil de leurs voyages, défilent les paysages de l’Inde, des rizières vert émeraude aux défilés escarpés de montagne, et les rencontres improbables : danseuses travesties en veuves, raja déchu d’un palais surgi des mille et ne nuits, fantôme amoureux ou ours chapardeur. Mais au détour de la route, c’est leur paysage intérieur qui soudain change : les chaînes qui entravent leurs pas depuis des siècles se font plus légères, et au bout du voyage, parfois, les attend la paix. Ou la liberté. Ou l’amour.

Les histoires de Bubul SHarma nous prennent par la main pour nous emmener sur des chemins détournés, imprégnés des senteurs de l’Inde ; elles ont la malice de la fable, la délicatesse de la miniature indienne, la poésie des contes de fées ; et si elles nous font éclater, c’est avant de nous toucher au coeur.

Mon avis

Je n’ai que des points positifs à souligner pour ce livre et pourtant il m’en reste une impression mitigée, c’est-à-dire pas vraiment enthousiaste. Peut être parce que la libraire m’a dit que c’était drôle et que je n’ai pas ri une seule fois, sourit parfois mais surtout à cause de formules intelligentes de la part de l’auteure.

C’est ce qu’il y a à mon avis de plus intéressants dans ce livre. Il s’agit de sept histoires de femmes de tout âge dans une Inde traditionnelle (on ne parle jamais de l’Inde moderne que l’on peut voir dans les médias). Ces femmes font chacune à leur manière une petite révolution sans violence qui modifie les habitudes de leurs familles et entourages. Bubul Sharma nous raconte tout cela sous le mode de la fable. Elle ne se moque pas, ni ne dénonce de manière virulente. Elle emploie des mots simples mais qui décrivent exactement la situation : cela donne une impression de cocasserie mais pas de drôlerie.

L’autre point qui m’a particulièrement intéressé c’est bien évidemment la découverte de l’Inde traditionnelle, de ses histoires de femmes. On se croit vraiment dans un autre monde ! C’est ce côté dépaysant dont j’avais envie en moment.

Mais pour ne rien cacher, j’ai lu les nouvelles en deux fois parce que j’avais une impression de langueur, voire de lenteur. Et que ça m’a dérangé mais après je me suis habituée et j’ai gouté avec plus d’intérêts ces charmantes nouvelles.

Livre lu dans le cadre du Prix littéraire des blogueurs. Vous trouverez donc des liens vers d’autres billets ici ! Maintenant va falloir que je réfléchisse à ma note.

Comme la dernière fois, si une des participantes veut que le livre voyage jusqu’à chez elle, qu’elle n’hésite pas. Ce sera avec plaisir pour moi !

Références

Mes sacrées tantes de Bubul SHARMA – nouvelles traduites de l’anglais (Inde) par Mélanie Basnel (Picquier poche, 2009)